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mardi 8 janvier 2013

Taxe à 75%: le socialisme de campagne à l'épreuve des réalités

Hollande rengaine son symbole de campagne

Pour échapper à une nouvelle sanction du Conseil constitutionnel

C'est l'histoire de 
l'arroseur arrosé 
ou du toqué retoqué

La nouvelle version de la taxation à 75% des très hauts revenus n'aura plus grand chose à voir avec la promesse du candidat Hollande d'exiger des plus riches un sacrifice conséquent au nom du combat contre la crise et de la lutte des classes.

Cette mesure hautement symbolique était censée faire participer à l'effort de crise pendant deux ans, en 2012 et 2013, dirigeants d'entreprises particulièrement bien rémunérés, artistes ou sportifs, soit quelque 1.500 personnes seulement.
Elle a été recalée au motif qu'elle portait sur les revenus d'une personne et non d'un foyer et créait donc une inégalité entre les foyers. Les Sages s'en sont tenus là et n'ont pas énuméré les autres critères qui auraient aussi bien pu les conduire à l'annuler.
Mais ils ont rejeté une dizaine d'autres points du budget 2013 pour des raisons diverses, notamment leur caractère confiscatoire, des décisions à présent examinées de près par le gouvernement car, s'il n'y prend garde, elles pourraient bien s'appliquer à la taxation des riches revue et corrigée.

Les pistes et propositions foisonnent désormais
 
Depuis le dernier week-end de décembre et la censure de cette imposition exceptionnelle à 75% de la partie des revenus d'activité dépassant un million d'euros le ministre délégué au Budget, Jérôme Cahuzac, compte "proposer quelque chose" rapidement, afin que les acteurs économiques sachent enfin sur quel pied danser et surtout à quelle sauce ils vont être mangés. Mais il ne sait au fond qu'une chose, c'est qu'"au-delà de 75% tous revenus confondus" le Conseil constitutionnel "pourrait juger le taux confiscatoire".
François Hollande s'est également montré nébuleux lundi soir lors de ses voeux au Conseil constitutionnel.  Il n'a pas dissipé le flou, déclarant que le gouvernement "tiendra le plus grand compte" des décisions du conseil "pour présenter le moment venu au Parlement, sous d'autres modalités, avec le même objectif, les dispositions censurées".
Un président pris au piège des engagements du candidat
Comme avant la présidentielle, "à l'heure actuelle, la marge de manoeuvre est très étroite", souligne Daniel Gutmann, avocat associé chez CMS Bureau Francis Lefebvre, en rappelant que, dans ses décisions sur d'autres points, le Conseil a ainsi  accepté un taux de 64,5% et rejeté un autre de 68,2%.
Pour corriger l'erreur de l'imposition de chaque membre d'un même chaque foyer fiscal d'une part et d'un taux qui pourrait être jugé trop élevé, d'autre part, l'idée a été émise par le rapporteur général du Budget Christian Eckert (PS) de prélever directement une taxe sur les entreprises.
Eckert a suggéré "une autre méthode consistant par exemple à réduire des exonérations de charges -c'est-à-dire augmenter les charges- en cas de dépassement de salaire d'un million d'euros dans l'entreprise".
Une telle mesure ne ferait-elle pas fi du symbole, le contribuable ne sentant aucune différence dans son propre porte-monnaie?
"C'est un risque bien entendu", a répondu Ch. Eckert. "D'un point de vue symbolique ce n'est plus un impôt sur le salarié ou sur le dirigeant mais sur l'entreprise", renchérit pour sa part D. Gutmann.
"D'un autre côté le pari -surtout si la taxe est d'un montant très élevé- est que les entreprises, n'ayant pas des capacités illimitées, vont vraisemblablement réduire le salaire final", estime-t-il.
"Le but n'était pas de renflouer les caisses de l?État, ce n'était pas à la hauteur, c'était plus de la dissuasion, une espèce d'amende", ajoute de son côté Eckert.
Pour le secrétaire national du Syndicat national unifié des impôts (Snui), Vincent Drezet, il faudrait se saisir de cet échec pour renforcer la progressivité de l'impôt.
Pour cela une "remise à plat" des niches fiscales et "l'instauration d'une ou plusieurs tranches supérieures au barème de l'impôt sur le revenu" sont selon lui nécessaires.
"Il faut chercher des ressources fiscales ailleurs. J'en suis vraiment convaincu: dans les niches, dans la TVA, dans les impôts écologiques, c'est là qu'on a des marges de manoeuvre réelles", renchérit D. Gutmann, qui imagine aussi une taxe du type de celle imposée en 2010 aux banques sur les bonus de leurs traders.

De nombreuses voies inexplorées qui mèneront à une impasse si l'Etat ne réduit pas ses dépenses ?



samedi 8 août 2009

Bonus: le gouvernement doit rappeler les banques à l'ordre

Matignon réunit les représentants des banques

François Fillon invite à une moralisation des moeurs de la banque

Entrer dans une banque provoque un coup au moral, mais aussi une utile étape préliminaire à la visite du château de Versailles. Tout y est profusion de marbre et de lumière. Les agents y sont tous des banquiers au geste lent et majestueux, au port hautain et au regard condescendant, à la parole rare et au langage abscons : ils vivent sur vos dépôts, les gèrent au prix fort et en tirent le maximum de profits en prenant impunément les plus grands risques, mais ne consentent à vous rendre compte qu'avec impatience et réticence. A chaque coin de rue, dans ces temples de Mamnon, point de tape sur l'épaule, ni aucun mot de trop: « Aucun banquier ne peut servir deux maîtres: on ne peut servir à la fois Mammon et le client ».

Des banques qui ont la mémoire courte

Le Prince Démon de la cupidité n'a-t-il « ni dieu ni maître »?
Ce prince des Enfers, uniquement soumis à Lucifer, préside aux divers péchés que fait commettre l'amour de l'argent. Fillon doit donc soumettre l'ange de la richesse et démon de l'avarice. Pour cela, le gouvernement est encore appelé à la rescousse

Le Premier ministre français s'attaque a deux dérives.
  • Ce rappel intervient après la révélation d'une provision par BNP Paribas de centaines de millions d'euros pour ses traders, qui a provoqué l'indignation de l'opinion et une demande de rapport par la ministre de l'Economie.
    Après la CGT et le Parti socialiste, la CFDT à son tour, a, aussi condamné "la reprise de la pratique de bonus exorbitants". "C'est aux régulateurs et aux gouvernants de fixer de nouvelles règles du jeu", estime le syndicat qui juge insuffisant le code de bonne conduite adopté par les banques françaises en matière de bonus.

  • Le Premier Ministre a demandé jeudi aux banques de respecter leurs engagements et annonce qu'il recevra leurs dirigeants vendredi pour examiner l'évolution et les conditions du crédit bancaire en France.
    François Fillon "rappelle que le respect par les banques des engagements qu'elles ont pris est une exigence absolue vis-à-vis de la collectivité nationale, et de l'Etat, qui a mis à leur disposition à l'automne dernier des moyens importants pour les aider à surmonter la crise financière".

    "Cette exigence a conduit le président de la République et le Premier ministre à demander hier (mercredi 5/8) à Christine Lagarde, ministre de l'Economie, de l'industrie et de l'emploi, de saisir le gouverneur de la Banque de France pour s'assurer du strict respect par les banques des règles en matière de bonus", poursuit le texte.
    "L'accès des entreprises et des particuliers au crédit bancaire dans de bonnes conditions est par ailleurs une clef d'une reprise rapide et soutenue de l'activité économique en France", a en outre souligné Matignon.

  • Le Premier Ministre lance un autre appel.
    La réunion avec les dirigeants des banques sera aussi l'occasion pour le Premier ministre de faire le point sur l'évolution du crédit en France.
    Pour François Fillon, "l'accès des entreprises et des particuliers au crédit bancaire dans de bonnes conditions est par ailleurs une clef d'une reprise rapide et soutenue de l'activité économique en France".
    "Le Premier ministre a donc demandé à ce que les représentants du monde bancaire soient réunis demain à Matignon avec la Banque de France et le ministère de l'Economie afin d'examiner l'évolution et les conditions du crédit bancaire aux particuliers et aux entreprises ces derniers mois, ainsi que les mesures qui devraient, le cas échéant, être envisagées."

    En échange de la garantie de l'Etat pour emprunter et de quasi-fonds propres, les banques françaises se sont engagées à augmenter leurs encours de crédit de l'ordre de 3 à 4% en rythme annuel.
    Mais fin juin, elles avaient prévenu que cet objectif de 3% pourrait ne pas être atteint cette année. En revanche, les bonus le sont.


    « Alors, au final, la bête fut vaincue et les infidèles se réjouirent. Mais tout n'était pas perdu, car des cendres s'éleva un majestueux oiseau. L'oiseau scruta les infidèles et lança sur eux le feu et le tonnerre. Dès lors que la bête fut réincarnée et sa puissance renouvelée, les disciples de Mammon se tapirent dans l'horreur.
    d'après Le Livre de Mozilla, 7:15 »