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mardi 11 février 2020

Compromis sur les retraites: vote de l'âge légal de départ à 62 ans mais avec un "âge d'équilibre"

Vers une demi-mesure

Les députés cèdent sur le maintien de l'âge légal de départ à la retraite à 62 ans, mais en introduisant la notion "d'âge d'équilibre"

Tout ça pour ça ? Les géniaux députés de la commission spéciale sur les retraites n'ont pas inventé la corde à virer le vent...


"Une demi-vérité" pour les communistes, un "affichage" pour la droite: les députés de la commission spéciale sur les retraites ont adopté lundi soir l'article entérinant le maintien de l'âge légal de départ à la retraite à 62 ans. Le gouvernement a réaffirmé un âge légal de départ "maintenu" à 62 ans, mais a ajouté "une notion importante, celle de l'âge d'équilibre" pour bénéficier d'une retraite à taux plein, selon le secrétaire d'État chargé des Retraites, Laurent Pietraszewski.

Le rapporteur Jacques Maire, qui faisait ses premiers pas en commission, a lui aussi affirmé que le gouvernement n'avait pas choisi de "revenir sur l'âge légal", tout en "assumant" la notion de l'âge d'équilibre. Les oppositions de gauche n'ont pas manqué de dénoncer "l'obsession principale" du gouvernement de "reculer l'âge de départ à la retraite" comme l'a affirmé le socialiste Boris Vallaud, rejoint par le communiste Pierre Dharréville qui a déclaré que c'était "la ligne de force" du texte.

"Vous donnez le choix entre le chômage ou la décote, c'est à dire entre la petite vie ou la petite vie" s'est exclamé Boris Vallaud. "C'est 'La vérité si je mens' cet article" a martelé le communiste Sébastien Jumel. La droite a fustigé elle le manque de "courage" du gouvernement, qui "n'ose pas affronter le problème de la retraite, qui est celui de l'âge", selon Eric Woerth. Marie-Christine Dalloz a également appelé à avoir le "courage" de prendre une "vraie mesure d'âge".

"Liberté" de pouvoir choisir

La "marcheuse" Catherine Fabre a elle défendu "la liberté" de pouvoir choisir, notion que le rapporteur avait également défendue. Sa collègue Cendra Motin a rappelé que le "projet est de garantir l'âge légal à 62 ans et de permettre aux gens de partir avant ou après". Le secrétaire d'État Laurent Pietraszewski a lui mis en avant "l'ambition de permettre aux Français de pouvoir travailler un peu plus".

Les députés ont également adopté l'article 24, qui permet une "transition" de l'emploi vers la retraite, et qui permet le cumul d'une activité et de la retraite. Il restait quelques 14.000 amendements en discussion lundi soir, avant la dernière journée d'examen consacrée au projet de loi ordinaire mardi.  La commission spéciale devrait constater mardi soir, après neuf jours consécutifs de travaux laborieux, qu'elle ne peut achever l'examen du volet principal de la réforme dans le temps imparti, une situation inédite.


samedi 11 janvier 2020

Retrait de l'âge pivot, mais provisoire: attrape-nigaud?

La CGT dénonce une entourloupe et continue à réclamer "le retrait" de la réforme des retraites

La presse gouvernementale vante la CFDT pour sa victoire, 
même à la Pyrrhus






Les modalités de financement de cette réforme des retraites non chiffrée seront fixées en avril, après le conseil des ministres de janvier et le vote du parlement en février ! Les syndicats qui se prêteront à la conférence de financement seront avisés à son issue. Edouard Philippe tente donc de renouer le dialogue avec les syndicats. 

Dans une lettre envoyée aux organisations syndicales samedi 11 janvier, le premier ministre annonce que le gouvernement retire provisoirement l'âge pivot de l'avant-projet de loi sur les retraites. L'Edouard vend ce retrait provisoire comme un geste de "confiance". "Pour démontrer sa confiance envers les partenaires sociaux, et ne pas préjuger de l'issue de leurs travaux concernant les mesures à prendre pour atteindre l'équilibre en 2027, je suis disposé à retirer du projet de loi la mesure de court terme que j'avais proposée, consistant à converger progressivement à partir de 2022 vers un âge d'équilibre de 64 ans en 2027", écrit le locataire de Matignon dans ce courrier.

En attendant le verdict en avril, les grèves continuent... 

Etrange conférence des financeurs où le gouvernement décidera par ordonnance, si cette conférence se solde par un échec... Quoi qu'il arrive, les modalités de financement de cette réforme des retraites seront fixées en avril à l'issue de la conférence de financement proposée par la CFDT et à laquelle pourront participer tous les syndicats, y compris ceux qui réclament le retrait pur et simple du projet ! 

La CFDT se satisfait d'une victoire à la Pyrrhus. 

Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement, assure que "chacun a fait des efforts. Le gouvernement a fait le choix de retirer l'âge pivot à 64 ans pour 2027 et les organisations syndicales réformistes ont accepté de leur côté que nous ne dissocions pas la réflexion sur l'équilibre financier du système universel." Sur BFM-TV, Sibeth Ndiaye parle d'un "accord solide qui nous permet de trouver le chemin pour bâtir une réforme des retraites".

Dans ce marché de dupes, l
e syndicat réformiste "salue le retrait de l’âge pivot du projet de loi, retrait qui marque la volonté de compromis du gouvernement," veut-il croire. Pourtant, quoi qu'il arrive,  le système à points mis en place comportera un "âge d'équilibre" (ex-âge pivot)Ce dispositif "constituera un des leviers de pilotage collectif du système dans la durée". En clair, si vous partez avant, vous subirez un malus, si vous partez après, vous bénéficierez d'un bonus. Où est l'avancée ? 
Ce jeudi soir, l'intersyndicale formée de la CGT, FO, la CFE-CGC, la FSU, Solidaires et des organisations de jeunesse appelle à de nouvelles actions les 14, 15 et 16 janvier pour obtenir le retrait de la réforme Macron des retraites.

mercredi 25 décembre 2019

Retraites: réforme du siècle qui fait pschitt !

Réforme Macron des retraites, rien de plus que le passage de régimes spéciaux à des régimes spécifiques

La dette française vient de franchir la barre des 100% du PIB du pays



Arnaque au pneu crevé




Nicolas Beytout tire le signal d'alarme.
"Il n’y a "aucune chance" que la tendance s’inverse. Quant à la réforme des retraites et l'instauration d'un "âge pivot" - mieux nommé "âge d'équilibre" budgétaire, et d'ajustement des pensions de retraite en fonction de la dette -  "ce qu’on voit se dessiner aura plutôt pour effet d’alourdir l’addition". C’est notamment le cas à la SNCF et à la RATP.


La fixation d'un "âge d'équilibre" de départ à la retraite est clairement une mesure budgétaire

Edouard Philippe présente la mesure comme "un progrès social", alors que l’objectif affiché est clair : "diminuer le temps passé à la retraite" avec un âge de départ à taux plein qui ne cessera de s’allonger.

L’âge "d’équilibre" - le terme a d'ailleurs disparu des éléments de langage dispensés par la macronie - c’est le point de crispation entre gouvernement et syndicats, depuis qu'Edouard Philippe a soulevé un coin du voile sur le projet Macron des retraites dont il a été chargé de la présentation. Le premier ministre indiquait alors :"Nous devons inciter les Français à travailler plus longtemps. Le gouvernement compte donc […] instaurer, au-dessus de l’âge légal [maintenu à 62 ans], un “âge d’équilibre”, avec un système de bonus-malus." Un système "universel" par points sous-tendait qu'il serait équitable, mais il se révèle fallacieux désormais: il y aura des gagnants (déjà Macron a lâché du lest en faveur des militaires et policiers et Blanquer a pris des engagements auprès des enseignants°) et des perdants, tous les autres.
Concrètement, le gouvernement adjoint à la mise en place de son système de retraite universel - avec un régime par points et la suppression des régimes spéciaux - la création d’un âge "pivot" de 64 ans, qui détermine des montants de bonus, pour les uns, et de malus, pour les autres : un malus de -5 % par an (nommé 'décote' pour faire avaler la pilule) s’applique sur la pension pour tout départ anticipé, et une surcote de +5 % (bonus, récompense) pour ceux chaque année travaillée après, pour ceux qui ont les moyens physiques ou financiers de cotiser plus longtemps ou/et plus copieusement
Le gouvernement présente son projet discriminatoire comme "un progrès social" pour toutes les personnes aux "carrières heurtées" qui pourront partir dès 64 ans sans décote, même si elles n’ont pas acquis tous leurs trimestres de cotisation, mais sans surcote.

A l’inverse, quelqu’un qui aurait commencé à cotiser tôt se verrait tout de même appliquer une décote avant 64 ans, comme le dénonce Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, dans La Croix : un nombre minimum d'annuités serait requis ! "L’âge d’équilibre est totalement injuste, car il pénalise les gens qui ont commencé à travailler tôt." D'autant que commencer tôt ne signifie pas évolution harmonieuse de carrière : démarrer jeune dans la vie professionnelle signifie niveau bas de qualification et parcours non balisé, voire chaotique..

samedi 14 décembre 2019

Retraites : l' "âge pivot" à 64 ans vacille

L'"âge d'équilibre" à 64 ans est devenu "négociable" ...

Les policiers et gendarmes ont ouvert une brèche dans la digue

 C'est une sous-fifre du gouvernement qui annonce le mollissement du quadra. La secrétaire d'Etat auprès de Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, Agnès Pannier-Runacher, a lâché samedi que l'âge pivot à 64 ans pour la retraite est "négociable", soulignant que les négociations restaient
ouvertes. 
L'âge pivot à 64 ans, le premier ministre "ne dit pas que c'est absolu, que ce n'est pas négociable, il dit c'est une proposition, c'est négociable et notre porte est ouverte", a déclaré sur BFMTV, la condisciple à l'ENA d'Alexis Kohler, donnant le signal de la débandade au sommet de l'Etat.
"Ce n'est pas une question de recul, c'est une question d'objectif, a raconté la secrétaire d'Etat. Le nouvel "objectif" (!), c'est "qu'au départ les jeunes ne partent pas avec un système déséquilibré parce qu'on leur mentira. Il y a différentes façons de le faire, et nous il nous semble que la meilleure façon c'est cet âge pivot", a-t-elle assuré.

 "Le Premier ministre a indiqué que si on veut faire une réforme systémique jusqu'au bout, il faut qu'elle soit équilibrée, c'est-à-dire qu'on ne démarre pas en faussant les paramètres, en permettant à ceux qui sont les plus âgés de partir tranquillement, quand les plus jeunes n'ont aucune garantie que leur retraite sera financée, parce qu'en fait on triche dès le début", a-t-elle ajouté. 

Pannier-Runacher, chargée d'assumer le déshonneur

Résultat de recherche d'images pour "Pannier-Runacher""Notre main est tendue", a-t-elle déclaré. On ne parle plus de discussions: on en est à des négociations. Des négociations vont avoir lieu "en début de semaine", a-t-elle indiqué, après avoir évoqué les discussions qui se sont déroulées vendredi: "Lorsqu'on négocie avec la SNCF et que la CGT ne vient pas à la table des négociations bilatérales, c'est un constat (...), il faut être deux pour négocier". Un appel du pied à la CFDT qui se veut syndicat de dialogue.

"Nous travaillons aussi pour faire partir les Français à Noël, pour que les trains fonctionnent", et que les fêtes de Noël soient "les plus sereines possibles", a ajouté la secrétaire d'Etat. Dans le même temps, les chaînes de radio et de télévisions aux mains d'hommes d'affaires matraquent les Français de reportages décrivant la galère des Franciliens face aux grèves des transports contre le projet de réforme inéquitable et flou des retraites.

Le gouvernement tente depuis jeudi de faire revenir la CFDT à la table des négociations. Il avait rompu le dialogue lorsque, parmi ses annonces, Edouard Philippe a évoqué un "âge d'équilibre", forme déguisée de l'"âge pivot" maquillé par les apprentis de l'Elysée en sémantique, mais la confédération ne veut pas en entendre parler, même sous la forme d'une instauration progressive qui permettrait d'atteindre l'âge de départ à la retraite à 64 ans en 2027, assorti d'un système de bonus/malus qui pénalise les carrières chaotiques (les femmes et les accidentés de la vie).