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jeudi 2 juillet 2020

Les écologistes d''Extinction Rebellion' ont fabriqué une fausse information, non vérifiée par l'AFP

Ces écologistes rouges ont menti sur la fin des investissements d'un fonds de pension suédois dans les énergies fossiles

Les activistes du groupe Extinction Rebellion se sont fait passer pour un fonds suédois.

Un homme avec le symbole du groupe Extinction Rebellion dans le dos manifeste à Berlin, le 6 octobre 2019. (Photo illustration)

Ces activistes écologistes ont élaboré un dispositif mensonger visant à encourager la cessation des investissements dans les énergies fossiles.
L'Agence France Presse a participé à la campagne  en envoyant une dépêche lundi 29 juin à midi. Intitulée 'Le principal fonds de pension suédois se retire des énergies fossiles". Inventée de toutes pièces, la nouvelle a aussitôt circulé dans les principaux media qui, pas plus que l'AFP, n'ont vérifié leurs sources. 
Ce qui a circulé:

SUÈDE: AP7 SE RETIRE DES INDUSTRIES FOSSIBLES

Stockholm – Le principal fonds de pension suédois, AP7, qui pèse plus de 60 milliards d’euros, va se retirer des industries fossiles afin d’apporter sa pierre à la lutte contre le réchauffement climatique, a-t-il annoncé ce lundi.

« Nous estimons que le risque d’investissement dans les énergies fossiles augmentera considérablement » à l’avenir, a indiqué AP7 dans un communiqué.

« La décision de se désengager des combustibles fossiles s’inscrit également dans le cadre d’une sensibilisation croissante au climat et d’une demande d’investissements de fonds durables parmi les clients d’AP7 », a-t-il poursuivi.

AP7, qui finance les retraites de plus de 4 millions de Suédois, investissait jusqu’à présent dans des entreprises fossiles comme le géant pétrolier britannique BP, son concurrent Royal Dutch Shell, ou encore les Américains ExxonMobil et Chevron.

En Norvège voisine, le fonds souverain, le plus gros au monde, avait annoncé en 2019 se désengager de certaines compagnies pétrolières pour réduire l’exposition de ce pays scandinave à l’or noir. Une décision qui épargnait toutefois les majors comme ExxonMobil et Total, venant d’un pays lui-même important producteur d’or noir.

En mai dernier, le fonds norvégien a placé sur sa liste noire 12 nouveaux groupes, dont des géants miniers comme le Suisse Glencore et le Britannique Anglo America – et énergétiques comme l’Allemand RWE, l’Australien AGL Energy et le Sud-africain Sasol, à cause de leur présence importante dans le charbon.

Au Danemark, le plus gros fond de pension ATP se targue d’être vert et de contrôler l’intensité carbone des sociétés dans lequel il investit. En février, il a annoncé renoncer à de nouveaux investissements dans des opérations liées à des combustibles fossiles – mais il ne se retirait pas de ses investissements précédents.


Mardi, le groupe activiste Extinction Rebellion (XR) a revendiqué avoir monté cette tromperie. 

Les militants écologistes du groupe Extinction Rebellion se sont fait passer pour un fonds suédois.

Extinction Rebellion revendique la diffusion d’une fausse information 
Les militants ont justifié leur action par le fait qu'ils avaient "diffusé le communiqué de presse que AP7 [principal fonds de pension suédois] aurait dû envoyer", souhaitant ainsi "mettre sous les projecteurs ces investissements risibles et pousser AP7 à les vendre". La fausse nouvelle était en effet inspirée des décisions similaires prises par d'autres fonds, en Scandinavie et dans le monde. En mars, AP1, un fonds frère d’AP7, avait annoncé son retrait des énergies fossiles.
  
Une action de désinformation

Le communiqué diffusé à plusieurs media en Suède menait à un faux site internet (ap-fonderna.se), copie absolument conforme au véritable site des fonds publics suédois (apfonderna.se). A l’exception de deux communiqués en anglais et en suédois, bien rédigés et présentés avec la charte graphique du site, prétendant faussement que le fonds sortait des énergies fossiles.

Un militant joint par l’AFP s’est même fait passer pour le vrai porte-parole du fonds AP7 Johan Florén. Il a fourni des indications jugées crédibles par l'agence de presse. 
Le fonds usurpé, qui va porter plainte auprès de la police, a condamné l’action de désinformation, préparée par une cellule suédoise du mouvement écologiste.
 
Quand la désinformation devient une méthode ordinaire, avec de faux sites, de faux communiqués et même des gens usurpant l'identité de quelqu’un d’autre, le journalisme va devoir démontrer qu'il est peuplé de spécialistes prétendument experts. Déjà suspicieux, les citoyens vont renforcer leur méfiance et, quand plus personne ne saura ce qui est faux ou non, cesser de prendre des décisions faute de confiance. 
"Nous comprenons que nous avons causé de la confusion et nous sommes désolés si certains d’entre vous se sont sentis trompés. Nous avons un grand respect pour le journalisme et nous n’avons jamais voulu affecter la confiance dans les media, écrit le mouvement sur le site utilisé pour la duperie. Anna, une militante de Extinction Rebellion qui a refusé de donner son vrai nom, a confirmé par téléphone avoir participé à l’opération avec une cellule suédoise du mouvement.

Lorsque AP7 a démenti l’information, l'AFP prise au piège a dû annuler une dépêche inspirée du faux communiqué
L'agence de presse n'a pas su déjouer cette tentative "malhonnête" de manipulation. Elle condamne cette manipulation malhonnête des media exposés au mensonge par leur incompétence. Ce genre d’action met à mal la presse paresseuse et sûre d'elle qui prétend expliquer aux citoyens ce qu'elle ne maîtrise pas. 

Un groupe écologiste sans foi ni loi

Le mouvement XR a aussitôt scandalisé avec faux sang déversé, mer de déchets, cercueils déambulant dans les rues… 
Ses actions sont régulièrement relayées dans les media sans être vraiment incarnées par des personnalités fortes, pas plus que le 'Black bloc'...

Le mouvement XR a aussitôt scandalisé avec faux sang déversé, mer de déchets, cercueils déambulant dans les rues… 
il est né à la suite des blocages dans le centre de Londres par la faction britannique, qui a donné naissance au mouvement international en novembre 2018. 

Les profils des participants sont divers: la plupart ont entre 25 et 45 ans. Amandine, 16 ans, a participé aux marches et aux sit-in du mouvement Youth for climate' de la ...Suédoise Greta Thunberg, tandis que Jean*, 60 ans, est un ancien trotskiste qui n’avait pas milité depuis les années 1980. D'autres sont déjà actifs dans des associations telles qu'ANV-COP21 (qui a badigeonné de savon noir - représentant du pétrole - la façade de la Caisse des dépôts et consignations à Bordeaux) ou ATTAC, qui soutient Pierre Hurmic à la mairie de Bordeaux.

Dimanche 28 juillet dernier, ses militants ont bloqué à vélo le périphérique parisien. "On est juste des gens normaux qui avons peur pour la suite et nous sommes déterminés à forcer les gens qui ont les clés du pouvoir à agir", affirma Claire Lejeune, 24 ans, présente dans leurs rangs depuis les débuts.

"Désobéissance civile non violente" ?

Vendredi 26 juin, 28 militants ont envahi les pistes d’Orly pour une action avec pour message l'interdiction des vols intérieurs dès maintenant!  

A la mi-juin, les activistes lyonnais du mouvement écologiste ont saboté et mis hors-service 360 trottinettes électriques en libre-accès dans la ville. Ils ont ainsi voulu dénoncer "le désastreux impact social et environnemental" de ces moyens de transport. Jeune pousse implantée à Amsterdam par deux français, Dott, l'opérateur de trottinettes agressé, contredit par ailleurs les critiques environnementales et sociales :
"Nos trottinettes ont un impact écologique. Comme toute production, dire le contraire serait mentir. Elle est pourtant aujourd'hui une alternative pour réduire les moteurs thermiques en ville", explique la société qui assure que les émissions CO2 de ses trottinettes sont "inférieures ou égales à celles des transports en commun".

samedi 12 octobre 2019

Des militants écologistes d'Extinction Rebellion bloquent le coeur de Paris

Ces activistes de l'écologie radicale bloquent l'accès à l'Assemblée nationale

Après Italie Deux, symbole capitaliste, le siège de la démocratie
Des militants du mouvement écologiste Extinction Rebellion bloquent un pont menant à l\'Assemblée nationale, à Paris, le 12 octobre 2019.
Occupation de la voie publique par des activistes du mouvement écologiste Extinction Rebellion, ici, sur un pont menant à l'Assemblée nationale à Paris, le 12 octobre 2019
Il a fallu l'intervention de la police pour avoir raison de la chienlit - pacifiste - écolo et dégager certains de ces manifestants, mais le blocage continuait samedi en fin de matinée.
Après le centre commercial Italie 2, la place du Châtelet ou encore la rue de Rivoli, quelques centaines de militants du mouvement écologiste Extinction Rebellion ont bloqué les accès à l'Assemblée nationale, samedi 12 octobre. Malgré l'intervention des forces de l'ordre, d'habitude particulièrement énergiques en France, les entraves à la circulation perduraient en l'absence des députés qui sont supposés être dans leurs circonscriptions le samedi: seuls les Parisiens et les touristes ont donc subi ces obstructions à la circulation sur la voie publique.

Les activistes ont débuté leur blocage peu après 10h du matin. 
Des militants du mouvement écologistes Extinction Rebellion ont bloqué la célèbre rue de Rivoli à Paris, le 10 octobre 2019.
Rue de Rivoli, rue morte : les commerçants osent-ils se plaindre ?
Des meules de foin et des gros bidons noirs ont été déversés sur les quais devant le Palais Bourbon, et des manifestants ont fait un sit-in sur la chaussées dans plusieurs rues autour du bâtiment, dans le 7e arrondissement de Paris. La police ne réussit pas à les disperser.

Le pacifisme des écolos, vertu ou chienlit ?

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Des pacifistes comme ça, en voulez-vous dans votre environnement ?
Cette nouvelle opération inspirée de l'étranger s'inscrit dans le cadre d'une semaine mondiale de désobéissance civile organisée par Extinction Rebellion pour réclamer des mesures contre le réchauffement climatique. Ils ont notamment occupé pendant cinq jours la place du Châtelet et le pont au Change, dans le 1er arrondissement. 
Les militants d'Extinction Rebellion ont commencé à bloquer l'aéroport de London City jeudi 10 octobre au matin
Et Extinction Rebellion (XR) va bloquer l’aéroport de London City pendant trois jours,  ci-dessus, au prétexte d’un projet d’extension, que les activistes jugent incompatibles avec l’urgence climatique : une réplique à Notre-Dame-des-Landes contre l'aéroport Ayrault à Nantes ?
Installation d\'Extinction Rebellion, à Paris, le 8 octobre. 
Les extrémistes d'Extinction Rebellion ont décidé de 
déplacer une partie de leur campement à Paris, vendredi 11 octobre
Alors que la Préfecture de police de Paris n'avait pas dispersé le campement de la place du Châtelet, à la surprise des militants eux-mêmes, les forces de l'ordre ont pris la mesure de la menace écologiste : elles sont intervenues samedi contre ce nouveau blocage. Elles ont dû traîner les corps inertes des manifestants assis par terre pour rendre la voie publique à la circulation, une scène notamment filmée par le journaliste Remy Buisine.


Mais nos pacifistes vertueux, exemplaires et respectueux de la planète ont poursuivie leur prise d'otage de ses habitants, réoccupant un peu plus loin, l'espace public.

mercredi 9 octobre 2019

Extinction Rebellion : l'occupation de centre commercial, une victoire qui en appelle d'autres ?

La macronie face à la chienlit écologiste

A l'ONU, New York, Greta Thunberg a pourri Macron 

Maintenant, des activistes du mouvement écologiste Extinction Rebellion (XE) occupent le centre commercial parisien Italie Deux.
Pourquoi Greta Thunberg a pourri Emmanuel Macron à l'ONU à New

Prélude à une semaine d’actions de désobéissance civile à travers le monde entier, l'opération du samedi 5 octobre 2019 s’est inscrite sous le signe de la convergence entre différents mouvements sociaux. La tactique d’occupation du millier d’activistes présents a laissé les forces de l’ordre relativement désarmées et incapables de reprendre les lieux

"Mais vous êtes qui vous, bordel ?" s’exclame un commerçant stupéfait, lorsqu’il découvre qu'un groupe de jeunes gens bloque sa galerie commerciale, Italie 2 dans le XIIIe arrondissement de Paris, alors qu’au loin monte le tumulte d’une fanfare, le matin du 5 octobre 2019. "C’est quoi encore ces guignols, vous êtes des sortes de gilets jaunes ?", gronde-t-il, alors que, dans le hall, un millier d’activistes multicolores chante toujours plus fort. Un jeune écologiste aisément détectable à son écharpe et son pull délavés, se lance alors dans une action de pédagogie sur la démarche d’Extinction Rebellion. 


Né à Londres en novembre 2018 et lancé en France en mars 2019, Extinction Rebellion ou XR est un mouvement international de désobéissance civile exprimant ses revendications écologistes par l’action non-violente. Juste un peu dérangeant et méprisant d'autrui, si on peut toutefois encore se permettre...
Depuis l’affaire du Pont de Sully qui a vu ses militants écologistes et non-violents - si on considère que leurs entraves à la libre circulation est démocratique et citoyenne - , aspergés de lacrymo par les forces de l’ordre, le 28 juin 2019, ils ne sont pas totalement inconnus du public qui doit subir leurs démonstrations de vertu écolo. Avec la montée en puissance de la pression écologique dans les media  et le développement croissant de ses effectifs, XR entre dans une phase musclée de sa lutte pour l’environnement avec la Rébellion internationale d’octobre (RIO).
La RIO est une semaine d’actions fortes coordonnées dans plusieurs grandes métropoles du monde et menées par les différentes antennes nationales de XR.
Quelques jours après avoir publié une tribune de convergence des luttes – Nous ne demandons rien à l’Etat, nous voulons tout reprendre : la joie, la liberté, la beauté, la vie, publiée sur le site écologiste "non-partisan" Reporterre et à quelques heures du lancement de la RIO, Extinction Rebellion France est passée à l’action avant l’heure
en réunissant ses cosignataires dans une opération de blocage qui vraisemblablement fera date.
Reporterre est un site d'information fondé par son rédacteur en chef actuel, un ancien journaliste (Courrier international et Le Monde),
qui se définit comme "objecteur de croissance"). Il considère que "la dégradation rapide de l’écologie planétaire est LE problème politique de ce début du XXIe siècle".
Or, en avril 2018, dans le contexte du mouvement étudiant du printemps 2018,
Reporterre publia une information qui fit boule de neige dans les media, mais qui s'avérera par la suite être une "fake news" (infox) sur un blessé grave lors de l'évacuation de la faculté rouge de Tolbiac. Sur la base de plusieurs témoignages, visiblement non vérifiés, le site affirma que cet étudiant gravement blessé avait été caché par les autorités.
En octobre 2014, Reporterre s'était mobilisé au côté des activistes altermondialistes entrés en lutte - encouragée par José Bové, député européen EELV et syndicaliste Confédération paysanne, Pascal Durand, député européen EELV, et Jean-Luc Mélenchon, député européen Parti de gauche - à Sivens contre la création d'un réservoir à usage agricole, lequel fait aujourd'hui défaut en plein réchauffement climatique... et, en octobre 2016, a causé la mort de l'écologiste radical Rémi Fraisse.
Particulièrement engagé au côté du mouvement 'Nuit debout', ce site était également aux côtés des Zadistes réfractaires de Notre-Dame des Landes contre l'aéroport Ayrault à Nantes.
Extinction Rebellion affirme la convergence autour de la question écologique

Le collectif pénétra dans le hall du centre commercial
vers 
10h, lança ses chants et déploya ses banderoles. 
Résultat de recherche d'images pour "Italie Deux Extension Rebellion"


Préparée en toute discrétion, le lieu et l’heure précises ayant été dévoilés au dernier moment, l'action s'est toutefois déroulée avec la complicité d'une certaine presse convoquée dont les journalistes ont été invités par le biais de canaux sécurisés. 
Lancement de l’action de blocage
dans le hall du centre commercial Italie 2
Autour de XR (Extinction Rebellion) qui compose l'essentiel des effectifs de cette opération, plusieurs mouvements cosignataires de la tribune précédemment évoquée et aussi variés que Youth for Climate de Greta Thunberg, le Comité Adama, du nom d'un délinquant franco-malien mort en refusant violemment un contrôle de police, Cerveaux non disponibles, site "autonome et indépendant" né de la censure ("shadow banning" : le blog PaSiDupes a ainsi préféré se mettre en veille sur FB plutôt que de subir sa discrimination) de la contestation sociale en France par Facebook dans la perspectives des campagnes municipales, ou encore, plusieurs groupes de Gilets Jaunes radicalisés sont présents
Médusés ou amusés pour certains, irrités pour la plupart, les passants continuent à déambuler entre les scènes de "dying" entravant  - pacifiquement" (!) - leur libre circulation et les chants anti-Macron, alors que les magasins qui venaient tout juste d’ouvrir commençaient à fermer.


Aux premières heures de cette opération non-violente de désobéissance civile, l’occupation pénalisante pour le commerce commence dans une ambiance très festive, mais certains participants, dont des lycéens sympathisants de Youth for Climate, appelés à la grève des cours chaque vendredi, ne se reconnaissent pas dans la radicalité des objectifs de XR : "Il faut souvent désobéir à ses parents pour désobéir au gouvernement. Mais on le fait pour une bonne raison : on veut embarquer le maximum de gens dans une révolution sociale et écologique." L’objectif, explique un membre de Extinction Rebellion, qui répond au pseudonyme de Soir, comme "Grand Soir" révolutionnaire", "c’est de mobiliser 3,5 % de la population pour bloquer le pays. Des études [?) ont montré que c’est la part de la population qu’il faut en général pour qu’un mouvement populaire entraîne un changement de système. C’est ce qu’il faut pour obliger le gouvernement à agir face au désastre écologique face auquel il reste inactif de manière criminelle."

Le homard, symbole politique fort
depuis la révélation des repas de gala
du couple de  Rugy à l'Assemblée
Dans la foule, on retrouve également des opportunistes : soit qu'ils tentent de noyauter le mouvement, soit qu'ils se constituent un contenu idéologique sans lien avec leur fonds de commerce originel, profitant de l'engouement actuel pour l'écologie alarmiste de l'urgence. Le lien avec les Gilets Jaunes, mouvement social plutôt représentatif de la France des petites villes et de la ruralité, transparaît dans le témoignage d'un quadra revêtu de fluo : "La convergence, c’est devenu l’évidence parce que ce qui fait du mal à l’humain fait du mal à demain, et vice-versa !" : les formules claquantes tiennent lieu de pensée. Quant à Assa Traoré, porte parole du Comité Adama – du nom d'un de ses nombreux frères, un délinquant mort en refusant un contrôle de police, lien PaSiDupes, elle tient un discours clairement politique et communautariste, chargé de haine, estimant que le monde écologique doit parler des quartiers populaires, mais aussi de l’Afrique et de l’Asie dont les populations sont et seront les premières victimes du système productiviste. "C’est important de dire que quand on parle d’écologie ou de violence policière, on ne peut pas le faire sans parler des quartiers populaires. Nous avons tous ce même système répressif face à nous : l’Etat, la police, les gendarmes, cette machine de guerre que nous avons en face de nous, c’est la même ! Nous sommes devenus soldats malgré nous, ils ont construit en nous des soldats, face à cette machine de guerre qui n’a ni sentiment ni états d’âmes ni remords. Mais cette machine de guerre, il faut la renverser."

Et cet appel à la violence se concrétise juste après 11h
La machine de guerre se met alors en place, se substituant à l'ambiance "festive" et pacifiste" puisque les manifestants résistent au siège du bâtiment par les forces de l’ordre qui tenteront de premières incursions légères aux alentours de 12h20, sans succès : le blocage semble alors pouvoir durer plusieurs heures.

Un centre commercial transformé en ZAD.
Les militants écologiques de XR commencent à déployer leur organisation auto-gérée des lieux. En plus de la réquisition des toilettes du théâtre de la ville de Paris, ils bricolent des latrines supplémentaires. Rapidement, aux côtés des boutiques fermées, on voit se dresser des étales de cookies avec de petits fours  (amenés pour l’occasion, ils prouvent que la stratégie de départ est bien de squatter les lieux), des distributions de vivres apportées du dehors par de petites trappes et portes dérobées prévues par la logistique : tout le monde est nourri gratuitement ou à prix libre. La commune libre d'Italie Deux a surgi en quelques instants.

Un atelier de préparation de sandwiches jambon beurre tartines pour les bloqueurs jouxte une librairie improvisée avec la présence des éditions du Goéland, depuis 1987 à Montrabé (31850, Haute-Garonne, PS), situées 8 rue de l'Ukraine à Toulouse et dirigées par Thierry Diaz. Le village de Montrabé est une heure de route d'Artigat (Ariège) où l'"Emir blanc" Olivier Corel (de son vrai nom Abdel Ilah Al-Dandachi, né à Oms il y a 72 ans), un islamiste radical syrien naturalisé français, recrute des djihadistes, dont les terroristes Sabri Essid et Fabien Clain, lequel qui revendique dans un communiqué audio les attentats du 13 novembre 2015 en France, qui ont fait 130 morts et 352 blessés.
A Italie Deux occupé, on vante "un texte critique de l’écologie du renoncement. On ne renonce pas, on créé un nouveau monde en détruisant l’ancien. L’écologie c’est des nouveaux lieux, de nouveaux liens. Ça marche pour une ZAD comme pour un rond-point où se rencontrent des êtres humains. On veut sortir d’une écologie un peu chiante pour amener une écologie plus souriante." Les sectaires rayonnent : "Jamais on a été autant d’écologistes dans un centre commercial [!], ni si longtemps, et c’est pas si nul que ça finalement !" s'exalte une jeune femme qui se fait recadrer par une autre. "Plus sérieusement, vu l’impact de la consommation sur le réchauffement climatique, c’était intéressant de venir bloquer un centre commercial aujourd’hui et montrer qu’on a pas besoin d’eux."

Mêmes les tags sont écologiques...

Chaque tag sur les vitrines est recyclé en ..."affichage" de la communication d’Extinction Rebellion. La presse sympathisante en perd tout sens critique et transmet son enthousiasme béat, applaudissant à l'établissement illégal d'une "petite Cité éphémère" avec ses institutions parallèles : très régulièrement, une assemblée générale se réunit au sous-sol pour traiter des affaires communes, des questions de principes aux enjeux les plus pratiques (gestion - contrôle - des entrées et sorties, élaborations de nouveaux messages - formatage des esprits - et de banderoles communes - "petit Livre rouge" - : leurs (grands-) parents maoïstes savent, quant à eux, qu'en 1966, lors de la révolution culturelle chinoise, les publications de ce type sur les murs  s'appelaient des "dazibao"...). A côté de l’Hippopotamus (appartenant au groupe Flo, détenu en majorité par le groupe Bertrand, entreprise française de restauration rapide propriétaire de la brasserie Lipp, mais aussi de Burger King France ou Quick) empêché de faire ses affaires, se déroule une pseudo assemblée où chacun est incité à débattre sur des sujets sélectionnés : un GJ syndicaliste y parle d’éco-féminisme ou une habitante de quartier populaire y dresse le constat du relatif manque de diversité sociale et ethnique du mouvement. Tout ce qui peut y être dit est de bon ton Vert, sur fond de battement de tambour et de chants anti-fascistes dans le lointain ou encore de cris "Extinction, rébellion !" en ponctuation.
Appropriation : une militante de XR rebaptise des lieux.
Sur le pourtour de la zone occupée du centre commercial aux mains des occupants écologistes, des commerçants inquiets pour leur chiffre d'affaires observent à travers une vitre comment évoluent les choses  ou échangent quelques mots par une grille. Ainsi, peu à peu se dresse un rideau de fer entre le monde libre et celui de la dictature écologiste. La fracture est palpable, lorsqu'aux alentours de 18h, les sentinelles écologistes annoncent l’arrivée de fourgons bleus en renfort des forces de l'ordre déjà présentes, autour du bâtiment. Retour aux réalités et à la lutte : la RIO (Rebellion Internationale d'Octobre) est un affrontement, une bataille de l’image et des corps pour l’occupation politique d’un espace.

Entre bataille de l'image et réalité de terrain s'invite la question de la violence

Finies les séances de méditation évoquant les prières de rues des musulmans ou les tartines, après huit heures de délires bobos, l'atmosphère se tend à la tombée de la nuit. 
Des bloqueurs en état de veille surgissent de part et d’autre de la zone occupéeau moindre mouvement des forces de l’ordre, la fébrilité des activistes entraîne de petits mouvements de foule anxiogènes. Des individus masqués et vêtus de noir anticipent les incidents à venir et  neutralisent les caméras.

Un débat s'ouvre sur la présence ou non de membres du 'Black bloc' dans Extinction Rebellion : leur violence est-elle utile au mouvement ? Le partage entre concept éthéré de violence et sa réalité crue reste ouvert à la discussion : "Si je frappe qui me frappe, suis-je violent ? Si je casse quelque chose qui casse le monde, suis-je violent ? Si je dessine ou j’écris sur ce qui n’a aucun sens, suis-je violent ? Personne n’a la même réponse." 

Si la non-violence est un enjeu si important pour XR, explique l'un des activistes, "c’est qu’on a besoin d’un certain seuil de population qui nous soutienne si on veut pouvoir battre le gouvernement. Et on a besoin de la non-violence pour conserver une bonne image. C’est une bataille de l’image et si on la perd, il nous arrivera la même chose qu’aux Gilets Jaunes." 
Le libraire déjà cité s’exprime cette fois  en son nom propre : "On n'a pas de ligne politique aux éditions du Goéland, mais on met à disposition un texte qui dit 'Comment la non-violence protège l’Etat'... La désobéissance civile oui, mais ce n’est pas la question qu’elle soit violente ou non-violente. Moi, je suis favorable à une convergence entre les différentes stratégies de désobéissance civile. Pour détruire le système, la désobéissance civile est nécessaire, la non-violence a une utilité certaine qui fait venir les gens en nombre, mais il faut articuler les différentes tactiques."

"On ne négocie pas avec les pyromanes"
A 20h, la question de la violence ou de la non-violence n'est pas tranchée. On repense à 'Hommage à la Catalogne' de Georges Orwell. L'auteur qui s’est engagé aux côtés des milices anarchistes espagnoles contre Franco, se retrouve plongé dans une guerre longtemps dénuée d’affrontement et d’héroïsme et Orwell regrette que cette "guerre manque si cruellement de vie". 

Soudain, une 'street medic' -dont on nous dit qu'ils sont neutres - interrompt une AG pour expliquer que son talkie-walkie capte la fréquence des unités de gendarmerie (!) et qu'elles ont reçu l'ordre de se regrouper avant l’assaut. A leur tour, les bloqueurs se rassemblent et forment des groupes compacts, debout ou assis, autour des points d’accès au bâtiment afin d’empêcher l'intrusion des forces de l’ordre.


Stratégies en débat.
20h30 : des membres des forces de l’ordre viennent tenter de débloquer une grille séparant la partie du centre commercial occupée par les jeunes suiveurs d' Extinction Rebellion et ses alliés. 

VOIR et ENTENDRE
le compte-rendu vidéo du Huffington Post, assorti du commentaire "Le mouvement écologiste Extinction Rebellion a mené une action coup de poing, baptisée "Dernière occupation avant la fin du monde" :
Un autre groupe des forces de l’ordre tente une incursion simultanée par une porte dérobée et oubliée des activistes écologistes. Rapidement les jeunes gens de XR amorcent un mouvement stratégique de recul sous le choc : une question de stratégie et d'image. Ce sont des membres plus aguerris d’autres collectifs moins identifiables qui vont au contact. Les squatteurs sont abondamment aspergés de gaz lacrymogène. 
A la porte, des jets de mobilier urbain maintiennent les policiers à distance et les activistes ont finalement le dernier mot, puisqu’ils parviennent à bloquer l’issue après environ une demi-heure d’affrontements. De l’autre côté du centre commercial, les forces de l’ordre ne parviendront pas non plus à débloquer la grille et partout ailleurs, elles renonceront à intervenir devant le dispositif de blocage des membres de XR. La plupart des unités se replieront après cet échec.




La porte principale reste bloquée à l’issue de l’affrontement avec les forces de l’ordre.
La pluralité des modalités tactiques de désobéissance civile des différents mouvements et collectifs présents auraient assuré le succès de cette action coup de poing. Nos écolos estiment que, comme dans les écosystèmes, c’est la diversité qui fait la résilience, la résistance et la pérennité du milieu. Peu importe donc que des espèces disparaissent, si une certaine biodiversité est maintenue. En somme, la sélection naturelle est bonne, en milieu écologiste, si les survivants sont Verts.  
Le débat sur le sujet de la compatibilité entre ces différentes modalités d’action, au sein de XR, et entre XR et ses alliés, reste ouvert: le dossier n'est pas refermé. Se pose également la question de l'impact d’une telle action sur l’opinion publique, car si elle excite ses participants lycéens et étudiants, elle irrite aussi les adultes responsables. Une telle action de force - même médiatisée par des journalistes de l'information continue en mal de buzz -  est-elle de nature à favoriser la massification de la peur pour la planète ? Le ressenti du  public face au sentiment hystérique de l'urgence climatique est plus que mitigé: d'une part, la psychose verte ne dépasse pas le microcosme des collectifs militants, et d'autre part, l'instrumentalisation des jeunes pour stigmatiser leur parents et les entreprises crée un mouvement de rejet de cette dictature ajoutée à celle des juges ou celle des media.

Les bloqueurs bloqués s'angoissent bientôt. 
Ils poussent le volume sonore de leurs chants à travers un centre commercial Italie 2 désertés par les salariés. Un militant de XR se prend à rêver : "la RIO, ça peut être un déclic, parce qu’avec plusieurs jours d’actions, la réflexion pourrait amener un nouvel élan. Parce qu’en bloquant un bâtiment avec un peu de monde, on montre que c’est possible de le faire partout ailleurs"... 
Les bloqueurs semblent désemparés par la patience des forces de police. Ont-ils le sentiment que cette victoire va être difficile à gérer ? Vont-ils devoir prolonger l'opération ? Plus personne ne semble savoir exactement ce qu’il convient de faire de ce lieu qui semble désormais encombrant.
 
Finalement, aux alentours de 4h30 du matin, il sera décidé de libérer ces lieux pourtant conquis sans gloire et de les rendre, faute de savoir comment tirer avantage de la victoire: les vides idéologique et de l'incertitude stratégique seront les nouveaux sujets de réflexion à mettre en débat pour assurer un avenir à ce mouvement de jeunesse qui se cherche.  
La convergence n'a pas fait long feu.

mercredi 18 septembre 2019

Décrocheurs: un juge de Lyon légitime la désobéissance civique

L'urgence climatique est un "motif légitime" de désobéissance civile, décide un juge seul

La "république des juges" s'impose à la république démocratique
Opération médiatique de décrochage à Saint-Sébastien-sur-Loire,
 le 4 mars 2019


Le juge - unique et militant - du tribunal de Grande Instance de Lyon a exaucé Me Thomas Fourrey, l’avocat des 'décrocheurs' de Lyonce 16 septembre. La relaxe "serait une décision courageuse. Vous avez le choix", avait-il lancé au magistrat dans sa plaidoirie  en conclusion de leur procès, le 2 septembre. 

Une "décision historique" pour le collectif Action non violente-COP21 (ANV-COP21), un mouvement "citoyen" non-violent qui s'oppose aux projets et aux politiques contribuant, selon lui, au dérèglement climatique et qui recourt principalement à des actions de désobéissance civile. Ce commentaire ne surprend donc personne, d'autant moins que  deux de ses militants écologistes sont en cause pour avoir volé la photo officielle de Macron, le 21 février dernier dans la mairie du IIe arrondissement de la ville de Lyon, initiant une vaste campagne, toujours en cours à travers le paysde décrochages de portraits présidentiels. 

L'arbitrage du juge lyonnais - seul, mais tout puissant - a surpris du fait de son long alignement d'arguments en faveur de l'"état de nécessité" et du "motif légitime" de ces actions de désobéissance civile face à ce qu'il considère être  - sous la pression médiatique des écolos catastrophistes - un "danger grave, actuel et imminent" que constitue le changement climatique, entre réchauffement et refroidissement.

Les activistes exultent. "C’est une très très bonne surprise: on avait un petit espoir que ça arriverait comme très peu de fois dans l’histoire, avoue l’une des prévenus, connaissant le juge, Fanny Delahalle, auprès du journal Libération. C’est une vraie victoire aussi, car ce jugement, ce sont 8 pages de motivations qui montrent que le juge a tout compris aux objectifs de nos actions, il reconnaît que l’Etat n’est pas à la hauteur des enjeux.
"Je ne m’attendais pas à une relaxe, encore moins relaxe avec 'état de nécessité', c'est la cerise sur le gâteau", commente, quant à lui, Pierre Goinvic pour franceinfo. Le juge "reconnaît que nous n'avions plus d'autres moyens de nous exprimer et que nous sommes légitimes à désobéir, se félicite auprès de franceinfo Fanny Delahalle. Aujourd’hui, un juge a voulu aller dans le bon sens de l'histoire et on le remercie."

Accusés de "vol en réunion"
, un délit passible de cinq ans de prison et de 75.000 euros d’amende, les trentenaires Fanny Delahalle, chargée de projets, et Pierre Goinvic, éducateur, avaient redit, lors de l’audience du 2 septembre, leur détermination face à "l’urgence gravissime" de mettre en œuvre des politiques publiques à même d’enrayer le "chaos" à venir.

Le  juge assène ses vérités partisanes 

"Le dérèglement climatique est un fait constant [n'est-ce pas plutôt un phénomène cyclique?] qui affecte gravement l’avenir de l’humanité [projection hasardeuse] en provoquant des cataclysmes naturels [comme en relate constamment l'Histoire] dont les pays les plus pauvres n’auront pas les moyens de se prémunir [idéologie marxisante] et en attisant les conflits violents entre les peuples [catastrophisme], mais aussi l’avenir de la flore et de la faune en modifiant leurs conditions de vie sans accorder aux espèces le temps d’adaptation requis pour évoluer", souligne le jugement du 16 septembre de ce pseudo-scientifique bardé de toutes les certitudes du moment.

Ce juge politique n'hésite d'ailleurs pas à chiffrer les manquements de la France, pourtant "engagée sur le plan international et sur le plan interne" en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de la consommation énergétique, et de développement des énergies renouvelables.

"Enlèvement sans autorisation"

Pierre Goinvic et Fanny Delahalle étaient jugés pour vol en réunion

Tout en reconnaissant 
 dans sa décision la réalité du vol d’un objet "d’une valeur fortement symbolique", le juge estime "en même temps" que le décrochage du 21 février par une vingtaine de militants lyonnais (parmi lesquels seuls Fanny Delahalle et Pierre Goinvic ont été identifiés par l’enquête policière, essentiellement sur la base d’échanges sur les réseaux sociaux) a été un geste "manifestement pacifique", représentant un "trouble à l’ordre public très modéré", sur son échelle personnelle de la douleur républicaine.

Le juge s'aligne sur les arguments de la défense.
Lors de l'audience du 2 septembre, il a soutenu la thèse des écologistes radicaux que les objectifs affichés par la France ne seront pas atteints dans trois domaines : le budget carbone d'émissions annuelles de gaz à effet de serre, la part d'énergies renouvelables et la consommation finale d'énergie. C'est en cela que le juge considère qu'il s'agit là d'un "défaut de respect par l'Etat d'objectifs pouvant être perçus comme minimaux dans un domaine vital"

De parti-pris, le juge fait état de ses opinions politiques personnelles
"Dans l'esprit de citoyens profondément investis dans une cause particulière servant l'intérêt général, le décrochage et l'enlèvement sans autorisation de ce portrait dans un but voué exclusivement à la défense de cette cause, qui n'a été précédé ou accompagné d'aucune autre forme d'acte répréhensible, loin de se résumer à une simple atteinte à l'objet matériel, doit être interprété comme le substitut nécessaire du dialogue impraticable entre le Président de la République et le peuple"

Et le juge non élu de livrer son sentiment sur "le mode d’expression des citoyens en pays démocratique
 [qui] ne peut se réduire aux suffrages exprimés lors des échéances électorales, mais doit inventer d’autres formes de participation dans le cadre d’un devoir de vigilance critique". Ainsi ce juge s'accorde-t-il clairement l'étoffe d'un législateur en lieu et place des élus du peuple. 

Le magistrat banalise le vol 
en "enlèvement sans autorisation" devant être "interprété comme le substitut nécessaire du dialogue impraticable entre le président de la République et le peuple". ANV-COP 21 ne pouvait rêver d'un meilleur porte-parole...
Le juge lyonnais - anti-capitaliste ? - justifie la non-restitution de l'objet volé par les militants. Il  le  décrit ainsi : un "objet […] de valeur de remplacement négligeable, sans valeur de placement financier et inaliénable". En conclusion, le magistrat prononce donc la relaxe des deux prévenus poursuivis pour vol en réunion. 

"Notre action s’adresse avant tout à la population française, pour qu’elle réalise le vrai décalage entre les discours et les actes, estime Fanny Delahalle, en prosélyte. Nous avons le devoir de faire quelque chose face au gouvernement. Nous espérons que de plus en plus de gens vont se mettre à marcher dans la rue.
Estimant que le vol "ne règle en rien le dérèglement climatique", le Parquet lyonnais a fait appel de cette relaxe : le ministère avait requis une amende de 500 euros et avec sursis.

"C'est une petite graine dans les rouages de la société"

Les décrocheurs Pierre Goinvic (chemise noire) et Fanny Delahalle (chemisier blanc), le 2 septembre 2019 à Lyon (Rhône).

Mais "vérité au-deçà des Pyrénées, erreur au-delà (Pascal) : la justice est imprévisible et inégalitaire.
Le 13 septembre, le tribunal de Grande Instance d’Orléans a déclaré coupables trois autres décrocheurs d’ANV-COP21, dont les actions vont donner lieu, à ce jour, à 18 procès.
Pour Fanny Delahalle, le jugement lyonnais doit faire date, c'est-à-dire, faire jurisprudence et s'imposer aux autres juges des tribunaux partout en France : "Soit l’Etat est à la hauteur de l’enjeu, soit il continue la répression et à aller dans le mauvais sens de l’histoire" Cette dernière notion qui fait référence à l’idée que l’humanité progresse. L’Histoire n’est plus une succession de phases qui se répétera indéfiniment: elle est le processus par lequel l’humanité va vers un "mieux ", celui que l'Homme devra au progrès scientifique et technique. 

En juin, le tribunal correctionnel de Strasbourg avait relaxé trois " décrocheurs", mais pour une autre raison : le maire avait donné son accord à cette action et le tribunal avait considéré qu'il n'y avait pas d'élément intentionnel. En revanche, six militants poursuivis pour les mêmes faits ont été condamnés à des amendes en juin à Bourg-en-Bresse (Ain). Douze autres procès de décrocheurs sont prévus jusqu'à septembre 2020.

Il suffit d'un juge rouge-Vert et le mode d'action choisi est étiqueté à caractère "manifestement pacifique" et de "nature à causer un trouble à l'ordre public très modéré". Une première dans les procès des "décrocheurs" du président de la République.



L'usage fait de ce portrait exhibé renversé, tête en bas, dans des manifestations publiques sur le climat obéit "à un motif légitime" et, d'ajouter malicieusement, que le fait que la mairie du 2e arrondissement de Lyon (dans une ville gérée par Gérard Collomb, l'ancien ministre de l'Intérieur de Macron) ne se soit pas constituée partie civile jette "un doute sur sa volonté de récupérer son bien".
Le juge encourage la rebellion : "Cela donne envie de continuer"...
La médiatisation de ce procès a amené l'ancienne ministre Cécile Duflot (Oxfam France) a intervenir comme témoin. Depuis le début des décrochages de portraits du président de la République, 18 procès ont été intentés aux militants écologistes. Cinq jugements ont déjà été rendus, pour une seule relaxe.
Engagé dans la désobéissance civile depuis quatre ans, Pierre Goinvic y voit la confirmation de son choix. "Ça donne envie de continuer à défendre cette philosophie non violente". "Cela donne beaucoup d'énergie avant les marches pour le climat prévues ce week-end", abonde Fanny Delahalle. Contacté, le maire du 2e arrondissement de Lyon, Denis Broliquier, n'a pas souhaité commenter ce jugement.

Au niveau national, Cécile Marchand, porte-parole d'ANV-COP21, espère que "les jugements des prochains procès percevront également le tournant historique que nous sommes en train de vivre et reconnaîtront que ce type d’action est nécessaire pour lancer l’alerte et rappeler au gouvernement qu’il faillit à protéger la population face à la menace climatique".

Qu'est-ce que l'"état de nécessité" invoqué par le juge pour légitimer les décrochages
Rarement retenue, cette notion juridique consiste à autoriser une action illégale pour empêcher la réalisation d'un dommage plus grave, mais dans des circonstances exceptionnelles où les pouvoirs publics doivent momentanément s'affranchir de la légalité ordinaire : l'article 16 de la Constitution évoque la théorie jurisprudentielle des circonstances comme l'état d'urgence... La probabilité d'un danger ne permet pas, à elle seule, d'invoquer l'état de nécessité : le danger ne doit pas résulter d'une faute antérieure de la personne , son imminence est nécessaire et l'acte condamnable en situation ordinaire doit aussi être proportionné au danger.. Cette notion juridique est d'ordinaire réservée aux prévenus en état de grande précarité, tel le vol de nourriture par une maman désargentée, par exemple pour nourrir ses enfants affamés.

Le Parquet, qui avait requis à leur encontre une amende de 500 €, fait appel.
"En plein débat sur l'indépendance des magistrats, en voilà un qui n'a pas hésité à prendre ses responsabilités", fanfaronne Me Thomas Fourrey, l'avocat pénaliste des militants qui avait soulevé l'état de nécessité.  "C'est une première et un très bon signal pour nous", s'est félicitée une porte-parole de ANV-COP21.