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lundi 15 septembre 2014

Gestion catastrophique des cantines scolaires du 12e par la mairie PS

La maire PS vire le patron de la caisse des écoles du 12e au bord de la cessation de paiement
La nouvelle maire du 12e arrondissement de Paris a été obligée de se débarrasser du patron de la caisse des écoles du 12e arrondissement de Paris, 
Jean-Jacques Hazan, que Bertrand Delanoë lui avait laissé sur les bras.

Ce proche du PS avait déjà dû quitter  ses fonctions de président de la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE) après cinq ans, il y a quelques mois, à la suite de dissensions internes. Le collectif "Ambitions FCPE", né il y a deux ans, dénonçait en effet sa gestion calamiteuse de rapport en rapport et l'accusait par d'autocratie et de soutien aveugle au ministre Peillon.


Jean-Jacques Hazan avait pourtant été fait chevalier de la Légion d'honneur ! 

C'est ainsi que, par décret du 18 avril 2014, juste avant son départ précipité, Vincent Peillon lui avait remis les insignes de chevalier. "Ce sont deux choses distinctes. Ce n'est pas nous qui attribuons les médailles, se défend-on au cabinet de la maire de Paris. C'est un organisme indépendant de la Ville de Paris qui possède la personnalité morale. La mairie n'avait pas à connaître particulièrement sa gestion. C'est à l'occasion d'un dialogue de gestion entre 2012 et 2013 que nous nous sommes rendu compte d'un certain nombre d'irrégularités."

Risque de cessation de paiement

JJ. Hazan et H. Désir
La mauvaise gestion dure pourtant depuis 2006, selon un rapport de l'Inspection générale (IG). Preuve s'il en est que la mairie était déjà au courant de la situation financière désastreuse de la caisse : elle lui a attribué à plusieurs reprises des "aides exceptionnelles" d'un total de plusieurs centaines de milliers d'euros, entraînant des débats houleux avec l'opposition. Pendant toutes ces années, Jean-Jacques Hazan n'est pas un inconnu. 

L'ex-président de la FCPE gravite dans la sphère socialiste depuis longtemps. 
Ancien camarade de route du trotskiste Jean-Christophe Cambadélis à l'UNEF dans les années 80, il s'intéresse rapidement aux affaires éducatives. Jusqu'à devenir, en 2001, conseiller auprès d'Éric Ferrand, adjoint de Delanoë à la vie scolaire. Lien Le Parisien : c'est "l'homme qui connaît certainement le mieux l'école à Paris et ses petits tracas".
 ©  DR

La caisse des écoles du 12e arrondissement gère 12 centres de production de repas, 51 salles de restauration à destination des élèves du premier degré, des collégiens et des lycéens. Au total, elle représente 1,5 million de repas servis en 2012. Et assure ainsi la restauration scolaire de 9.600 élèves avec un budget de l'ordre de 10 millions d'euros
Or, la caisse d'endette  depuis de nombreuses années, et ce, avant l'arrivée de Jean-Jacques Hazan à sa tête en 2002. La peur de voir la caisse entrer en cessation de paiement à la fin de l'année 2014 a poussé la mairie à prendre des mesures radicales pour évincer son patron. Jean-Jacques Hazan avait pourtant été nommé en 2008 pour redresser une situation financière devenue incontrôlable sous la présidence de Faride Hamana.

"Chef d'orchestre d'une organisation gérée au jour le jour"

En août 2013, un audit interne est enfin lancé par la mairie. Le résultat est sans appel : "Le directeur de la caisse est le chef d'orchestre d'une organisation gérée au jour le jour en fonction des besoins immédiats.Le rapport révèle qu'entre entre 2008 et 2012 les dépenses globales ont progressé de près de 30 %, quand les seules dépenses d'alimentation ont augmenté de moitié. Il n'y a plus de  depuis 2006. "La part des achats hors marché est de 100 %", soutiennent les services de la mairie. 

Mieux. "La diététicienne a été chargée de rédiger les pièces de marché, mais elle a indiqué ne pas connaître la réglementation", souligne le rapport. Dépenses "systématiquement sous-évaluées", "recettes surévaluées", sur-effectif de l'ordre de vingt agents... Les dérives sont impressionnantes. 
Notant des "problèmes récurrents dans la gestion de cet établissement", après six années, Bertrand Delanoë demande en janvier 2014 un audit de l'Inspection générale pour approfondir l'analyse de ces services, avant son départ de la mairie. Là encore, le rapport est troublant. La mission conclut à "un risque de cessation de paiement à court ou moyen terme, peut-être même dès la fin de 2014".

Un "phobique administratif  comptable"

Le directeur de la caisse "n'a jamais cherché à redresser la situation financière par des mesures d'économies appropriées", assure l'IG, qui relève également un risque d'une "exploitation médiatique importante". Il faut "éviter toute cessation de paiement de la caisse qui mettrait à mal la continuité du service public de la restauration scolaire", précise-t-elle. La responsable comptable, qui aurait pu donner l'alerte depuis bien longtemps, reconnaît elle aussi qu'elle a été formée "sur le tas". 
Dès les premiers résultats de la mission, le 21 mai 2014, la mairie suspend de ses fonctions Jean-Jacques Hazan. "Il a aujourd'hui été licencié", ajoute un proche d'Anne Hidalgo. Selon l'entourage de la maire, un signalement a même été fait "avant l'été" auprès du procureur de la République. Une direction intérimaire a pris la tête de la caisse des écoles et tente d'assainir ses finances. 

Pour toutes ces lacunes, en matière de gestion budgétaire et d'absence de marchés publics, "la responsabilité du directeur paraît donc, sur ce point, pleine et entière", insiste encore l'IG. Si aucun enrichissement personnel n'est relevé par la mission d'audit, les services de l'Inspection concluent leur rapport par une dernière bombe : "Le risque d'image, lié à une éventuelle procédure pénale, ne doit pas être sous-estimé. 

En pratiquant hors le cadre légal, le directeur de la caisse a aussi fait courir un risque de mise en cause de l'ex-présidente de la caisse des écoles et ex-maire du 12e arrondissement." Il s'agit de Michèle Blumenthal, née en 1943, qui avait ravi la mairie à la droite en 2001, permettant ainsi à Delanoë de prendre les clés de Paris et réélue dans le 12e arrondissement en 2008 jusqu'en avril dernier.

Reste à recaser Jean-Jacques Hazan à l'Inspection générale...

lundi 25 février 2013

Peillon voudrait rogner les vacances scolaires d'été

"Six semaines de vacances l'été, c'est suffisant"

Les légendaires deux mois de vacances scolaires d'été, de l'histoire ancienne ?

Le ministre de l'Education souhaiterait réduire la durée des congés d'été dans l'Hexagone. 
Ce dimanche, sur BFMTV, Vincent Peillon a lancé un défi: "Nous devons être capables d'avoir un zonage l'été, deux zones, et nous devons être capables d'avoir six semaines, c'est suffisant", a déclaré V. Peillon.

Objectif : 37 ou 38 semaines de cours par an, contre 36 actuellement
Au sujet des rythmes, et  plus globalement l'organisation du reste de l'année scolaire, le ministre recommande "sept semaines de cours, au plus", suivies de "deux semaines de vacances".

Vincent Peillon a réaffirmé que son objectif est d'"aller progressivement" vers 37 à 38 semaines de cours durant l'année, contre 36 semaines, voire 35 avec les ponts à l'heure actuelle, alors qu'il y a 40 semaines de cours en Allemagne. Il a souligné qu'il fallait "d'abord monter la première marche" de la réforme des rythmes scolaires hebdomadaires à l'école primaire, puis au collège et au lycée. "Nous commençons par l'école, il faudra continuer avec les collèges et lycée et puis il faudra faire l'année scolaire", a-t-il dit. "Ca va nous obliger à revoir les examens, et en particulier le fameux baccalauréat, qui occupe les locaux d'un certain nombre d'établissements très tôt dans le mois de juin", a ajouté le ministre en relevant que certains élèves, notamment des collégiens étaient à l'extérieur des établissements scolaires dès le 10 juin.

VOIR et ENTENDRE la déclaration intempestive de Vincent Peillon sur les six semaines de vacances et deux zones:


Une réforme plus "difficile" que celle du "mariage" pour tous ?
Bravant le mécontentement attendu sur cette réforme des rythmes scolaires, Vincent Peillon affirme assumer pleinement ce choix : "Il y a deux types de réformes : les faciles, qui voient par exemple la création de nouveaux postes. Et les autres, plus difficiles, comme celle des rythmes scolaires. Mais il faut être capable de s'atteler collectivement à un sujet difficile", a-t-il insisté.
Peillon a bien vite nuancé ses propos dans l'émission de BFMTV
"Je n'ai jamais dit que je voulais réduire les vacances à six semaines, c'est le modèle idéal", a-t-il souligné, expliquant que le projet ne sera pas discuté avant 2015. "ll faudra une très longue concertation", a-t-il admis. Les services du Premier ministre ont d'ailleurs "confirmé, comme l'a indiqué Vincent Peillon, que cette piste n'est pas à l'ordre du jour actuellement et qu'elle sera peut-être évoquée après 2015".

Peillon fait l'unanimité contre ses diktats

La FCPE avait déjà battu des mains !
Jean-Jacques Hazan a avoué etre l'instigateur: c'est le retour de la co-gestion de l'Education. 
Le président de la FCPE, l'organisation dominante de parents d'élèves, s'est félicité lundi sur France Info de cornaquer le ministre. "On est très satisfait, c'est nos demandes", a exulté ce directeur de la restauration scolaire du XIIe arrondissement de Paris (quartier Picpus et Bercy, maire PS Michèle Blumenthal, ancien professeur d’histoire-géographie), dans un français approximatif. "Cinq heures de classe par jour à l'école, pas plus de six heures au collège, jamais plus de sept au lycée. [Très cartésienne, cette progression de l'effort!] 90 minutes garanties à tous le midi, jamais plus de sept semaines de classe d'affilée, jamais moins de deux semaines de congé et une réduction des vacances d'été, parce que c'est une demande sociale réelle, qui rejoint le besoin pédagogique, a-t-il comptabilisé.
VOIR et ENTENDRE Hazan considérer l'Education nationale comme une garderie d'enfants:

Les industries du tourisme sont en revanche inquiètes d'une concentration des congés scolaires:



Pas de chance, Peillon a lui-meme rétropédalé
Le journaliste de RMC, Jean-François Achilli a tendu la perche à Peillon, en 3e partie d'émission, le temps pour l'entourage du ministre de procéder à une mise au point. Au début de l'After, soit 40mn après la déclaration controversée, Achilli a donc fourni à Peillon l'occasion de nuancer une partie de ses propos. 
"Je n'ai jamais dit que je voulais réduire les vacances à six semaines, c'est le modèle idéal". Du côté du Premier ministre, à Matignon, on a d'ailleurs cassé l'annonce, affirmant que "cette piste n'est pas à l'ordre du jour actuellement et qu'elle sera peut-être évoquée après 2015".

VOIR et ENTENDRE
  le ministre de Hollande en pleine reculade, niant malhonnetement (video 2 ci-dessus) et appelant 
piteusement Luc Chatel à la rescousse :
Ce document est un montage de l'AFP qui a coupé ce qui dérange de la déclaration de Peillon sur BFMTV... L'original, dans sa continuité, est devenu difficilement inaccessible sur le coup de 10h00 ce matin !


Bruno Le Maire, UMP, lundi sur Canal + 

"C'est un récidiviste de la gaffe. Il avait déjà fait une gaffe absolument surréaliste sur la dépénalisation du cannabis, il en refait une sur les jours de vacances. Il parle trop vite et sème la confusion. J'ai quatre enfants, je suis comme n'importe quelle famille, quand j'apprends que, tout d'un coup, on va modifier les vacances d'été, ce ne sont pas de sujets légers, ce sont des sujets qui concernent toutes les familles françaises, tous les enfants. On n'a même pas encore réglé la semaine de quatre jours et demi, qui pose des difficultés majeures à toutes les familles et à toutes les communes. Il ne va pas effacer ses difficultés sur les quatre jours et demi en mettant en chantier la question des semaines de vacances d'été." La réduction des vacances d'été serait donc un rideau de fumée sur la réforme des rythmes scolaires au primaire: de la basse politique politicienne.

Xavier Bertrand UMP, lundi sur France Info  
"Monsieur Peillon a quand même le chic pour mettre un désordre sans pareil dans l'Education nationale. Et je le dis au Premier ministre, Jean-Marc Ayrault: il faut qu'il recadre sérieusement d'urgence Vincent Peillon. 
Ce n'est pas le premier dérapage de Vincent Peillon. Dés le début de sa prise de fonction, quelques heures à peine, pris d'une fébrilité sans pareille, il avait indiqué la semaine de quatre jours et demi. Concertation : zéro. Ensuite il voulait le débat sur la légalisation du cannabis. Pour un ministre de l'Education c'est insupportable. Pour moi il aurait dû partir. La réforme des quatre jours et demi est complètement bloquée. Et là, il cherche par une pirouette à sortir du débat. Un ministre de l'Education ne peut pas travailler s'il n'a pas la confiance des enseignants."


François Fillon, UMP, dimanche sur TF1 
L'ancien Premier ministre a villipendé la méthode du ministre de Hollande. "Sur la méthode, c'est vraiment la caractéristique de ce gouvernement ; c'est l'improvisation, l'absence totale de concertation". Selon lui, le sujet "mérite d'être discuté avec [toutes] les associations de parents d'élèves". Après "le désordre autour de la semaine de quatre jours ou de quatre jours et demi, maintenant c'est les vacances d'été, tout ça mériterait un peu plus de concertation, un peu plus de recul et un peu moins de précipitation."


Harlem Désir, PS, lundi sur RTL, glose, un sourire en coin, sur les paroles du ministre
"Vincent Peillon a voulu indiquer qu'une réflexion pourrait être ouverte en 2015, à partir de 2015. Il s'agit d'une piste de réflexion pour l'avenir, il n'y a aucune décision dans ce domaine. On a toujours le droit d'ouvrir des réflexions, on ne doit pas être fermé. La réforme des rythmes scolaires dont il est question, c'est celle de la semaine, celle de la journée, celle des quatre jours et demi."



Bernadette Groison, présidente de la FSU,  fédération hégémonique de l'Education, lundi sur France Info) 
"Les rythmes scolaires méritent qu'on ait une réflexion globale sur l'ensemble du calendrier de l'année. Il faut que le ministre commence une large concertation s'il souhaite avancer sur la question des rythmes scolaires. Là, c'est prendre le problème à l'envers, c'est créer une polémique inutile. On a besoin de sérénité et de concertation. Si on rallonge de manière importante le temps d'enseignement, il faudra pouvoir dire aux enseignants qu'il va y avoir des contreparties, vous comprenez bien qu'aucun salarié ne va accepter que l'ont modifie son temps de travail sans qu'on regarde ses conditions de travail."
VOIR et ENTENDRE la chronologie des faits et des reculades avec Le Point: 

Matignon a désavoué son ministre, un homme pressé et qui parle trop vite, assurant que son voeu n'est pas à l'ordre du jour et a enfoui le projet: il "sera peut-être évoqué après ...2015".