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mardi 6 septembre 2016

Pollution: Valls et Royal se débattent dans les "boues rouges"

Valls impose sa loi à sa Royal ministre

Manuel Valls a recadré sa ministre de l'Environnement
© DOMINIQUE FAGET / AFPRoyal avait contesté la décision de Matignon d'autoriser le rejet de métaux dans le Parc national des Calanques, où un incendie vient malencontreusement de se déclenché. Ce matin, son directeur exprimait des doutes sur le caractère éventuellement accidentel du désastre. La numéro 3 du gouvernement a réaffirmé son opposition au numéro 1...
VOIR et ENTENDRE la ministre Royal - énième femme du gouvernement qui a maille à partir avec le Catalan - clamer, le 2 septembre, son désaccord avec le premier ministre:
Début janvier, Ségolène Royal finassait encore, assurant ne pas "être en guerre" contre Manuel Valls sur aucun des sujets comme l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes (a annoncé fin octobre la reprise des travaux en 2016) ou le rejet de boues toxiques en Méditerranée, même si sa position diverge de celle du gouvernement. A la question "êtes-vous en guerre avec le premier ministre ?", la ministre de l'Ecologie avait répondu sur RTL: "Non, pas vraiment. Je suis en guerre pour l'environnement et pour la santé", alors que Valls a annoncé fin octobre la reprise des travaux en 2016, après le rejet des recours environnementaux déposés par les opposants au projet. 
Sa ministre ne cesse de rappeler sa désapprobation de cette décision d'autoriser le rejet de boues rouges dans le Parc national des Calanques (Bouches-du-Rhône), confirmant que "l'ordre" est "venu du Premier ministre au préfet, direct".
"Ca prouve que les sujets environnementaux sont difficiles, qu'il y a des lobbies, qu'il y a des rapports de forces et ma responsabilité, c'est de mener ces combats", avait déclaré S. Royal en janvier 2016.
Interrogée sur l'éventuelle influence de lobbies sur Manuel Valls, la ministre a déclaré: "c'est un système qui est sensible à certains lobbies". Et de détourner l'attention de leur conflit permanent:" il y a aussi beaucoup de choses très positives qui sont faites", avait-elle fait valoir, soulignant que c'était "Manuel Valls qui (avait) arbitré par exemple sur la diminution (de la place) du diesel". 
Elle expliquait alors encore que ses divergences avec le Premier ministre résultent "peut-être aussi" du fait qu'elle a "un temps d'avance sur ces sujets-là". Et que le diesel catalan a du retard à l'allumage...
La ministre a eu beau expliquer à la matinale d'Europe 1 que "ce n'est pas une querelle", la réaction de Manuel Valls ne s'est pas fait attendre, confirmant un bras de fer. Quelques heures après les déclarations de sa ministre, un communiqué de presse de Matignon en appelait "à la maîtrise de l'expression sur ces sujets"...

L'affaire des boues rouges marque un énième affrontement entre la ministre de l'Écologie et le premier ministre. 

La fureur de l'ex-candidate battue à la présidence de la République n'est pas retombée depuis l'ordre donné en 2015 par Manuel Valls d‘autoriser la poursuite de la production d'Alumine de l'usine Altéo de Gardanne (Bouches du Rhône), ville communiste, lorsque le préfet de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur avait annoncé le maintien de l'activité du site industriel. Dans Thalassa, diffusé le 2 septembre dernier (ci-dessus), la numéro 3 du gouvernement jugeait "inadmissible" que l'autorisation ait été renouvelée.
L’usine de Gardanne de production d’alumine, à partir de bauxite, a déversé plusieurs millions de tonnes de boues rouges dans les fonds marins de la fosse de Cassidaigne. Fin novembre 2015, malgré l’opposition de Ségolène Royal, l’usine, qui a changé ses procédés de production, a obtenu une nouvelle autorisation préfectorale pour poursuivre son activité. Ses opposants continuent d’affirmer que ces déchets sont toujours très polluants.
"Il est Premier ministre, il a décidé le contraire de ce que dit sa ministre de l’Environnement. Voilà, donc acte, regrette la ministre de l’Environnement. "Je ne peux pas donner un contre-ordre. Mais en revanche, mon rôle, c’est de dire que je ne suis pas d’accord", termine Ségolène Royal.

"Je gouverne, je décide, chacun doit être à sa tâche avec l'esprit et le sens du collectif," lui a rappelé le locataire de Matignon, vendredi 2, lors de sa visite à la Foire européenne de Strasbourg. 

Un autoritarisme qui n'a pas réduit l'ancienne candidate à la présidentielle au silence
"Je ne lâcherai pas", assure Ségolène Royal qui s'est de nouveau exprimée ce lundi matin dans Le Parisien: "Je maintiens ma position. Cette décision n'est à mes yeux pas acceptable." Et de promettre: "Je ne lâcherai pas ce dossier", "un tabou qui doit cesser avant que l'on se retrouve avec une catastrophe sanitaire sur les bras".

Les deux s'opposent sur presque tous les sujets
S'agissant du projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes, proche de Nantes, la ministre était déjà "furieuse" après la reprise des travaux en Loire-Atlantique sans que Manuel Valls ne tienne davantage compte de son désaccord. Elle avait ensuite suivi les recommandations d'un rapport d'experts qu'elle avait elle-même désignés et qui jugeaient le projet d'aéroport régional de Notre-Dame-des-Landes "surdimensionné", alors que Manuel Valls continuait de soutenir le projet originel. Le premier ministre est en effet un utilisateur gourmand des jets de la République, si vous pensez à son vol familial à Berlin pour voir son "équipe de coeur", Barcelone, jouer à... Berlin. Seul le référendum - qui n'interrogea que les habitants de Loire-Atlantique potentiellement bénéficiaires - a permis de clore la polémique entre les deux ministres.
Autre source de conflit entre Matignon et la rue de Grenelle: les autoroutes.
En 2014, Manuel Valls avait relancé le projet de l'autoroute A831, faisant fi du veto de la présidente de région, Ségolène Royal, qui avait fait part de ses inquiétudes concernant les conséquences environnementales d'un tel projet. Un énième désaveu. La même année, alors que Ségolène Royal réclamait la gratuité des autoroutes le week-end, Matignon s'était empressé de réfuter cette hypothèse. Aucune de ses autres propositions, comme celle d'introduire une taxe sur les bénéfices des sociétés d'autoroute ou celle de résilier des concessions autoroutières, n'a été retenue par le chef du gouvernement.
Manuel Valls avait également chambré Ségolène Royal lorsqu'elle avait déconseillé la consommation du Nutella
Le produit est importé d'Italie, pays ami qui s'était senti traîné dans la boue. Déjà! "Avec Cazeneuve, on est très embêtés. La Préfecture de police nous annonce une manifestation de 10.000 enfants à Paris pour défendre le droit au Nutella. Ca pourrait être chaud. Crois-tu qu'il faille la faire interdire?", avait-il glissé à sa collaboratrice. Une petite phrase a priori anecdotique, mais qui illustre bien le ton des relations tumultueuses entre les deux coéquipiers du gouvernement éclaté.

A noter que le Gabon, actuellement en crise politique grave, a renouvelé en 2015 son contrat de vente de bauxite à l'Iran.

jeudi 31 décembre 2015

Le vent de la révolte souffle sur l'Etat-PS: la cacophonie est à son comble et le PS au bord de l'implosion

Hollande envoie le poseur de bombes Valls en opération déminage  
Les bras cassés de l'exécutif mettent le chaos dans les rangs de la majorité
Valls, l'oeil droit
 morne, voire mort
Les contradictions et les règlements de comptes ont déjà volé en escadrille pendant les deux ans de Jean-Marc Ayrault à Matignon. L'une des missions de Manuel Valls était de remettre de l'ordre dans le gouvernement. La méthode pour imposer la nouvelle ligne et s'y tenir consiste depuis à mettre tout le monde au pas, du sol au plafond, du gouvernement aux parlementaires de la majorité. Des coups de balais ont chassé les autonomistes Arnaud Montebourg, Delphine Batho, Aurélie Filippetti et Benoît Hamon et donné le ton d'un serrage de boulons qui épargna Christiane Taubira. Cette bande des quatre n'était que les premiers sacrifiés, visibles et spectaculaires, à l'autoritarisme en marche du pouvoir...
Sans doute sa couleur de peau aurait-elle été un mauvais signal dans une majorité, qui stigmatise la "race blanche" dans la bouche du président de l'Assemblée nationale, et aussi dans un pays totalement orienté vers la diversité, les migrants ou la menace du terrorisme islamiste, mais ce travail mal fait ancra définitivement l'image forte de faiblesse originelle d'un pouvoir qui se donne par le seul verbe l'illusion de gérer, mais ne trompe personne, pas même les hommes du rang, comme le révèle maintenant la bronca des élus et militants suscitée par un pouvoir socialiste porteur d'un projet de droite sur la réforme constitutionnelle introduisant la déchéance de nationalité...  

Le courroux Royal

Pas de trêve des confiseurs: la cacophonie gouvernementale bat son plein. Le préfet de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur a signé mardi le renouvellement pendant six ans de l'autorisation, donnée à la société Alteo, de rejeter des boues rouges au cœur du Parc national des Calanques, dans les Bouches-du-Rhône.

Quinze jours après la tenue de la COP21 à Paris, dont on n'a cessé de nous dire qu'elle a été un succès -moins pour les décisions prises et applicables que pour une prise de conscience mondiale-,  les dangers du réchauffement climatique et de la pollution généralisée restent entiers, mais les hypocrites au pouvoir n'ont pas tardé à balayer les urgences du début du mois.

Ségolène Royal a eu un coup de sang. "L'ordre est venu du Premier ministre au préfet, direct," a-t-elle accusé. Et s'est désolidarisée: "Je désapprouve cette décision, je n'ai pas du tout changé d'avis : je pense que c'est une mauvaise décision qui est essentiellement suscitée par le chantage à l'emploi." Royal n'a que faire des demandeurs d'emploi et pilonne donc le Premier ministre. Il ne lui arrivera rien: la numéro trois du gouvernement est la mère des enfants de François Hollande et ne saurait subir le même courroux que celui qui s'est abattu sur Delphine Batho, alors ministre de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie qui critiquait en juillet 2013 le budget dévolu à son ministère, ou sur le gracieux ministre de l'Industrie (Redressement productif), Arnaud Montebourg, boutte-feu du précédent gouvernement, impuissant à redresser la courbe de l'emploi et répudié. On avait alors pris une tapette pour écraser un éléphant...

Valls, le terroriste de l'Etat-PS

Hollande a fait se lever un vent de révolte à gauche avec son projet de révision constitutionnelle nécessaire à l'introduction d'une loi autorisant la déchéance de nationalité. Plastronnant sur une radio publique algérienne, Christiane Taubira avait jeté un sort au projet depuis l'étranger, assurant que le projet était enterré.  Moins de 24 heures plus tard, bien que la promesse soit tenue par la droite, notamment le FN, Hollande faisait confirmer exactement le contraire et Le Point lui faisait écho,  écrivant, bien informé, le 22:
"A l'issue d'une journée de débat, les conseillers d'État se sont prononcés par un vote positif aux deux tiers: la France peut déchoir de leur nationalité des binationaux, y compris ceux nés en France, à condition de réviser la Constitution. François Hollande, qui a subi depuis la pression des écologistes et de nombreux socialistes, préfère enterrer cette révision constitutionnelle." N.B. L'article était réservé aux abonnés, mais taxé pour les défavorisés...
Depuis, la gauche et large partie de la droite s'écharpe. Plusieurs ministres ne sont pas mécontents que les fêtes de Noël et du nouvel an leur permettent de sortir des radars et de ne pas prendre partie, en attendant que la tendance se précise. Hollande a disparu de la circulation depuis une semaine, Valls affiche un encéphalogramme plat, mais les Cazeneuve et Le Drian ont refait surface: le premier, pour se rendre en Corse, six jours après l'agression raciste et xénophobe de pompiers et les représailles des îliens sur un lieu de culte musulman clandestin, et le second, en marge d'une visite aux soldats de l'opération Sentinelle à Paris. L’Armée française est "déployée" depuis les attentats des 7, 8 et 9 janvier 2015 pour faire face à la menace terroriste et protéger les points sensibles du territoire. Elle est renforcée lors des assassinats islamistes de masse du 13 novembre 2015 en Ile-de-France: 11.000 forces de l'ordre (policiers, gendarmes et pompiers) sont sur le pied de guerre à la veille du Réveillon, soit 2.000 de plus que l'année dernière, dont 6.500 militaires.
Soumis au Parlement dans cinq ou six semainesle texte a provoqué la bunkerisation du gouvernement et la balkanisation de la majorité présidentielle. 

Manuel Valls hier espoir de la gauche est aujourd'hui l'homme à abattre

Le premier ministre est aux abonnés absents 
Premier ministre sous la menace 
de l'état d'urgence et 
du délit de sale gueule
L'illusion de sa présence n'est entretenue que par des tweets et des entretiens avec la presse écrite, mais comme Kim Jong-un, le président  du Comité de défense de Corée du Nord, Valls est introuvable. Il était apparu amaigri et taciturne, si bien que le bruit court que, malgré le climat de fronde généralisée, il serait en soins. Arc-bouté sur ses positions intransigeantes, mais détesté et solitaire, Valls concentre toutes les critiques des membres du gouvernement et des élus hier sous sa férule, le Premier ministre - chancelant et désemparé-  ne peut même pas compter sur le soutien du président.

Le déchaînement de camarades socialistes contraste avec l'indifférence de l'occupant de l'Elysée et le silence du locataire (en fin de bail)
de Matignon. 
Que reste-t-il de l'hyperactivité de Valls au lendemain des attentats du 13 novembre et de la posture de François Hollande en sauveur de la planète un mois plus tard à la COP21 ? C'est ainsi au quotidien La Parisien que Manuel Valls, ou un conseiller, a juré: "L'Etat n'abandonnera jamais la Corse". 
Quel était son agenda officiel, ces derniers jours: 
Lundi 21 décembre 2015
09h30 : Entretien avec Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur
Hôtel de Matignon
13h00 : Déjeuner avec le président de la République
Palais de l’Elysée
17h00 : Entretien avec Michel Sapin, ministre des Finances et des Comptes publics, et Christian Eckert, secrétaire d’État au Budget
Hôtel de Matignon

Mardi 22 décembre 2015
17h00 : Entretien avec Ségolène Royal, ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie
Hôtel de Matignon
18h00 : Entretien avec Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche
Hôtel de Matignon
Mercredi 23 décembre 2015
09h00 : Entretien avec le président de la République
Palais de l’Elysée10h00 : Conseil des ministres 
Palais de l’Elysée
Aucune apparition publique du 20 décembre au 4 janvier: de soudains huis clos qui interpellent.

Le pr
ésident, quant à lui, ne s'est plus exprimé sur les affaires de l'Etat depuis les élections régionales, en novembre, et a mis un coup d'arrêt à la frénésie de ses déplacements bi ou tri-hebdomadaires dans les régions, confirmant ainsi son ingérence dans les élections (si inutile qu'elle ait pu se révéler). Gagné par la morosité dans laquelle il a plongé le pays, Hollande ne lâche donc plus de petites phrases, stupides ou méchantes, sur les "sans-dents" ou les rivaux qu'on ne reverra plus ... Et Valls, quand le reverrons-nous ? 

Rechute au yoyo des sondages

Valls a perdu six ou seize kilos
Le traditionnel pensum des voeux du 31 décembre le contraindra à reprendre le chemin des caméras. On imagine déjà son discours/ il parlera de 2015 comme d'une "annus horribilis" , exhortera les Français à ne pas se laisser diviser et à se rallier à son panache rose, déclarera la guerre aux intégrismes religieux, répétera que la menace terroriste est partout mais que les forces de sécurité veillent sur les braves gens.

Peut-être osera-t-il une fois encore affirmer que la croissance est là, que l'activité économique repart, que les six millions de chômeurs (toutes catégories confondues) doivent patienter encore un peu... et que les "sans dents" s'offrent -s'il en ont les moyens- un joyeux Noël ! 

Aucune activité -même factice-
depuis le 23 décembre:
faut-il s'en inquiéter?
Un langage qui fait gronder la colère. Un sondage Harris Interactive note une perte de quatre points de confiance en François Hollande et de six à Manuel Valls. En un an, le Premier ministre chute lourdement tandis que, sur la même période, le chef de l'État fait le yoyo... 

Et l'état d'urgence" autorise-t-il que nous ayons un bulletin de santé
(même officiel) de Manuel Valls ?

Gardanne: combat de ministres dans les boues rouges toxiques

Royal et Valls se déchirent sur les rejets de déchets industriels dans les Calanques de Cassis

Valls humilie la troisième du gouvernement, 
Ségolène Royal


La ministre de l'Écologie accuse Valls d'avoir donné l'ordre d'autoriser le rejet de métaux lourds dans le Parc national des Calanques: une attaque frontale du premier ministre. Elle clame que le préfet de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA) a pris la  décision avec l'accord du premier ministre. Il a signé mardi le renouvellement pour six ans de l'autorisation, donnée à la société Alteo, de rejeter des boues rouges au cœur du Parc national des Calanques, dans les Bouches-du-Rhône. 

La ministre de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie est désavouée. 
Depuis un an, Ségolène Royal avait commandé à des experts choisis des études et analyses pour démontrer la dangerosité environnementale de ces rejets de métaux toxiques, contenant notamment de l'arsenic, du fer et de l'aluminium.

"Chantage à l'emploi", hurle l'offensée 

"L'ordre est venu du premier ministre au préfet, direct", a réagi mardi, très remontée, l'ex-concubine présidentielle répudiée qui décidément compte pour du beurre des Charentes. 
"Je désapprouve cette décision, je n'ai pas du tout changé d'avis: je pense que c'est une mauvaise décision qui est essentiellement suscitée par le chantage à l'emploi", a-t-elle poursuivi, en faisant référence aux 400 salariés de l'entreprise de Gardanne, dont les postes ne seront pas menacés. 

Une réaction agressive peu appréciée de Matignon qui a rapidement livré sa version
"Il n'y a pas eu d'ordre du premier ministre au préfet. La procédure est claire", a assuré un membre anonyme de l'entourage du premier ministre. Cet illustre haut fonctionnaire mystérieux rappelle que la décision avait été prise sur "avis consultatif" d'un conseil indépendant composé "d'experts rattachés administrativement au ministère de l'Écologie". "Consultatif", donc non contraignant... 

France, pays où les experts prennent les décisions gouvernementales ?
C'est le Conseil supérieur de prévention des risques technologiques (CSPRT), présidé par le polytechnicien Jacques Vernier et réuni à partir du 22 décembre,
qui a donné un avis favorable au renouvellement de l'autorisation de rejet dans la mer de ces effluents, accordée pour la première fois il y a près de cinquante ans à la société industrielle. 
Depuis 1966, le site de production d'Alteo, situé à Gardanne, près d'Aix-en-Provence, a donc le droit de rejeter en mer, au large de Marseille et Cassis, des résidus  de la production d'alumine. Plus de 20 millions de tonnes de boues rouges ont ainsi été déversées sur les fonds marins de la fosse de Cassidaigne, malgré l'indignation des groupements de pêcheurs et des associations environnementales. 

La santé publique, comme les jeunes, la dette publique, la croissance et l'emploi
"Un scandale sanitaire", en dépit de 21 COP plus ou moins "historiques"...  
Renouvelé une première fois en 1996, l'accord devait arriver à son terme le 31 décembre 2015. Ces dernières années, l'entreprise avait investi dans une première tranche de travaux pour réduire le volume de pollution déversé en mer, ce qui a rendu les rejets plus clairs, mais non moins toxiques. 
Elle avait, en contrepartie, demandé un prolongement de l'accord pour continuer à évacuer les effluents dans la Méditerranée, provoquant la colère des opposants. 

"C'est un scandale sanitaire, c'est un permis de polluer et d'empoisonner qui a été délivré", déplore Alain Matesi, président de l'association CoLLecT-IF environnement. "Le rapport de l'Agence nationale de sécurité sanitaire démontre la toxicité et la nocivité de la pollution. Aujourd'hui ce ne sont plus des écologistes ou des défenseurs de l'environnement qui sonnent l'alarme mais un organisme officiel. C'est une décision inacceptable", ajoute-t-il, espérant que la situation ne se répète pas dans six ans. 

Pour apaiser les tensions, Frédéric Ramé, le président de l'entreprise pollueuse Alteo, a encore promis que tout sera mis en œuvre "pour améliorer la qualité des rejets liquides" dans les... années à venir. Un objectif qui sera scruté de près par les nombreux opposants. Et les commissions d'experts ?

Valls rejette le principe "pollueur-payeur" avec les boues rouges
Adopté en 1972 par l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) et en 1986 par la CEE, le principe pollueur-payeur (PPP) est un principe économique qui vise à internaliser dans l’économie les coûts environnementaux cachés (externalités).
Ce principe stipule que les coûts de prévention, de réduction de la pollution, de dépollution et de restauration doivent être supportés par le pollueur à l’origine du sinistre.

Les limites du principe pollueur-payeur

Le principe pollueur-payeur a cependant des limites :
  • tout d’abord, il faut être capable d’évaluer le coût économique des dégradations environnementales: avec tous ces experts auprès du gouvernement, cela devrait être un jeu d'enfants ;
  • ensuite, il y a la difficulté d’identifier le responsable, comme l’ont montré par le passé les exemples des marées noires où capitaine de pétrolier, propriétaire et affréteur se renvoyaient la balle, alors qu'en l'espèce le pollueur n'est pas un navigant mais un industriel installé sur le plancher des vaches ;
  • enfin, le coût environnemental peut dépasser les capacités de paiement du pollueur. Dans ce cas, d’autres mécanismes -comme les assurances (attention à l'augmentation des primes !) ou la solidarité nationale (et l'Etat, ce n'est ni Hollande, ni Valls ou Royal...) doivent se substituer au pollueur.

Les applications du principe pollueur-payeur

Dans son application, le principe pollueur-payeur prend de nombreuses formes telles que des normes, des redevances et des taxes (taxes pigouviennes), des assurances, des marchés de quotas ou encore des dommages et intérêts suite à une action en justice.
De quoi se traiter de tous les noms d'oiseaux

Et l'augmentation du prix du gazole -alors que celui du pétrole brut dégringole- sera-t-elle supportée par les propriétaires de véhicule au diesel, deux fois solidaires ?

Hollande peut-il appeler à l'union nationale contre le terrorisme islamiste quand l'ayatollah à la tête du gouvernement se comporte en terroriste de la majorité présidentielle ? L'art de vivre à la française est clairement visé ! A la Culture, Fleur Pellerin ne devrait-elle pas mettre nos chefs d'oeuvre hors de portée, au sec ?