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jeudi 1 octobre 2015

Charlie Hebdo quitte Libération pour des locaux hautement sécurisés

Charlie Hebdo a quitté mardi son hébergement au siège du quotidien Libération

Les anarcho-révolutionnaires de Charlie hebdo ont payé un lourd tribut pour leurs provocations

Depuis l'attentat commis par des djihadistes français qui a décimé sa rédaction en janvier, il s'est écoulé neuf mois pendant lesquels le quotidien "libéral-libertaire" Libération, propriété des hommes d'affaires socialistes Bruno Ledoux et Patrick Drahi, hébergé la rédaction. 
Les "survivants" de l'hebdomadaire satirique libertaire avaient été accueillis dans le IIIe arrondissement  en signe de solidarité deux jours après l'attaque du 7 janvier qui a coûté la vie à 12 personnes, dont cinq des dessinateurs de Charlie (Charb, Cabu, Honoré, Tignous, Wolinski). 

Ses nouveaux locaux sont situés dans le XIIIe arrondissement parisien

Le déménagement s'est déroulé à la rentrée dans des bureaux ultra-sécurisés. Ces bureaux comprendront une pièce blindée (panic room) et un système de cybsécurité, indique Riss. 
Charlie Hebdo appartient à trois actionnaires : Charb, qui est mort dans l'attentat du 7 janvier (40 %), Riss (40 %) et Éric Portheault (20 %). Mais, malgré l'aubaine du mouvement de solidarité déclenché par l'émotion suscitée par la tuerie et des finances surabondantes, la direction du journal ne retrouve pas son équilibre et l'implosion menace.

En mars dernier, les 15 employés salariés de Charlie Hebdo avaient demandé le statut d'actionnaires à parts égales. Avant l'attentat, l'hebdomadaire se trouvait dans une situation financière précaire, presque au bord de la faillite. Depuis, les ventes atteignent des records (120.000 exemplaires par numéro), et les dons de particuliers affluent, se comptant en millions d'euros. Le journal compte aussi 220.000 abonnés. Ces chiffres paraissent pourtant gonflés et diffèrent de ceux indiqués ci-dessous...

La répartition de l'actionnariat sera révisée en septembre.
D'autres employés recevront de "vraies actions", selon Riss, mais il ne précise pas lesquels, ni comment la répartition s'appliquera. Le journaliste Laurent Léger a indiqué que les discussions entre la direction et les employés se déroulent de manière " plutôt saine" et qu'elles "progressent pas mal".

Après le dessinateur Luz, c'est à son tour l'urgentiste Patrick Pelloux qui a décidé de quitter l'hebdomadaire samedi. Leurs départs risquent de compliquer un peu plus la reconstruction de l'hebdomadaire. Malgré un avenir financier dégagé grâce aux nouveaux abonnements, dons et aides publiques (100.000 exemplaires vendus, 210.000 abonnés), mais un reflux annoncé, la rédaction a été la proie ces derniers mois de tensions internes. 
En attendant de dégager une ligne éditoriale consensuelle, la direction de Charlie Hebdo avait annoncé en juillet de nombreux changements, dont un toilettage de la maquette et son site Internet, revampé.

mercredi 2 janvier 2013

Islam: Charlie Hebdo harcèle les religions de provocations

Sa BD "halal" sur la vie de Mahomet est-elle indispensable ?

Mahomet, fonds de commerce du canard anar

Charb, autodidacte, mais
éducateur des masses
Charlie Hebdo publie un hors-série intitulé La Vie de Mahomet, une biographie en BD "halal". 
Alors qu'en démocratie éclairée, elle pourrait jouer un rôle fédérateur des différences en sorte que les citoyens vivent en paix, la presse a souvent choisi  solidairement de considérer l'impertinence et l'agression, dans le meilleur des cas comme une liberté de ton et dans le pire, comme l'incarnation démocratique de la liberté d'expression. 
Et la presse satirique, qui jouit de toutes les libertés, comme Hollande de tous les pouvoirs, trouve sa raison d'être dans la dénonciation des petits travers et des grands abus des autres, au regard de son idéologie. Si elle se flatte de dénoncer les totalitarismes, son intolérance la rend en fait suspecte, voire totalitaire.
 
Respectueux, juste 
et délicat...
En maniant les armes de la provocation, elle blesse les sensibilités et crée ainsi un climat de tensions entre démocrates et catégories sociales, philosophiques et religieuses. 
Elle s'arroge le droit de décerner  ou de retirer des brevets de bon républicain à l'aune de sa philosophie. Ses jugements radicaux s'appliquent à tous les domaines, mais avec une prédilection pour les frappes visant les sectes, l'extrême droite, le catholicisme, l'islamisme, le judaïsme, la culture ou la politique, avec le sentiment d'être légitime et infaillible, comme le sont les staliniens

On a compris que
la conviction intime de leur clairvoyance et de leur supériorité les anime au mépris de leurs semblables jugés ignorants et abêtis. 
Ce sectarisme est habillé d'humour qu'il est convenu de décrypter au second degré: soit on est apte et accueilli dans ce cénacle microcosmique et pestilentiel, soit on est réfractaire à l'insulte et la scatologie et on se fait rétrograder au rang des pisse-froid et des archaïques, le degré suprême de l'opprobre étant un fascisme supposé ou avéré, selon les critères de l'extrême gauche libertaire.

Charlie Hebdo s'en est encore pris aux musulmans 
Charlie Hebdo du 19 septembre 2012
Faut-il être mauvais coucheur
pour s'offusquer ?
Au diable,
 les tabous !
Charb en tête et partout en photo, il les provoque par tous les moyens plus ou moins honnêtes et transgressifs à disposition, depuis des séries de caricatures de leur prophète Mahomet, puisque sa représentation est interdite, et des numéros spéciaux qui se veulent d'investigation et d'éducation des masses.

Charlie Hebdo sait se renouveler
tout en tournant délicatement 
autour du même sujet éducatif

 
Ce qui est éthiquement (en voilà un drôle de mot) "minable", comme dirait Ayrault, ce sont les mauvaises excuses et les méchants prétextes avancés: outre l'humour au degré adéquat, si fétide soit-il, la défense et la solidarité avec les groupes opprimés. Charlie Hebdo a été poursuivi par la Grande Mosquée de Paris, l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) et la ligue islamique mondiale pour avoir vaillamment publié des caricatures de Mahomet dues au journal Jyllands-Posten ainsi que la Une dessinée par Cabu représentant " Mahomet débordé par les intégristes " déclarant que « c'est dur d'être aimé par des cons " (Le Monde du 08/02/07): ce genre de feuille ne fait pas dans la dentelle. 
Or, ces vertueux agresseurs intégristes ont tenté de se faire passer pour les défenseurs leurs camarades de la presse scandinave. L'affaire fit un tel buzz que Charlie Hebdo fit plusieurs rechutes qui remplirent à chaque fois les caisses des ces anti-libéraux cohérents, sur le dos de la xénophobie et de l'islam.
 
Le client est tellement bon que c'est donc depuis sans noble raison et à leur propre initiative qu'ils exploitent le filon. Charb creuse toujours plus profond sans chercher ni le mal ni à faire mal et accélère même l'allure de sa croisade contre la religion musulmane, suitant des pages intérieures sur la Une, pour  dégouliner cette semaine en un hors-série complet consacrés aux croyants, s'il est vrai que les musulmans laïcs ont toute sa sympathie. Charlie Hebdo vise donc la religion. 
Certains voient  dans cette démarche mercantile de mécréants une tentative pour sauver, aux dépens des croyants, les ventes d'un produit proche de la putréfaction. D'autres veulent y voir une guerre sainte contre une religion dont les pratiques seraient incompatibles avec la démocratie occidentale

Cette interprétation républicaine pose en fait plusieurs questions, telle que la légitimité de journalistes à décider de ce qui est, ou non, compatible avec notre démocratie, ou que la liberté de conscience. N'avons-nous pas des représentants élus et des juges pour  apprécier les situations difficiles, sans pressions extérieures, ces ingérences anti-démocratiques partout légitimées par la presse dans l'opinion

Il se trouve de surcroît que
la démocratie française cultive l'exception républicaine d'être laïque, dans le sens de la tolérance à l'autre et à toutes les religions - qui respectent la république -  et de maintenir avec elle, et entre elles, un modus vivendi fondé sur le dialogue et l'ouverture d'esprit. 

C'est sur cette notion de dialogue apaisé que Charb et Charlie Hebdo vont à l'encontre des valeurs de notre démocratie française. 
Toute provocation envers une même communauté-cible qui tend à générer des conflits avec le reste de la société, par la répétition de cet acharnement, devient suspecte de haine envers l'autre. Notre Code Pénal sanctionne l'appel à la haine envers les pratiquants d'une religion. Il serait déraisonnable d'attendre que les provocations répétées de Charb et Charlie Hebdo fassent couler le sang de nos concitoyens ici, par des explosions aveugles ou ciblées, ou dans le monde, par des massacres de Chrétiens, pour saisir les instances de déontologie de la presse et les tribunaux. Quand un journal remet constamment en question par ses publications l'entente paisible entre les citoyens d'une démocratie, il est du devoir des responsables élus de s'interroger sur la place de ce journal au sein e la communauté. 

Najat Vallaud-Belkacem réagit

Le "juste équilibre" 
Si Najat Vallaud-Belkacem a jugé "difficile" mercredi de "porter un jugement" sur la publication par Charlie hebdo d'une BD sur la vie de Mahomet, qu'elle n'a "pas vue" [une technique chère à Martine Brochen-Aubry, premier secrétaire du PS, la porte-parole du gouvernement a souhaité néanmoins rappeler la nécessité d'un "juste équilibre" entre "liberté d'expression" et [quoi ??] et "de ne pas jeter d'huile sur le feu".

"Je ne sais pas ce qu'il y a dans cette publication donc c'est difficile de porter un jugement", a déclaré sur France 2 la binationale franco-marocaine qui réponse à tout quand on lui fournit des "éléments de langage". "Moi je crois qu'on est dans un pays où il faut toujours veiller à un juste équilibre entre la liberté d'expression et le respect de l'ordre public, la nécessité de ne pas jeter de l'huile sur le feu", a-t-elle ajouté, avec la conviction molle de la langue de bois à faire des flûtes. "Evidemment, c'est difficile de fixer une telle règle dans l'absolu, sans regarder précisément ce qu'il en est. Je n'ai pas vu ce document, il m'est difficile de juger", a insisté Najat Vallaud-Belkacem. Beaucoup de mots pour ne rien dire... Ca donne une idée du charisme de celle qui est accessoirement ministre des Droits des femmes : encore un coup bas porté à la cause féminine !

"Un récit minutieux basé sur une bibliographie rigoureuse"

C'est scientifique  ?
Charlie Hebdo a publie ce mercredi 2 janvier un hors-série intitulé "La Vie de Mahomet", une bande dessinée biographique "parfaitement halal", concoctée à partir de textes de chroniqueurs musulmans et non pas des théologiens. Il ne s'agit là ni d'une caricature, ni d'une satire, mais d'un récit minutieux [quasiment érudit !] basé sur une bibliographie rigoureuse, assure - objectivement - dans un avant-propos "Zineb", caution sociologique franco-marocaine des religions et co-auteure de l'ouvrage.

"C'est une biographie autorisée par l'islam puisqu'elle a été rédigée par des musulmans. C'est une compilation de ce qui a été écrit sur la vie de Mahomet par des chroniqueurs musulmans et on l'a simplement mise en images", renchérit Charb, qui se défend de verser dans la provocation. "Je ne pense pas que le plus savant des musulmans pourra reprocher quoi que ce soit sur le fond", insiste Charb, dont l'hebdomadaire a provoqué à plusieurs reprises des remous en publiant des caricatures de Mahomet.

"Mahomet était un homme, j'ai dessiné un homme"

"L'idée de ce livre, j'y pense depuis 2006, au moment des caricatures de Mahomet au Danemark. Je crois qu'au départ on avait pris le sujet un peu à l'envers, on a mis en scène un personnage dont on ne connaissait pas la vie, moi le premier", reconnaît-il, après plusieurs numéros diffamatoires. "Avant de pouvoir rigoler d'un personnage, il vaut mieux le connaître. Autant on connaît la vie de Jésus, autant on connaît rien de Mahomet", assure le prosélyte après coup: a-t-il été touché par la grâce ?

Quant aux critiques qui ne manqueront pas d'affirmer que représenter le Prophète est blasphématoire, "c'est juste une tradition, c'est absolument pas inscrit dans le Coran, plaide le dessinateur. A partir du moment où ce n'est pas pour ridiculiser Mahomet, je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas lire ce livre comme on lit au catéchisme des histoires de la vie de Jésus". "Autant le fond est parfaitement halal, autant l'image, c'est mon dessin. J'ai dessiné Mahomet comme je dessine habituellement mes personnages, Mahomet était un homme, j'ai dessiné un homme", fait valoir Charb. Pour autant, dessiner Mahomet à l'image de Charb, n'est-ce pas une caricature plus terrible que les précédentes ?

"Pas fait pour choquer"

En novembre 2011, après la publication d'un numéro spécial baptisé "Charia Hebdo" (nom donné au no 1011 de l'hebdomadaire) contenant des caricatures de Mahomet, les locaux du journal satirique avaient été la cible d'un incendie criminel (!), son site internet piraté et Charb menacé de mort. Ce dernier vit depuis sous protection policière. 
Plus récemment, de nouvelles caricatures publiées par le journal avaient attiré à Charlie Hebdo des critiques virulentes dans de très nombreux pays musulmans, allant jusqu'à faire réagir le gouvernement français.

Même si cette fois la démarche est bien différente, Charb s'attend à ne pas plaire à tout le monde. 
"Si des gens veulent être choqués, ils seront choqués, mais ce n'est pas fait pour choquer. Les musulmans sont aussi prêts à rire d'eux-mêmes, si on se met à les considérer comme des handicapés du rire, on ne fait pas le jeu d'un islam apaisé, on fait le jeux des extrémistes. Il faut arrêter d'avoir peur, plus on a peur de l'islam, plus l'islam fera peur", commente cet ami des religions. Pour lui, "ce serait une bonne idée de le mettre dans les écoles, même des enfants musulmans peuvent le lire dans la mesure où ils acceptent que Mahomet soit représenté". Un grand pas pour l'humanité.

"Il y a de la provocation comme toutes les semaines, pas plus avec l'islam qu'avec d'autres sujets", a fait valoir son directeur de publication, le dessinateur Charb. Dans le genre démocrate, on ne fait pas mieux. 
Mais dans le genre commerçant, il est intouchable: la presse amie fait la promotion de du produit depuis samedi !