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jeudi 16 mars 2017

Hamon amende son programme à un mois de la présidentielle, espérant reprendre la main

Le candidat du PS, à la dérive dans les sondages, revisite les grandes lignes de son programme

Jugés radicaux et utopiques, les choix du candidat socialiste refoulent l'électeur

A la traîne dans les sondages et lâché par Manuel Valls, le candidat officiel du PS espère reconquérir du terrain sur le candidat de l'Elysée. Benoît Hamon a présenté jeudi un programme revu et corrigé, enrichi des apports de ses adversaires de la primaire et davantage centré sur le travail et l'emploi.
Hamon et son équipe présenteront ce programme amendé à la Maison de l'Architecture à 11h00, deux semaines après un aménagement similaire d'Emmanuel Macron, désormais loin, dans les enquêtes d'opinion, devant le candidat désigné par une majorité de sympathisants socialistes. En février 2017 Benoît Hamon aurait enregistré une forte hausse de 10 points, à 33 %, alors qu'Emmanuel Macron serait resté, malgré un léger recul, le candidat  à gauche suscitant le plus d’adhésion, à 37 %.
Cette nouvelle version reprend les piliers du projet qui ont préféré Benoît Hamon (36 %) à Valls (31%) lors de la primaire socialiste: réforme constitutionnelle de l'article 49-3 décrié par les opposants à la loi Travail de Macron à l'Elysée et Valls au gouvernement, ambition écologique, sous la pression des Verts radicaux ralliés, et "revenu universel d'existence", minoré en "revenu d'existence".

Le candidat du PS à la présidentielle poursuit son effort de crédibilisation de ses propositions. 

Le populiste tente ainsi de prouver que le "futur désirable" qu'il appelle de ses voeux est aussi "possible" et finançable, tout  en respectant la contrainte européenne des 3% de déficit maximum, au moins à la fin du quinquennat.

Dans le souci de retenir les socialistes attirés par Macron,  Hamon a ouvert les tiroirs des programmes d'Arnaud Montebourg, de Vincent Peillon, de Manuel Valls et de Sylvia Pinel, la présidente du PRG, avec qui le PS est parvenu à un accord cette semaine.

Originellement conçu comme une réponse à une soi-disant raréfaction du travail, le revenu universel d'existence est désormais présenté comme une mesure de soutien du pouvoir d'achat des 19 millions de Français qui le toucheront, sous conditions plus encadrées, voire renforcées : étudiants, indépendants, salariés percevant moins de 1,9 SMIC et les bénéficiaires actuels du RSA, soit moins de deux millions de foyers à la fin du deuxième trimestre, selon la CAF, en octobre: un nombre en baisse pour la première fois depuis la création du dispositif en 2009. Le revenu (universel) d'existence devient une mesure moins dispendieuse, puisqu'à fin juin, 1,87 million de foyers touchaient cette aide, soit -47.000. Encore que "cette évolution puisse s'expliquer par le fait que la situation d'un bénéficiaire sortant de la prime d'activité n'ouvre droit au RSA que s'il en fait la demande, ce qui peut donc avoir un impact sur le recours au RSA", module la CNAF.
Evaluée à 35 milliards d'euros pour sa seule première étape, la mesure sera financée grâce à une réorientation de 10 milliards d'euros des crédits alloués au CICE (Crédit impôt compétitivité et emploi) et au Pacte de responsabilité, et par plus de déficit public (et non plus par une réforme de la fiscalité du patrimoine, comme Hamon en faisait la menace dans la primaire).

Hamon, candidat de l'emploi : un de plus, après Montebourg ou Valls...

Benoît Hamon tente aussi d'apaiser les inquiétudes liées à sa fameuse "taxe sur les robots", accapareurs d'emplois. Loin d'empêcher l'innovation, celle-ci viendra abonder un "fonds de transition travail", dédié à financer la formation et le retour à l'emploi des chômeurs. "Cette contribution ne concernera que les entreprises dont la robotisation s'accompagne d'une réduction des effectifs", précise Hamon dans un courrier adressé à Sylvia Pinel et à ...l'AFP, agence de presse et de diffusion des proches du Parti socialiste.

Autre mesure empruntée à Arnaud Montebourg, pourtant arrivé troisième à la primaire avec 17% (comme en 2011), la priorité accordée au Made in France et aux petites et moyennes entreprises, auxquelles 50% des marchés publics seront réservés. "Une mesure qui fait véritablement de la commande publique un levier à partir duquel nous pourrons stimuler le tissu économique local", promet le candidat dans Le Parisien de jeudi.

Hamon apparaît de plus en plus comme le clone de Montebourg

Car le Made in France n'est pas le seul emprunt de Hamon à l'ancien ministre de l'Economie. Le député des Yvelines promet aussi de taxer les superprofits des banques, et de renforcer le pouvoir des salariés dans les entreprises: ceux-ci représenteront la moitié des membres votants des conseils d'administration des grandes entreprises et des entreprises de taille intermédiaire.

La présentation de ce programme suffira-t-elle à calmer les inquiétudes des socialistes ? 
En fin de semaine dernière, BVA et Salesforce, en partenariat avec la Presse Régionale et Orange, publièrent leur 12ème sondage d’intentions de vote à l’élection présidentielle. Un sondage qui confirme la dynamique d’Emmanuel Macron, désormais à égalité avec la candidate du Front National au premier tour. L'ancien conseiller élyséen de Hollande est crédité de 26 % des intentions de vote, soit 2 points de plus en une semaine et 5 sur 15 jours. François Fillon, à qui le comité politique Les Républicains et l'UDI ont renouvelé leurs soutiens, résiste et connaît un premier rebond de 1 point, avec 20%, ce qui, compte tenu de la marge d'erreur, l'autorise à tous les espoirs. Quant à Benoit Hamon, il perd deux points et stagne à 13,5%.

Mardi, malgré les premiers reculs de Hamon, sur le revenu universel d'existence ou les déficits publics, l'ex-Premier ministre Manuel Valls a annoncé qu'il ne parrainera pas Hamon, dénonçant une "dérive" et une "forme de sectarisme" du candidat socialiste de la "Belle Alliance Populaire".
L'une de ses proches, la secrétaire d'Etat Juliette Meadel, s'est à nouveau fait l'écho de ces réticences, affirmant mercredi soir, se poser "de plus en plus (de questions) sur la stratégie et le programme" de B. Hamon.

Bernard Cazeneuve, Michel Sapin, Jean-Yves Le Drian ou Marisol Touraine invitant Benoît Hamon à défendre les résultats du quinquennat et à modifier les grandes lignes de son programme, pour unique soutien du gouvernement en exercice, Hamon n'a en effet reçu que le soutien sans équivoque de la ministre sectaire de l'Education Najat Vallaud-Belkacem.

Dès le mercredi 1er mars, elle avait apporté son soutien au candidat Hamon, contesté par l'aile droite de son parti. Pourtant isolée, la binationale a réitéré son soutien au candidat radical du PS, lors d'un meeting à Nice du 15 mars, se démarquant des propos tenus la veille par le Premier ministre Manuel Valls devant des parlementaires : "Oui, tu es cher Benoît le candidat de l'emploi et de la valeur travail (...) celui du travail choisi, celui du travail de qualité, celui des salariés bien rémunérés et formés", a-t-elle lancé, au candidat Hamon, un apparatchik du PS.
Pour mémoire, Hamon est un protégé d'Henri Emmanuelli, député des Landes (ci-contre, en pleine activité au Palais Bourbon). Or, en prévision des législatives 2017, le président sortant a fait réserver le siège d'Emmanuelli à l'Assemblée à son secrétaire général adjoint de la présidence de la République, un ex-directeur de cabinet du ministre ...Arnaud Montebourg, comparse de Hamon, et ce collaborateur n'est autre que Boris Vallaud, époux de la ministre Vallaud-Belkacem, soutien de Hamon: la boucle est bouclée !

 
  

vendredi 10 mars 2017

Macron prépare "une France ingouvernable", de l'avis général

Benoît Hamon, candidat officiel du PS, dénonce la candidature attrape-tout de Macron : du libéral Alain Madelin au communiste Robert Hue

Le prétendant PS à la présidentielle a modifié son projet, renonçant au serpent de mer d’un revenu universel pour tous les 18-25 ans

Le candidat "frondeur" des socialistes et des écologistes radicaux à l’élection présidentielle a reculé sur son projet, notamment sur l'utopique et coûteux "revenu universel d'existence", proposition qui lui a permis d'émerger du lot et de remporter la primaire avec plus de 36% des sympathisants. Au lendemain de 'L’Emission politique' du jeudi 9 février qui offrait à Hamon l'opportunité de clarifier sa ligne et ses thématiques sur France 2 (raréfaction du travail du fait des technologies nouvelles, taxation des robots, interdiction des pesticides, légalisation de l’euthanasie, etc...), ce matin sur France Info, chaîne d'Etat également, version radio de France 2 pour la télévision, l'un de ses soutiens, Vincent Peillon, avait effacé le mot "universel" et ne parlait plus que de "revenu d'existence", soulignant le côté discriminatoire de la mesure qui écarte désormais les jeunes les plus diplômés, quelle que soit leur origine sociale...
"Pour éradiquer la grande précarité et contribuer à définir un nouveau rapport au travail et au temps libre", Benoît Hamon prévoyait une "révolution" en trois étapes.
A partir de 2017, le RSA serait augmenté de 10% à hauteur de 600 euros par mois pour tous les ayant-droits et tous les jeunes de 18 à 25 ans. Ce revenu serait ensuite étendu au reste de la population pour atteindre 750 euros par mois.
A terme, cela représenterait une somme de 450 milliards d'euros par an s'il est limité aux Français de plus de 18 ans, près de 600 milliards si même les enfants sont concernés. Soit entre 20 et 27% du PIB français, et plus que le budget actuel de l'Etat (374 milliards dans le projet de loi de finance 2016).
Le candidat socialiste qui ne décolle pas dans les sondages est contraint au rétro-pédalage 

Sur plusieurs points,  le député des Yvelines a apporté de profondes retouches à son programme, énonçant ainsi ses nouvelles propositions sur l’Europe, bien que déjà présentées dans un entretien au Monde, jeudi. A quarante-cinq jours du premier tour, il est revenu sur le fond de sa proposition phare : la mise en place du revenu universel, plus si "universel" qu'au départ. D'abord séduite, l'opinion a réalisé que cette proposition populiste leur serait au bout du compte néfaste, sans attendre les cinq années nécessaires à sa mise en place progressive, pour le quinquennat 2022.

Populiste encore, le candidat socialiste s’est notamment présenté comme le candidat de "la feuille de paie", promettant un complément de revenus versé sur la fiche de paie à "tout travailleur qui perçoit un salaire net jusqu’à 1,9 smic mensuel". Prime qui serait de l’ordre de 200 euros par mois au niveau du SMIC: promesse de gagner en dormant
L'idée du "revenu universel" vient du livre "Utopia" (1516)
Egalement appelé revenu de base, c'est l'idée radicale que certains érigent en seule issue face au chômage de masse 
(notamment à cause de la robotisation) qui ne cesse de grimper. Plus qu'un classique SMIC ou RSA, c'est une allocation qui serait versée à tout individu sans aucune condition, à part celle d'exister. Travailleur ou chômeur, jeune ou moins jeune, riche ou pauvre, le revenu universel exclut les plus de 25 ans. Enfin, comme toute élucubration populiste susceptible de faire illusion dans les débats politiques en continu des media et des réseaux survoltés, le concept a connu bien des avatars, modifié, précisé, élagué à l'envi.L'idée est ancienne et bien qu'utopique, resurgit à chaque traversée politique du désert idéologique. Hamon et son équipe d'archaïques ne cite pas leur source, et our cause: le premier à avoir théorisé cette solution miracle à la pauvreté est Thomas More, théologien du XVIe siècle (canonisé par l'Eglise ...universelle !), l'a fait dans un livre intitulé... Utopia. C'est dire si l'idée des progressistes socialistes n'est pas nouvelle.De la Finlande à la Silicon Valley, l'idée passe et repasse ces dernières années, singulièrement depuis la crise économique et financière internationale de 2008. A tel point qu'en janvier 2016, le Conseil national du numérique a proposé au gouvernement d'étudier cette piste, dans un rapport sur l'économie à l'ère du numérique. De même que son rival Jean-Luc Bennahmias, le candidat à la primaire de la gauche Benoît Hamon défend également, à terme, un véritable revenu universel pour tous. Innovant !...
A peine énoncée, aussitôt retirée: Hamon a revu et corrigé son idée d’un revenu universel de 600 euros par mois pour tous les 18-25 ans, engagement qu’il avait pourtant défendu pendant la primaire socialiste et qui lui avait permis de l'emporter: une arnaque des six autres  candidats auprès des votants à la primaire de janvier ! Le candidat entend désormais restreindre cette aide sous conditions de ressources, avec un montant qui serait dégressif jusqu’à devenir nul pour toute personne percevant plus de 1,9 SMIC. Ainsi, un étudiant qui travaillerait un jour sur cinq se verrait attribuer une aide d’environ 500 euros nets, a-t-il expliqué. 
Cet emballement n'est pas que français. En 2013, le prix Nobel d'économie Paul Krugman se prononçait en faveur d'un revenu de base. La Finlande a commencé cette année à tester un revenu universel à l'échelle du pays, sur 2.000 personnes qui n'ont pas tardé à faire remonter au sommet de l'Etat les effets pervers de l'idée. Au Pays-Bas, la ville d'Utrecht envisage elle aussi de tester le revenu de base. Enfin, la Silicon Valley s'est elle aussi intéressée au revenu universel. Mais pourquoi une idée aussi rebattue (et même déjà repoussée dans les années 60, voir plus bas) a-t-elle refait surface ? 
La peur des nouvelles technologies serait à l'origine de ce regain d'intérêt, expliquent les crânes d'oeufs de la high-tech. Selon le Forum économique mondial, 5 millions d'emplois seraient détruits dans le monde d'ici à 2020. La faute, notamment, à l'automatisation. Un cabinet d'étude évoquait de son côté 3 millions de postes supprimés d'ici 2025, rien que pour la France... Le Chemin de fer aussi devait nous passer sur le corps...

Les moins alarmistes rétorquent que la destruction créatrice en économie existe depuis la première révolution industrielle et les révoltes des Luddites contre les métiers à tisser et connus comme des "casseurs de machines", donc de l'outil de travail, en 1811-12 : des libertaires.
Mais cette fois-ci,
les robots et l'intelligence artificielle ne touchent pas que les métiers peu qualifiés, mais aussi les fameuses professions intermédiaires. Bref, la classe moyenne. L'équipe Hamon développe donc  u
ne psychose parmi les socialo-bobos. Mais derrière ce possible chômage de masse à venir, la croissance (?], elle, continuera de se répandre. Alors plutôt que de s'opposer à la révolution technique à venir, les partisans du revenu universel se disent que si la machine finit, à terme, par remplacer l'homme au travail, il serait peut-être temps de faire taire l'adage selon lequel toute peine mérite salaire.
Le truqueur socialiste est entré dans le dur de l’affrontement. 

Dans son duel politique socialo-socialiste, Hamon est aussi entré en conflit ouvert avec Emmanuel Macron, le candidat de l'Elysée. 
Hamon a en effet violemment taclé son rival Emmanuel Macron, "marchepied de l’extrême droite" qui prépare "une France ingouvernable". Isolé dans une campagne que la presse a déviée sur Fillon, et distancé dans les sondages par Emmanuel Macron et le candidat de la droite, le socialiste a réservé ses coups les plus durs à l’ancien ministre de François Hollande. Il a fustigé le candidat d’une "aventure personnelle" qui "prépare une France ingouvernable".  Ce qui ne manque pas de sel, sachant que ses amis de l'extrême gauche animée par Mélenchon et activistes de rue défilent derrière une banderole proclamant "Soyons ingouvernables"...
Le candidat socialiste (21%) n’arrive qu’en troisième position des postulants de gauche, ce 10 mars 2017. Le classement est identique si on ne s'intéresse qu'aux sympathisants de gauche : Macron récolte 37% des voix, devant Mélenchon (32%) et Hamon (30%).
"Allez-vous me dire comment Macron gouvernera de Robert Hue [PCF, secrétaire national (1994-2001), puis président (2001-2003) du Parti communiste français] à Alain Madelin [libéral], avec des majorités différentes ?", a-t-il interrogé, estimant que "ce qui n’est pas raisonnable, c’est d’aller à la présidentielle sans savoir avec qui on gouvernera". 
"Nous avons besoin d’un chef d’Etat qui fasse confiance à sa majorité parlementaire, ce sera mon cas", a-t-il assuré, craignant à l’inverse que l’arrivée de l’ancien conseiller du président Hollande à l’Elysée ne constitue "un marchepied pour le FN". 

"En tant que socialiste, je pense son [Macron] projet dangereux, et en tant que démocrate je me mets à distance de ceux qui, dans une position messianique et christique, pensent détenir la solution. Je trouve cela très immature de sa part." 

Le quinqua Benoît Hamon s’est toutefois bien gardé de critiquer ceux qui viennent de décider de rejoindre le candidat trentenaire d’En marche !, à l’instar de Bertrand Delanoë [67 ans, ancien maire de Paris, contrairement à l'actuelle, l'Andalouse Anne Hidalgo, 58 ans, qui votera Hamon] ou de Claude Bartolone [66 ans, président de l'Assemblée, bien que battu en 2015 comme tête de liste socialiste à l'élection au Conseil régional d'Ile-de-France, avec 25,2 % des voix contre 43,8 % à Valérie Pécresse, LR], qui n’hésitent plus à dire qu’ils pourraient voter pour lui. 
Quant à Hamon, marionnette d'Henri Emmanuelli (ci-contre, 72 ans), il n'a jamais été maire, seulement élu eurodéputé ou conseiller régional, à la faveur du scrutin de liste, et député tardif des Yvelines, en 2012, à 45 ans. Et pourtant ministre, pendant quatre mois (avril à fin août 2014), pendant les vacances scolaires...

"Moi je suis candidat à l’élection présidentielle, je ne suis là pour couper des têtes", a-t-il affirmé en début d’émission, préférant se féliciter des personnalités qui l’entourent et des élus qui le soutiennent. "De là où je viens, j’ai appris à me battre pour le bon et le mauvais, y compris quand le vent est mauvais", a-t-il poursuivi, estimant que sa "responsabilité est d’abord vis-à-vis du peuple de gauche". Comment ferait-il ensuite pour être le "président de tous les Français", comme le veut la Constitution ? "J’ai le devoir d’être au second tour de l’élection présidentielle et de l’emporter", a raconté cet apparatchik socialiste qui n'a jamais eu d'autre expérience qu'assistant parlementaire et président du Mouvement des jeunes socialistes (MJS).

Jugé "sympathique" par 59% des Français
(10 mars2017)
Hamon a ensuite sombré dans l'invective contre Laurent Wauquiez.
Dans le face-à-face qui l’a opposé au président Les Républicains de la région Auvergne-Rhône-Alpes appelé sur le plateau en fin d’émission, Hamon s'est montré particulièrement agressif sur la laïcité. "Vous êtes l’hologramme de Marine Le Pen, en masculin !" 
Cette volonté de Benoît Hamon d'agresser Laurent Wauquiez illustre la tension qui a rapidement gagné le débat entre les deux hommes. Le vice-président du parti Les Républicains et président de la région Auvergne-Rhône-Alpes a pointé chez le candidat socialiste "des accommodements sur le sujet du communautarisme", appuyant là où ça fait mal en rappelant notamment que Hamon s’était opposé à la loi sur l’interdiction du voile intégral en 2010. Le candidat socialiste a nié et assuré ne plus vouloir revenir sur cette loi
Il chercha surtout  à éluder son rétro-pédalage en accusant la droite d’avoir, "avec Nicolas Sarkozy, mis sous tension la société française". Il chercha ensuite à globaliser le problème. "Il fallait répondre au péril du terrorisme et de l’islam radical en évitant de faire des amalgames. 

Vous avez choisi de vous attaquer non pas à l’islam radical mais à l’islam. Vous vous trompez de cible. Vous avez fait de l’attaque contre l’islam un fond de commerce électoral," a-t-il accusé, sans nuance. Dans un moment où "des groupes religieux testent la République", Benoît Hamon a assuré que, s’il était élu, il serait "intransigeant à l’égard de ceux voulant remettre en cause la liberté de conscience mais également d’opinion, même religieuse". Laïc mais pourtant pro-musulman, Hamon - qui fut maire de Trappes où, en 2016, 70 %, de ses administrés sont de confession musulmane (et où, pour 32.000 habitants, il existe, outre quatre lieux de culte musulmans, une mosquée proche des Frères musulmans)
- est allé jusqu'à demander à son contradicteur - ancien député maire du Puy-en-Velay- de préciser quelle religion il pratique...

A propos, en 2000,
le pape Jean-Paul II a fait Saint Thomas More patron des responsables de gouvernement et des hommes politiques.

lundi 20 février 2017

La dette publique plombe la France, menaçant son indépendance et l'avenir de ses enfants

La dépense publique, singulièrement sociale, sujet tabou des candidats comme des bénéficiaires

La dette publique atteignait 98,4% du PIB en septembre 2016

L'Institut national français de la statistique et des études économiques (Insee) a rendu public, vendredi 30 septembre, le montant de la dette publique française au deuxième trimestre 2016. Elle s'établit à 2.170,6 milliards d'euros, soit 98,4 % du produit intérieur brut. Une ardoise qui ne cesse de s'allonger depuis 40 ans.


2.170,6 milliards d'euros, c'est le montant de la dette de la France au deuxième trimestre 2016. Soit 98,4 % du produit intérieur brut (PIB). Le gouvernement tablait sur 96,1 % cette année, mais l'Etat emprunte toujours plus pour ses dépenses.

La dette française a doublé en 10 ans, et cela ne semble pas prêt de s'arrêter. Car la majorité de cette dette provient des prêts à long terme. Or, l'argent n'a jamais été aussi bon marché : les taux obligataires à long terme sont proches de 0. Et il ne peuvent qu'augmenter à l'avenir.

Mais que se passerait-il si ces taux augmentaient ? 
L'Agence France Trésor a chiffré l'impact budgétaire d'une hausse ne serait-ce que de 1 % du coût de la dette, à 2,2 milliards d'euros la première année, puis 5 milliards la deuxième, et 10 milliards au bout de cinq ans.

Plus inquiétant encore, le poids de la dette sociale continue d’augmenter : 2,3 milliards d'euros de plus au deuxième trimestre. La dette sociale est celle qui finance la protection sociale des Français et assimilés (santé, retraite, famille et chômage).
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Contrairement à la dette de l'Etat, la dette sociale est vouée, en théorie, à disparaître, car elle fait partie des frais courants. Le gouvernement a promis de résoudre le trou de la sécurité sociale dès l'année prochaine.


Les 4 chiffres alarmants de la dette publique française

L'Insee a encore dissimulé la vérité le vendredi 23 décembre 2016, en annonçant une légère baisse de la dette publique au troisième trimestre, à 2160,4 milliards d'euros, soit 97,6% du PIB, il tentait de nous tromper, car la situation ne cesse en fait de se dégrader.

2160,4 milliards d'euros

C'estle niveau de l'endettement du pays à la fin du troisième trimestre 2016, selon l'Insee. Ce chiffre est en baisse de 10,3 milliards par rapport au trimestre précédent. Rapportée à la richesse nationale, cette dette de l'ensemble des administrations publiques, mesurée selon les critères de Maastricht, atteint 97,6% du Produit intérieur brut (PIB), contre 98,4% à la fin du deuxième trimestre de l'année. La France emprunte toujours plus sur la première moitié de l'année, ce qui augmente rapidement son endettement, avant que celui-ci ne reflue mécaniquement sur la seconde moitié, si bien qu'on peut donner à croire que la politique gouvernementale porte ses fruits, jusqu'à juin 2017. A la fin du troisième trimestre 2015, la dette avait ainsi baissé de 2,2 milliards d'euros par rapport au trimestre précédent. C'était 0,8% de plus que le dernier reflux enregistré...

0,7%

C'est le taux à 10 ans auquel emprunte la France ces derniers jours. C'est plus qu'il y a quelques semaines -il a baissé jusqu'à 0,03% en septembre. Mais largement moins élevé qu'avant la politique monétaire accommodante mise en place par la BCE. L'Allemagne, elle, emprunte sur la même période à 0,4%.

96% du PIB

C'est la part de la dette publique française ramenée au PIB l'année prochaineselon le projet de loi de Finances pour 2017, après 96,1% cette année. Certes, ce serait la première fois depuis 10 ans que la courbe repartirait très légèrement à la baisse. Mais les astuces comptables utilisées par le gouvernement pour boucler son budget 2017, ainsi que les hypothèses optimistes sur lesquelles il a été construit, rendent sceptique sur le scénario de Bercy prévoyant un déficit public à 2,7% en 2017, et donc un reflux de la dette. D'autant qu'entre-temps l'élection présidentielle aura rendu presque automatiquement caduques les prévisions de l'année prochaine.

2.000 milliards d'euros

C'est la barre symbolique que Hollande a pulvérisée en laissant la dette française s'envoler. Alors que la dette hexagonale était de 12% du PIB en 1974, 20% en 1981, 50% en 1994, elle atteignait 60% en 2002, la limite fixée par le Pacte de stabilité, et n'est jamais redescendue ensuite. En 2003, elle dépassait le niveau déjà pharaonique de 1.000 milliards d'euros -même si ce niveau semble dérisoire aujourd'hui.

2160,4 milliards d'euros, c'est désormais le montant de la dette publique de la France au troisième trimestre 2016, selon les données publiées par l'INSEE.

L’ancien patron de BNP Paribas repart à la charge contre la dette publique

Michel Pébereau met en garde contre le peu d’intérêt des candidats à la présidentielle pour le problème de la dette publique
Il reprend le combat, onze ans après un premier rapport dénonçant le poids de la dette publique dans une note publiée par l’Institut de l’entreprise, dont il est président d’honneur. L’ex patron s’inquiète de voir que "la situation alarmante de nos finances publiques est presque absente du débat présidentiel".

Alerte sur l'état de nos finances publiques

Jugeant que les déficits persistants et le poids colossal de la dette (près de 2.200 milliards d’euros) affectent "notre influence internationale et notre indépendance", ce citoyen vigilant prévient que la France est en passe d’être en 2017 "avec la Grèce, le seul pays en situation de déficit excessif".

Après des années de hausse des dépenses, financées par la dette mais aussi la fiscalité, le rapport juge que "le consentement à l’impôt des citoyens a atteint ses limites".

Pour éviter de voir la dette grossir encore et toujours, et face au risque de voir les taux d’intérêt remonter, le 'think tank' l’Institut de l’entreprise préconise une vigoureuse politique de coupe dans les dépenses publiques qui devra être "immédiate, transversale et pérenne".
Cette réduction doit être engagée "dès les premiers jours du prochain quinquennat", insiste Michel Pébereau. Elle devra être partagée par l’État, les collectivités et la Sécurité sociale avec pour objectif de ramener "le niveau de la dépense publique française de la moyenne européenne, à environ 50 %" de la richesse nationale.

Alors que les dépenses publiques pèsent actuellement autour de 57 % du produit intérieur brut, cela revient donc à trouver plus de 150 milliards d’euros d’économies ! Un chantier évidemment titanesque à l'encontre duquel s'oriente le programme de Benoît Hamon qui a ressorti le vieux projet de revenu universel d'existence, utopique et surtout onéreux.

L’Institut de l’entreprise ouvre des pistes soutenues par des cercles de réflexion libéraux.

Image associée
L’État est appelé à réduire "significativement" ses dépenses notamment par "la maîtrise de sa masse salariale" et "la conduire déterminée de réorganisation" en profitant notamment "des économies rendues possibles par les informatisations du passé et la révolution numérique".

Le rapport estime "indispensable" de réduire également le "millefeuille territorial" afin de juguler la hausse des dépenses, notamment celle de la masse salariale.

La sécurité sociale et l’assurance-chômage devraient également procéder à des changements radicaux. Le rapport estime ainsi possible d’aller plus loin en matière de recul d’âge de la retraite ou de durcir davantage "la durée et le taux de remplacement de l’indemnisation pour l’assurance-chômage".

Pour faire accepter ces réformes peu populaires, Michel Pébereau estime nécessaire que le futur président s’engage dès sa campagne sur une trajectoire exigeante de finances publiques.
La mise en œuvre serait ensuite organisée par une "une grande conférence nationale sur les finances publiques" et son suivi organisé afin que chacun puisse en mesurer les enjeux et les résultats. Avec l’idée, insiste Michel Pébereau de faire partager un "objectif clair : nous devons renoncer à notre préférence pour la dépense publique".

Or, Mélenchon veut relâcher la bride de la dette publique au moyen d'une vaste relance budgétaire qui ramènerait la dette à 87 % du PIB.

Alors que la France est restée en 2016 le pays le plus dépensier d’Europe après la Finlande, avec 1 260 milliards d’euros de dépenses publiques (56,5 % du PIB, contre 48 % en moyenne dans la zone euro), Benoît Hamon remporte sans conteste la palme du candidat le plus dépensier. 
Sa proposition d’instaurer un revenu universel d’existence pour tous – une augmentation dans un premier temps de 10 % du RSA à 600 euros dès 18 ans, suivi dans un deuxième temps par une extension à toute la population d’un versement mensuel de 750 euros – coûterait la bagatelle de 300 à 400 milliards d’euros. C’est l’équivalent du budget de l’Etat. Quand on aborde la question du cadrage budgétaire, son entourage répond qu’il faut "penser hors du cadre." Populiste, mais inepte.