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jeudi 12 novembre 2015

La généralisation du tiers payant met les médecins en grève

Accès de fièvre chez les médecins contre les impayés du "tiers-payant pour tous", vendredi

Les professions médicales promettent une "journée santé morte"

Les media partisans remuent le scalpel dans la plaie. "Si vous le pouvez, évitez de tomber malade demain." 
Car les médecins libéraux ont promis un vendredi noir ("black friday", disent les pédants). Pour la première fois depuis un an, le projet de loi Santé de la ministre Marisol Touraine réussit en effet à fédérer ses opposantsils sont unanimes pour rejeter ce projet et appeler à fermer les cabinets: syndicats ou coordination de généralistes, spécialistes et chirurgiens (CSMF, MG France, FMF, SML, Bloc, UFML, CooMéLie) font front commun avant le retour du projet de loi en deuxième lecture à l'Assemblée nationale lundi prochain. 

Et ils sont, en plus,
rejoints par d'autres professionnels de santé comme les dentistes, les infirmiers libéraux, les orthophonistes ou les cliniques privées (FHP).

Les médecins hospitaliers sont réquisitionnés

Les soins seront assurés pendant toute la journée de demain.
Les files d'attente risqueront juste d'être plus longues aux urgences des hôpitaux, où les patients qui peuvent reporter leurs soins laisseront la priorité aux patients en situation difficile.
La mobilisation la plus forte attendue est prévue à Toulouse, outre les villes de Paris, Lyon ou Grenoble.

Elle prendra diverses formes
, grève des gardes, opérations escargot, rassemblements à partir de vendredi, manifestation devant l'Assemblée lundi).

Elle se poursuivra "en fonction de ce top départ d'un mouvement unitaire massif", prévient Jean-Paul Ortiz, président de la CSMF. Si les godillots de la représentation nationale font front  avec le gouvernement Valls, au-delà du vendredi noir, les blouses blanches promettent de ne rien lâcher avec une grève reconductible et illimitée.

L
'Etat-PS ne pourra transférer la charge des impayés de la Sécurité Sociale sur les praticiens de santé, sans tomber sur des noyaux de résistance.

dimanche 28 décembre 2014

Les médecins libéraux durcissent leur mouvement

Les médecins généralistes et spécialistes développeront des abcès de fixation

Des actions coup-de-poing sont envisagées


Si les réquisitions ont permis de contre-carrer la grève des médecins libéraux, elles ont pour effet de provoquer une première manifestation lundi à Rennes.

Malgré une mobilisation très forte depuis mardi – 
en moyenne 80 % des cabinets sont restés fermés –, les patients étaient prévenus et n'ont pas abusé des services d'urgence, en guise de soutien au mouvement. 
L'annonce du développement des grippes et des gastro-entérites ne s'est pas vérifiée pendant les fêtes. Alors que le projet de loi de santé sera examiné en avril au Parlement, la détermination des généralistes n'a pas faibli et le mouvement  prévu pour durer jusqu'au 31 décembre, se poursuit. 
Opposée à la généralisation du tiers-payant prévue -sans concertation- dans le texte de la ministre de la Santé, Marisol Touraine, qui refuse d'assurer les gardes pendant les fêtes, la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) " assure que les services du ministère et des agences régionales de santé (ARS, qui proposent aux préfets des médecins de garde à réquisitionner) passent de mauvaises fêtes", raille Jean-Paul Ortiz, son président.

Les blouses blanches en grève avaient promis de montrer ce que serait "une France sans médecins libéraux".
"Tant mieux s'il n'y a pas eu de crise, on ne fait pas grève pour que les gens meurent ! Les médecins ont une éthique et, comme nous l'avions annoncé, aucun gréviste ne s'est soustrait à la réquisition." 
A la tête de la Fédération des médecins de France (FMF troisième force syndicale de médecins derrière MG France et la CSMF), Jean-Claude Hamon souligne également l'esprit de responsabilité de ses adhérents, généralistes et spécialistes : "On a parlé de la grève partout, y compris avec les patients. Nous avons introduit la notion de queue dans les cabinets, avec une raréfaction de l'offre. Or, c'est ce qui passera si la loi est adoptée : la désertification de la médecine libérale."
C'est à l'évidence l'objectif du pouvoir socialiste qui - en quelques 24 heures seulement - a donné satisfaction aux urgentistes du service public, alors que Touraine a reporté la concertation avec les médecins libéraux à 2015. 

VOIR et ENTENDRE ce reportage en Vendée:

Touraine réplique par le mépris 

Les médecins libéraux ont respecté leurs patients et le public ne s'est pas rué sur le 15. D'abord, ils se sont organisés pour n'exposer ni leurs patients, ni le ministère de la Santé et les agences régionales de santé. "La grève était annoncée et nous leur avions facilité le travail en fournissant la liste des médecins de garde au conseil de l'ordre", souligne Jean-Claude Hamon (FMF). 

Signe de l'inquiétude du ministère, les syndicats révèlent avoir été contactés en début de semaine pour évaluer la mobilisation à venir. Résultat, malgré un taux de fermeture record, jusqu'à 94 % aux Antilles, selon la CSMF, "les autorités ont réquisitionné à tour de bras", résume Jean-Paul Ortiz. "Des généralistes de garde, des structures comme SOS Médecins, des spécialistes dans les cliniques, des équipes de centres de radiologie… Même les régulateurs libéraux [qui orientent les patients au 15] ont été réquisitionnés. Du jamais-vu !" Sauf en régime totalitaire. 

Le professeur Debré dénonçait donc à juste titre la volonté d'étatisation du secteur libéral de médecine par le gouvernement

Autre élément, l'absence actuelle d'épidémies, en dehors de la gastro-entérite. Mais si les patients n'ont pas envahi les urgences, ils ont afflué dans les cabinets de garde. "A Clamart, le temps d'attente était deux fois plus long que d'habitude, deux heures en moyenne", confie Jean-Claude Hamon. Enfin, certains malades légers ont sans doute renoncé à consulter ou ont pris les devants.

Après les bonnets rouges, les bonnets blancs?

Après six jours de mobilisation, les grévistes déplorent qu'aucun dialogue n'ait été ouvert par le ministère de la Santé, alors que les urgentistes ont obtenu en une journée une renégociation favorable. "La démographie libérale s'effondre : il y a trente ans, 60 % des médecins s'installaient en libéral; ils ne sont plus que 30%. Si Marisol Touraine s'accroche à cette généralisation du tiers-payant, la vraie crise sanitaire va avoir lieu", avertit le président de la FMF. Pour "soigner la surdité gouvernementale" sur ce point et sur la revalorisation de la consultation à 25 €, la pression sera maintenue jusqu'en avril.
Marisol refuse de rencontrer les médecins libéraux: ce ne sera même pas le 5 janvier, mais le 12, pas avant.

Le 5 janvier, les cliniques rejoindront le mouvement. 
Le 6, le syndicat de généralistes MG-France a décidé une "journée sans cabinet"

D'autres idées sont en incubation. Comme
l'arrêt de la télé-transmission des feuilles de soin à la Sécurité sociale. Il suffirait de ne pas utiliser la Carte vitale pour 30 % des dossiers pour "noyer la Sécu sous la paperasse"
Ou encore une grève des gardes qui exigerait que tous les médecins soient réquisitionnés, y compris ceux de santé publique et de sécurité sociale. 
"Des actions coup de poing plus spectaculaires" ne sont pas exclues, prévient Jean-Paul Ortiz. "Nous ne lâcherons pas. Cela s'appelle une guérilla." 

Lundi, la manifestation prévue à Rennes (Finistère) pourrait être le coup d'envoi d'un mouvement des "bonnets blancs"?

mercredi 24 décembre 2014

Généralistes : plus de 70% de cabinets médicaux en grève selon MG France

Tout pour les urgentistes et rien pour les généralistes


Entre 40 et 80% de généralistes en colère, selon MG France

Tandis qu'en à peine plus de 24 heures d'un psychodrame réglé par l'AMUF, les urgentistes ont arrêté leur mouvement de grève et que le Dr P. Pelloux vante un accord historique qu'il attribue à sa ministre, Marisol Touraine, alors qu'il s'agit de la mise en scène d'un alignement sur les exigences européennes, les généralistes ont pris la relève, ainsi que les spécialistes.


Le mouvement de grève des médecins généralistes est largement suivi.
Entre 70% et 80% des cabinets étaient fermés mardi, selon la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) mercredi relayée par Le Monde. Dans une majorité de régions, le taux de cabinets fermés atteint 80 %, voire 90 %, en Alsace, Bretagne, Centre..., a ensuite précisé son président, Jean-Paul Ortiz, lors d'un point de presse. 


La continuité du service est assurée

"Face à l'ampleur du mouvement, les préfets ont dû s'atteler à de vastes procédures de réquisition sur l'ensemble du territoire", ajoute le syndicat dans un communiqué. Mardi, au premier jour de la grève, MG France (premier syndicat chez les généralistes) donnait une fourchette de 40% à 80%  de grévistes
Les généralistes n'étant pas obligés de se déclarer grévistes, il est difficile de savoir combien le sont réellement à une période où beaucoup de médecins sont tout simplement en congés.  

Le gouvernement, lui, a affirmé qu'aucune difficulté d'accès aux soins n'a été constatée. La ministre des affaires sociales, Marisol Touraine, s'est aussitôt félicitée d'une situation " parfaitement calme et maîtrisée" et a affirmé que ce mouvement de grève n'a provoqué "aucun afflux" de patients dans les services d'urgence des hôpitaux. 

Contre le projet de loi Santé

La grève doit se poursuivre jusqu'au 31 décembre pour les généralistes, mais aussi les spécialistes. Les médecins protestent massivement contre le projet de loi Santé qui arrivera au Parlement début 2015.

Les médecins libéraux contestent plusieurs dispositions du projet de loi santé, fixées sans concertation et qualifiées de "mesures inacceptables" et "délétères" par la CSMF, dont la généralisation du tiers-payant (une dispense de frais pour les patients), l'autorisation de vaccination donnée aux pharmaciens, ou encore l'excès de pouvoir conféré aux administrations régionales de santé

Ils réclament également une revalorisation de la consultation de 23 à 25 euros. 

La ministre n'entend pas engager le dialogue avant la rentrée de janvier. 





mardi 13 avril 2010

Le relèvement du prix de la consultation nous ferait mal au ventre

La crise d'anxiété de médecins serait-elle plus préoccupante que la crise économique ?

Au moins 88 euros de l'heure ?

Octobre 2006, relèvement des tarifs des visites à domicile des médecins
Le tarif de la visite (à ne pas confondre avec la consultation) des généralistes en métropole grimpe à 21 euros depuis le 15 octobre 2006. La visite des médecins spécialistes monte à 23 euros. Les partenaires étendent aux visites la majoration de 3 euros pour la prise en charge des jeunes enfants par les médecins omnipraticiens.
En contrepartie, l’assurance maladie et les syndicats représentatifs des médecins libéraux « s’engagent à réduire le nombre de visites non médicalement justifiées au regard des référentiels existants ». Ils veulent parvenir à un taux de visite de 10% en 2008, soit quatre points de moins qu’actuellement. L’engagement de maîtrise médicalisée devait être décliné régionalement.
C’est par un arrêté publié au JO du 7 novembre que le ministre a approuvé la revalorisation de la visite prévue par l’avenant n°14 à la convention médicale signé le 9 septembre 2006 par le directeur de l’Uncam et les présidents de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), du Syndicat des médecins libéraux (SML) et d’Alliance.
L’avenant n°15 sur la stomatologie, signé par les mêmes, complète la liste des spécialités en accès direct. Le champ des soins accessibles directement sans consultation préalable du médecin traitant est limité aux soins bucco-dentaires thérapeutiques et radiographiques réalisés par le médecin spécialiste en stomatologie. Le tarif des stomatologistes est aligné sur celui des dentistes pour les actes communs à ces deux disciplines et les médecins sont autorisés à participer au bilan bucco-dentaire des 6-18 ans.
Source : Arrêté daté du 27 octobre 2006 paru au JO du 7 novembre.

Encore un euro de plus

Et après les visites, les consultations
D'autorité, les syndicats de médecins libéraux ont appellé à demander 6,56 anciens francs de plus aux Français à chaque consultation à partir du lundi 12 mars, soit 23 euros au lieu de 22. Malgré la crise et le déficit de la sécurité sociale, les médecins défavorisés entendent ainsi protester contre ce qu'ils qualifient d'attentisme du gouvernement sur la question.

La Caisse Nationale d'Assurance Maladie (Cnam) s'oppose
Elle a rappelé aux assurés que le tarif de la consultation de médecine générale restait fixé à 22 euros, la Cour de Cassation ayant validé jeudi dernier sa position sur la tarification.
L'affaire a été renvoyée devant la cour d'appel de Lyon.

Le contrat n'est pas respecté

Des syndicats ne craindraient pas de défavoriser des précaires
Ainsi, la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) reste décidée à mener son combat tarifaire.
En dépit de la crise économique internationale, des médecins souhaitent épaissir leur matelas. La CSMF demande le strict respect d'un accord passé en mars 2007 entre l'assurance-maladie, le ministère de la Santé et les généralistes qui prévoyait une hausse du tarif à 23 euros en 2008.
"Trop, c'est trop ! Les médecins libéraux ne peuvent pas accepter de voir reporter, encore et toujours, la concrétisation des engagements conventionnels signés depuis plus de trois ans", déclare la CSMF dans sa propagande.

Revalorisation: les « généralistes », bientôt « spécialistes », en dormant ?
Les abus de langage permettent les augmentations. La dérive n'est pas nouvelle; elle ne fait que se généraliser. Voyez comment, dans l'Education nationale, la FSU a obtenu des augmentations de salaires pour tous les conseillers d'éducation en faisant des conseillers 'principaux' d'éducation (CPE), sans plus de qualification. De la même façon artificielle, les conseillers d'orientation sont devenus des 'psychologues' (COP), sans diplôme spécifique justifiant le dopage des feuilles de paie.

Puisque la CSMF fédère les médecins généralistes (UNOF) et spécialistes (UMESPE) sur tout le territoire, les généralistes pourraient devenir des spécialistes', comme par magie: magie noire pour la CNAM... Les mages noirs et les sorciers ont de tous temps passé pour être néfastes à la société.

Les médecins n'ont pas respecté les conditions assorties
Ne revenons pas sur les cas extrêmes et marginaux, si graves mais symptomatiques soient-ils de la dégradation de la déontologie professionnelle (lien PaSiDupes
)
Le ministère de la Santé a quelque raison de s'opposer.
Il cite notamment une réduction des prescriptions et des arrêts de travail et invoque la situation économique difficile du pays.
Au-delà d'une augmentation de 1 euro « très symbolique » (?) selon des syndicats, cette mesure viserait à apaiser une profession en plein malaise, affirment-t-ils.

Mais des médecins généralistes ont fermé les portes de leur cabinet jeudi 8 avril, afin de dénoncer un manque de moyens.
Pour tenter d'apaiser les esprits, la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a indiqué que de nouvelles négociations s'ouvriraient en octobre sur une nouvelle convention.
En outre, la concertation sur la médecine de proximité annoncée par Nicolas Sarkozy devrait déboucher sur des mesures au second semestre 2010, a-t-elle ajouté.

Des médecins veulent gagner plus pour travailler moins

Le contrat, qu'ils ont passé avec le gouvernement pour réduire les abus, explique en partie la difficulté à obtenir une visite d'un médecin de ville comme de campagne, malgré la multiplication des 4x4 qui grèvent leurs budgets.

Nous avons tous fait la déplorable expérience de médecins injoignables
Il est trop facile de répliquer que les jeunes ne veulent plus se dévouer. Ils n'ont plus la vocation que dans l'humanitaire. Nous prendrons bientôt conscience que nos médecins, comme déjà dans certains de nos hôpitaux, seront tous originaires de l'Est ou « délocalisés » d'Afrique, et titulaires de diplômes locaux. «Le système social que le monde entier nous envie » devrait être affecté par ce chassé-croisé, comme le reste de l'Europe de l'Ouest.

D'indécentes exigences
Selon ce que nous constatons sur la durée de l'évolution de la situation en campagne et en ville, la dégradation est identique. Contrairement à ce qu'en dit la presse, les effectifs sont restés les mêmes dans ces deux lieux, où des maisons médicales sont apparues, tandis que les médecins deviennent injoignables. La pratique du rendez-vous s'est généralisée et imposée à la population. Il convient désormais de planifier ses maux et fièvres, car la réservation de ses 10-15 mn doit être effectuée le matin, voire la veille, au minimum, pour simplifier. Une différence, le temps de consultation est plus court en ville. Limitée à 10mn, la consultation se fait de plus en plus verbale.

Les médecins fidèles à l'hexagone sont-ils d'horribles individualistes ?

Si cette hypothèse venait à se confirmer, leur statut libéral ne se justifierait plus.

jeudi 25 octobre 2007

Accès des malades aux soins sacrifié à la liberté des médecins

Répartition géographique des médecins sur le territoire
Le droit aux soins de la population sera-t-il sacrifié au profit des libertés des médecins?
Les régimes spéciaux de retraite dans les transports publics n'ont d'égal que les privilèges des professions libérales.
L’Institut de recherche et documentation en économie de la santé (IRDES) a publié au mois de mai un bilan des différentes mesures adoptées en France afin d’améliorer la répartition géographique des médecins sur le territoire. Si la densité médicale se trouve aujourd’hui à son plus haut niveau historique, la répartition géographique et disciplinaire reste inégale sur l’ensemble du territoire.
Face à ce constat, les déséquilibres ont été souvent compensés par la modulation régionale du nombre d’étudiants en 2ème année de médecine. Ce sont les régions ayant les plus faibles densités médicales où cette modulation a été relevée le plus fortement, comme dans les régions Centre et Picardie à l’inverse de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Plus récemment, de nouvelles mesures ont été prises pour inciter à l’exercice dans les zones rurales et urbaines en difficulté. Au niveau national, ces mesures s’appuient par exemple sur des aides financières à l’installation et au maintien en exercice. Au niveau régional, ces mesures portent sur la formation et sur le soutien à certaines initiatives concernant les formes d’organisation de soins innovantes (médecine de groupe, délégation des tâches, télémédecine).
Or, les médecins s’opposent à tout aménagement en faveur de la santé publique et toute proposition devient une "mesure coercitive".

L'Ordre des médecins et la CSMF, premier syndicat de praticiens libéraux, ont exprimé, jeudi 13 septembre 2007 leur opposition à toute "mesure coercitive" pour remédier à la mauvaise répartition des médecins sur le territoire.
Mais la Cour des comptes se prononce, dans son rapport annuel sur la Sécurité sociale, en faveur d'"incitations négatives", par exemple des pénalités financières, en direction des praticiens qui s'installent dans des zones déjà surdotées en médecins comme les grandes villes ou le sud de la France.
Le président du Conseil national de l'Ordre des médecins, Michel Legmann, a plutôt plaidé en faveur de "vraies mesures incitatives"."Il faut aider (les jeunes médecins) à l'installation, il faudra trouver des mesures fiscales, il faudra faire des franchises, il y a toute une panoplie de mesures à prendre plutôt que de contraindre les gens", a-t-il jugé. Voir les ‘bonifications’ déjà accordées aux cheminots… La collectivité paie !
La Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) a de son côté "rappelé son attachement aux mesures d'incitations" et d'ores et déjà prévenu qu'il "s'opposerait à tout système de sanction".La CSMF "invite le gouvernement à ranger aux oubliettes ce énième rapport qui fustige inutilement les médecins et n'apporte aucune réponse sensée ou pragmatique à la situation de l'assurance maladie". Qu’en pensent les patients ? Ceux des quartiers défavorisés, bien qu’on sache que la violence justifierait des ‘mesures d’incitation’, s’il ne valait pas mieux privilégier une sensibilisation au comportement citoyen, et des casseurs, et des médecins. Les pompiers ne s’exposent-ils pas encore à des risques intolérables, tandis que les professions libérales se replient dans les zones favorables ?


Voyons cette analyse concernant la région PACA (janvier 2000)
Répartition géographique des médecins
Les médecins opposés à toute "mesure coercitive"
L'Ordre des médecins et le premier syndicat de praticiens libéraux, la CSMF, ont exprimé, jeudi, 13 septembre leur opposition à toute "mesure coercitive" pour remédier à la mauvaise répartition des médecins sur le territoire.

La connaissance de la répartition des médecins suivant le sexe est utile pour comprendre l'évolution de la démographie médicale. Des études ont montré [Niel et al. 2001] qu'il existe une différence des temps de travail entre les hommes et les femmes. Celles-ci travaillent 6 heures hebdomadaires de moins en moyenne. La féminisation contribue donc à faire baisser le temps de travail moyen estimé à 51 heures par semaine en 2000, quelque soit le type d'activité (libéral ou salarié, temps complet ou partiel).

La féminisation du corps médicale est en augmentation partout en France, (+20% de femmes médecins en France depuis1993). Dans la région PACA, elle est du même ordre, soit +18% depuis 1993.
On compte 6 241 femmes médecins en PACA (tableau 2), soit 33,7% des médecins installés, ce qui est proche de la proportion de femmes parmi les médecins en France (69 675 soit 35,9%).
On retrouve cette proportion en Languedoc-Roussillon (33,9%), elle est un peu supérieure en Ile de France et en Rhône-Alpes, avec respectivement 42,6% de femmes pour 46 558 médecins installés et 37,7% pour 18 197 médecins. La plus faible proportion de femmes se trouve en Corse, avec 28,9% de femmes pour 872 médecins installés.


Régions

Hommes

Femmes

Nombre

%

Nombre

Alpes de Haute Provence

323

30

139

Hautes Alpes

352

31

161

Alpes Maritimes

2961

33

1438

Bouches du Rhône

5394

37

3104

Var

2112

29

853

Vaucluse

1161

32

547

PACA

12303

33,7

6241

FRANCE

124325

35,9

69675

Tableau 2
Répartition entre hommes et femmes par départements.

En PACA, cette féminisation naturelle de la profession médicale est globalement similaire au reste de la France. Elle doit être prise en compte pour évaluer l'offre de soin. Celle-ci dépend aussi du vieillissement des médecins, puisque le temps moyen de travail [Niel et al. 2001] est inférieur de 1h41 chez les médecins de 55 ans ou plus, par rapport aux médecins de 46-54 ans (inférieur de 30 minutes par rapport aux médecins d'âges inférieurs à 45 ans).

En France, la population médicale vieillit. En effet, en 1993 l'âge moyen des médecins en France était de 43,3 ans et il est actuellement de 46,1 ans (figure 6). Ce vieillissement est commun à toutes les régions. En particulier, la population médicale de la région Alsace a vieilli plus vite en prenant 3,4 ans depuis 1993. La région Franche-Comté est celle qui a vieilli le moins vite (+2,2 ans depuis 1993). L'évolution de l'âge moyen des médecins de la région PACA se trouve dans la moyenne française (+2,7 ans depuis 1993), comme l'Ile de France. Cette augmentation de l'âge moyen laisse supposer que le renouvellement des médecins n'est pas totalement assuré par les promotions plus jeunes.
Actuellement cet âge moyen dans la région est de 46,2 ans, plaçant la région PACA en 4ème position derrière l'Ile de France (47,3 ans), la Corse (46,5 ans), et Midi Pyrénées (46,3 ans).
La région la plus jeune en moyenne est le Nord Pas de Calais (44,8 ans), mais son âge moyen a augmenté de 3 ans depuis 1993.

Figure 6
Evolution de l'âge moyen des médecins depuis 1993.
Ile de France
PACA
France

Comme partout en France, les spécialistes sont plus vieux que les généralistes, avec 46,9 ans en moyenne pour les spécialistes et 45,4 ans pour les généralistes (respectivement 46,9 ans et 45,2 en France).
En France, si l'on compare les évolutions des classes d'âges (figure 7), le vieillissement de la population médicale est encore plus évident.
En effet, l'effectif de la classe de 50 à 59 ans a plus que doublé en 10 ans, passant de 23 717 médecins en 1990 (soit 13,7% des médecins français) à 50 749 (soit 26,2%) en 2000, soit une augmentation de 114%.
Par contre depuis 1990, l'effectif de la classe de 30 à 39 ans a diminué de moitié (-43% de 1990), passant de 77 010 (soit 45% des médecins) à 44 248 en 2000 (soit 22,8%).
La classe de 40 à 49 ans a aussi augmenté, de près de 50%, laissant présager une aggravation du vieillissement de la population médicale dans les années futures.

Figure 7
Evolution des classes d'âges des médecins en France, depuis 1984.

Dans la région PACA, 4 981 médecins (soit 26,9% des médecins de la région ) ont entre 50 et 59 ans. Cette proportion est proche de celle de la France (26,2%). Les médecins de moins de 40 ans représentent 22% des médecins de la région (4 085 médecins), ce qui est inférieur à la proportion française qui représente 23,4% des médecins (soit 45 533 médecins de moins de 40 ans).
La répartition en PACA des médecins selon leur âge (tableau en annexe 7.5) est donc similaire aux valeurs nationales pour les classes les plus âgées, mais plus grande pour les classes 50-59 ans et 40-49 ans (figure 8). Par contre, elle est inférieure pour les classes les plus jeunes, laissant encore présager un vieillissement de la population médicale plus important dans la région PACA qu'au niveau national dans les années à venir.

Figure 8
Comparaison des répartitions en France et en PACA des médecins par classes d'âges
au 1er janvier 2000 (pourcentages et valeurs).

Le département des Bouches du Rhône possède le plus grand nombre de médecins de 50 ans ou plus avec 2 897 médecins soit 34,1% des médecins inscrits dans ce département. Cette proportion est au-dessus de la valeur nationale (33,1%). Les Alpes Maritimes sont dans le même cas avec 1 503 médecins de plus de 50 ans (34,2% des médecins inscrits dans le 06).
Dans la plupart des départements, la proportion des médecins de moins de 40 ans est inférieure à celle de la France (23,4%), sauf pour les Bouches du Rhône qui est dans la moyenne avec 2 035 médecins de moins de 40 ans (23,9% des médecins inscrits dans le 13).

Les répartitions observées au niveau départemental sont un reflet du niveau régional, sans grandes différences de proportions entre les départements. Par contre, dans les Alpes de Haute Provence et le Var, qui ont une densité médicale faible (respectivement 328 et 327 pour 100 000 habitants), la proportion de médecins de plus de 50 ans (respectivement 31% soit 143 médecins, et 34,2% soit 1 503 médecins) a un retentissement peut être plus important sur l'offre de soins que dans les départements mieux dotés.

Dans la région, il y a quelques différences de répartitions des classes d'âges entre spécialistes et généralistes. Comme nous l'avons déjà écrit, les premiers sont en moyenne un peu plus vieux (36,8% des spécialistes ont 50 ans ou plus soit 3 677 spécialistes, contre 30% des généralistes soit 2 528 généralistes)
Au niveau départemental, c'est dans les Alpes de Haute Provence que la proportion des spécialistes de 50 ans ou plus est la plus importante (82 spécialistes de 50 ans ou plus soit 43% des spécialistes du 04) (figures 9a et 9b) et c'est dans les Alpes Maritimes que la proportion de généralistes de 50 ans ou plus est la plus importante (591 généralistes soit 32% des généralistes du 06).

Figure 9a
Répartition en classes d'âges de généralistes, par département.


Figure 9b
Répartition en classes d'âges de spécialistes, par département.

Dans certaines disciplines, on observe des différences de classes d'âges plus marquées.
En effet plus de 42% des psychiatres de PACA (soit 551) ont 50 ans ou plus alors qu'en biologie ils ne représentent que 28,2% (soit 79) (figure 10). De plus, la proportion de psychiatres de moins de 40 ans est faible dans la région, avec 15,8% (206 psychiatres de moins de 40 ans).
Le renouvellement des psychiatres ne semble pas assuré dans les années à venir puisque le nombre de psychiatres de moins de 40 ans (206) est notablement inférieur à celui des psychiatres de 50 ans ou plus (551). C'est aussi le cas pour les spécialités médicales (2 004 spécialistes de 50 ans ou plus, contre 1 059 de moins de 40 ans), chirurgicales (877 contre 445 de moins de 40 ans), de santé publique et médecine du travail (166 contre 73 de moins de 40 ans).
Les généralistes sont dans le même cas, avec 2 528 généralistes de 50 ans ou plus contre 2 158 de moins de 40 ans.
Par contre la biologie compte 79 médecins de 50 ans ou plus, pour 144 de moins de 40 ans, laissant supposer un renouvellement satisfaisant, voire une croissance de l'effectif.

Figure 10
Répartition en classes d'âges en fonction de la discipline, en région PACA

Au niveau régional, ce sont les psychiatres qui seront les plus touchés par le vieillissement de leur effectif, et plus spécialement dans Alpes de Haute Provence, car ils sont déjà peu nombreux dans ce département, près la moitié de leur effectif ayant 50 ans ou plus (14 psychiatres).

Source: Faculté de médecine de Marseille La Timone