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dimanche 20 février 2011

G20 - La présidence française met les 20 d'accord

Des critères communs d'évaluation des déséquilibres économiques



Ch. Lagarde et le gouverneur de la Banque de France (2003), Christian Noyer



La France a pu annoncer un premier succès
à l'issue de la réunion des ministres des Finances du groupe qu'elle préside et qui rassemble 85% de l'activité économique de la planète.

Notre ministre de l'Economie, Christine Lagarde, n'a pas caché que l'accord a été difficile à trouver, mais les pays du G20 réunis à Paris se sont entendus samedi sur des critères d'évaluation de leurs déséquilibres économiques en évitant toute référence directe aux points de friction avec la Chine.
"Les négociations ont été franches, parfois tendues, toujours très respectueuses et elles ont fait l'objet d'un compromis final dont on ne peut pas dire qu'il est attribuable à tel ou tel", a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse.
"Ça n'a pas été simple, il y avait évidemment des intérêts divergents. Mais nous avons réussi à faire converger les positions vers un texte qui nous paraît à la fois équilibré et exigeant dans sa mise en oeuvre."

Ces critères sont
la dette et les déficits publics,
le taux d'épargne
et l'endettement privé,
ainsi que "les déséquilibres extérieurs à partir de la balance commerciale, des flux nets de revenus d'investissement et des transferts,
en tenant pleinement compte du taux de change et des politiques budgétaire, monétaire ou autre".

La Chine fait de la résistance

Les discussions, entamées vendredi soir, se sont poursuivies toute la nuit avec les "sherpas" des délégations et à la reprise des ministres, samedi matin, l'issue des négociations restait incertaine, en raison de l'opposition de la Chine à toute référence aux réserves de change et aux transactions courantes pour mesurer les déséquilibres.
Réaffirmant la volonté des pays membres de coordonner leurs politiques pour parvenir à une croissance économique "forte, durable et équilibrée" dans son communiqué, le G20 explique viser, d'ici sa prochaine réunion ministérielle en avril à Washington, un accord sur des "lignes directrices indicatives" pour l'évaluation des indicateurs de déséquilibres.

Le souci chinois
Premier exportateur mondial et deuxième puissance économique de la planète, la Chine s'emploie à réduire son énorme excédent commercial (plus de 130 milliards d'euros en 2010) mais elle dispose parallèlement des premières réserves de change mondiales, estimées à plus de 2.000 milliards d'euros.

Respect des membres et souplesse
La phase d'évaluation des indicateurs retenus devra prendre en compte les "circonstances nationales et régionales, y compris celles des grands producteurs de matières premières".
Parmi ces derniers figurent entre autres, dans le G20, l'Arabie saoudite, le Brésil, l'Argentine et l'Australie.

Christine Lagarde a précisé que les indicateurs n'étaient pas des "cibles" et qu'ils n'étaient pas contraignants.
De son coté, la ministre espagnole Elena Salgado a parlé d'un "excellent début qui (...) annonce une excellente fin".

Lors du sommet des dirigeants du G20 à Séoul en novembre, plusieurs pays, parmi lesquels figurait l'Allemagne, avaient rejeté une proposition américaine visant à fixer des limites chiffrées en matière de déficit ou d'excédent courant.

Rôle moteur de la présidence française
A la suite de la France, les Vingt ont aussi émis le souhait d'une amélioration du système monétaire international (SMI), ce qui les conduit à réaffirmer leur volonté d'éviter "les fluctuations déstabilisatrices des flux de capitaux" et "les mouvements désordonnés des taux de change".

Diplomatie française
Christine Lagarde a une nouvelle fois réfuté l'idée d'une "guerre des changes" évoquée depuis plusieurs mois, assurant que "le G20 ne fonctionne pas comme ça".
Son homologue américain, Timothy Geithner, a néanmoins profité de l'occasion pour dénoncer une nouvelle fois la sous-évaluation du yuan chinois.

=> Washington accuse depuis longtemps Pékin d'entretenir la faiblesse de sa monnaie pour doper ses exportations. "Il y a un large consensus sur le fait que les grandes économies, pas seulement l'Europe, le Japon et les Etats-Unis mais aussi les grandes économies émergentes, doivent permettre un ajustement de leurs taux de change pour répondre aux forces des marchés", a dit le secrétaire au Trésor de Barack Obama.

=> De leur côté, les grandes puissances émergentes, comme la Chine et le Brésil, reprochent aux Etats-Unis de provoquer des distorsions dans les flux de capitaux mondiaux par le biais de leur politique monétaire d'injections massives de liquidités sur les marchés.

Patience et longueur de temps...
La lutte contre la volatilité des prix des matières premières, autre priorité de Paris, n'a encore réalisé aucune avancée notable lors de la réunion de Paris.
Un groupe de travail y sera consacré, sous présidence japonaise.
Le débat sur le SMI sera au centre d'un "séminaire" du G20 fin mars à Shenzhen, en Chine. Mais, a reconnu Christine Lagarde, "le système monétaire international ne va pas être refait en un jour, ni même en un an".

dimanche 1 février 2009

Le Monde : Dans la crise, le modèle français retrouve des couleurs

Mais où va l’opposition si Le Monde ne fait pas de l’opposition politique primaire ?

Voici l’analyse du Monde qui fâche :

Dans la crise, le modèle français,
naguère décrié, retrouve des couleurs

La crise brouille les repères.
Qui eût cru, avant, que Nicolas Sarkozy serait prêt à défendre le 'plus d'Etat' ? Qui eût imaginé ses ministres convertis aux vertus d'un modèle français qu'ils accusaient, il y a peu, d'être trop coûteux, de brider l'esprit d'entreprise, de faire obstacle à la modernisation du pays ? Et que dire de la spectaculaire conversion de la presse anglo-saxonne qui moquait, dans The Economist du 31 mars 2006, l'aveuglement du coq gaulois ? [L’occasion manquée par Le Monde, en ces temps de sectarisme, de louer le pragmatisme du Chef de l’Etat et l’Economist].

Depuis l'automne et la faillite de la banque d'affaires américaine Lehman Brothers, qui a mis à mal tant de certitudes, l'impensable s'est produit. Christine Lagarde elle-même, qui n'est pas la moins libérale des ministres du gouvernement, vante dans le dernier numéro de Newsweek le caractère 'équilibré' de l'économie française, le poids de nos dépenses de protection sociale, les bienfaits de l'assurance-chômage. Le système français, résume-t-elle, a été souvent critiqué pour sa lourdeur, mais 'en période de crise, il nous aide à résister au ralentissement'.
[Le ‘pensable’ n’a en revanche pas manqué d’arriver : le PS a mis 5 mois pour réagir et jeter sur la scène politique son contre-projet’ dogmatique et donc archaïque, de surcroît démagogique]

La ministre de l'économie a raison [ !]
La France est mieux armée que les Etats-Unis ou certains de ses partenaires européens pour affronter la récession parce que son modèle limite les dégâts sociaux. En ces temps où, selon une enquête de PricewaterhouseCoopers publiée dans La Tribune du 28 janvier, les patrons français sont les plus pessimistes de la planète, Le Monde passe en revue ses atouts qui étaient naguère considérés comme des handicaps.

  • La France est, devant la Suède, le pays de l'Union européenne qui dépense le plus pour sa protection sociale [une référence pour les socialistes] . 'Le tiers du revenu moyen des Français provient de la redistribution. Cela lisse la consommation et amortit les chocs', observe l'économiste Mathilde Lemoine (HSBC France). Cette année, de surcroît, de nombreuses prestations sociales seront indexées sur une inflation 2008 élevée. C'est le cas, notamment, des prestations familiales, dont 6,6 millions de familles ont bénéficié en 2006, et des pensions. Selon Bercy, 12 milliards d'euros supplémentaires seront versés aux retraités, du seul fait de la revalorisation des pensions du régime général, des régimes complémentaires et du minimum vieillesse.
  • Le système de retraite français présente l'avantage d'être pour l'essentiel fondé sur la répartition : les cotisations prélevées sur les actifs sont versées aux retraités. Contrairement aux Américains, aux Britanniques et à tous ceux qui comptaient sur la capitalisation et les fonds de pension pour assurer leurs vieux jours, les Français ne verront pas leurs retraites fondre avec la tempête boursière.
  • Le déficit budgétaire, fortement critiqué en période de prospérité, n'a pas que des inconvénients en période de crise. En choisissant de le laisser filer et de faire jouer "les stabilisateurs automatiques", le gouvernement amortit le choc de la crise. Les rentrées fiscales baissent - donc in fine la ponction sur les revenus des ménages et des entreprises s'atténue -, et les prestations sociales sont davantage sollicitées. Or, observe Mme Lemoine, "dans une étude de 2007, l'INSEE a montré que les stabilisateurs automatiques permettaient de réduire de 10 % la baisse du PIB la première année et de 25 % la deuxième, de stabiliser le revenu disponible brut des ménages à hauteur de 42 %. On évite ainsi la destruction de 17 000 emplois la première année et de 67 000 la deuxième".

    Aux amortisseurs de crise classiques s'ajoutent quelques points forts.
  • Avec plus de deux enfants par femme, la France est restée en 2008 championne d'Europe de la natalité.
    Sa population, y compris sa population active, continue de croître, contrairement à ce qui se passe en Allemagne. Cette vitalité, souligne Mme Lemoine, "nourrit une dynamique de consommation différente et soutient la croissance de court terme".
  • Grand pays agricole, la France n'a pas renoncé à être une nation industrielle.
    De ce point de vue, elle est en meilleure posture que le Royaume-Uni. La variété de son tissu économique, le relatif "équilibre" entre le poids du public et du privé ne peuvent que l'aider à traverser une année 2009 redoutable.
  • Malgré une dette publique élevée, l'Etat peut encore emprunter dans des conditions jugées "très favorables" par Bercy.
    Un peu moins que celles offertes à l'Allemagne mais bien meilleures que celles proposées à l'Italie, à l'Espagne ou au Portugal. Les ménages et les entreprises sont moins endettés, ce qui limite les risques notamment en matière immobilière.
  • Malgré les difficultés qu'il traverse, le système bancaire est plus solide.
    "La crise sonne la revanche des banques universelles, celles qui ont un portefeuille d'activités aux cycles différents : la banque de détail d'un côté, la banque de financement et d'investissement de l'autre, note l'économiste Olivier Pastré. La structure de bilan des banques françaises est assez équilibrée, et le niveau de concentration du secteur satisfaisant, avec sept grands réseaux."
    Tenue pour excessive en pleine bulle immobilière, la prudence d'un Michel Pébereau, président du conseil d'administration de BNP Paribas, retrouve, comme le modèle social français, des vertus pendant la crise.

    Claire Guélaud
    Article paru dans l'édition du 31.01.09.

    Les abonnements des universités démocratiques au journal Le Monde vont être sucrés !...