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mercredi 6 mars 2019

La Haut-Commissaire aux droits de l'homme de l'ONU pointe Macron sur les violences policières

L'ONU réclame à Macron une enquête sur "l'usage excessif de la force" contre le mouvement social des Gilets jaunes

Michelle Bachelet, la Haut-Commissaire aux droits de l'homme de l'ONU, a rappelé Macron à la mesure dans le maintien de l'ordre
 
Résultat de recherche d'images pour "Haut-Commissariat aux droits de l'homme de l'ONU"Le HCDH (Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme) s'inquiète des violences policières qui ont marqué les manifestations des Gilets jaunes pour la défense du pouvoir d'achat depuis la mi-novembre, tandis que les prix des carburants continuent de grimper et que près de 8.400 interpellations ont été effectuées depuis le début du mouvement.
Au 15 janvier 2019, en seulement deux mois de mobilisation étaient recensés 94 blessés graves parmi les gilets jaunes et les journalistes, dont 69 par des tirs de lanceurs de balles de défense. Au moins quatorze victimes ont perdu un oeil. Une répression d’un niveau sans précédent ces dernières années en France.

La première, l'Europe a condamné l'usage "disproportionné" de la force par la police. Dans une résolution solennelle, votée le 13 décembre 2018, les députés européens avaient déjà "dénoncé le recours à des interventions violentes et disproportionnées de la part des autorités publiques lors de protestations et de manifestations pacifiques". Le débat autour des violences entre forces de police et Gilets jaunes s'est imposé au parlement européen où les euro-députés ont condamné la France tout en évitant d'appeler à l'interdiction des lanceurs de balles de défense (LBD), mis en cause dans les manifestations des Gilets jaunes.
Les Gilets jaunes manifestent contre "ce qu'ils considèrent comme leur exclusion des droits économiques et de leur participation aux affaires publiques"

Résultat de recherche d'images pour "Haut-Commissariat aux droits de l'homme de l'ONU"C'est ce qu'a fait valoir la Haut-Commissaire Michelle Bachelet dans un discours prononcé devant le Conseil des droits de l'homme à Genève. "Nous encourageons le gouvernement français à poursuivre le dialogue et nous demandons urgemment une enquête approfondie sur tous les cas rapportés d'usage excessif de la force", a-t-elle ajouté.

L'ex-présidente socialiste du Chili a rappelé que "les inégalités touchent tous les pays", soulignant que "même dans des Etats prospères, des gens se sentent exclus des bénéfices du développement et privés de droits économiques et sociaux". En isolant la France parmi les pays prospères, elle a du même coup sévèrement stigmatisé le comportement de la France de Macron, pays riche, à la différence du Soudan, du Zimbabwe et d'Haïti dont elle a également dénoncé les répressions violentes des manifestations.

Les manifestants "réclament un dialogue respectueux et de vraies réformes. 
Et pourtant, dans plusieurs cas, ils sont accueillis par un usage violent et excessif de la force, par des détentions arbitraires, des tortures et même selon certaines informations des exécutions extra-judiciaires", a-t-elle déploré.

Résultat de recherche d'images pour "LBD"

En France, depuis le début du mouvement social incarné par les Gilets jaunes à la mi-novembre, l'Inspection générale de la Police nationale (IGPN) a été saisie d'une centaine de cas d'accusations de violences policières. Plusieurs manifestants affirment avoir été blessés par des tirs de lanceur de balle de défense (LBD), une arme qui suscite de vives controverses en France.
Le LBD est un terme générique, qui définit les armes non létales (à plus de 25m) lançant des balles en caoutchouc, aussi appelées "gomme-cogne".
Les premières armes de ce type ont été inventées dans les années 1990. Leur usage a été étendu aux policiers de la BAC (Brigade anti-criminalité) en 1995, puis en 2000 aux policiers de proximité.
Le LBD 40 est un fusil qui se porte à l’épaule, car muni d’un viseur, et dispose d’une
portée plus longue pour projeter ses balles semi-rigides de calibre 40 mm. Une note datant de 2014, signée par les directeurs de la police et de la gendarmerie, indique que le LBD 40 "permet la neutralisation à distance d’un individu dangereux pour autrui ou lui-même", par un tir avec "un fort pouvoir d’arrêt jusqu’à une distance maximale de 50 mètres, avec des risques lésionnels plus importants en deçà de 10 mètres."

dimanche 3 mars 2019

Matraquage d'un député LFI par la police à Bordeaux, en marge de l'Acte XVI des Gilets jaunes

Des faits que l'AFP qualifie de "graves accusations" : diffamation ?

Un député LFI affirme avoir été matraqué par la police, samedi à Bordeaux, en fin de manifestation

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Le député de La France Insoumise (LFI) Loïc Prud'homme, 49 ans, a affirmé avoir été "matraqué" par la police, lors de l'Acte XVI des Gilets jaunes, le samedi 2 mars. 

Sur les images d'une vidéo, ci-dessous, Loïc Prud'homme montre son oreille gauche sur laquelle on distingue une tache de sang. "Je viens de me faire matraquer par les forces de l'ordre alors que je rentrais tranquillement récupérer mon vélo. Voilà le travail de la police, quand on se replie gentiment, qu'on est député de la République", dit, dans la vidéo, le vice-président du groupe d'amitié France-Cuba à l'Assemblée nationale. 

Le leader du parti d'extrême gauche, Jean-Luc Mélenchon, a réagi très rapidement sur Twitter : "Il faut arrêter cette dérive. Ce n'est plus la France ça".

Dans un autre message sur Twitter,
l'élu de la circonscription de Bègles et Bordeaux indique son intention de faire "un signalement" à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN).

Le préfet Didier Lallement a rapidement répliqué sur le compte Twitter de la préfecture
, en estimant que les forces de l'ordre "ont correctement fait leur travail" lors d'une "manifestation non déclarée, sur un axe interdit par arrêté préfectoral et après sommations". 
"Je les soutiens totalement", écrit le représentant de Castaner en Gironde, acceptant implicitement que le sang puisse être versé. 

Des propos jugés "scandaleux" par l'élu, un technicien à l'INRA,
Institut national de recherche agronomique.

LFI demande la démission de Castaner 

L’image contient peut-être : 6 personnes, personnes souriantes, personnes debout et plein air
Dans la foulée, La France Insoumise a affirmé dans un communiqué que Loïc Prud'homme avait été matraqué "en toute impunité" par "des policiers", alors qu'il "partait pacifiquement de la manifestation". "Ils l'ont fait consciemment après avoir reconnu la fonction de Loïc", a-t-il dénoncé. 

"Frapper un député symbolise la dérive autoritaire actuelle". "Nous demandons immédiatement la démission de M. Castaner, ainsi que des excuses et l'ouverture d'une enquête de l'IGPN"

"J'ai sorti ma carte de député pour signaler qui j'étais et j'ai pris une volée de matraque, ainsi que mon ami", a ajouté le député LFI, successeur de Noël Mamère en Gironde, au micro de Cnews. 
Le représentant de la nation dénonce "une doctrine de maintien de l'ordre absolument intenable" et "une dérive autoritaire". 

Résultat de recherche d'images pour "loic prud'homme melenchon"
En revanche, avec vingt autres de ses semblables, ce député radical milite pour le vote d'un impôt supplémentaire avec l'instauration d'une taxe sur le sel : le retour de la gabelle !

La capitale girondine reste un bastion des Gilets jaunes du samedi, du fait de la fermeture annoncée de l'usine Ford de Blanquefort et de l'emprise communiste, puis écologiste sur Bègles, avec 4.000 personnes mobilisées - autant qu'à Paris, si on en croit les chiffres de Castaner - pour cet acte 16 contre 3.500 samedi dernier, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur. Un pic à 6.000 personnes avait été enregistré mi-janvier, selon la préfecture.

dimanche 9 octobre 2016

Les CRS refusent d'être matraqués d'impôts



L'augmentation d'impôt dont les CRS ne veulent pas

La Cour des comptes dénonce la défiscalisation d'une indemnité journalière de transport versée aux forces mobiles de maintien de l'ordre.
Des activistes en état de guerre contre les CRS à Nantes,
lors d'une manifestation contre le projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes
La prime d'absence des CRS en mission dérange les ronds de cuir de la Cour, alors que l'"état d'urgence" a été décrété et plusieurs fois prorogé. Elle peut monter jusqu'à 8.000 euros par an, mais peut se réduire à beaucoup moins et être versée avec retard et les syndicats de policiers ne veulent pas payer davantage d'impôts.
Le ras-le-bol fiscal atteint donc aussi la police. Les forces mobiles de maintien de l'ordre, très sollicitées dernièrement entre les manifestations contre la loi Travail et les mesures de sécurité pour prévenir de nouveaux attentats, craignent que leur indemnité journalière d'absence temporaire (Ijat), soit soumise à l'impôt, alors que ce n'est pas le cas jusqu'à présent. 

Les magistrats de la Cour des Comptes n'ont aucune reconnaissance

L'Ijat est une somme de 37 euros touchée chaque jour d'absence loin du domicile. En année exceptionnelle comme celle qui vient de s'écouler, elle peut dépasser les 7.000 euros. Une jolie prime qui, en période d'état d'urgence prolongé compense des salaires qui tournent autour de 2.000 euros net mensuels. 
Mais la Cour des comptes critique depuis plusieurs années sa défiscalisation, qui n'est fondée sur aucun texte légal. C'est donc une niche fiscale à supprimer pour le bien des comptes publics. Selon les syndicats de police, il y a désormais une "volonté de Bercy" de fiscaliser l'Ijat. Le gouvernement n'a pourtant aucun sens de l'équité puisqu'il maintient les privilèges fiscaux des journalistes.
Lien PaSiDupes

Alliance, premier syndicat de gardiens de la paix, juge la "mesure inacceptable"

"Nos collègues CRS attendaient davantage de reconnaissance de l'Etat en rapport à leur engagement sans faille plutôt que de leur ponctionner du pouvoir d'achat". Le syndicat menace "d'actions de grande envergure" en cas de fiscalisation. 

"C'est inadmissible", tonne Nicolas Comte pour Unité SGP-police FO (second syndicat) "à l'heure où les CRS sont absents deux cents jours par an" car "en déplacement". "Un mouvement dur se met en place", annonce-t-il. 

Le gouvernement tente de rassurer ses soutiens maltraités
La perspective d'un mouvement social parmi les forces de l'ordre tombe mal pour le gouvernement, qui avait promis en mai de faire passer l'indemnité de 35 euros à 37 euros pour les encourager. La Cour des Comptes reprend d'une main ce que l'Etat donne de l'autre... D'autant que François Hollande annonce en parallèle une baisse d'impôts pour les ménages. 

Au premier janvier 2017, l'Ijat devait même monter à 39 euros, conformément à une promesse datant de 2015. Toute fiscalisation contraindrait donc le gouvernement à trouver une autre mesure pour préserver le pouvoir d'achat des policiers et l'équilibre du budget de l'Etat. 
Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, s'est aussitôt porté en défense de ses troupes ce jeudi pour annoncer que l'Ijat ne sera pas fiscalisée, et qu'une solution pour la régulariser juridiquement serait trouvée.
Quand la menace facilite le dialogue...