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mercredi 28 février 2018

Centrale nucléaire de Cattenom: de la prison pour les activistes de Greenpeace infiltrés

De cinq mois de prison avec sursis à deux mois ferme

Huit militants de Greenpeace ont été condamnés mardi 

pour s'être introduits sur le site de la centrale nucléaire de Cattenom (Moselle) en octobre.

"On est déçus, parce que c'est la première fois que des militants de Greenpeace sont condamnés à de la prison ferme", a réagi Jean-François Julliard, le directeur général de l'ONG, organisation supranationale illégiltime, également poursuivie et condamnée à une amende de 20.000 euros.

Seuls  deux activistes récidivistes  ont écopé de deux mois de prison ferme : ils avaient déjà été condamnés dans le passé pour s'être introduits sur des sites nucléaires.
Les six autres, ainsi que le responsable de la campagne nucléaire de l'ONG écologiste, Yannick Rousselet, poursuivi pour complicité, ont été condamnés à cinq mois de prison avec sursis.

Le Parquet avait requis des peines de six mois avec sursis et six mois ferme, ainsi qu'une amende de 50.000 euros à l'encontre de Greenpeace.
Le tribunal a ordonné par ailleurs une expertise pour évaluer le préjudice matériel, estimé à plus de 200.000 euros par EDF et demandé aux prévenus de verser une provision de 20.000 euros. Il a en outre alloué 50.000 euros au titre du préjudice moral à EDF, qui en avait réclamé 500.000.

L'ONG se croit au-dessus des lois

"C'est particulièrement injuste pour des personnes qui n'ont fait que lancer l'alerte sur un risque nucléaire", a estimé J.-F. Julliard, annonçant qu'ils vont tous faire appel.
"On est des lanceurs d'alerte avant tout," avaient argué les activistes, mais pour la procureure, Christelle Dumont, "Greenpeace a franchi la bande rouge".
"Jugez ces faits, de grâce, pour ce qu'ils sont: le franchissement d'une clôture et de deux grillages", a banalisé l'avocat de la défense, Alexandre Faro, ci-contre.
Sourd à la responsabilité de ses clients qui, par leur action physique, signalent la vulnérabilité des installations au terrorisme.
"Ils se battent pour des idées"a-t-il pourtant prétendu. Et de conclure : "Ca ne mérite pas de la prison ferme". 

"J'assume ma responsabilité individuelle", avait en revanche lancé auparavant Coralie, à la barre.
La militante de 28 ans a rechigné à détailler la préparation de l'action, comme les six autres prévenus, deux femmes et quatre hommes, âgés de 28 à 58 ans. Un militant était absent, "en mer sur la flotte Greenpeace", selon Me Faro.
"On a seulement choisi le chemin le plus court pour arriver le plus vite. Malheureusement, ce n'est pas très sorcier", a souligné Coralie, montrant en quelque sorte le chemin aux djihadistes.
Poursuivis pour "intrusion en réunion et avec dégradation dans l'enceinte d'une installation civile abritant des matières nucléaires", les huit activistes encouraient cinq ans d'emprisonnement et 75.000 euros d'amende.

Une action commando

Le 12 octobre, à l'aube, les huit activistes de Greenpeace avaient été interpellés après avoir fait intrusion dans la centrale pour alerter sur la vulnérabilité des sites nucléaires.
Ils disent avoir tiré un feu d'artifice tout près du bâtiment abritant la piscine à combustibles. La préfecture de Moselle et EDF avaient assuré que les militants n'avaient pas accédé à la zone nucléaire.

"On a agi de manière collective. On n'avait pas de rôles précis; on était tous interchangeables", a ajouté un autre militant, Clément.
"Si j'ai choisi cette action, c'est pour dénoncer un sujet grave. Greenpeace assume notre action car elle est légitime, non-violente. On est des lanceurs d'alerte", a aussi déclaré, Anne-Fleur, répétant le même élément de langage.

"Vous êtes là pour le passage à l'acte (qui vous) engage pénalement, pas le motif", a répliqué la procureure, Christelle Dumont.

'Greenpeace assume' ses actes commis en toute illégalité

Image associée
Greenpeace descend de la tribune dans l'hémicycle
de l'Assemblée nationale, le 2 décembre 2009 
"Greenpeace assume l'organisation, la mise en oeuvre et la communication de cette action", a affirmé à la barre Jean-François Julliard.
"Mener une action illégale comme celle-ci n'est pas dans l'objet de notre association, mais notre devoir de lanceur d'alerte" oblige "à trouver le moyen de créer un débat public", a-t-il argumenté.

Après une nouvelle intrusion de Greenpeace sur le site nucléaire de Cruas-Meysse (Ardèche) en novembre, une commission d'enquête parlementaire sur "la sûreté et la sécurité des installations nucléaires" a été créée.
"On a affaire à des militants qui font à leur niveau la guerre", a plaidé pour sa part l'avocat d'EDF, Me Thibault de Montbrial.

"On a aujourd'hui des militants sains et saufs. Jusqu'au jour où...", a averti pour sa part le directeur de la centrale de Cattenom, Thierry Rosso.

samedi 17 septembre 2016

Les donneurs d'alerte maltraités par les media lors de la panique à l'église du 1er arrondissement de Paris

Une fausse alerte attentat déclenche une vaste opération de police à Paris

La préfecture de police a levé l'alerte de l'application gouvernementale SAIP qui annonçait un attentat dans le 1er arrondissement de Paris. 

Les citoyens vigilants accusés d'avoir donné une fausse alerte. 

Samedi 17 septembre, peu après 16 heures, une alerte attentat a été déclenchée dans le 1er arrondissement de Paris par l'application SAIP, le système d'alerte et d'information des populations, mis entre les mains des particuliers, pour les impliquer dans la lutte anti-terroriste. 
Un important déploiement des forces de l'ordre s'est alors immédiatement mis en place autour de l'Église Saint-Leu, située dans la rue Saint-Denis, dans le quartier Étienne-Marcel. Après 45 minutes de tension intense, la préfecture de police a finalement levé l'alerte, assurant qu'"aucun danger" n'était à signaler.


La panique est née après que des "personnes" sont sorties de l'Église Saint-Leu en courant, pour une raison toujours indéterminée. Les vigiles, ultra prudents, selon RTL, ont alors pensé approprié de fermer les portes. Envisageant le pire à l'extérieur, des passants responsables ont prévenu la police. Le quartier a "très rapidement" (élément de langage classique dans la presse) été bouclé. La BRI, le GIGN, les CRS et un hélicoptère ont été immédiatement mobilisés.

Moins d'une heure plus tard, la préfecture de Police a mis un terme à l'angoisse et à la peur avec un tweet confirmant qu'"aucun danger [n'est] à signaler dans le quartier Étienne-Marcel dans le 1er arrondissement", mettant fin aux rumeurs de prise d'otages qui agitaient les réseaux sociaux. 
Le ministère de l'Intérieur a confirmé par communiqué que l'opération de police dans l'église était bien consécutive à une fausse alerte, ajoutant que "les circonstances qui ont mené à cette intervention restent à déterminer avec précision".
Paris 1er - Fin de l'intervention des forces de l'ordre - Levée de doute effectuée, aucun danger à signaler
L'application SAIP est-elle bien au point ?

Pointée pour son manque de réactivité après l'attentat à Nice le 14 juillet - pour avoir informé la population près de deux heures après la tragédie - l'application SAIP s'est montrée cette fois  hyper-réactive  à Paris. 
Le principe de précaution est une grande et belle idée aux conséquences parfois inappropriées.

Le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Pierre-Henry Brandet, a défendu le dispositif. 
"Tant que la levée de doutes n'a pas été effectuée, il est essentiel que l'on puisse donner les informations à la population et que les forces de l'ordre puissent effectuer les vérifications nécessaires", a estimé le planton, lequel ne semble pas avoir de vie privée, tant il passe de temps à la télévision

"Certains", selon RTL, s'interrogent "déjà" (après Nice, il y a deux mois !) sur la fiabilité de l'application
Elle a officialisé un attentat qui n'existait pas, et demandent, a minima, à ce que - ou, en français, "demandent que" -  les termes utilisés dans les notifications soient plus mesurés.

Selon des captures, l'application indiquait explicitement une intervention "suite à un attentat". https://twitter.com/szadkowski_m/status/777161927105601536 
@HenriRouillier oui, la phrase était : "Intervention en cours des forces de l'ordre et de secours suite à un attentat"

@Alex_Rousset non. Cela diffuse 1 fausse info sur un "attentat" qui n'existe pas. Mvmt de panique s'ensuit. C'est plus qu'inutile: dangereux
@Alex_Rousset il faut au minimum revoir les termes choisis et la manière dont l'information circule.
BFMTV ne tacle pas l'application gouvernementale, vous imaginez bien. 

Passons peut-être sur le sensationnalisme de BFMTV
"La confusion et l'angoisse - notamment sur les réseaux sociaux - ont régné dans le centre de Paris ce samedi après-midi, quand une importante intervention policière ["très importante", plus loin] s'est déroulée au coeur de la capitale, autour de l'église Saint-Leu." "De quoi remémorer d'horribles images, sur fond de menace terroriste, près de 10 mois après les attentats du 13-novembre. Pour rien." "Sur place, les gens fuient en courant, certaines trouvent refuge dans des commerces."

Citée par BFMTV, la journaliste Julia Pascual, qui s'émerveille du bon fonctionnement de l'appli gouvernementale, travaille pour Le Monde, journal officieux du PS.
Selon les informations de BFMTV, rien à dire de l'appli... "Tout aurait commencé par une fidèle de l'église Saint-Leu, surprise de voir des jeunes "courir" à l'extérieur du bâtiment. Dans un contexte de menace terroriste pesant, et près de deux mois après l'assassinat du père Jacques Hamel lors de l'attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray, la fidèle parisienne se serait alors sentie "attaquée", demandant ensuite à tout le monde de se cacher à l'intérieur et de fermer les portes. Une vraie psychose." A l'antenne, l'accusée est dite "paniquée".

Jérémy Maccaud (BFMTV) termine, comme il convient, par des louanges à Cazeneuve. "L'occasion, pour le ministre de l'Intérieur, de saluer également "la grande réactivité des forces de l'ordre et leur très grand professionnalisme en toutes circonstances, au service de la sécurité des Français", alors que le locataire de Beauvau est en week-end.

La chaîne d'information télévisée en continu préfère mettre en cause les citoyens
impliqués dans l'action du gouvernement qui, comme en cas d'enlèvement d'enfant, met la population à contribution. Mais quand il faut mettre les réseaux sociaux en accusation, on trouve BFMTV, demi-soeur de Libération. 
Or, BFMTV est cet organe de presse qui avait mis en danger la vie des otages de l'hyper-casher de la porte de Vincennes en révélant pendant le drame de janvier 2015 que l’un d’eux se cachait dans la chambre froide.
"Dans un souci d’apaisement, BFM-TV souhaite réitérer ses plus vifs regrets pour avoir diffusé cette information qui a constitué une faute et aurait pu avoir des conséquences dramatiques pour la vie, l’intégrité et la sécurité des otages". Et pourtant les plaignants ont dû retirer leur plainte sous la pression. 
La divulgation de cette information sensible constituait le principal reproche des six ex-otages dans leur plainte contre X pour mise en danger de la vie d’autrui à la fin de mars, qui avait déclenché l’ouverture d’une enquête préliminaire au Parquet de Paris. La chaîne versera 60.000 euros au Fonds social juif unifié, pour le soutien des victimes de terrorisme.
C'est aussi BFMTV qui fait appel aux vidéos amateurs pour meubler son information à moindre coût (tout en taxant ses lecteurs pour ses articles copiés-collés d'agences de presse) et rester devant ses ordinateurs et téléphones en attente tranquille d'information.  
Cette fausse alerte tombe à pic pour donner de la substance aux propos du premier ministre 
Selon Manuel Valls, la menace terroriste est "maximale" en France, touchée depuis 2015 par une série d'attentats, qui ont fait 238 morts. Le 26 juillet, un prêtre avait été assassiné en pleine prière dans son église de Saint-Etienne-du-Rouvray, près de Rouen, par deux jeunes djihadistes français. 

Attentat de Nice: l'application avait lancé ses notifications 3 heures après l’attaque

"Abritez-vous", "ne vous exposez pas". Il est 1h34, jeudi 15 juillet, lorsque l'application SAIP envoie son alerte. Lancée pour l'Euro 2016 de football (10 juin-10 juillet), cette application "alerte attentat", baptisée "Système d'alerte et d'information des populations" (SAIP), a pour objet de "prévenir dans les 15 minutes" les populations "en cas de suspicion d'attentat ou d'événement exceptionnel" relatif à une "crise majeure". Mais l'application s'est déclenchée près de trois heures après carnage perpétré par le camion lancé sur la Promenade des Anglais, à Nice où plus de 100.000 personnes étaient présentes pour les festivités de la Fête nationale.
Une fois déclenchée, la notification faisait état d'une "intervention en cours des forces de l'ordre et de secours suite à un attentat" sur la promenade des Anglais à Nice. Quelques heures plus tôt, un "homme", selon les informations de l'AFP - en fait un assassin - avait fauché des centaines de personnes. 84 d'entre elles sont décédées, une cinquantaine d'autres sont hospitalisées en état d'urgence absolue.

Le ministre de l'Intérieur avait convoqué les responsables de l'application
pour qu'ils rendent compte du manque de réactivité de l'application qui, faute d'instantanéité, s'est avérée strictement inutile.


samedi 5 décembre 2015

Fraude fiscale: le vertueux Hollande veut payer les dénonciateurs

Retour à la "période la plus sombre de notre Histoire" ?

Corbeaux, balances ou héros modernes 
s'interroge toutefois la presse éthique !
"Les murs ont des oreilles," 
disait-on pendant l'occupation nazie

Les socialistes pousseraient les Français à dénoncer leurs concitoyens en appâtant les mouchards avec de l'argent. Pour susciter des vocations de délateurs, que Le Point appelle des "aviseurs" (car ils seraient mieux avisés que d'autres ?) Valls veut leur donner un peu pour prélever beaucoup. 
Le Monde ou Le Point désigne le tentateur sous le nom de "Bercy", monstre anonyme et froid. Le premier, peu porté sur la morale, note avec un superbe légèreté que "l’information risque de ne pas passer inaperçue chez les contribuables français" !...
"Le ministère des Finances envisage de rémunérer les personnes fournissant des informations sur les fraudeurs fiscaux", selon des informations parues samedi 5 décembre dans Le Parisien, écrit Le Monde, sans états d'âme. Ainsi, le journal officieux du PS n'en aurait rien su ou aurait retenu l'information aussi longtemps qu'elle n'aurait pas fuité. 
Et parce que le patron de Bercy tient ainsi à garder l'anonymat, la presse à genoux ne mentionne ni Michel Sapin, le ministre des Finances et des Comptes publics depuis le 2 avril 2014, ni le ministre délégué chargé du Budget, Christian Eckert. Pour ses bons et loyaux services militants, cette source secrète a-t-elle été rémunérée, au nom de la morale laïque ? 


Tous les moyens sont bons aux socialistes
Ces réformistes exemplaires présentent comme une avancée l'organisation de la délation entre Français: les enfants pourraient faire chanter ou dénoncer leurs parents et les époux, leur conjoint ! 
Le fisc français souhaite en effet être bientôt autorisé à rémunérer ses "indics" et le ministère des Finances planche sur un texte visant à introduire cette possibilité en les intéressant directement aux redressements fiscaux dont ils sont à l'origine. Ils perdraient donc leur âme en permettant à l'Etat de récupérer des milliards d'euros, mais ils recevraient l'estime de Hollande, Valls et Macron: ça n'a pas de prix ?"

"C’est à l’étude", a finalement avoué M. Sapin, le ministre des Finances


Révélant implicitement au passage que le projet est très avancé, Michel Sapin précise en outre comment devront être rétribuées les corbeaux fournissant des informations conduisant sur des redressements fiscaux :
"en pourcentage [du montant global récupéré par le fisc] non, mais une rémunération [forfaitaire] oui. Tout ça doit être calé en termes de procédures."

Le Parisien avance même une date de lancement de ce projet qui pourrait être présenté au parlement dès le "printemps prochain" dans le cadre de la loi Sapin 2.

Il indique aussi que si la pratique a pu exister en France dans le passé, elle avait été suspendue il y a dix ans. En 2005, le ministre qui avait mis un terme à cette pratique était Jean-François Copé. Christian Sautter (PS), qui était son prédécesseur, dans le gouvernement Jospin, approuve-t-il ?

Auteur d’une proposition de loi relative à la protection
des "lanceurs 
d’alerte", comme les baptise hypocritement Bercy dans un improbable amalgame, le député socialiste Yann Galut fait part au Parisien de son inquiétude :

"encourager les personnes à déclarer contre rémunération, c’est prendre le risque de créer de fausses alertes. Les indics ne doivent pas se transformer en chasseurs de primes."
Le danger grandit que la pratique soit étendue aux mal-pensants de tout poil: l'état d'urgence que Valls veut étendre de trois à six mois ne suffit-il donc pas à une prise de conscience citoyenne des menaces qui se multiplient contre la démocratie ? 

Les assassinats islamistes de masse n'auront pas suffi à mettre au point mort les projets scélérats de l'exécutif en matière fiscale. Que faut-il encore pour y mettre un point d'arrêt, si les authentiques lanceurs d'alerte sont si peu vigilants et réactifs ?
Reste aux électeurs à participer aux scrutins des régionales et à voter pour des listes républicaines.