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dimanche 27 décembre 2015

Avec la déchéance de nationalité, Hollande met de l'eau dans le gaz du PS

De nombreux éléphants socialistes s'opposent à la décision de François Hollande

La récupération de l'électorat de gauche passé à l'extrême gauche vaut bien une déchéance morale...
Ainsi, l'ami du président, Julien Dray, et un ancien ministre, Benoît Hamon, frondeur de longue date, à l'image de Martine Aubry ou d'Arnaud MontebourgLes nouveaux élus courbent l'échine mais les caciques ont fait part de leur ferme opposition à cette mesure, défendue par le Front national et une partie de la droite républicaine.

Au gouvernement,
malgré les critiques de Christiane Taubira qui, depuis Alger, a tenté de torpiller l'idée (lien PaSiDupes) au cours d'un entretien à la télévision publique algérienne, le mardi 22, Manuel Valls a annoncé mercredi le maintien d'extension aux binationaux de la déchéance de nationalité dans le projet de réforme de la Constitution. Il s'est de surcroît déclaré "convaincu" d'avoir une "large majorité" au Parlement.

Les premières pressions de l'exécutif sont en effet arrivées
La décision de François Hollande d'étendre la déchéance de nationalité aux terroristes binationaux nés en France provoque des remous au Parti socialiste et plus largement dans la majorité. Les parlementaires PS ont reçu un vademecum sur la manière de bien penser et pour les convaincre du bien-fondé du projet de réforme de l'exécutif, un dispositif que le président de gauche a repris du Front National. 
Sous la houlette supposée du garde-chiourme Pruneau Le Roux, il semble que ce soit le groupe PS à l'Assemblée nationale qui ait décidé de transmettre par mail un argumentaire de Matignon à l'ensemble des parlementaires socialistes, jeudi. Ce document de trois pages qui défend en six points la déchéance de nationalité est censé convaincre les élus réfractaires, mais peu futés. Si les représentants du peuple ne le savaient pas, il leur est rappelé que la mesure existe déjà, s'il ne lisent pas la presse, qu'elle s'inscrit "dans un contexte très particulier" et, s'ils ne pensent pas par eux-mêmes, qu'elle comporte des "effets concrets", à savoir la possibilité de la mise en place d'un éloignement. 
Entre autres éléments de langage diffusés par Valls, ils devront propager un mensonge, puisqu'ils sont tenus de dire que la réforme est "bien comprise par l'opinion publique". L'opinion publique y est, à la vérité, de moins en moins favorable: 81%, ce jour, contre 94% en novembre (Elabe "L'opinion en direct" pour BFMTV). L'instauration de l' "état d'exception" appelé "état d'urgence" semble avoir éveillé les consciences... 

La gauche du PS monte au créneau

"Tout responsable de gauche et tout responsable républicain doit s'opposer à la déchéance de nationalité"
, a affirmé Pascal Cherki, député PS frondeur et encore assez proche de Julien Dray depuis le temps de la création de SOS Racisme, et de Henri Emmanuelli, mentor de Hamon, et Jean-Luc Mélenchon, aujourd'hui animateur désabusé du Parti de gauche). 
Pruneau Le Roux a indiqué mardi matin sur i-télé qu'il préférerait travailler "sur la peine d'indignité nationale", laquelle pouvant frapper tous les Français indistinctement, "plutôt que de faire de la déchéance de nationalité " le débat central" du projet de réforme constitutionnelle. Même formule pour l'avocat Jean-Pierre Mignard, un intime de François Hollande, sur France Inter
Apparue après la Seconde guerre mondiale pour sanctionner le comportement des Français ayant collaboré avec le régime de Vichy pendant l'Occupation, elle était alors accompagnée d'une peine de dégradation nationale qui prévoyait la privation de tous les droits civils, civiques et familiaux, ainsi que diverses interdictions professionnelles dans les secteurs public et privé.
Bernard Roman, député proche de François Hollande, a résumé la situation dans L'Obs: "Près de 80% des députés socialistes sont contre, ainsi que tous les commissaires aux lois PS". Or, pour mémoire, le gouvernement a besoin du feu vert du Parlement, puis d'un vote à la majorité des 3/5e des députés et sénateurs pour faire adopter le projet de loi de réforme de la Constitution.

Hollande déclenche une nouvelle vague de migrants du PS

L'argumentaire, non signé, déplore que la déchéance de nationalité ne puisse s'appliquer... plus largement... à tous les Français. "Il faudrait pouvoir déchoir  de la nationalité française tout auteur d'un crime terroriste, qu'il soit bi-national ou non", est-il écrit. 
Dans le même temps, de nombreux militants et élus locaux, notamment Vincent Tison et le bi-national franco-algérien Mohamed Moulay, dont le père était membre du Front de libération nationale (FLN), deux conseillers municipaux de Joué-lès-Tours (PS de 1995 à 2014, en Indre-et-Loire)ont demandé aux parlementaires de rejeter le texte lors de son examen, en février. Pour mémoire, c'est dans cette banlieue sud de Tours que, le 20 décembre 2014, un homme avait fait irruption dans le commissariat de Joué-lès-Tours aux cris "d'Allahou Akbar". Il avait blessé trois policiers à l'arme blanche avant d'être abattu.

Au siège du PS, Rue de Solférino, les apparatchiks préfèrent le silence.
Le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, n'a pas encore officiellement réagi. Soit il est en vacances loin de France, soit il a été sommé de se taire.  Selon son entourage, il se serait en effet opposé "jusqu'au bout" à l'exécutif sur cette mesure. En décembre, Kostas - son pseudonyme trotskiste lambertiste - estimait que la déchéance de nationalité n'était "pas une idée de gauche".

Dans les colonnes du JDD, Benoit Hamon, ministre de l'Éducation limogé, tape sur le président de la République. "Commencer le quinquennat par la promesse du droit de vote aux étrangers lors des élections locales et le terminer sur la déchéance de nationalité des binationaux, une telle transhumance politique et intellectuelle déboussole", commente cet agitateur de l'aile gauche du PS. "En introduisant cette distinction, la République n'est plus indivisible. Le symbole choisi (…) envoie à des millions de nos compatriotes le message suivant: vous êtes des Français de seconde catégorie", a également souligné le député des Yvelines, qui a tenté de convaincre le maître en rétropédalage à l'Elysée de faire machine arrière.

Julien Dray a lui aussi fustigé l'instigateur de cette mesure, qui, à son sens, n'a "aucune efficacité, même symbolique, contre le terrorisme". "Je ne m'explique pas la décision du président, d'autant que nous étions nombreuses et nombreux à avoir le sentiment que l'exécutif se rendait compte des risques que représentait la mise en chantier concrète d'une telle mesure", a révélé le conseiller régional d'Ile-de-France, ajoutant préférer une "peine d'indignité républicaine".

Et des défections ...
Certains n'ont pas attendu la déclaration officielle de l'état-major du parti. Ainsi, membre du PS depuis 40 ans et vice-président du département de la Gironde, Jean-Marie Darmian  a annoncé qu'il se met en congé du PS, afin de "pouvoir se regarder dans la glace". Dans son blog, il menaçait  jeudi de quitter officiellement son parti si la mesure était effectivement adoptée (lien PaSiDupes ou libellé au nom du déserteur au combat).

Autre signe symptomatique du malaise ambiant: plusieurs militants PS de la Loire vont quitter le PS, comme le rapporte France Bleu Saint-Etienne Loire. Le bi-national franco-algérien Abdel Cherif, secrétaire général du MJS de la Loire, se dit "déçu" et même "dégoûté" du Parti socialiste dont il a annoncé sur Facebook qu'il claquait la porte, tout en se maintenant à SOS Racisme où il est...  trésorier
Il s'est également fendu d'un tweet éloquent sur son départ, se disant "libéré, délivré".

François Hollande "doit se présenter à la primaire de la droite," selon le bi-national Daniel Cohn-Bendit: Du FN, alors...
"Une constitution ce n'est pas une boîte à outils pour lutter contre le terrorisme, indique-t-il sur Europe 1. Une constitution c'est là pour définir les valeurs du vivre ensemble et les modalités du vivre ensemble" .

vendredi 25 décembre 2015

Déchéance de nationalité : un élu en révolte se met en congé du PS

Le rétropédalage de la déchéance de nationalité ajoutée à la claque aux régionales et un vent de révolte se lève au PS

L'annonce par le président de gauche du maintien de la déchéance de nationalité dans le projet de révision de la Constitution relance la fronde dans la majorité présidentielle.
Enseignant (in)suffisant
promu par le militantisme socialiste

Le projet que Taubira annonça enterré sera finalement présenté début février. Or, Jean-Marie Darmian, l'un des vice-présidents PS du Conseil départemental de la Gironde, a annoncé qu'il se met "en retrait" du parti. "Je me mets en congé du PS avec le sentiment que je ne peux plus rien apporter à l'actuel parti. Ma présence n'offre aucun intérêt et, en plus, je ne supporte plus les gouttes successives accumulées ces derniers temps dans un vase qui vient de déborder. Le liquide ressemble à de la ciguë pour ma conscience", écrit ce Socrate local de 68 ans, dans un billet diffusé jeudi sur son blog.  En se déterminant en fonction du parti, d'une part, le sexagénaire fait peu de cas de son électorat et, d'autre part, l'élu déplace la responsabilité de l'exécutif sur le PS. Au fond, l'élu de la Gironde dénonce l'absence de colonne vertébrale du Parti socialiste, quelques jours après la réélection  par acclamation - de Claude Bartolone au perchoir de l'Assemblée nationale par les députés, malgré sa cuisante défaite électorale en région capitale. Des comportements de Douma sous Staline.

Le sentiment d'un "hussard noir" d'avoir été trahi

Ce Rocardien de Gironde reste fidèle à un PS mort. Il a la nostalgie de son jeune âge et explique qu'il ne veut "pas voir mourir ce pacte signé avec un socialisme que j’avais façonné à ma façon [...] Je dirai que je suis de gauche par simple opposition au FN et à l’ex-UMP et je n’irai pas voir ailleurs. J’avais connu les salles enfumées sentant le Clan, l’Amsterdamer ou la Gitane Boyard du PSU dans lesquelles les discussions s’éternisaient autour de la définition d’un mot." Sa place désormais serait donc plutôt à EELV... [...] J’avais perdu mes illusions en juin 1968 [à 21 ans] après un mois de mai où je m’étais éclaté intellectuellement et physiquement et que je voulais retrouver. J’avais pourtant été mis en garde par mon instituteur formateur syndicaliste qui ne voulait pas que je mette un doigt dans la machine à broyer les esprits, d’un parti. J’avais écouté avec intérêt les déclarations de Mitterrand sur ce nouveau PS fort de ses courants fondateur. Habitué au fonctionnement identique du syndicat national des instituteurs [équivalent du SNUipp], j’avais bien aimé la notion de "diversité [à l'ancienne] dans l’union".

[...] J’avais vite appris que l’on est mieux dans sa tête comme minoritaire convaincu que comme majoritaire passif. Je n’avais jamais choisi la facilité et je savais que je ne la choisirais jamais. Je n’avais donc pas encore en tête que je serai exclu du PS moins de deux ans plus tard et qu’à trois autres reprises, on me traduirait en commission des conflits pour ne pas savoir ["avoir"?] su retenir mes écrits ! Suit une encore longue série de phrases commençant par "je" dont nous vous faisons grâce: trop d'autosatisfaction amère et déplacée.

"
Depuis ce jour je tire un trait sur ces 40 ans jamais interrompus de mon fait. Je me retire pour me contenter de soutenir les proches qui me font encore confiance dans le quotidien." Bon, c'est très bien comme ça, mais n'en faisons pas tout un fromage persillé. Ce qui suit est écrit par un instituteur mais l'orthographe est pathétique. Nous la restituons dans son accablante authenticité : "Je ne supporte plus cette course nationale absurde aux populisme facile au non de la rentabilité électorale. J’abandonne le champ de bataille. Je choisis d’être indépendant et ne plus avoir de comptes à rendre personne." Cet élu déserteur a-t-il obtenu son certificat d'études ?  L'orthographe n'est visiblement pas la science des imbéciles. Et cet enseignant a-t-il jamais appris à des générations sacrifiées passées entre ses mains à se relire? Ce diplômé de l'École normale d'instituteurs de la Gironde fait honneur à l'Education nationale, mais aussi à l'édition: il a trouvé à publier cinq ouvrages...

"Petit-fils et fils d’immigrés je ne supporte pas que l’on mette en cause un tant soit peu le droit du sol sans lequel ma famille m’aurait jamais pu construire ce que je suis devenu [lire ce texte ne convainc pas que c'est leur titre de gloire ?], sans lequel je ne serais jamais…socialiste [l'ignorance n'est pas au PS un obstacle: ce militant a été nommé à 20 ans directeur de l'école de garçons de Castillon la Bataille, sur son seul mérite évident. La politique reconnaissante, saluant ses aptitudes professionnelles, en fit un maître formateur (conseiller pédagogique) et à ce titre était formateur aux techniques de la communication -CLEMI- depuis 1983. Ce monsieur est commandeur dans l'Ordre des Palmes académiques (2002 sous Jospin), chevalier dans l'ordre national du Mérite (1998 sous Mitterrand) et chevalier de la légion d'Honneur (2013 sous Hollande)]. 

Tant que cette proposition émanant d’un Président et d’un gouvernement se réclamant d’idées humanistes ne sera pas rapportée
je suspends mes 40 ans d’appartenance au PS [encore aucune ponctuation non plus]. Et si cette mesure est adoptée, ce serait la fin du chemin pour moi et j’en tirerai les conséquences. Je sais que ça ne bouleversera pas les équilibres politiques girondins et que personne à Paris ne s’en émouvra mais au moins, je me regarderai dans la glace en me rasant."
C'est recommandé à tout un chacun.