Hollande et Fabius sont-ils bien inspirés à soutenir les insurgés de Kiev ?
L'Allemagne à ses raisons pour résoudre les tensions entre Kiev et Moscou
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Pas téméraire, Pépère a choisi le coin
du boxer Vitali Klitschko, leader des insurgés
et acteur du film Ocean's Eleven
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La presse gouvernementale met Fabius en vedette, mais c'est le ministre allemand des Affaires étrangères qui oeuvre au règlement de la crise ukrainienne. A côté de son homologue allemand, Laurent Fabius, pourtant présent devant les caméras sur le dossier, apparaît comme le trublion dans l’amélioration des relations entre Kiev et Moscou.
Ce ne sont évidemment pas les media français qui rendent justice à la médiation active du jeune mais très respecté Franck-Walter Steinmeier qui, sur l’Ukraine, n'en est pourtant qu'à sa première partie diplomatique depuis sa nomination au gouvernement au mois de décembre, à la différence du va-t-en guerre français que la vue du sang, fût-il contaminé, n'effarouche plus.
"L’Allemagne est l’acteur clé dans cette affaire",
confirme à Europe 1 Philippe Moreau Desfarges, chercheur à l’Institut français de relations internationales. Steinmeier, en effet, n’est pas seul dans le débat: au côté de son ministre, la chancelière ne s'est pas contentée de déclarations martiales, façon Hollande, elle est en contact avec toutes les parties, tandis que le président français n'a reçu à l'Elysée que les pro-occidentaux, Vitali Klitschko, ancien boxeur ukrainien reconverti en candidat à la présidentielle, venu avec le ministre ukrainien des Affaires étrangères, flanqué de ...Bernard Henri-Levy.
Ex-champion de kick-boxing, Vitali Klitschko est un acteur politique battu aux élections municipales de Kiev en 2006 en tant que tête de liste d'une coalition unissant les partis Pora! et Parti des réformes et de l'ordre. Pora! est une organisation civique de la jeunesse ukrainienne de résistance lors de la Révolution orange, fondée en 2004, avec l'aide financière de ...George Soros. Quant au Parti des réformes et de l'ordre, c'est un parti ukrainien de tendance libérale et pro-européen fondé en octobre 1997. Aux élections législatives de 1998, il arriva en dixième position. En 2006, ce parti n'obtint encore que 1.47 % des voix aux élections législatives: Hollande discute donc avec des acteurs politiques particulièrement représentatifs ! Klitschko, ce serait comme Bernard Laporte, président de la république, mais Hollande n'est pas non plus DSK...
Angela Merkel s'est pour sa part entretenue jeudi, avec Arseni Iatseniouk, le ministre ukrainien transitoire (ci-dessus au côté de la Chancelière). Le même jour, l’autre tête de l’Allemagne, le vice-chancelier Sigmar Gabriel, devait rencontrer Vladimir Poutine.
La Pologne et la France ont également joué leurs partitions pour exister internationalement, mais sans aider au processus de sortie de crise en Ukraine. Pour avoir souffert du joug soviétique, la Pologne n'est toujours pas sans a priori après la chute de l’URSS et la France agite les droits de l'homme et les grands idéaux, tout en désinformant son opinion sur la vraie nature des insurgés de Kiev et les droits de la Russie en Crimée. Aussi, traditionnellement en arrière-plan de l'Allemegne et de la Pologne, ses deux partenaires sur l’Europe de l’Est, la France ne facilite pas les échanges diplomatiques de l’Allemagne avec la Russie. Merkel est pourtant plus sûre, précise Philippe Moreau Desfarges, lequel explique qu'elle "n’est pas dans une ligne de confrontation avec la Russie, mais plutôt dans la négociation".
Partage des zones d'influence. Tout comme la France, ancienne puissance coloniale, entretient une relation particulière avec l'Afrique et les pays d’Afrique sub-saharienne notamment, l’Europe de l’Est est dans la mouvance diplomatique, historique et culturel de l’Allemagne.
"L’Allemagne est le premier partenaire commercial de la Russie", rappelle le site polonais Wirtualna Polska au m'as-tu-vu Fabius. 12 % des importations russes proviennent d’Allemagne, soit 27, 45 milliards d’euros. La dépendance est réciproque : 40 % du gaz consommé en Allemagne est russe.
Pour autant, Obama, Cameron et Hollande, qui brandissent des menaces de sanctions en guise de dialogue, disposent de moyens de coercition économique.
La Russie fait plus de 50% de son commerce avec l’Europe, particulièrement les Pays-Bas qui représentent 12% des exportations russes et l’Allemagne, 12% de ses importations. Si les relations se tendaient avec ces pays, les Russes peineraient à vendre leurs produits (métaux, céréales, gaz et pétrole), à s’offrir des produits à plus forte valeur ajoutée, comme des machines outils et des produits manufacturés et à entretenir leur armée. L’Europe pourrait également instaurer des embargos pour faire plier Moscou. Isabelle Facon, chercheur à la Fondation pour la recherche stratégique, estime toutefois que l’embargo énergétique n’est pas à l’ordre du jour, l’interdépendance étant trop forte, particulièrement pour l’Allemagne qui importe près de 40% de son gaz de Russie.
La Russie fait plus de 50% de son commerce avec l’Europe, particulièrement les Pays-Bas qui représentent 12% des exportations russes et l’Allemagne, 12% de ses importations. Si les relations se tendaient avec ces pays, les Russes peineraient à vendre leurs produits (métaux, céréales, gaz et pétrole), à s’offrir des produits à plus forte valeur ajoutée, comme des machines outils et des produits manufacturés et à entretenir leur armée. L’Europe pourrait également instaurer des embargos pour faire plier Moscou. Isabelle Facon, chercheur à la Fondation pour la recherche stratégique, estime toutefois que l’embargo énergétique n’est pas à l’ordre du jour, l’interdépendance étant trop forte, particulièrement pour l’Allemagne qui importe près de 40% de son gaz de Russie.
Et puis, les velléités occidentales se heurtent à leurs propres dissensions
Outre que l’armée européenne n’existe pas en tant que telle, certains partenaires européens comme la Pologne souhaitent une réponse rapide et forte à la Russe, mais d’autres comme les Pays-Bas estiment que, leurs intérêts étant ce qu'ils sont, des sanctions économiques pourraient envenimer la situation. Les méthodes américaines de rétortion économique ont montré leurs contre-effets sur la population de Cuba, mais aussi leurs limites comme les embargos de l'ONU sur l'Irak et l'Iran ou de l'U.-E. sur la Chine ou la Corée du Nord. Actuellement, le groupe des non-ingérents européens semble dominer les débats: la solution diplomatique est privilégiée, mais les sanctions économiques restent en suspend, telle une épée de Damoclès.
Les écolos n'y peuvent rien, les hydrocarbures restent un nœud politique, économique et diplomatique des relations entre Moscou et Berlin.
Le maintien de sa maîtrise de la Mer Noire
depuis son port naval de Sébastopol en Crimée
est un enjeu économique majeur de la Russie
Quelques jours à peine après la fin de son mandat, l’ex-chancelier Gerhard Schröder avait pris la tête du directoire de Nord Stream, un gazoduc liant directement la Russie et l’Allemagne, en passant par la mer Baltique. Or, le social-démocrate Gerhard Schröder, toujours influent dans la politique allemande, entretient de très bonnes relations avec Poutine.
Selon Wirtualna Polska, "sa fermeture [du gazoduc] serait beaucoup plus douloureuse pour la Russie que pour l’Allemagne". Car pour Moscou, le seul autre moyen d’exporter son gaz est de passer par l’Ukraine. Or, le détroit entre et la péninsule Crimée sur la Mer Noire est le lieux de passage des azoducs russes vers l'Europe et Poutine ne peut se laisser couper les vannes sans réagir.
VOIR et ENTENDRE les enjeux économiques russes en Crimée.
Cette vidéo explique que pour contourner la dépendance au gaz russe, l’Union Européenne envisagerait un accord avec le ...Qatar, dont l'activisme est pourtant bien connu désormais. Le projet comporterait la création d’un gazoduc passant par l’Arabie Saoudite et la Turquie et traversant … la Syrie. Bachar al-Assad, allié de la Russie a rejeté ce projet en bloc et ainsi, une changement à la tête du régime de Damas signifierait que la Russie n’aurait plus de garanties pour que ce projet euro-qatari ne voie pas le jour. Cela pourrait menacer son monopole énergétique en Europe. Au contraire, cela explique le soutien militaire du Qatar aux révolutionnaires en Syrie.
Enfin, le Washington Post et Courrier International (Le Monde) nient les neo-nazis parmi les insurgés du Maïdan
On le voit, ils n'existent pas...



