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mardi 16 juin 2015

Sondage: les Français ont découvert la face cachée de Valls à Berlin

Pour sept Français sur dix, l'affaire du Falcon gouvernemental de Valls à Berlin est grave

Valls n'est pas sorti de l'affaire du jet de la République détourné pour la finale de Ligue des champions... en famille à Berlin

 "petit chat apeuré et haineux",
selon LR
68% estiment que le Premier ministre a détérioré son image, selon un sondage centré sur l'escapade du premier ministre à Berlin - dans un Falcon de la République - pour assister à la finale de la Ligue des champions avec deux de ses enfants, en prétextant une "rencontre de travail" qui était inscrite à son agenda le mercredi suivant à Paris.

Selon cette enquête Odoxa réalisée pour Le Parisien-Aujourd'hui en France, i-télé et CQFD, près d'une semaine après les faits, 33% des personnes interrogées considèrent l'affaire "grave" et 34% "assez grave". 11% ne la considèrent "pas grave du tout" et 21% "pas très grave" (1% ne se prononce pas).

L'image du Premier ministre irrémédiablement détériorée

A gauche, elle est jugée grave par près d'un sympathisant sur deux (48%), mais par seulement 30% des sympathisants du seul... Parti socialiste. Les sympathisants de droite considèrent en revanche massivement, à 80%, que ce voyage de Manuel Valls est une chose grave. La presse et les sondeurs semblent découvrir maintenant de quel côté se situe la moralité.

"Rembourser personnellement [sic] la prise en charge [très partielle] du voyage pour ses deux enfants, soit 2.500 euros", ne clôt pas la polémique pour une large majorité de Français (58%, contre 41%). Ce n'est d'ailleurs pas sa "décision", comme on peut le lire, mais la pression de l'opinion qui le pousse à apporter sa modeste contribution. Si c'est massivement le cas pour 71% des sympathisants de droite (contre 27%), ils sont encore 40% à gauche (contre 59%) à considérer que la polémique n'est pas close (dont 28% des sympathisants PS qui lui tiennent rigueur d'avoir planté le Congrès pour la satisfaction de ses menus plaisirs). Aux militants, Valls a clairement préféré son "équipe de coeur" et entretenir auprès du Barça la flamme catalane de ses fils.

Pour plus des deux tiers des personnes interrogées (68%), l'image que  Manuel Valls donne de lui-même s'est plutôt "détériorée, parce qu'il n'aurait jamais dû faire ce voyage", contre 31% d'un avis contraire. Plus d'un sympathisant de gauche sur deux, 52%, et 40% de ceux du PS, considèrent ainsi que l'image du Premier ministre s'est dégradée. C'est, sans surprise, également le cas de 83% des sympathisants de droite (contre 16%).

Sondage réalisé en ligne les 11 et 12 juin, auprès d'un échantillon de 1.011 personnes de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. 

dimanche 20 juillet 2014

Berlin barre Pierre Moscovici au poste de commissaire à l’économie

Logiquement, le ministre allemand des Finances juge le déficit français incompatible avec le poste de commissaire à l’économie

Wolfgang Schäuble a émis des doutes sur la capacité de la France à gérer le portefeuille des affaires économiques et monétaires européen
,
 
au regard de son déficit excessif.

Le ministre allemand des Finances n'est pas favorable à un commissaire français aux affaires économiques et monétaires. Or, c'est l'ancien ministre français des Finances, Pierre Moscovici, qui est actuellement candidat à la succession d'Olli Rehn, le commissaire finlandais en charge de cet important portefeuille. Et, de son côté, l'Élysée se refuse toujours à confirmer ou démentir le nom de Pierre Moscovici, le ministre évincé du gouvernement avec J.-M. Ayrault, à l'occasion de l'arrivée de Manuel Valls. 
Hollande limite ses ambitions à "un grand portefeuille économique au sein de la prochaine Commission" pour la France.

Lors d'une réunion organisée par le Centre de politique européenne (CEP) à Fribourg, Wolfgang Schäuble a notamment pointé du doigt les difficultés de Paris à ramener son déficit sous la barre des 3% du PIB, difficilement compatible, selon lui, avec un portefeuille économique au sein de la prochaine Commission européenne. 

Dérapage budgétaire

Au-delà de l’appartenance politique de ce membre du parti politique d'Angela Merkel, l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU)la gestion économique du gouvernement français  inquiète outre-Rhin.
La France enregistre en effet depuis 2009 un déficit excessif que le gouvernement français peine à corriger dans le temps qui lui est imparti, soit d'ici 2015. A l'automne, la nouvelle Commission européenne devra d'ailleurs examiner le plan budgétaire de la France et si la Commission devait le rejeter, Paris s'exposerait alors à des sanctions. 

Or, c'est au commissaire chargé des affaires monétaires de veiller au respect du pacte de stabilité. Dans un tel contexte, la question de la compétence de la France pour ce poste est posée, pour le ministre. "Des gens plus intelligents que moi devront trancher la question", a déclaré Wolfgang Schäuble. Très diplomatiquement, le ministre allemand a toutefois précisé que, même si souvent il ne partageait pas l’avis de son homologue français, il avait une totale confiance en lui 

En France,
les eurodéputés de droite ont abondé sur le handicap de la gestion économique de l'ancien ministre socialiste et manifesté leur opposition à sa candidature. "Quand il était ministre, Pierre Moscovici s'est constamment assis sur les recommandations de la Commission. Quelle légitimité aura-t-il pour imposer aux autres ce qu'il a refusé de s'imposer à lui-même ?" souligne Philippe Juvin, porte-parole des députés européens UMP-PPE.

Le pacte de stabilité remis en doute ?

Le parti libéral FDP a pour sa part fermement rejeté la candidature de Pierre Moscovici. Selon Alexander Graf Lambsdorff, président de la délégation du FDP au Parlement européen, l’ancien ministre français des Finances porte une part de responsabilité dans le déficit français. Par conséquent, les libéraux allemands ne voteront pas pour lui à la succession du Finlandais, Olli Rehn.

Lüder Gerken, économiste allemand, considère même que la nomination de Pierre Moscovici pourrait "nuire considérablement" au pacte de stabilité et de croissance"Pierre Moscovici, en tant que ministre des Finances, a lui-même contribué à ce que la France ne respecte pas les délais en vue de résorber son déficit. Ceci montre clairement qu'il remet en question les principes du pacte. Cet état de fait laisse craindre qu'il n’impose pas la discipline budgétaire requise auprès des États membres s’il était amené à occuper ce poste."
L'économiste a également rappelé que le responsable des affaires économiques et monétaires est chargé d’imposer ou non des sanctions en cas de déficit excessif. 

Dans un entretien au Spiegel la semaine dernière, Moscovici a défendu la politique qu'il avait menée comme ancien ministre des Finances. "Tout processus de réforme prend du temps", avait-il répété Outre-Rhin. "Au début de ce millénaire, l'Allemagne était considérée comme l'homme malade de l'Europe. L'économie a connu une embellie, seulement après des années de réformes strictes" a-t-il ajouté, inconscient du fossé entre les mentalités de part et d'autre du Rhin et de la concertation syndicale active avec le gouvernement allemand.

Maintenant que le président de la Commission a été élu par le Parlement européen, il reste encore à trouver un accord avec les différents gouvernements des États membres pour distribuer les différents portefeuilles de l'exécutif européen. Chaque État membre doit présenter son candidat. Seul le Luxembourg n'aura pas à nommer quelqu'un, étant donné que le poste de candidat est déjà "occupé" par Jean-Claude Juncker. L'Allemagne a déjà proposé Günther Oettinger, l'actuel commissaire en charge de l’énergie.

Chaque candidat à un poste de commissaire devra se présenter devant les eurodéputés et passer une audition publique afin d'attester ses aptitudes et compétences pour le poste. Selon les prévisions, les auditions auront lieu au début d'octobre prochain. Le vote sur l'ensemble du collègue devrait se tenir lors de la session plénière du même mois. La nouvelle Commission pourrait se mettre au travail dès le 1er novembre 2014 dans les délais prévus.

mardi 8 avril 2014

Déficits publics: cacophonie de Sapin et Montebourg auprès des Allemands à Berlin

Premier couac entre Sapin et Montebourg sur les déficits publics
Les ministres de Valls sont venus à deux et en ordre dispersé 
pour tenter de démontrer le sérieux économique de la France.
 
Ministre allemand hermétique
à la sémantique socialiste française
Lundi, le nouvelle paire de Bercy, le ministre des Finances, Michel Sapin, et le ministre de l'Économie, Arnaud Montebourg, ont rencontré leurs homologues allemands, Wolfgang Schäuble et Sigmar Gabriel dans la capitale, mais sans se croiser de la journée. Ils n'ont même pas pris les mêmes avions de ligne. La faute aux agendas des ministres allemands, accuse Michel Sapin, qui ne semblait cependant pas mécontent de laisser Arnaud Montebourg à l'écart.

À midi, tandis que le premier s'attardait au ministère des Finances, le second déjeunait à l'ambassade de France, à quelques centaines de mètres. "Nous pouvons avoir des personnalités différentes, des manières de s'exprimer différentes et travailler dans une seule direction, au service d'une seule politique", a assuré Michel Sapin. Les deux rivaux avaient même mis en scène leur arrivée conjointe lors du premier Conseil des ministres du gouvernement Valls.
Or, les "conjoints" ont effectué leurs voyages simultanés en solos 
Un voyage le même jour pour la même destination, mais réalisé dans deux avions différents, avec un souci évident d'économie et de sauvegarde de la planète.

Sapin entendait bien faire comprendre que le ministre des Finances était porteur du message principal au gouvernement allemand. Il refusa d'ailleurs de commenter la visite parallèle d'Arnaud Montebourg: "c'est avec Sigmar Gabriel qu'il va discuter". À la veille du discours de politique générale du premier ministre, Manuel Valls, Michel Sapin a présenté à son homologue le pacte de responsabilité en avant-première. Sans rien dévoiler ensuite à la presse, il a plaidé pour un équilibre entre "respect des engagements budgétaires" et "retour de la croissance".

Langue et têtes de bois

Dans l'incapacité d'atteindre les 3% de déficit prévus en 2015,
 la France quémande l'assentiment de Berlin sur une révision du "rythme" de réduction de la dette publique de la France. "Je sais à quel point il faut aller chercher chez l'autre la confiance", a expliqué Michel Sapin dans un parallèle avec la coopération entre la France et l'Allemagne en 1992, quand les deux pays faisaient face à des difficultés économiques.

L'Allemagne accueille avec scepticisme les annonces françaisesLa France "est consciente de ses responsabilités", avait ironiquement déclaré Wolfgang Schäublela semaine dernière . Si un nouveau délai est accordé à Paris, Berlin craint d'envoyer un mauvais signal aux autres économies en crise en Europe. 

Lundi, le ton avait changé. "La France est sur un très bon chemin", a assuré le ministre des Finances allemand, tout en se disant diplomatiquement "convaincu" par les explications françaises. "On ne se donne pas des notes l'un l'autre", a-t-il commenté. Du côté de Michel Sapin, on s'est officiellement félicité, après la rencontre, d'un climat de "compréhension" qui pourrait, s'il se concrétise, faciliter les discussions avec la Commission européenne. "Est-ce que cela se fera sans difficultés? Elles font partie du chemin", a raconté le ministre des Finances, qui rencontrera à la fin de la semaine les représentants de la Commission.
Arnaud Montebourg ne compte pas laisser le monopole du débat à Michel Sapin. 
"La question des comptes publics est accessoire par rapport à la croissance", a-t-il en revanche estimé à i-télé depuis Berlin, quitte à brouiller le message global. En parallèle à la visite du ministre des Finances, qui avait été prévue seule dans un tout premier temps, le ministre de l'Économie a paradé pour marquer son existence: avant de s'entretenir avec Sigmar Gabriel, il a rencontré des chefs d'entreprise, puis des économistes, dont Peter Bofinger, économiste auprès du "conseil des sages" qui épaule le gouvernement allemand.
Montebourg a survolé un champ large de questions: politique industrielle, politique européenne, politique énergétique… Il a notamment plaidé pour une approche "économique et non sociétale" des questions énergétiques. Il a aussi répété sa résolution à une réorientation européenne: "Notre objectif est que l'Europe change et bouge." Montebourg veut être partout, sûr de porter le message de la gauche française.

Les deux ministres de Bercy 
tiennent des propos discordants

Moins d'une semaine après avoir été nommés à la tête de Bercy, Michel Sapin et Arnaud Montebourg tiennent déjà
des propos aux tonalités bien différentes sur les déficits publics.
Ils ne devaient parler que d'une seule voix. "Nous sommes deux jambes pour faire avancer le même corps", disait Arnaud Montebourg au sujet de la direction bicéphale de Bercy, confiée à un ancien ministre du Redressement productif incapable d'empêcher les fermetures d'usines et à Michel Sapin, ancien ministre du Travail 
impuissant à faire reculer le chômage mais devenu ministre des Finances et des comptes publics. 

Un premier signe d'incompatibilité d'humeurs du couple ?  

"Pas du tout, tout va bien entre les deux", nie au Scan l'entourage du ministre de l'Economie et du Redressement productif. "Rien d'autre que l'envie pour d'aucuns de repérer un signe de dysfonctionnement", polémique-t-ils.

Les comptes publics tenus par Sapin ? "Accessoires", selon Arnaud Montebourg 
La dysfonctionnement vient pourtant bel et bien de Bercy. Interrogé depuis l'Allemagne par i-Télé, 
Montebourg a néanmoins estimé que les déficits publics peuvent détruire des emplois: "La question des comptes publics est accessoire par rapport à la croissance. La croissance, c'est elle qui créé les emplois. Les comptes publics, ça ne crée aucun emploi, ça peut même en détruire. C'est le message que j'adresse à mes amis allemands."

Problème. Quelques heures auparavant, Sapin vantait les efforts de la France pour tenir ses engagements sur la question des déficits. Le nouveau ministre des Finances est venu vendre les réformes "difficiles" que doit exposer mardi le premier ministre devant l'Assemblée nationale.

S'imaginant en "Schäuble français", le Sapin de nos forêts a garanti la "poursuite de la remise en ordre des finances publiques", soulignant que la France a déjà fait "des efforts considérables", si improductifs soient-ils, et va les "amplifier", mais pas à n'importe quel prix. 


Deux délais n'y ont pas encore suffi
La France s'est engagée à ramener son déficit public sous la barre de 3% du PIB l'an prochain. Un défi auquel plus personne ne croit, le déficit public français ayant atteint 4,3% en 2013. Mais ce "nouveau" gouvernement continue sur sa lancée des mensonges: en reprenant les mêmes, Hollande  espérait-il qu'ils fassent leur auto-critique ?


dimanche 27 janvier 2013

Traité de l'Elysée: plus d'un malaise dans la délégation française

Marianne est bonne fille


Le socialiste Philippe Kemel a été pris en charge par les services sanitaires de Roissy...

Hollande a la scoumoune et les relations franco-allemandes sont malaisées. Le jour de son investiture, l’avion du poisseux avait été touché par la foudre, l’obligeant à faire demi-tour.

Lundi, 
l’avion de Hollande a dû faire demi-tour sur la piste
Ce sont les intempéries qui ont retardé les avions de François Hollande et de Claude Bartolone, le président de l'Assemblée accompagné d'une délégation d'élus, en début d'après-midi.

Et ce mardi 22 janvier au matin, "quatre autres" ont emporté à Berlin le gouvernement et le reste des parlementaires, soit une partie des 400 députés français pour les cérémonies du cinquantenaire du traité de l’Elysée après le malaise du député-maire PS de Carvin, Philippe Kemel.


Ce sont les députés eux-mêmes qui ont tweeté l’information. Yves Jégo, député UDI de la Seine-et-Marne, notamment.

400 députés français débarquent à Berlin

Les festivités ont coûté au bas mot 100.000 euros au total. 
Le député UMP Yves Nicolin juge la dépense excessive. Dans un courrier envoyé au président de l'Assemblée nationale, le 23 novembre, le parlementaire avait enjoint Claude Bartolone à n'envoyer qu'une délégation restreinte de chaque groupe parlementaire afin de réduire les dépenses au maximum
Une proposition alors balayée par le président de l'Assemblée nationale. 
Avec une facture de 179,54 euros par député, Claude Bartolone avait rappelé que les dépenses entraînées pour ce 50e anniversaire étaient "très nettement inférieures à celles engagées en 2003 pour l'accueil des députés allemands", lors de la célébration, à Versailles, du quarantième anniversaire du traité de l'Élysée. 
Mais aujourd'hui encore, Yves Nicolin n'en démord pas. "C'est quand même cher payé le symbole en cette période de restrictions budgétaires où chaque Français est appelé à faire des efforts", regrette le député UMP.

Deux avions affrétés aller et retour
L'un est affrété par la France, l'autre par l'Allemagne, mais l'aller et retour express prévu dès mardi soir.

Une pollution excessive et superflue


Or, ce déplacement en avion de 400 députés et quelques dizaines de sénateurs a généré l'émission de 380 tonnes équivalent carbone

Un bilan carbone qui sera compensé par un projet d'aide au développement au Mali, a prétendu lundi soir Claude Bartolone dans un communiqué !

Quel est ce projet dont se targue Bartolone ?

La France a demandé à l'Allemagne de lui accorder un soutien militaire pour le déroulement de l’opération militaire au Mali. 
Le représentant du ministère de la Défense de l'Allemagne a répondu vendredi qu'elle a alloué des fonds destinés à la logistique (ravitaillement en vol).

A la CEDEAO, Berlin a déjà mis à disposition deux avions de transport militaire Transall pour le transfert de troupes africaines

Mais 71% des Allemands se sont prononcé contre l'envoi de troupes au Mali.

La fiabilité des répliques de Bartolone est par conséquent plus que douteuse.