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jeudi 15 mars 2018

Souvent l'homme Macron varie: il était le défenseur du diesel, souvenez-vous...

La presse militante a librement oublié le temps où Macron se posait en défenseur du diesel

Macron a défendu le moteur diesel "au cœur de la politique industrielle française"

L'avenir du diesel n'est pas dans le diesel :
mais, dans l'Aveyron, le ministre Macron rassurait les ouvriers Bosch
 sur avenir du diesel, à Onet-le-Château, le 4 aout 2016

"L'avenir du diesel passe par l'innovation", avait affirmé le ministre, en aoùt 2016. En visitant le site de l'équipementier Bosch à Onet-le-Château (Aveyron), le ministre de l’Economie, de l'Industrie et du Numérique assurait alors qu'il "reste au cœur du projet industriel français de la mobilité environnementale," ajoutait-il....

S'il défendait la baisse "progressive" de l'avantage fiscal pour les particuliers qui utilisent des voitures diesel, Macron avait souligné l'importance de cette industrie en France aussi bien "les millions de personnes qui l'achètent", parfois "celles qui ont le moins de pouvoir d'achat" - mais il était en campagne présidentielle - , ou que "les millions qui y travaillent".

"Il ne faut pas faire la chasse au diesel"

Accueilli par les sifflets d'une soixantaine de salariés de l'usine, le ministre - qui était sur le point de démissionner pour se consacrer à sa carrière - était passé pour une discussion d'une dizaine de minutes, avant d'échanger avec une délégation dans l'usine.

Les salariés du site, spécialisé dans la production d'éléments pour moteurs diesel, avaient notamment interpellé le ministre sur les positions des socialistes  Ségolène Royal et Anne Hidalgo, respectivement ministre de l'Environnement et de l'Energie,  et maire de Paris, où la circulation des véhicules les plus polluants est restreinte depuis le 1er juillet.
Macron avait rappelé qu'il est "ministre" contrairement à "Mme Hidalgo, qui n'est pas ministre de l'Industrie". "Ses décisions ne valent pas pour la France", avait-il taclé, non sans mépris.

En déclarant son attachement au moteur diesel pour finalement le taxer, le ministre faisait allusion au scandale des moteurs diesel truqués de Volkswagen.
Après avoir visité le musée Soulage à Rodez, Macron s'en était allé vers le département voisin du Lot, où il devait visiter le géant agro-industriel Andros, en comité restreint, mais non sans avoir dégusté, à l'abri des media, les compotes maison que Mamie Brigitte lui autorise pourtant, avant de se faire présenter un projet de création de centre de formation aux métiers industriels et de passer la soirée à Figéac. 
Martin Malvy, dans le carré des personnalités, mais au coeur de la place du Vigan, jeudi soir à Albi, avec les supporters d'Emmanuel Macron. / DDM, BD
Malvy au meeting de campagne d'En marche! : 
"Je soutiens Emmanuel Macron"
Le président du Grand Figeac n'est autre que Martin Malvy, ancien président PS de la Région... Malvy était d'ailleurs allé soutenir Macron à Carmaux pendant la présidentielle.
Quant au maire PS de Figeac, André Mellinger, comme Martin Malvy, il est
signataire de l'appel de En Marche à voter Macron au second tour de la présidentielle : le ministre Macron était donc bien en tournée électorale.
Leader mondial de la confiture, Andros, entreprise familiale de l'industrie agroalimentaire française spécialisée dans la transformation de fruits et de laitages, possède notamment les marques Bonne Maman, Biscuiterie Saint-Michel ou encore Mamie Nova.

Le ministre Macron avait déjà fait le coup à Albi

Deux élus centristes expliquent les dessous de la venue d'Emmanuel Macron à Albi, en mai 2017.
Très tôt, deux élus centristes, le député Alliance centriste (parti qu'il dirige, après Jean Arthuis: il s'est associé à La République en marche ) du Tarn Philippe Folliot, soutien déclaré à Emmanuel Macron ! , et le sénateur-maire UDI-UC du Tarn Philippe Bonnecarrère, soutien plus secret (élu avec les voix du RPR, puis de l’UMP, cet centre droit avait annoncé en mars 2017 que, à titre personnel, il voterait Emmanuel Macron), avaient longtemps laissé seulement transparaître leur intention de voter pour le candidat d’En marche !
"Avec Philippe, on avait parlé aux équipes de Macron il y a un mois et demi. On avait proposé une visite à la VOA et ça a fait très vite l’objet d’un consensus. D’abord, pour le symbole : une verrerie créée par Jaurès. Ensuite, parce que c’est une entreprise dynamique qui marche bien, investit, et qui est ouverte sur l’Europe et le monde, donc en totale adéquation avec ce que défend Emmanuel Macron. Enfin, à cause du dialogue social constructif entre les syndicats, notamment la CGT, et la direction, explique Philippe Folliot. Mais on pensait qu’ensuite Emmanuel Macron ferait son dernier meeting de campagne à Toulouse. Le choix d’Albi a été la cerise sur le gâteau, un honneur pour nous et pour la ville qui bénéficie d’une formidable exposition médiatique par ce biais-là."
Etaient notamment présents au meeting de Macron à Albi : 
Carole Delga, ex-ministre de Hollande, présidente du Conseil régional, soutien de Valls puis de Hamon et membre de la direction collégiale du PS, Gérard Bapt, député PS, Françoise Laborde (CSA), Monique Iborra (membre du Parti socialiste, puis de La République en marche !.)... pour la Haute-Garonne. Martin Malvy, Gérard Miquel (sénateur du Lot depuis 1992, proche du lobby agroalimentaire et parrain du candidat En marche Emmanuel Macron pour l'élection présidentielle 2017),... pour le Lot. Thierry Carcenac (sénateur PS et ex-président du Conseil départemental du Tarn, qui, à la mort de l'activiste Rémy Fraisse à Carnac, déclara : "Mourir pour des idées, c’est une chose, mais c’est quand même relativement stupide et bête"), Patrice Gausserand (maire DVD de Gaillac)... pour le Tarn. Philippe Saurel, le maire PS de Montpellier (soutien à la candidature d'Emmanuel Macron en 2017) , ainsi que le maire LREM de Rodez, Christian Teyssèdre, ex-socialiste). 
Mais aussi des élus venus de plus loin, comme le sénateur PRG Jacques Mézard, président du groupe RDSE, ex-ministre de l'Agriculture de Macron pendant un mois), actuel ministre de la Cohésion des territoires, avait fait le voyage du Cantal, ou le député-maire de Fresnes dans le Val de Marne, Jean-Jacques Bridey, ex-socialiste et président LREM de la Commission de la Défense de l'Assemblée nationale (parce qu'il est directeur technique dans un laboratoire photographique ?).
On peut ajouter au rang des personnalités, Jean-Louis Chauzy, le président du Conseil économique et social de la région Occitanie.

mercredi 14 mars 2018

Bosch Rodez : Bruno Le Maire tiendra-t-il l'engagement que Macron ne respecte pas sur le diesel?

Bosch Rodez subit le contrecoup de la politique gouvernementale d'éradication des moteurs diesel 

Quand le ministre Macron soutenait le diesel que le président condamne...




Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire "s’est engagé à agir", a indiqué l’intersyndicale de l’usine Bosch qui l'a rencontré mercredi à Paris. "Bruno Le Maire a été à l’écoute. Il connaît parfaitement le dossier de Bosch Rodez et abonde dans notre sens," ont commenté les syndicats de l'usine de Onet-le-Château, près de Rodez (Aveyron), qui emploie 1.600 salariés.

Il a compris que les organisations syndicales ne veulent pas négocier sans contrepartie, a déclaré Pascal Raffanel (CFE-CGC), lors d’une conférence de presse. Le ministre "s’est engagé dans les jours à venir à reprendre contact avec le directeur général de Bosch France pour clarifier ce dossier et doit normalement nous apporter des réponses le 22 mars", a précisé P. Raffanel.
Le site aveyronnais de Bosch a fait du diesel sa spécialité en produisant bougies et systèmes d’injection, avec Renault comme principal client. 
Le site aveyronnais a pris le choix de Macron au sérieux ?

Au mois d'août 2016, moins d'un an après la révélation du scandale Volkswagen, Emmanuel Macron était encore ministre de l'Economie. A l'occasion d'une visite des locaux de l'équipementier Bosch à Onet-le-Château, dans l'Aveyron, Macron avait appelé les élus locaux et les membres de la presse de "ne pas faire la guerre au Diesel". Bien évidemment, les "anti-Diesel" avaient immédiatement accusé le ministre de faire passer l'emploi avant la santé publique. Car si Emmanuel Macron militait pour la fin des avantages fiscaux du gazole et pour un rééquilibrage progressif des taxes sur les carburants, il rappelait aussi que le moteur Diesel fait vivre des millions de personnes en France à travers les emplois chez les équipementiers et les constructeurs automobiles.

L’intersyndicale (SUD, CGT, CFE-CGC, CFDT) craint pour l’avenir en raison de la baisse des ventes de véhicules diesel

Or, en septembre 2017, le gouvernement a confirmé une hausse de 10% de la taxe sur le diesel, une promesse de campagne d'Emmanuel Macron que le premier ministre Edouard Philippe avait érigée en priorité lors de son discours de politique générale devant l'Assemblée nationale, en juillet dernier. Europe 1 parlait d'une "baisse d'attractivité du diesel"...

Voiture du Président de la République : Emmanuel Macron en DS 7 Crossback (14 mai 2017).
Macron applaudit au discours anti-diesel de la maire de Paris, mais remonte les Champs Elysées en ...diesel ! En juillet dernier aussi, peu avant son discours, Macron paradait à l'arrière d'une DS 7 Crossback découvrable, exemplaire unique préparé et prêté par DS Automobiles, à son retour de l'Arc de Triomphe et de la tombe du soldat inconnu.

B. Le Maire a prévenu l’intersyndicale que "l’Etat n’ira pas sur une activité partielle qui lui coûte relativement cher s’il n’y a pas un projet industriel pour le site de Rodez”, selon le représentant de la CFE-CGC.  Or, début mars, la direction de l’usine avait annoncé son intention de recourir à l’activité partielle de 2018 à 2021, avec gel des salaires en 2018-19, pour éviter une baisse des effectifs. 

Le ministre a jugé "indispensable" une "diversification de l’usine" 
Le Maire "propose un comité de suivi où il serait présent avec les organisations syndicales, les élus locaux pour faire un point sur cette diversification". 
Le ministre a aussi proposé de "“relancer la filière automobile" avec les constructeurs, équipementiers et l’Etat "autour de la table" en mettant “la situation de Bosch Rodez au coeur de la problématique”, a-t-il poursuivi. 

"Les salariés sont de plus en plus inquiets” et “la colère monte", a déclaré Yannick Anglarès (CGT). Si "l’intersyndicale arrive à calmer" les esprits jusqu’à présent, "les salariés sont de plus en plus demandeurs de rentrer en conflit pour obtenir quelque chose de Bosch. Nous suivrons les salariés dans leurs revendications", a ajouté le représentant du syndicat populiste. 

Les employés de Bosch rassemblés devant la préfecture de Rodez le 26 janvier 2018
Fn janvier, la direction du groupe allemand a proposé d’investir 14 millions d’euros sur le site de Rodez, pour "moderniser" une seule des deux lignes de production d’injecteurs diesel. Mais elle demande en contrepartie, avant avril, l’adhésion des salariés à un accord de compétitivité qui prévoit notamment une baisse du temps de travail.
La direction de l’usine a présenté son projet le 9 mars, en comité d’entreprise extraordinaire, sur fond d’incompréhension de l’intersyndicale qui réclame que l’usine se tourne vers les moteurs essence. Selon le calendrier annoncé, cette modernisation doit commencer au premier trimestre 2019, avec une homologation pour fabriquer des injecteurs dernière génération prévue au 2e trimestre 2019.

Après GM&S dans la Creuse, Whirlpool à Amiens, Tupperware, Peugeot-Japy dans le Doubs ou Castorama détenu par le britannique Kingfisher, ou Vallourec près de Valenciennes et Ford-Blanquefort près de Bordeaux, maintenant Bosch à Rodez dans l'Aveyron
Mais comment ce magicien de Macron fait-il pour faire apparaître une baisse - même légère - du chômage ?