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vendredi 14 août 2015

Filière porcine: les éleveurs du Grand Ouest, prêts à s'enflammer

La mobilisation est prête à rebondir

De nouvelles actions des éleveurs ce week-end ?





En protestation contre les annulations successives des cotations du marché du porc à Plérin, des agriculteurs de l'Ouest pourraient continuer leurs actions.
Des agriculteurs des principaux départements d'élevage du Grand ouest convergeaient ce vendredi matin vers le Marché du porc breton (MPB) à Plérin, Côtes d'Armor. La cotation, suspendue depuis lundi, a été annulée une troisième fois, 
Jeudi soir, Didier Lucas, le président de la FDSEA des Côtes-d'Armor s'était déjà exprimé face aux éleveurs. Il appelle ce vendredi à ne pas mener d'actions avant la réunion de lundi.alors que les éleveurs attendent toujours un signe de l'intervention de Matignon, qu'ils ont réclamée jeudi. La réunion au ministère de l'Agriculture, n'est pas organisée  avec les acteurs de la filière avant lundi prochain.  Ce vendredi Didier Lucas, le président de la FDSEA des Côtes-d'Armor appelle néanmoins à ne pas mener d'actions avant la réunion de lundi.
Plérin, puis Rennes ?

Quelque 150 personnes, certains venus en famille, patientaient devant le MPBE
en fin de matinée vendredi,  tandis que des représentants d'acheteurs attendaient depuis 10 h une éventuelle reprise de la cotation, qui n'a pas eu lieu.

Aucune cotation n'a été organisée lundi et jeudi au MPB, suite au refus de deux des principaux acheteurs, Cooperl et Bigard/Socopa, de payer le prix imposé par le gouvernement pour les éleveurs.Le prix actuel du porc s'établit à environ 1,40 euros le kilo, objectif fixé par le gouvernement à la mi-juin avec les acteurs de la filière pour tenter de résoudre la crise traversée par les éleveurs de porcs français. Mais les industriels de l'abattage l'estiment trop élevé par rapport aux concurrents européens.

Sans intervention rapide de Manuel Valls, plusieurs représentants des éleveurs n'écartaient pas un retour aux actions musclées qui se sont succédées depuis deux mois, ont-ils clairement indiqué jeudi, puis ce vendredi matin. La Cooperl explique que pendant qu' "une volonté 'politique' de court terme a réussi à porter le cours à 1,40 euro", "l'Allemagne abaissait brutalement son prix d'achat" et, à ce jour, 25 centimes séparent le cours français du cours allemand".

Après Plérin (Côtes-d'Armor), si aucune séance de cotation n'avait lieu vendredi, certains envisageaient de se rendre ensuite à Rennes, où se trouve la préfecture de la région Bretagne.

Des actions dans l'Ouest

Jeudi soir, environ 150 éleveurs ont lâché symboliquement une truie devant la sous-préfecture de Morlaix (Finistère), puis bloqué la RN12 reliant Brest à Rennes. 
Un autre groupe, d'une centaine d'agriculteurs, a procédé à un barrage filtrant à Plounévez-Moëdec (Côtes-d'Armor), à une vingtaine de kilomètres de Guingamp.


Ils ont aussi ciblé des magasins de hard discount à Laval, Mayenne et Château-Gontier et déversé du fumier devant le Monoprix de Caen.

Ce vendredi matin des éleveurs mayennais de la FDSEA roulaient vers Plérin,
tandis que ceux du Finistère et des Côtes-d'Armor avaient donné rendez-vous à leurs camarades au MPB ce vendredi matin lors d'actions symboliques dans le courant de la nuit.Les agriculteurs qui campent depuis jeudi devant la préfecture de Caen ont déversé un mélange de fumier et de lisier devant Monoprix, ce vendredi 14 août 2015 vers 11 h 30.

En Normandie, à Caen, 50 tracteurs et une quarantaine de bennes pleines de déchets bloquaient toujours la place de la préfecture vendredi matin. 30 à 40 agriculteurs, essentiellement de producteurs de viande bovine et de lait, avaient passé la nuit sur place. 

Réponse policière de Manuel Valls,
en attendant
une réunion avec le pouvoir socialiste
Arrivés jeudi matin devant la préfecture, ils attendent toujours de l'État qu'il organise une réunion avec les responsables d'abattoirs et laiteries du département. "Les capitaux de la Cooperl sont la propriété de ses adhérents. Ils n'ont pas vocation à financer un cours politique, pour tenir la tête hors de l'eau à une partie de la production française", a rappelé la coopérative. "Notre effort ira en totalité à l'abattage et à la valorisation des porcs de nos adhérents", insiste la Cooperl, qui annonce en revanche la suspension de ses achats externes au cadran à compter de lundi. 



Michel Bloc'h, le président de l'Union des groupements de producteurs de viande en Bretagne, qui avait incité jeudi Manuel Valls à intervenir dans le débat, a lancé vendredi sur RTL un appel au gouvernement à diminuer les charges sociales pour les entreprises de la filière porcine afin de les rendre plus compétitives face à l'Allemagne et l'Espagne.

"Une guerre des nerfs"

Les palettes contenants des produits étrangers 
ont été sorties du camions, étalées sur la voie 
et en partie distribuées aux automobilistes
"C'est un peu une guerre des nerfs qui se joue, mais pas avec des entreprises d'abattage qui ont quitté le marché, mais avec l'État qui refuse d'entrer dans le discours de la compétitivité", a déclaré M. Bloc'h, ajoutant que les éleveurs n'ont pas reçu de réponse à leur demande de rencontre avec le Premier ministre Manuel Valls

La Cooperl et Bigard/Socopa jugent trop élevé le prix de 1,40 euro/kilo fixé par le gouvernement, notamment par rapport à la concurrence européenne.
L'absence de cotations lundi, puis jeudi au MPB, qui ne représente que 15% des ventes de porcs hebdomadaires mais fixe le prix de référence au niveau national. "C'est l'outil de cotation pour l'ensemble des porcs français, il faut que cet outil-là redémarre le plus rapidement possible", a souligné M. Bloc'h. 

Une promesse de Bigard

Stéphane Le Foll, le ministre de l'Agriculture, seul à intervenir au nom du gouvernement jeudi, mais toujours avec un temps de retard, 
n'a encore trouvé aucun levier juridique pour forcer la cotation à reprendre sur le marché de Plérin, car il s'agit d'une association type loi 1901 où seuls les adhérents peuvent prendre les décisions. Il a toutefois affirmé que le patron de Bigard lui aurait promis d'acheter 90.000 porcs au niveau national cette semaine, comme il le fait d'habitude, au prix revalorisé de 1,40 euro/kilo demandé par les éleveurs, mais sans passer par le marché de Plérin.

Un coup de force symbolique dénoncé par la Confédération paysanne
Classée à gauche, le 3e syndicat agricole ne facilite pas une sortie de crise. Bien au contraire, il y voit une "entente entre deux opérateurs" avec pour seul objectif d'obtenir une baisse de prix. Les éleveurs soulignent l'urgence de la situation, sachant qu' "un cochon prend un kilo par jour" et que son alimentation non prévue constitue un coût supplémentaire pour le producteur.

VOIR et ENTENDRE la colère des éleveurs en détresse qui refusent d'attendre encore jusqu'à lundi:


jeudi 23 juillet 2015

La commission européenne condamne la France à rendre leur argent aux Francais

EDF va restituer 1,37 milliards d'euros à la France

La Commission européenne a exigé de l'établissement public français qu'il rende une aide fiscale de 1997

La  jugeant incompatible avec les règles européennes en matière de concurrence, la Commission européenne a réclamé mercredi la restitution par l'État français de 1,37 milliards d'euros accordés en 1997 à EDF au titre d'aide fiscale, 18 ans plus tard. 
EDF a assuré qu'il remboursera la somme: "EDF prend acte de cette décision et procédera au remboursement des sommes exigées", mais prévient les contribuables que cette restitution affectera ses comptes financiers 2015. En revanche, le ministre de l'Économie est dans un déni trompeur: ce "n'est pas un élément qui fragilisera la structure financière" du géant français de l'électricité, premier producteur et fournisseur d'électricité dans le monde.

EDF prévient que le principal d'impôt de 889 millions "impacte négativement les capitaux propres consolidés" du groupe et que les intérêts associés "impactent le résultat net part du groupe" à hauteur d' "environ 350 millions d'euros après impôt" au 30 juin 2015. Sur le second semestre, "cette décision devrait se traduire par une augmentation de l'endettement financier net du groupe de l'ordre de 0,9 milliard d'euros (effet net d'impôt hors impact sur l'endettement financier net de RTE, comptabilisé par mise en équivalence), précise EDF.

EDF conteste le caractère illicite des aides d'État perçues

L'électricien dit envisager un recours en justice. "EDF  déposera, sous réserve de l'examen de la décision, un recours en annulation devant le Tribunal de l'Union européenne", poursuit le texte.

Cette annonce a fait décrocher le titre du groupe EDF, qui évoluait jusqu'alors à l'équilibre : vers midi, la valeur perdait 1,54 % à 21,11 euros, dans un marché en légère baisse. "L'enquête de la Commission a confirmé qu'EDF a bénéficié d'une franchise d'impôt individuelle et non justifiée, qui l'a avantagé au détriment de ses concurrents, en infraction aux règles de l'Union sur les aides d'État", a indiqué Margrethe Vestager (photo ci-dessus), la commissaire européenne (2014) en charge de la Concurrence, une Danoise, membre de la Gauche radicale (centre gauche, proche du MoDem).

Rappel des faits
En 1997, lors d'une restructuration du bilan d'EDF, le gouvernement Juppé avaient requalifié en dotation de capital une provision faite par EDF, sans la soumettre à l'impôt sur les sociétés. Le Conseil des ministres avait adopté le projet de loi portant "diverses dispositions d'ordre économique et financier' (DDOEF) présenté par Jean Arthuis (photo ci-contre) mais, fait notable, Jacques Chirac n'avait pas caché son mécontentement sur le caractère hétéroclite des mesures. Selon Alain Lamassoure, il avait ainsi demandé au gouvernement Juppé de légiférer à l'avenir avec "plus de méthode et de discernement", soulignant que "c'est un point sur lequel des dérives anciennes n'ont pas encore été redressées".
Le DDOEF avalisait la restructuration financière d'EDF
Son article 45 relatif à la restructuration du bilan d'EDF constituait clairement la disposition la plus spectaculaire du texte. D'apparence technique, ces quelques lignes devaient en effet permettre à EDF de devenir une entreprise comme une autre, au moins sur le plan financier. Le premier pas vers la privatisation, affirma la CGT, le syndicat majoritaire, qui semble être à l'origine de ce soudain intérêt dela commissaire européenne Vestager.
EDF avait bénéficié de cette exemption fiscale au moment où elle avait dû procéder à ses frais à des travaux de maintenance du réseau, dans le contexte de la libéralisation du marché de l'électricité.
"Cette exonération d'impôt a procuré un avantage économique indu à EDF par rapport aux autres opérateurs sur le marché et a engendré une distorsion de la concurrence. Afin de remédier à cette distorsion, EDF doit maintenant restituer cette aide", souligne la Commission, qui avait rouvert une enquête en 2013 après l'annulation d'une première décision par la Cour de justice de l'Union européenne. 

EDF doit désormais rembourser à l'État français  aux Français  889 millions d'exonérations d'impôt en 1997 et 488 millions d'euros d'intérêts, précise le gendarme  européen de la concurrence.

jeudi 10 juillet 2014

France: Hollande relance la croissance avec du "made in Denmark"...

Un entrepreneur français offre des lunettes "Made in France" à Hollande 
Bille de clown, il reste
Rien à faire:
il n'y a rien à tirer de ce client-là !

Choqués de voir que le président socialiste porter une nouvelle paire danoise de lunettesles dirigeants d'un fabricant français de Loire-Atlantique, lui ont envoyé une monture de leur catalogue accompagnée d'une lettre dans laquelle ils plaident pour le savoir-faire français

Dans cette lettre adressée début juillet à François Hollande, Ludovic Brochard et Maxime Rolandeau, co-gérants de la société Roussilhe, dont le siège social est situé à Treillières, au nord de Nantes, ville dont le député-maire n'est autre que le sombre Ayrault, ancien premier ministre limogé.
 
Les professionnels français rappellent que la "filière lunetière française est soumise à une forte concurrence internationale
essentiellement asiatique". 

"Vous êtes, Monsieur le président, un vecteur d'image important à travers le monde [c'est bien le problème] et votre choix de monture peut laisser penser qu'aucune entreprise française n'a pu satisfaire vos exigences", écrivent les deux dirigeants. 

 Il prend  la pose...
Et c'est un bide !
Attention, il serait contre-productif  qu'il portât des lunettes françaises 
Trop tard ! "C'est pourquoi nous vous envoyons un de nos modèles qui reste dans votre nouveau style, maisde fabrication 100% française", ajoutent-ils, soulignant que leur entreprise est l'une des rares "à bénéficier du Label Origine France Garantie". "En portant nos lunettes, vous pourriez devenir l'ambassadeur de la lunetterie française et témoigner du dynamisme de notre filière dans l'Hexagone mais aussi à l'étranger : véritable coup de pouce pour une PME comme la nôtre et vraie reconnaissance pour ce savoir-faire français", plaident-ils. Ambassadeur de France au Danemark ? 

Montebourg a-t-il voulu épargner A. Pulvar ?

Il milite pour le "made in France" devant les caméras, mais le ministre m'as-tu vu n'a toujours pas fait de crise: étrange ?...

La raison est peut-être élémentaire, ma chère Duflot: son ex a en effet choqué la "gauche sociale" (et pas que !) par son choix de lunettes hors de prix et scandalisé les protecteurs de la nature: les écailles étaient prises sur une espèce protégée en voie de disparition !

L'espèce socialiste résiste en revanche encore bien... Si c'est bien pour la  bio-diversité politique, l'exécutif socialiste jette comme un doute sur sa volonté de reprise de la croissance !

jeudi 20 juin 2013

SNCM: le redresseur de Hollande envoie 600 postes par le fond à Marseille

Montebourg laissera-t-il couler 600 marins ?

Veolia et l'Etat, les deux principaux actionnaires, se sont réunis jeudi pour un conseil de surveillance concernant l'avenir de la compagnie maritime. 

Alors que la SNCM (Société nationale Corse Méditerranée) se trouve en grande difficulté financière, Veolia et l'Etat, ses deux principaux actionnaires, sont tombés d'accord sur son avenir, jeudi 20 juin, à l'issue d'un conseil de surveillance. 
Et cet avenir tout rose, selon le plan de sauvetage de la société par le ministre des Transports,  c'est la suppression de 600 postes à temps plein sur 1 400. 

Il ne s'agirait "pas de licenciements secs"
, mais de départs anticipés, de non-renouvellements de CDD et de départs volontaires, a précisé le ministère. Des coups de balai, donc, à l'heure où le gouvernement nous prépare un report de l'âge de départ à la retraite...
Solidaires, les salariés en sursis, mais aussi les retraités, devront les tenir en vie... 

Montebourg a-t-il été placé en cale sèche ?
Cuvillier est appelé à soutenir le redresseur de l'industrie dont les prouesses ne sautent pas aux yeux...

Le plan envisage aussi des investissements dans la flotte de la compagnie maritime 

La 
compagnie maritime, déjà en déficit depuis des années, peut-elle encore être renflouée ?
La Commission européenne a de sérieux doutes sur la capacité d'un "capitaine de pédalo". Elle l'a  sommée de rembourser 220 millions d'aides reçues de  l'Etat. La Commission a jugé que ces aides sont incompatibles avec les règles européennes de la concurrence concernant le service "complémentaire", couvrant les périodes de pointe. L'enquête de la Commission a été menée à la suite d'une plainte de l'italien Corsica Ferries, le principal concurrent de la SNCM. Ce dernier domine le transport de passagers entre le continent et la Corse (60,6% de parts de marché au premier semestre 2012).

La direction de la compagnie, qui emploie 1 600 salariés, estimait il y a quelques jours que si elle devait rembourser 50 millions d'euros à l'Etat,
800 ou 600 ? Ce n'est pas pareil, ni socialement, ni humainement...