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mercredi 4 avril 2018

Présidentielle : quand Michel Sapin plomba la SNCF pour "sauver" Alstom et Hollande

Pour être agréable à Juppé, l'Etat acheta 15 TGV et 20 locomotives destinés au Bordeaux-Marseille

Sauvetage d'Alstom par l'Etat : Sapin jugea la polémique "incongrue"

Février 2017 à Belfort: Hollande donne des garanties sur la commande de 15 rames de TGV par l'Etat
Le mercredi 5 octobre 2016, sur Europe 1, Michel Sapin avait tenté de dégonfler la polémique sur la commande par l'Etat de locomotives Alstom pour sauver le site du groupe à Belfort. 
"Le bon calcul, c'est celui que nous faisons. Le calcul qui est respectueux des finances publiques, c'est celui que nous faisons", assura le ministre de l'Economie et des Finances et manipulateur des chiffres du chômage pendant toute la durée du quinquennat de Hollande. 
L'achat par les contribuables de ces 15 rames à deux étages conçues pour rouler à 320km/h sur la ligne Bordeaux-Marseille avait suscité de nombreuses critiques, la veille, en raison de leur coût (proche de 30 millions d'euros), jugé disproportionné puisque les trains ne pourront de toutes façons pas excéder 200 km/h sur cette ligne, pour l'instant non adaptée à la très grande vitesse. "De toutes façons, sur cette ligne entre Bordeaux et Marseille, il aurait fallu acheter des trains, expliquait Sapin. Est-ce qu'il vaut mieux acheter un train cher aujourd'hui qui sera dépassé dans cinq ou dix ans ou est-ce qu'il vaut mieux acheter dès maintenant le TGV qui roulera sur une ligne à grande vitesse dans dix ans ?", s'est défendu Michel Sapin, dont le petit crâne d'oeuf ne prenait pas en compte le coefficient de vétusté après dix ans.

VOIR et ENTENDRE l'autosatisfaction de Hollande traitant la question :


Le ministre de l'Economie avait par ailleurs jugé "normal" que l'Etat achète ces rames en son nom propre, quand bien même il ne fait pas rouler directement les trains. "Ce n'est pas l'Etat qui les achète pour jouer au petit train électrique. L'autorité organisatrice, c'est l'Etat. Et on met à disposition, en l'occurrence de la SNCF, les trains. Ce qui est normal... C'est comme ça qu'on fait", a-t-il dit.

VOIR et ENTENDRE Sapin souligner que Hollande donne la priorité au sauvetage du Parti socialiste à Belfort :

En raison notamment de l'absence de recours à un appel d'offres, l'annonce par le gouvernement et Alstom d'une pluie de commandes et d'investissements étalés sur quatre ans pour maintenir l'activité de l'usine de Belfort, un temps menacée, a été qualifiée de "bricolage" et de "rafistolage" par la droite et une partie de la gauche, en fait une opération illégale. Pointé par la Commission européenne et les concurrents étrangers d'Alstom, l'exécutif avait maintenu que ces commandes étaient néanmoins parfaitement légales. 

En fait,
une opération violant doublement la loi en constituant aussi un financement illégal de la campagne de Hollande.
On comprend pourquoi Valls a largué le Parti socialiste pour se rallier au nouveau prince de la cité et s'assurer protection: bien que la justice soit indépendante, elle poursuit les uns, mais épargne les autres, selon qu'ils sont puissants ou misérables.

Hollande et Sapin accusés d'électoralisme à 8 mois de la présidentielle de 2017



Sans oublier de "redonner espoir"
à Hollande, d'abord
Une commission d'enquête a été créée à l'Assemblée en octobre 2017. Après les dossiers Alstom, Alcatel ou bien encore STX, les députés LR plaidaient que plusieurs rachats successifs soulèvent des questions sur la capacité de l'État à défendre champions industriels et intérêts stratégiques.
L'Assemblée se penche sur la politique industrielle de l'État.  © PDN/SIPA / DNphotography / SIPA/ PDN/SIPA

La conférence des présidents de l'Assemblée, autour de son président François de Rugy et en présence du secrétaire d'État aux Relations avec le Parlement Christophe Castaner, a pris acte de cette création d'une commission de 30 membres (17 LREM, 5 LR, 2 MoDem, 2 Constructifs, 2 Nouvelle Gauche, 1 LFI, 1 communiste). Chaque groupe parlementaire a le droit, une fois par session de l'Assemblée, d'user de son "droit de tirage" pour une commission d'enquête.

"Le cas d'Alstom n'est malheureusement pas un cas isolé".
Si le problème d'Alstom et de l'endettement de l'Etat survient à huit mois de la présidentielle de 2017, ils jugent donc nécessaire de "s'interroger sur les moyens juridiques, économiques et financiers dont dispose l'État, mais aussi de la stratégie adoptée, pour favoriser le maintien en France de notre patrimoine industriel stratégique". Les élus du principal groupe d'opposition rappellent d'emblée la récente fusion Alstom-Siemens, y voyant une "étape décisive dans le processus de démantèlement d'Alstom", après l'absorption du pôle énergie d'Alstom par General Electric en 2014-2015, "largement applaudie par le gouvernement d'alors", malgré "de vives polémiques sur (s)es conditions". Et " moins de trois ans plus tard, Alstom voit sa branche transports diluée dans un nouvel ensemble contrôlé par Siemens", observent-ils : phénomène d'incrémentation classique, dont on peut citer en illustration, dans un autre domaine, le passage du PACS à la PMA, en passant par le mariage homosexuel et en attendant la GPA.


VOIR et ENTENDRE Hollande se justifier - avouant au passage l'interventionnisme de l'Etat - et polémiquer :

(à venir)
Ses dénégations successives auraient dû alerter les décrypteurs sur son degré de persuasion intime.

Outre Alstom, le groupe LR évoque le passage des chantiers navals STX de Saint-Nazaire "sous pavillon italien" avec l'arrivée de Fincantieri comme actionnaire majoritaire "grâce à 1 % prêté par l'Etat français", ou le rachat d'Alcatel-Lucent par le finlandais Nokia, citant aussi "Technip, Lafarge, Morpho ou encore Nexter System". "Ces grandes entreprises sont parmi nos plus beaux fleurons industriels et représentent le savoir-faire français. (...) Des milliers de salariés sur notre territoire dépendent de leurs activités. Elles représentent aussi parfois de véritables éléments de notre souveraineté et de notre sécurité nationale," plaident encore ces députés.

VOIR et ENTENDRE  le candidat Hollande en campagne au Creusot en 2012: 



Des fleurons, mais aussi des salariés-électeurs recrutés par l'Etat socialiste au profit de Hollande ou de son successeur et ancien conseiller élyséen, Macron

Quand le secrétaire d'État à l'Industrie auprès de Michel Sapin dans le gouvernement Valls et maire PS de Chalon-sur-Saône (2008-2014), à 2 heures de route de Belfort, Christophe Sirugue, annonça 70 millions d’euros "pour préparer l’avenir de Belfort", Collard commenta : " Une bonne nouvelle pour les salariés, une mauvaise pour les contribuables," Nicolas Sarkozy parla simplement d'un "plan bricolé à la hâte", tandis que Montebourg fustigeait clairement un "bricolage opportuniste" dont un syndicaliste se félicitait : "On a de la visibilité pour les quatre ans à venir", jusqu'en 2021 : Macron était ministre de l'Economie jusqu'à la fin août 2016 et a donc préparé l'opération et c'est donc au président Macron de régler le problème, avant 2020, dès 2018 à la SNCF qu'il a contribué à endetter.

VOIR et ENTENDRE les promesses du candidat Hollande en 2012: 


La Commission d'enquête de l'Assemblée sur la politique industrielle a auditionné les organisations syndicales représentatives d'Alstom, le mercredi 29 novembre 2017

L'audition s'est déroulée sous forme de table ronde et la CE a entendu M. Claude Mandart, délégué syndical central CFE-CGC d’Alstom France, M. Jean-Louis Profizi, secrétaire CFE-CGC du comité central d’entreprise Alstom Transport, M. Gérard Mardiné, secrétaire national CFE-CGC, M. Patrick de Cara, délégué syndical CFDT de l’établissement Oméga de Saint-Ouen d’Alstom Transport, M. Laurent Desgeorge, délégué syndical central CFDT d’Alstom Transport et secrétaire de l’Inter CFDT Alstom, M. Philippe Pil délégué syndical central FO d’Alstom Transport, M. Vincent Jozwiak, représentant FO au comité central d’entreprise d’Alstom Transport et délégué de l’établissement de Petite-Forêt (près de Valenciennes), M. Charles Menet, représentant syndical FO au comité central d’entreprise d’Alstom Transport, M. Hervé Fillhardt, délégué syndical FO du site de Reichshoffen, M. Fabrice Cotrel délégué syndical FO du site de La Rochelle/Aytré, M. Boris Amoroz, délégué syndical CGT d’Alstom Omega, et M. Stéphane Flégeau, secrétaire général adjoint et animateur du collectif "industrie" de la Fédération CGT des travailleurs de la métallurgie.


Si une Commission d'enquête parlementaire ne suffit pas.
Le Conseil Constitutionnel doit être saisi pour décider si le 1 % prêté par l'Etat français à Fincantieri ou si le financement par l'Etat du sauvetage d'Alstom est constitutionnel.

A défaut, pourquoi le Parquet national financier (PNF et singulièrement le juge Tournaire) n'ouvre-t-il pas une enquête pour déterminer si le financement par l'Etat du sauvetage d'Alstom ne constitue pas effectivement un conflit d'intérêts politiques ?

VOIR et ENTENDRE comment le sauvetage d'Alstom est une escroquerie de Hollande qui n'envisageait que de favoriser sa candidature et sa ré-élection, aux frais des Français et, d'abord aux salariés d'Alstom, comme des cheminots par contre-coup: 


Pour mémoire, les promesses de Hollande de préserver l'emploi en France, sa préoccupation prioritaire :

vendredi 21 mars 2014

Licenciements à La Redoute: Pinault veut saisir le tribunal de commerce

La majorité des syndicats de La Redoute a rejeté les modalités du plan social

Or, son propriétaire n'est autre que François Pinault


Manifestation du 4 mars 2014 à Roubaix, 
contre les licenciements à La Redoute
Cet autre milliardaire  -comme Niel (Free), Bergé (YSL) et Pigasse (banque Lazare France), magnats de la presse (Le Monde + Le Nouvel Observateur), est partisan du socialiste François Hollande à la présidentielle 2012, lequel n'aime pas les riches...

Encore un patron qui fait des bénéfices mais licencie
F. Pinault est la 3e fortune française estimée  en 201à 6,216 milliards d'euros, mais il a pourtant annoncé vendredi son intention de saisir le tribunal de Commerce des difficultés financières de sa société de vente par correspondance.

Les salariés de La Redoute étaient à nouveau dans la rue le jeudi 19 mars à Wattrelos
24 h de l'ultimatum de la direction, entre 550 et 700 salariés de La Redoute ont manifesté du centre logisitique de La Martinoire vers la mairie de Wattrelos, pour "maintenir la pression" face à un plan social qu'ils ne valident pas en l'état. Mais la direction juge désormais les discussions closes et le volet social du plan de reprise doit être entériné vendredi. "Kering considère que les propositions formulées lors de la dernière réunion du lundi 17 mars sont fermes et définitives", a affirmé le groupe dirigé par François-Henri Pinault, dans un communiqué publié mercredi. 

La direction a lancé aux organisations syndicales un ultimatum
Si les syndicats CFDT, CGT et SUD maintiennent leur refus de se plier au nouvel ultimatum des futurs repreneurs de La Redoute et de signer le protocole d'accord du plan social plan social comme annoncé ce vendredi, les repreneurs se retireront: Nathalie Balla et Eric Courteille exigent la ratification du plan social par les organisations syndicales. La direction de l'ex-filiale de Kering PRTP.PA avait donné jusqu'à 14h00 aux organisations syndicales pour signer ce plan, déjà paraphé par la CFE-CGC, minoritaire. Elle avait précisé qu'un rejet de l'accord entraînerait la fin du processus de cession engagé avec Kering et qu'elle s'en remettrait alors au tribunal de commerce.
"La situation est grave: en l'absence d'accord majoritaire sur le socle de mesures sociales et en anticipation de l'arrêt du financement de l'exploitation de la Redoute par Kering, la direction à l'obligation d'informer le président du tribunal de commerce de Lille des difficultés financières auxquelles est confrontée l'entreprise", écrit la direction de La Redoute dans un communiqué.
"L'objet de cette démarche est d'étudier les suites qui peuvent être données à cette nouvelle situation", ajoute-t-elle, disant prendre acte "avec regret de l'impasse dans laquelle se trouve La Redoute".

Une entreprise en difficulté peut demander à être placée en redressement judiciaire
Cette procédure est destinée à permettre sa sauvegarde. Le redressement judiciaire est assuré selon un plan arrêté par décision de justice à l'issue d'une période d'observation, ce plan prévoyant soit la continuation de l'entreprise, soit sa cession.Kering n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat.

Les trois principaux syndicats de La Redoute ont refusé de signer 

La CGT a rejeté le protocole d'accord présenté vendredi par la direction sur le plan social."Aucun des trois syndicats CGT, CFDT, SUD n'a signé l'accord proposé par la direction", a clamé Fabrice Peeters, responsable CGT, à l'issue d'un comité d'entreprise.

Kering a cédé La Redoute en décembre dernier pour un euro symbolique à deux dirigeants de la société, Nathalie Balla et Eric Courteille. La nouvelle direction a récemment annoncé la suppression de 1.178 postes, avec des départs étalés sur quatre ans et un maximum de 700 départs contraints. Kering s'est de son côté engagé à financer le projet des repreneurs et les mesures sociales à hauteur de 520 millions d'euros.

L'indemnité minimale de départ volontaire proposée par la direction de La Redoute s'élevait à 20.000 euros, à laquelle s'ajoute 750 à 1.200 euros selon les cas par année d'ancienneté, plus un mois de salaire pour les 50-54 ans et deux mois pour les 55 ans et plus.

Les syndicats réclamaient une indemnité de base de 40.000 euros et 1.500 euros par année d'ancienneté.

Montebourg ne propose pas une semi-nationalisation
Il avait proposé en vain l'entrée de l'Etat dans Florange, l'a imposée dans le capital de Peugeot (alors que l'Etat est déjà propriétaire de 15% de Renault), à hauteur de 7 milliards d'euros jusqu'en 2015 et à égalité avec le chinois Dongfeng, après que l'Etat français a pris une participation  de 33,34 % dans les chantiers navals de Saint-Nazaire du Coréen STX. D'autres pourraient demander le secours de l'Etat un jour prochain, comme par exemple l'usine Fralib de Gémenos (dans les Bouches-du-Rhône), filiale du groupe néerlandais Unilever.

lundi 6 mai 2013

STX Saint-Nazaire : le Coréen se retire; les salariés appellent les Français à les secourir

Les syndicats appellent l'État à une nationalisation.

Ayrault, au pied du mur 



Lors d'une visite sur les chantiers navals STX France
à Saint-Nazaire lundi 21 janvier,
le Premier ministre Jean-Marc Ayrault avait annoncé
la réorientation de 2,2 milliards d’euros du Programme d’investissements d’avenir



Le 3 mai, le journal Les Échos a annoncé sur son site internet que le groupe sud-coréen STX Offshore et Shipbuilding envisage de vendre sa participation dans ses chantiers navals en France, présents à Saint-Nazaire (44) et Lanester (56). 
STX Offshore et Shipbuilding contrôle indirectement deux tiers du capital de STX France, le reste étant détenu par l'État français, mais il serait contraint à conduire un plan de désendettement lancé par sa maison-mère:  des dettes, estimées à un peu plus de 900 millions d'euros
     

STX France a pourtant récemment enregistré la commande d'un paquebot géant qui sera construit à Saint-Nazaire ainsi que la fabrication à Lanester de trois patrouilleurs pour le compte de Raidco Marine, une autre société morbihannaise.

Les assurances de soutien de l'État français, réitérées à plusieurs reprises ce week-end, seront-elles suffisantes à assurer l'avenir des chantiers navals de Saint-Nazaire? 

Bien que l'État français, actionnaire à 33,30 % de STX France, n'en ait pas été informé officiellement, Moscovici et Montebourg l'affirment ...en choeur: l'activité de STX n'est pas "menacée."

Le gouvernement Ayrault se veut rassurant

Mais "cette annonce ajoute de l'inquiétude à l'inquiétude"
, explique toutefois Joël Cadoret, élu CGT de STX France.
L'arrivée d'un nouvel actionnaire a de quoi susciter des craintes parmi les salariés, les syndicats et les élus locaux. STX Offshore & Ship­building précise que des acheteurs potentiels se sont déjà portés candidats pour acquérir des parts de STX Europe, mais qu'il faudra attendre le second semestre pour connaître le détail des offres. 

"Soit on trouve un industriel qui se diversifie, soit des gens qui cherchent à récupérer la technique, mais pas forcément le site", commente finement le député de Loire-Atlantique François de Rugy

C'est dans cette dernière perspective que
le sénateur PS de Loire-Atlantique, Yannick Vaugrenard avait mis en garde le gouvernement en avril contre une possible entrée au capital d'un concurrent italien, Fincantieri. Celui-là même qui avait soufflé in extremis aux chantiers naval, voilà un an, une commande à 600 millions d'euros pour la construction de deux paquebots… Dans un marché mondial restreint, la possibilité de ne pas trouver de candidat à la reprise de la totalité des avoirs de STX n'est pas non plus complètement exclue.

4 000 salariés directs et indirects ne sont pas rassurés
Dans ce contexte, les syndicats appellent l'État à nationaliser les chantiers navals, ou à tout le moins accroître la participation des Français imposables au-delà de 33 %. Une revendication qu'ils portent depuis longtemps, mais qui ne semble guère séduire le gouvernement. 
Arnaud Montebourg, qui avait pourtant évoqué une nationalisation temporaire des hauts-fourneaux de Florange, est échaudé et s'est montré très réservé: "Les chantiers de Saint-Nazaire ont besoin de commandes, pas d'un nouvel actionnaire. (…) Nationaliser sans commandes ne servirait à rien", a-t-il compris samedi dans un entretien au Monde. 
Quant à son homologue de l'Économie, Pierre Moscovici s'est borné à rappeler que le gouvernement serait «toujours aux côtés" des ex-chantiers de l'Atlantique, sans autre précision... 
Le premier ministre, ancien maire de Nantes, "suit ce dossier personnellement", a déclaré Pierre Moscovici, ce qui n'est pas fait pour rassurer....

Forts de leurs 4000 salariés directs et indirects, dépositaires d'un savoir-faire stratégique,
les chantiers navals n'ont jamais laissé l'État indifférent. 
En 2008, lorsque le compatriote de Fleur Pellerin s'était emparé du site de Saint-Nazaire, l'État français avait accru sa participation de manière à obtenir une minorité de blocage. 
L'appui de l'État aura aussi été décisif pour l'obtention de plusieurs contrats: ainsi de la commande de deux Mistral pour la Russie, annoncée en 2010 par Nicolas Sarkozy. Ou du méga-contrat signé en décembre avec le croisiériste Royal Caribbean International (RCI). Aux dires du directeur du site, celui-ci n'aurait pas été possible sans l'intervention de Bercy, qui a débloqué un préfinancement.

STX Offshore & Shipbuilding se désengage au moment même où le chantier naval, durement éprouvé par la crise, remontait la pente. Dans un communiqué commun,
Arnaud Montebourg et Pierre Moscovici soulignent d'ailleurs la bonne santé économique du site, que les problèmes de sa maison mère ne sauraient selon eux menacer.

Les deux phares du gouvernement vont avoir l'occasion de montrer tout leur savoir-faire

Le 30 avril, Bruno Le Roux était très fier d'annoncer le dépôt de la proposition de loi socialiste sur la cession des sites rentables. 
"Elle était annoncée pour juin (...) mais j'ai souhaité que nous allions vite", s'est-il félicité. Une surprenante façon de présenter les choses puisque cette loi est prête depuis ... septembre 2012. Porté, entre autres, par Guillaume Bachelay, député PS de Seine-Maritime, une proposition de loi concerne la cession des sites viables et impose aux chefs d'entreprise, l'obligation de rechercher un repreneur.

Sur BFMTV, il promet quelques jours plus tard que "cela ne prendra pas trois mois". Jean-Marc Ayrault semble alors abonder dans son sens et promet, lui aussi, un dépôt rapide.
En réalité, on va peut-être constater que c'est un peu plus compliqué que ça.


vendredi 30 novembre 2012

Les chantiers de St-Nazaire demandent aussi à être nationalisés

La nationalisation de Florange serait le signal pour d'autres 


L'éventualité d'une nationalisation du site sidérurgique de Florange donne des idées aux syndicats des chantiers navals de Saint-Nazaire.



L’idée d'un retour à la nationalisation d'industrie semble faire son chemin dans la politique française. Alors que le scénario est évoqué pour les hauts fournaux de Florange, les chantiers navals STX à Saint-Nazaire en Loire-Atlantique font, eux aussi, entendre leur voix. Une reprise par l’Etat garantirait l’avenir du site en difficulté.

"L'Etat doit s'impliquer totalement pour garantir l'avenir du site de Saint-Nazaire, y compris en devenant actionnaire majoritaire", ont déclaré conjointement les syndicats CFTC, FO et Solidaires, dans un communiqué publié jeudi 29 novembre.

VOIR et ENTENDRE ce reportage de BFMTV:


Pas de commandes à l'horizon

F. Hollande, candidat PS à la présidentielle, 
s'était proclamé "le candidat du redressement industriel et productif",
lors d'un déplacement à l'
entreprise coréenne de construction navale STX de Saint-Nazaire,
en décembre  2011.

La situation financière des Chantiers de l’Atlantique est en effet préoccupante. Environ un millier de personnes, soit 40% des effectifs, sont actuellement en chômage partiel. Depuis l’annulation d’une commande en avril, le carnet est vide. 
Les syndicats accusent l’actionnaire majoritaire, le groupe sud-coréen STX, d’inaction. "Depuis quatre ans qu’il est actionnaire majoritaire, il n’a absolument rien fait pour aider le chantier à obtenir des commandes et à sortir de l’ornière dans laquelle il est", critique Jean-Marc Perez, secrétaire adjoint FO.

Nationalisation ou changement d'actionnaire ?



Janvier 2006, offre publique d'achat hostile
de Mittal Steel Company sur Arcelor
pour 18,6 milliards d'euros.


Une rencontre avec Arnaud Montebourg pour discuter de l’avenir du chantier avait déjà eu lieu mi-octobre. Mais à l’époque, une intervention de l’Etat n’était pas d’actualité, et le ministre du Redressement Productif avait déçu les syndicats.


La menace de Montebourg pose un problème à l'Union Européenne
Nationaliser les chantiers, ils l'avaient encore demandé à Arnaud Montebourg en septembre dernier mais le ministre du Redressement productif avait admis que c'était impossible en raison des règles européennes. Alors, en l'entendant évoquer cette possibilité à propos de l'aciérie de Florange, la secrétaire de section, Nathalie Durand-Prinborgne, s'est dit que les situations étaient comparables :
" Pourquoi cette nationalisation, encore plus aujourd'hui ? Parce que nous avons, de la même façon que Florange, un propriétaire qui a fait des promesses qu'il n'a pas tenues. Nous avons un actionnaire majoritaire qui ne joue pas son rôle et qui n'a aucune politique industrielle digne de ce nom, qui ne fait pas d'investissement... L'entreprise est dans une situation extrêmement catastrophique, un carnet de commandes qui est vide et près de 50% des salariés qui connaissent le chômage partiel ou total ainsi qu'une sous-traitance qui souffre énormément de cette situation ".

Si l’exemple de Florange change désormais la donne, tous ne sont pas favorables à la nationalisation à Saint-Nazaire. La CGT demande plutôt une reprise par une autre entreprise, qui deviendrait actionnaire principale à la place de STX.


La filiale française STX France emploie directement ou en sous-traitance près de 4 000 personnes aux chantiers navals de Saint-Nazaire.


Hollande au pied du mur

Alors qu'on lui faisait remarquer qu'il marchait sur les pas de Nicolas Sarkozy qui s'était lui aussi déplacé sur les chantiers navals STX en janvier 2011, il avait polémiqué: "mieux vaut ne pas suivre le chemin des promesses de Sarkozy, ce serait rapidement arriver à une impasse." 
"Je me méfie des formules faciles, des incantations, il y en a toujours dans les campagnes électorales. Je veux une stratégie dans la durée. Il n'est pas possible de dire à des travailleurs - qui sont là, qui parfois s'inquiètent - qu'il y aura, par quelques facilités verbales, un changement d'avenir. Il se construit ce changement", a-t-il souligné.