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samedi 29 février 2020

Cesar 2020: la colonisation africaine de la France ne progresse pas assez vite

Le discours d’Aïssa Maïga embarrasse Vincent Cassel et interpelle les internautes 

Les malheurs d'Adèle Haenel occultent l'essentiel aux César 2020

Le 'Grand remplacement', de la théorie à la réalité en marche. 
Résultat de recherche d'images pour "Aïssa Maïga"La comédienne sénégalo-gambo-malienne née à Dakar, Aïssa Maïga, a revendiqué plus de diversité aux César, ce 28 février, vendredi pourtant noir pour le cinéma. Des tensions politiques multiples avaient assombri la 45ème cérémonie des César avant même son ouverture avec la cabale féministe de starlettes prêtes à tout pour un rôle : hier, alors que leurs promoteurs leur ont fait percer le plafond de verre de l'anonymat, elles se tenaient prêtes à cracher sur le réalisateur Roman Polanski, pour l'exemple (il est poursuivi pour des accusations de viol), comme furent exécutés les soldats de la Grande guerre pour des actes d'insoumission, de révolte individuelle ou de désertion inspirée par les intellectuels opposés à la guerre qui auraient fait que, sans les patriotes, nous serions aujourd'hui allemands et "no border"...

Si la presse, telle des PlayMobil de la majorité LREM, n'a pas bronché, des internautes n'ont pas hésiter à lui rappeler qu'elle n'est pas à Dakar. Et qu'elle peut exercer sa profession grâce à ce pays de mâles blancs et de fils de colonisateurs, résolument ouverts, à sa différence, à toutes les cultures et couleurs de peaux: le César du meilleur film 2020 a été décerné à un réalisateur noir venu du Mali, Ladj Ly, pour "Les Misérables" revisitant une bavure policière sur un Noir à Montfermeil en Seine-Saint-Denis, le 14 octobre 2008. 
Son discours déplacé a même embarrassé Vincent Cassel, lequel ne passe pourtant pas pour un intellectuel capable de penser autrement que l'entourage professionnel.qui le fait vivre et un proche de Cédric Klapisch, issu d'une famille réfugiée de Pologne arrivée en France en 1913 et établie à Neuilly-sur-Seine.

Ce réalisateur malien récompensé par les César a fait de la prison.


Des manifestants protestent devant la salle Pleyel.
La veille de sa condamnation, le 1er mars 2011, il est condamné à 400 € d’amende pour "un fait divers", selon Libération, des "commentaires outrageants" contre des policiers dont il avait filmé une intervention musclée sur des délinquants refusant de se plier à la loi et la publication en ligne d'un montage d'images.

En 2012, Ladj Ly est encore condamné, cette fois pour des faits de violence sur personne chargée d'une mission de service public, le maire UMP de Montfermeil (ville PCF de 1944  à 1983), Xavier Lemoine, réélu en 2014. L’outrage est consécutif à l’incendie qui avait coûté la vie à un bébé de 9 mois, le 22 novembre 2010 dans le quartier des Bosquets, où réside Ladj Ly, qui  avait vivement interpellé le maire à propos des conditions de relogement des sinistrés.
  
Scénario d'un prochain film: les condamnations d'un misérable en 2011 et 2012.
Un proche de Ladj Ly, Amad Ly, avec qui il n'a aucun lien de parenté directe, apprend au Sénégal que sa sœur entretient des relations sexuelles avec le mari de leur cousine. De retour en France, il demande des explications à sa sœur, qui nie cette relation. Dans la nuit du 13 au 14 janvier 2009, il la frappe, lui casse un doigt et lui cause un traumatisme crânien. Avec son frère Mamoudou, ainsi que Ladj, le trio retrouve ensuite le compagnon de sa cousine. L'homme est enfermé dans le coffre d'une voiture, amené dans une forêt, frappé et menacé, mais parvient à s'échapper.
La victime est retrouvée le lendemain matin par un fermier. Blessé notamment au visage, une incapacité totale de travail de 10 jours lui est prescrite. Le 2 mars 2011, les suspects sont jugés. Le Parquet requiert 4 ans de prison pour Amad Ly, 2 ans pour Mamoudou Ly et 1 an pour Ladj Ly, mais les peines sont plus sévères, Amad étant condamné à 5 ans de prison, alors que Mamadou et Ladj sont condamnés à 3 ans de prison ferme. La condamnation de Ladj Ly est confirmée en appel l'année suivante, mais sa peine réduite à deux ans de prison ferme et un an avec sursis. Il est alors maintenu en détention pour "tentative de meurtre", complicité "d’enlèvement" et "séquestration"
Le 19 décembre 2019, son avocat militant pousse Ladj Ly à porter plainte pour "diffamation" et "diffamation raciale" contre les magazines Causeur et Valeurs actuelles qui avaient apporté leurs propres éclairages.

Ce 28 février, la comédienne était invitée à remettre le prix du meilleur espoir féminin
Face aux renoncements de plusieurs dans ce contexte de haine à tout propos, l'actrice immigrée de 44 ans a choisi de faire un discours sur le thème de la diversité dans le cinéma français, en écho à la tribune signée par de nombreuses personnalités dans Le Parisien.
 Sonia Rolland, Stomy Bugsy, Aïssa Maïga et Mathieu Kassovitz font partie des signataires de cette tribune.
#BlackCesars : une tribune qui dénonce un soi-disant manque de diversité dans le cinéma français.Une trentaine de personnalités du 7e art réclame une meilleure inclusion des artistes issus des Outre-mer et de l’immigration africaine et asiatique. A  quel titre?
Le texte est signé d'Olivier Assayas, Mathieu Kassovitz, Stomy Bugsy, Julien Leclercq, Firmine Richard, Olivier Marchal, Aïssa Maïga, Eriq Ebouaney, Sonia Rolland, Edouard Montoute, Jimmy Jean-Louis, Gabrielle Lazure… et... dénonce l'"invisibilité des acteurs, réalisateurs et producteurs" issus des DOM TOM et de l'immigration africaine et asiatique dans le cinéma français. Profitant de la prochaine cérémonie des César, ce vendredi 28 février,
la tribune regrette que la France "maintienne ses acteurs de couleur dans des rôles insignifiants qui ne justifieront jamais une quelconque nomination aux César".

Tout en critiquant les "rôles secondaires et stéréotypés" auxquels sont cantonnés les acteurs issus de l'immigration, les signataires espèrent que le renouvellement annoncé de la direction de l'Académie des César permettra d'inclure des artistes issus de ce qu'on appelle la « diversité".



C'est la tribune des stars du cinéma contre le fonctionnement des César qui a motivé l'auteur de ce texte, Eriq Ebouaney, rôle principal du film Lumumba ! "La tribune publiée dans Le Monde réclame plus de parité au sein de l'Académie des César, assure l'acteur français d'origine camerounaise. J'aurais aimé qu'elle réclame aussi une meilleure inclusion des professionnels du cinéma issus des DOM TOM et de l'immigration africaine et asiatique." Ce comédien aigri a joué dans "Femme fatale", "Les Rivières pourpres 2" ou "Hitman", mais il n'en a pas assez et voudrait profiter du vent nouveau qui souffle sur les César pour "inclure les artistes afro-descendants dans la photo de famille". Bref, il y a trop de Blancs français en France, notamment au cinéma. Mais comme il  n'y a pas non plus assez de femmes, il nous faut Firmine Richard à  Matignon ou  à l'Elysée. 
Eriq Ebouaney a donc écrit le texte ci-dessous, qui a été signé par une trentaine d'artistes et que nous publions en exclusivité.



« Dans quelques jours, au cours de la 45e cérémonie des César, nous célébrerons la grande famille du cinéma français. Le cinéma ! Un art éminemment populaire qui rassemble dans une célébration partagée toutes les couches de la population sans distinction de classe sociale, de genre ou d’origines. Le cinéma est un puissant outil de transmission d’une culture, un outil de facilitation de l’intégration des populations de notre pays. Il est aussi un outil de transmission de valeurs communes partagées d’une société. Notre cinéma devrait donc être, comme Stendhal le disait du roman, un miroir dans lequel se reflète la société dans sa réalité et sa diversité.
Il y a vingt ans, à la 20e cérémonie des César, le Collectif Egalité fustigeait déjà l’absence d’inclusion de nos concitoyens issus des Outre-mer et des immigrations dans le cinéma français. En 2018, l’essai collectif Noire n’est pas mon métier dénonçait aussi les discriminations et les stéréotypes dont sont victimes les actrices afro-descendantes.
Nous voulons ici pointer du doigt les paradoxes d’un pays, la France, qui nomme Spike Lee, un réalisateur et producteur afro-américain, président du jury du prochain Festival de Cannes, et qui en même temps maintient ses acteurs de couleur dans des rôles insignifiants qui ne justifieront jamais une quelconque nomination aux César.
Notre cinéma, en ce siècle de globalisation, en ces temps de métissage des cultures et de brassage des populations, nous donne-t-il à voir la réalité et la diversité de la société française ? Nous rend-il compte des histoires entrecroisées et mêlées de notre histoire commune qui n’en font pas moins partie du roman national ? L’histoire de France est celle de tous ses habitants sans exclusive. Une tribune parue récemment dans Le Monde a fustigé l’organisation des César en mettant en cause son fonctionnement et son opacité. Ces griefs sont légitimes et nous ne pouvons que les faire nôtres ! On aurait cependant apprécié que les signataires incluent dans leurs reproches à la direction des César l’absence des acteurs et réalisateurs issus de ce que l’on appelle par paresse et frilosité du langage la diversité !
Cette invisibilité des acteurs, réalisateurs et producteurs issus de cette frange de la population accentue le malaise et le sentiment d’exclusion déjà vécu dans la vie réelle. A quand l’inclusion ? La démission collective du conseil d’administration des César va-t-elle changer la donne ?
Aujourd’hui, il n’est plus question, pour tous les professionnels du cinéma issus des immigrations et d’Outre-mer, d’être assignés aux rôles secondaires et stéréotypés auxquels on les a longtemps cantonnés. Le cinéma anglo-saxon confie des rôles de premier plan à tous ses acteurs sans distinction de couleur ou d’origine et sans que cela ne nuise à sa qualité, bien au contraire !
Les succès au box-office des films Il a déjà tes yeux de Lucien Jean-Baptiste, Les Misérables de Ladj Ly, et les records d’audience sur Netflix des films de Kery James Banlieusards et Le Gang des Antillais de Jean-Claude Barny sont significatifs des attentes d’un public qui est bien plus en avance sur cette question de la représentation des minorités sur nos écrans que les institutions du cinéma français.
L’adoption de mesures d’inclusion est urgente si on ne veut pas laisser à ces professionnels du cinéma français qu’une seule option : l’engagement dans la voie du communautarisme à l’américaine pour s’exprimer et s’épanouir dans leurs métiers. Il est temps d’ouvrir les portes et les fenêtres du cinéma français. Car le talent, comme l’émotion, n’a pas de couleur.
#BlackCesars ?! (avec un 's' à Cesar si ils veulent.
Jusqu'ici, les Français ne mettaient pas de marque du pluriel aux noms propres, mais désormais la "diversité" fait loi, en attendant la charia...)
Signataires : Eriq Ebouaney, Olivier Assayas, Olivier Marchal, Mathieu Kassovitz, Stomy Bugsy, Euzhan Palcy, Julien Leclercq, Firmine Richard, Aïssa Maïga, Greg Germain, Nathalie Marchak, Sonia Rolland, Edouard Montoute, Jimmy Jean-Louis, Gabrielle Lazure, Reza Pounewatchy, Salim Kechiouche, Jean-Claude Barny, Vanessa Djian, Kentaro, Sam Bobino, Issaka Sawadogo, Marie-Philomène Nga, Fanny Bastien, Mata Gabin, Mehdi Nebbou, Beatriz Levin, Annouchka de Andrade, Alex Ogou, Yasmine Chouaki…

Combien de Blancs dans le 'Black Panther' (Ciné+Frisson, TF1)
Résultat de recherche d'images pour "Black Panther affiche"
Une pyramide laissant peu de
place aux Blancs:
diversité exemplaire ?
L'objectif de ce film est de "contribuer à faire évoluer les mentalités". 'Black Panther', long métrage racial réalisé par Ryan Coogler, un Noir, a eu un succès planétaire en 2018 et s'est rapidement imposé comme un véritable phénomène de société qui a fait bouger les lignes à Hollywood. Pour la première fois, une superproduction parlant de l'Afrique et interprétée par un casting majoritairement afro-américain est devenue un monument de la culture populaire. Le film n'en finit pas de susciter des discussions, de provoquer la réflexion et d'inspirer ses spectateurs : les Blancs y sont sauver par des sommités noires de la médecine d'avant-garde et tout à l'avenant. Nos aigris des César n'ont plus qu'à se mettre à l'anglais américain, un "challenge" !

Malheureusement, l'assimilation pose problème à l'actrice, jusqu'à son texte ! Et il n'y a pas plusieurs prises et le rendu était plutôt confus. "A chaque fois que je me retrouve comme ça, dans une grande réunion du métier, je ne peux pas m’empêcher de compter le nombre de noirs dans la salle”, a-t-elle dit, avant de se tourner vers Vincent Cassel. "C’était toi le renoi du cinéma français avant la diversité ! Je te mets dans le quota; ça te va ou pas ?”, lui a t-elle demandé, tandis que le compagnon de Tina Kunakey (métisse d'un père togolais), qui n'a pas le sens de la réplique sans son texte, a enchaîné en se défilant: “J’ai pas compris" ! En noir ou blanc, le cinéma va mal...

Franck Riester, ministre inexistant de la Culture

Etait-il présent comme annoncé?
On trouve tout sur Twitter et donc des internautes (de couleur et pas que !) pour estimer que l’actrice a eu le courage d’évoquer le manque de diversité dans le cinéma français. "Elle a OSÉ prendre la parole pour nous les noirs !”, “Je salue le grand courage d'Aïssa Maïga. Au moins c’est dit ! Bravo”. Les chiffres de la population de couleur sont un totem français, mais les Noirs sont en vérité sur-représentés dans les films (et les pubs) diffusés à la télévision. Comme les femmes qui restent vautrées dans le canapé pendant que le mari en cuisine est moqué de toute la famille pour avoir loupé un plat, les Noirs, hommes et femmes, occupent désormais les rôles de chefs : dans nos films policiers, les flics sont des hommes, mais les femmes, des commissaires. Et si l'inspecteur est une femme noire, la critique est bonne... Les personnes de petite taille devraient rédiger des tribunes : dans Fort-Boyard, Passe-Partout est pourtant traité comme un Omar Sy dans "Service après vente des émissions" et dans "Joséphine, ange gardien",Mimie Mathy  est cantonnée aux rôles comiques "stéréotypés"... 
 Nombreux sont les internautes qui n'ont rien compris au discours d’Aïssa Maïga: “Quelqu'un a le GIF de la réaction d'incompréhension de Vincent Cassel face au discours d'Aïssa Maga ? Priceless" (ça n'a pas de prix), "Je suis en train de regarder le passage catastrophique d’Aïssa Maïga... digne de malaise TV ! Même les personnes de couleur dans la salle ont l’air mal à l’aise face à son speech". 
Et si elle revendiquait un discours d'introduction à l'Académie française?
Chez eux aussi, trop de Blancs et pas assez de femmes de couleur...

Pourquoi l’absence de rôles féminins dans ce film et de femmes sur cette photo ne gêne t elle pas? Cela dit quoi de la vision masculiniste des quartiers ? Et de notre acceptation? Tant que vous pensez faire une bonne action en regardant et louant un film, vous insultez le cinéma. https://t.co/mRve6Zw5F8
Pourquoi l’absence de rôles féminins dans ce film et de femmes sur cette photo ne gêne t elle pas? Cela dit quoi de la vision masculiniste des quartiers ? Et de notre acceptation? Tant que vous pensez faire une bonne action en regardant et louant un film, vous insultez le cinéma. https://t.co/mRve6Zw5F8

L'arrogance n'est pas affaire de peau
Comme le sexe, la notion de race a été abolie, mais les gens de couleur continue de l'instrumentaliser : elle continue à agiter les vertueux, les mauvais et les méchants qui réclament la fin de la méritocratie. 
Allez, à l'année prochaine, pour de nouveaux délires !
En 2014, le Ministre de la Culture et du Patrimoine du Sénégal, Abdoul Aziz Mbaye a passé un accord avec Mawrah Studios. Ensemble, ils devaient mettre en place une Académie de formation cinématographique "SUNU-WOOD". Grâce au travail pédagogique et d'accompagnement qui devait être conduit par les professionnels et les partenaires culturels, cette formation a dû permettre d’initier le public sénégalais à la l’art.
2021 sera-t-elle l'année de la remise de 'Césaire' 'Cédar' (Senghor) à des comédiens mâles blancs, des mains de Ladj Ly ?

dimanche 17 février 2019

Le Monde dresse une liste de griefs présumés contre les Gilets jaunes

Le groupe est contrôlé par la société Le Monde libre, elle-même détenue par la paire Xavier Niel et Matthieu Pigasse

Le journal du soir cite les chiffres contestés du ministère de l'Intérieur : 41.500  Gilets jaunes en France.


Résultat de recherche d'images pour "Gilets jaunes Acte 14 XIV paris"
Photo du Huffington Post pour illustrer la mobilisation à Paris
des Gilets jaunes, "en recul", le 16 février 2019
Le gouvernement, relayé par les hommes d'affaires, a pour objectif de colporter l'idée que la mobilisation pour l’acte XIV était en baisse par rapport à la semaine précédente, ce qui est faux, puisqu'à Paris il étaient estimés à 4.000 le 9 février, mais à 5.000, le 16... 

Ne comptez pas que ces chiffres soient repris par Le Monde co-détenu par le banquier Pigasse qui détient en outre des pages de L'Obs, du quotidien suisse Le Temps, de l'Echo du Centre, de Témoignage chrétien, du Huffington Post ou des Inrockuptibles: ils est . Il faut également savoir, en termes de concentration de la presse et de son indépendance, que le co-propriétaire du Monde, avec Pigasse, est Xavier Niel, actionnaire de Mediapart et Bakchich.
Sur BFMTV, Dominique Rizet, journaliste qui a été fait colonel de gendarmerie de la réserve citoyenne, a fini par pointer la crédibilité d es chiffres officiels, lâchant que le ministère de l'Intérieur ferait mieux de cesser leur publication... 


Le Monde évoque uniquement les situations difficiles

Le choix des photos n'est pas anodin (ci-dessous, il ne s'agit pas de l'Acte XIV, mais de l'Acte XII...)

Après trois mois de mobilisation, des dizaines de milliers de « gilets jaunes » ont défilé, samedi 16 février, dans plusieurs villes de France lors d’un acte XIV relativement calme à Paris mais marqué de nouveau par des heurts à Toulouse et Bordeaux. [Le ton est donné : privilégier les cas de nature à faire du tort au mouvement]


Le ministère de l’intérieur a dénombré 41.500 manifestants en France, dont 5.000 dans la capitale, des chiffres en recul par rapport à la semaine précédente.
La notion de "recul" est constamment avancée
Les chiffres sont faits pour être instrumentalisés...

Bien que les chiffres soient manipulés,
Le Monde persiste et signe l'idée de "recul"  



Judiciarisation mise en avant par Le Monde
Pour cet acte XIV, les intentions du mouvement ont rarement été aussi peu lisibles, selon Le Monde de Niel et Pigasse, à l’issue d’une semaine où deux " gilets jaunes" emblématiques, le chauffeur routier Eric Drouet [un mois de prison avec sursis requis], et l’ex-boxeur Christophe Dettinger [condamné à un an de détention en semi-liberté], ont été jugés à Paris.
Le Monde est affirmatif...
Des rassemblements divers à Paris 
Dans la capitale, traditionnelle place forte de la contestation [mais Le Monde assure pareillement que Bordeaux en est un "bastion"], un cortège de plusieurs milliers de personnes [5.000 ? Ou 10.000 ?] qui s’étaient retrouvées place de l’Etoile a descendu les Champs-Elysées avant de traverser la Seine en direction du boulevard des Invalides. Sous un grand soleil, les manifestants défilaient dans le calme sur fond de slogans hostiles adressés aux forces de l’ordre [sous les ordres de Castaner et Macron].

Après de brefs face-à-face aux abords de l’esplanade des Invalides avec celles-ci, les « gilets jaunes » se sont dispersés, certains rejoignant les Champs-Elysées en début de soirée. Selon la préfecture de police, 26 personnes ont été interpellées, même si les tensions semblaient [sic] moindres que lors de l’acte XIII. Un manifestant avait alors eu la main arrachée lors de heurts devant l’Assemblée nationale.
Recul des violences, donc...


La mobilisation parisienne a toutefois connu un bref moment de tension quand le cortège a croisé la route du philosophe Alain Finkielkraut.
L'ensemble du "cortège" n'est pourtant pas impliqué : un groupe de musulmans radicaux - aussitôt qualifiés de "salafistes" par France info, pour les distinguer du plus grand nombre, modéré, espère-t-on - , avec références à l'"enfer" pour les "sales sionistes de merde". Des tweets assurent d'ailleurs que "La France est à nous", pas aux Juifs... 
Les complotistes y trouveront du grain à moudre en saisissant l'occasion de relancer l'idée d'un risque de colonisation de la France par le monde arabe, de l'intérieur et par ruissellement aux frontières poreuses de l'Union européenne : le grand remplacement.

Le Monde développe la notion d'insurrection politique, plutôt que sociale



Jurant combattre le complotisme,
Le Monde discerne pourtant  "différents appels parisiens coexistant sur les réseaux sociaux, avec des mots d’ordre divers. 
L’un [que Le Monde ne nomme pas] appelait à des "insurrections" et à "bloquer la place de l’Etoile le plus longtemps possible". Le plus suivi [quand même !] donnait, lui, rendez-vous pour une manifestation "déclarée et pacifique" dimanche sur l’artère parisienne, trois mois jour pour jour après le début du mouvement. [Un anniversaire, en attendant la célébration des premiers "100 jours"...]

Le Monde égrène les actes de violence en régions

Un incident à Rouen (PS) 
Une voiture bloquée par le cortège à Rouen a bousculé quatre personnes qui ont été prises en charge par les pompiers. De source policière, le conducteur, qui était avec sa femme et leur bébé, s’est retrouvé au cœur de la manifestation et des participants s’en sont pris au véhicule, montant dessus et jetant des projectiles [sans raisons, semble-t-il, selon le compte-rendu du Monde].
Le conducteur a pris peur. Il a quitté les lieux avant de se présenter au commissariat [en somme, il a pris la fuite !], selon la même source.
A la vérité, "la voiture a foncé sur un groupe de Gilets jaunes, selon des informations largement relayées sur les réseaux sociaux. Au moins trois personnes ont été blessées, indique BFM TV.

Attaque d’un fourgon de police à Lyon

Dans la ville de Gérard Collomb, ministre démissionnaire de l'Intérieur du gouvernement Philippe, plusieurs milliers de manifestants s’étaient rassemblés dès le début de l’après-midi dans le centre-ville, une mobilisation globalement similaire à celles des samedis précédents. En fin d’après-midi, la manifestation des « gilets jaunes » a bloqué pendant deux heures la circulation dans un sens de l’autoroute A7 qui traverse la ville de Lyon. Un véhicule de police, appartenant à la CRS autoroutière, était pris dans le trafic quand il a été violemment attaqué [comme une "violente agression" est un pléonasme, au même titre que la paire "islamiste radical", une "attaque en douceur", ça existe ça ?].

Cette violente attaque [bis] d’un fourgon de police, filmée de l’intérieur du véhicule et diffusée par la chaîne LCI, a été vivement condamnée par les autorités, en premier lieu par le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner [qui esquive la presse et lui envoie son binôme, Laurent Nuñez-Belda]. "On est pris à partie et on reçoit des pavés", y déclare le policier qui filme la scène au début de la vidéo d'une durée de plus d’une minute.
Au volant, sa collègue tente de se frayer un chemin entre deux files de voitures, sous les jets de projectiles. La préfecture du Rhône a condamné "avec la plus grande fermeté [!] l’attaque de CRS hier lors des manifestations de gilets jaunes à Lyon", dans un communiqué publié dimanche matin.

Heurts à Bordeaux 

Quelque 5.000 « gilets jaunes » ont marché dans les rues de Bordeaux, le 16 février, avant que des heurts n’éclatent à la fin de la manifestation.

A Bordeaux [que Juppé a préféré abandonner à temps pour se réfugier au Conseil constitutionnel, si cher lui soit son "peuple", sic], un cortège de plusieurs milliers de personnes a emprunté les rues des quartiers cossus où des tags proclamaient notamment « mort aux riches ». Au bout de l’itinéraire, des violences ont éclaté : la police a répondu à coup de canons à eau et de gaz lacrymogène à des jets de projectiles. La mobilisation a réuni 5.000 personnes dans la ville, selon une source policière [Il a bien fallu que Castaner tripote les chiffres sur Paris pour ne pas passer à nouveau pour un clown]

A Toulouse, de culture gauchiste, et pas que rose...

Plusieurs milliers de « gilets jaunes » ont battu le pavé à Toulouse, un des bastions du mouvement, derrière des pancartes comme « Fâché mais pas facho » ou encore « Dinosaures capitalistes, tremblez, le monde va changer ». « Seule la mort nous arrêtera », proclamait une banderole en tête de manifestation, lieu de prédilection de l'ultra gauche. Des échauffourées entre individus et forces de l’ordre ont éclaté en fin de rassemblement, avec des dégradations dans le centre, notamment des agences bancaires et immobilières.

A Lille, la socialiste

Ils étaient pus [plus] d’un millier de « gilets jaunes » dans les rues de Lille. Rassemblés place de la République, les manifestants se sont élancés dans les rues de la capitale des Flandres peu avant 14h30 aux cris de « Macron démission ».

Les dégâts matériels inquiètent Le Monde: il s'agit d'une permanence parlementaire LREM saccagée 
La permanence du député de la Sarthe Damien Pichereau (La République en marche, LREM), un commercial de 31 ans, a été prise pour cible au cours d’une manifestation de « gilets jaunes » au Mans. Sur Twitter, le président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand a condamné le « saccage ». Ce député est l'auteur d'un amendement au projet de loi de finances 2019 visant à créer une double grille de malus avec une différenciation des motorisations essence et diesel. 
Mention spéciale de Marlène Schiappa pour les collaboratrices de l'élu ... 
Le Monde ne mentionne qu'un seul cas isolé, mais il suffit à stigmatiser l'ensemble des Gilets jaunes partout en France.

Les figures du mouvement se font discrètes

Les figures historiques du mouvement sont elles-mêmes plutôt discrètes sur leurs intentions, notamment Eric Drouet, contre qui le parquet de Paris a requis vendredi un mois de prison avec sursis pour « organisation de rassemblements non autorisés ».
Eric Drouet, l’un des chefs de file des « gilets jaunes », était présent dans le cortège parisien, le 16 février.

Jeudi, le ministre de l’intérieur, Christophe
Castaner, avait par ailleurs dénoncé les menaces de « coup d’Etat » d’une autre figure des « gilets jaunes », Christophe Chalençon, filmé à son insu alors qu’il évoquait la perspective d’un renversement du pouvoir par des « paramilitaires ».
De même que les Gilets jaunes Hayk Shahinyan - le plus médiatisé actuellement - est présenté comme macronien et Jacline Mouraud comme sarkozyste et Maxime Nicolle taxé d'islamo-gauchisme, le Gilet jaune éborgné (et qui aurait perdu l'usage de son oeil droit) Jérôme Rodrigues serait révolutionnaire trotskiste, au vu de son selfie (ci-contre) avec l'anti-capitaliste Olivier Besancenot (NPA).

Trois mois de luttes, ça se fête

Après trois mois de contestation, le soutien aux « gilets jaunes » s’effrite dans l’opinion [estime Le Monde]. Pour la première fois depuis novembre, une majorité de Français [ou plutôt de sondés...] (56 %) souhaitent [souhaite] que la mobilisation s’arrête selon un sondage Elabe [pour BFMTV, il faut dire] diffusé mercredi. (lien PaSiDupes)
Sauf que la question n'avait encore jamais été posée en ces termes...
Et Le Monde ne fait pas de détail. Le voici (extrait de l'analyse Elabe) :
Dans le détail, l’approbation (soutien et sympathie) reste majoritaire auprès des classes populaires (69%, -3) et classes moyennes (60%, -4). Auprès des retraités, elle est en recul de 11 points (52%). L’approbation est minoritaire auprès des cadres, et en très net recul (29%, -19).
D’un point de vue politique, c’est principalement auprès de l’électorat d’Emmanuel Macron que le recul s’opère : alors que 43% approuvaient la mobilisation il y a deux semaines, ils ne sont plus que 27%, soit un recul de 16 points.
En revanche, l’approbation reste intacte auprès de l’électorat de Jean-Luc Mélenchon (78%, +1). Auprès de l’électorat de François Fillon, à la faveur d’une hausse de l’opposition et de l’hostilité (50%, +10), le sentiment d’approbation devient légèrement minoritaire (44%, -4).
S’il est en retrait auprès de l’électorat de Marine Le Pen, il reste très largement majoritaire : 73%, -9.
En Occitanie, mais aussi dans l’Est, plusieurs groupes appelaient, eux, à fêter les trois mois du mouvement par un « retour aux sources », avec des rassemblements sur les ronds-points samedi dès le matin. 
En Meurthe-et-Moselle, des « gilets jaunes » étaient, ainsi, de retour sur les ronds-points, notamment à Pont-à-Mousson, Lunéville ou Essey-lès-Nancy. « Aucun blocage, ni filtrage, ne sera toléré », a toutefois fait savoir la préfecture.