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lundi 19 septembre 2016

Fausse alerte attentat de Paris: deux "adolescents" assument un "canular"

Ces hackers insaisissables sont-ils des nôtres ?

Une fausse alerte attentat a provoqué une opération antiterroriste surdimensionnée dans le centre de Paris samedi après-midi

Cette fausse alerte est tout sauf un canular potache:
c'est un acte militant de déstabilisation et de subversion,
visant des Chrétiens en épargnants des musulmans
De deux olibrius, L'Obs fait des vedettes, les présentant comme deux adolescents de génie qui assument leur canular comme un exploit. De futures recrues de Xavier Niel ? Du côté des enquêteurs, qui n'ont aucun sens de l'humour, on confirme néanmoins que la thèse de l'acte malveillant est privilégiée. La fausse alerte attentat a suscité de la peur samedi et a déclenché une vaste opération de police dans le 1er arrondissement de Paris, et a un coût.

Les auteurs de la fausse alerte fanfaronnaient sur Facebook
Dès la fin d'après-midi de samedi, les pseudos "ados" ou ados demeurés se sont vantés de leur malveillance sur leurs page Facebook : "J'ai fait déplacé des hélico, le gouvernement, 50 voiture de flics (sic)". 


 - Capture écran / Facebook
Une heure avant l'envoi de l'alerte - via l'application gouvernementale SAIP - celui qu'on peut 'liker' sur Facebook sous le pseudonyme de 'Tylers Swatting' annonçait : "Dans 10 minutes, je swatt l'église". Autant d'éléments qui n'ont pas fait renoncer L'Obs à la glorification des deux militants admirateurs d'Ulcan.  

Sur son site, L'Obs a donné la parole aux deux crétins qui revendiquent le coup de fil à l'origine de la fausse alerte. Les deux "plaisantins", selon l'AFP, elle-même très responsable, prétendent avoir 16 et 17 ans. 
Des âges qui ne sont pas affichés par hasard, puisqu'ils ne peuvent ré-ouvrir le débat sur la majorité pénale des moins de 16 ans: le code pénal pose le principe de l'irresponsabilité pénale absolue des enfants de moins de quinze ans. Mais, du même coup, les deux ostrogoths se déclarent mineurs de 18 ans capables de discernement. Les mineurs capables de discernement sont pénalement responsables des crimes, délits ou contraventions dont ils ont été reconnus coupables, dans des conditions protectrices fixées par une loi particulière. De 16 à 18 ans, les délinquants multirécidivistes se voient refuser automatiquement l'excuse atténuante de minorité.
Or, les premiers appels de ce type par les deux acolytes remontent à trois ans, alors qu'à les croire, ils avaient donc 13 et 14 ans.
Sur les réseaux sociaux, ils sont connus sous les pseudos "Tylers Swatting" et "Zakhaev Yamaha", précise L'Obs, sans doute désireux de faire leur promotion. "Le projet initial était de 'swatter' une mosquée mais, après Saint-Etienne-du-Rouvray, on s'est dit que ça marcherait mieux avec une église", racontent-ils au média. 
Pourtant, Imran Zakhaev était un trafiquant d'armes russe, un ultranationaliste et un terroriste. Son fils, Viktor Zakhaevest est animé par l'idée de rétablir le régime communiste en Russie. Mais ce sont les héros du... quatrième jeu de la série Call of Duty, un jeu de tir à la première personne sorti en novembre 2007 et le premier de la série Modern Warfare !
Quant à "Yamaha" évoque un certain Hocine, supporter du CRB et de l'équipe nationale, véritable figure du football algérien, assassiné par balles, il y a 20 ans, ce qui décrédibilise l'âge des deux acolytes.
Le "swatting" consiste à signaler un événement imaginaire pour provoquer l'intervention de la police à un endroit spécifique, ou à accuser une personne de crimes inventés pour provoquer son arrestation. La pratique, qui fait fureur aux Etats-Unis, est désignée d'après le nom des unités d'intervention de la police américaine, le SWAT. De nombreuses personnalités en ont fait les frais : Justin Bieber, Rihanna, Tom Cruise et d'autres, ont ainsi pu voir débarquer chez eux des policiers en tenue combat, armes au poing, prêts à mettre fin à une fausse prise d'otage ou à une fausse fusillade.
Admirateurs du franco-israélien Ulcan

Samedi, vers 15h30, les deux jeunes hackers appellent la police et se font passer pour le "père Mathis". "J'ai dit que j'étais caché dans la cave et que dix maghrébins étaient rentrés avec des armes dans l'église", rapporte L'Obs. Pour prouver ce qu'ils avancent, ils ont fait écouter aux journalistes de l'hebdomadaire l'enregistrement de leur conversation avec les policiers. France Info avance qu'ils auraient réussi une manipulation technique permettant de faire croire que l'appel provenait de la ligne de téléphone fixe de l'église.

Se disant admirateurs du hacker Ulcan, les deux demeurés assurent avoir réalisé le canular pour la gloire. "On a fait ça pour le buzz. Si les gens ont eu peur, c'est leur problème", commentent les deux minus habens. 
Le hacker Ulcan est le franco-israélien sioniste Grégory Chelli, qui est l'objet de deux informations judiciaires ouvertes en France pour de nombreux chefs d'accusation, dont "attaques informatiques", "violences volontaires" et "atteinte à la vie privée". En 2015, dans un entretien à la chaîne israélienne i24news, il démentit toute responsabilité dans les derniers "canulars", notamment ceux qui ont provoqué des interventions du Raid aux domiciles des journalistes Daniel Schneidermann (Arrêt sur images), Pierre Haski (site d'informations Rue89 détenu par L'Obs) et Denis Sieffert (directeur trotskiste, anti-libéral et altermondialiste de la rédaction de l'hebdomadaire Politis). Il nia aussi avoir menacé de mort le patron d'Orange, Stéphane Richard.
Et ils s'en vantent sur les réseaux sociaux. 
"J'ai fait le pire SWATT, (...) j'suis passer en premier sur twitter, j'suis passer sur periscope, j'suis passer sur facebook, j'suis passer sur BFMTV et 10 journal hihi #églisefuck #flicKO", écrit "Tylers Swatting" sur sa page Facebook, fautes d'orthographes et de grammaire comprises. La page était inaccessible lundi matin. Gloire éphémère relayée par L'Obs.

La police ne leur fait pas peur. Ni l'état d'urgence ?

Les deux hackers sont très sûrs d'eux et n'ont rien à faire de la bouche de Valls tordue par la colère sur tous les écrans, escorté de son petit croque-mort de l'Intérieur. "On n'est pas traçable, on utilise des serveurs cryptés. On est à moins de deux heures de Paris; on a pas peur de la police", assurent les héros de L'Obs.

"Comportements totalement irresponsables"
"Ce sont des personnes qui ont vraisemblablement voulu faire le buzz. Reste à les trouver, ce qui peut demander du temps", a repris une source policière qui prend ses informations à L'Obs. Si l'enquête confirme que des hackers sont derrière cette action, "ce sont des comportements totalement irresponsables", a grondé Pierre-Henry Brandet, porte-parole du ministère de l'Intérieur. "Ils le sont plus encore dans le contexte de menace terroriste actuel: c'est prendre sciemment le risque de détourner les forces de sécurité et de secours de véritables cas d'urgence, et de mettre en péril la vie d'autres personnes", a commenté le factotum rond et mou de l'impressionnant Cazeneuve.

Le Parquet de Paris a ouvert une enquête pour "dénonciation de crime imaginaire" et "divulgation de fausses informations afin de faire croire à une destruction dangereuse", a-t-on appris de source judiciaire. "Les enquêteurs cherchent à déterminer les conditions dans lesquelles cette alerte a été donnée et s'orientent vers une fausse alerte malveillante", a déclaré la même source anonyme.

Scènes de panique à Paris

C'est un appel à la police, à 15h39, donnant l'alerte sur une possible prise d'otages en cours à l'église St-Leu, située dans le quartier des Halles, qui a déclenché cette vaste opération de police, avec intervention de la Brigade de recherche et d'intervention (BRI), avait indiqué samedi le porte-parole du ministère de l'Intérieur. Le secteur avait été bouclé et des habitants évacués ou confinés.
  
Via l'application mobile SAIP pour smartphone (Système d'alerte et d'information aux populations) du ministère de l'Intérieur, les autorités gouvernementales avaient publié un message "église - alerte attentat". L'hypersensibilité du système et la formulation de ce message sont critiqués, car pour beaucoup elle donnait à croire qu'un attentat était réellement en cours. Mais rappelons aux journalistes qui colportent des approximations que le dispositif SAIP -qui met à contribution les citoyens- a pour objet de "prévenir dans les 15 minutes" les populations "en cas de suspicion d'attentat ou d'événement exceptionnel." Il serait indécent de leur demander en plus de savoir apprécier à chaud s'il est ou non en présence d'une "crise majeure". Ce sont ces mêmes journalistes qui sollicitent l'envoi de vidéos d'amateurs pour meubler leurs antennes à moindre frais, tout en taxant l'accès à leurs sites internet... 

Avant que l'alerte ne soit levée après quarante-cinq minutes, l'alerte attentat et l'opération anti-terroriste des forces de l'ordre qui en a résulté interpellent d'autant plus  la population sur sa sécurité qu'une autre alerte a été lancée à la cathédrale de Saint-Etienne, le lendemain, dimanche 16, en plein "état d'urgence".

samedi 17 septembre 2016

Les donneurs d'alerte maltraités par les media lors de la panique à l'église du 1er arrondissement de Paris

Une fausse alerte attentat déclenche une vaste opération de police à Paris

La préfecture de police a levé l'alerte de l'application gouvernementale SAIP qui annonçait un attentat dans le 1er arrondissement de Paris. 

Les citoyens vigilants accusés d'avoir donné une fausse alerte. 

Samedi 17 septembre, peu après 16 heures, une alerte attentat a été déclenchée dans le 1er arrondissement de Paris par l'application SAIP, le système d'alerte et d'information des populations, mis entre les mains des particuliers, pour les impliquer dans la lutte anti-terroriste. 
Un important déploiement des forces de l'ordre s'est alors immédiatement mis en place autour de l'Église Saint-Leu, située dans la rue Saint-Denis, dans le quartier Étienne-Marcel. Après 45 minutes de tension intense, la préfecture de police a finalement levé l'alerte, assurant qu'"aucun danger" n'était à signaler.


La panique est née après que des "personnes" sont sorties de l'Église Saint-Leu en courant, pour une raison toujours indéterminée. Les vigiles, ultra prudents, selon RTL, ont alors pensé approprié de fermer les portes. Envisageant le pire à l'extérieur, des passants responsables ont prévenu la police. Le quartier a "très rapidement" (élément de langage classique dans la presse) été bouclé. La BRI, le GIGN, les CRS et un hélicoptère ont été immédiatement mobilisés.

Moins d'une heure plus tard, la préfecture de Police a mis un terme à l'angoisse et à la peur avec un tweet confirmant qu'"aucun danger [n'est] à signaler dans le quartier Étienne-Marcel dans le 1er arrondissement", mettant fin aux rumeurs de prise d'otages qui agitaient les réseaux sociaux. 
Le ministère de l'Intérieur a confirmé par communiqué que l'opération de police dans l'église était bien consécutive à une fausse alerte, ajoutant que "les circonstances qui ont mené à cette intervention restent à déterminer avec précision".
Paris 1er - Fin de l'intervention des forces de l'ordre - Levée de doute effectuée, aucun danger à signaler
L'application SAIP est-elle bien au point ?

Pointée pour son manque de réactivité après l'attentat à Nice le 14 juillet - pour avoir informé la population près de deux heures après la tragédie - l'application SAIP s'est montrée cette fois  hyper-réactive  à Paris. 
Le principe de précaution est une grande et belle idée aux conséquences parfois inappropriées.

Le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Pierre-Henry Brandet, a défendu le dispositif. 
"Tant que la levée de doutes n'a pas été effectuée, il est essentiel que l'on puisse donner les informations à la population et que les forces de l'ordre puissent effectuer les vérifications nécessaires", a estimé le planton, lequel ne semble pas avoir de vie privée, tant il passe de temps à la télévision

"Certains", selon RTL, s'interrogent "déjà" (après Nice, il y a deux mois !) sur la fiabilité de l'application
Elle a officialisé un attentat qui n'existait pas, et demandent, a minima, à ce que - ou, en français, "demandent que" -  les termes utilisés dans les notifications soient plus mesurés.

Selon des captures, l'application indiquait explicitement une intervention "suite à un attentat". https://twitter.com/szadkowski_m/status/777161927105601536 
@HenriRouillier oui, la phrase était : "Intervention en cours des forces de l'ordre et de secours suite à un attentat"

@Alex_Rousset non. Cela diffuse 1 fausse info sur un "attentat" qui n'existe pas. Mvmt de panique s'ensuit. C'est plus qu'inutile: dangereux
@Alex_Rousset il faut au minimum revoir les termes choisis et la manière dont l'information circule.
BFMTV ne tacle pas l'application gouvernementale, vous imaginez bien. 

Passons peut-être sur le sensationnalisme de BFMTV
"La confusion et l'angoisse - notamment sur les réseaux sociaux - ont régné dans le centre de Paris ce samedi après-midi, quand une importante intervention policière ["très importante", plus loin] s'est déroulée au coeur de la capitale, autour de l'église Saint-Leu." "De quoi remémorer d'horribles images, sur fond de menace terroriste, près de 10 mois après les attentats du 13-novembre. Pour rien." "Sur place, les gens fuient en courant, certaines trouvent refuge dans des commerces."

Citée par BFMTV, la journaliste Julia Pascual, qui s'émerveille du bon fonctionnement de l'appli gouvernementale, travaille pour Le Monde, journal officieux du PS.
Selon les informations de BFMTV, rien à dire de l'appli... "Tout aurait commencé par une fidèle de l'église Saint-Leu, surprise de voir des jeunes "courir" à l'extérieur du bâtiment. Dans un contexte de menace terroriste pesant, et près de deux mois après l'assassinat du père Jacques Hamel lors de l'attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray, la fidèle parisienne se serait alors sentie "attaquée", demandant ensuite à tout le monde de se cacher à l'intérieur et de fermer les portes. Une vraie psychose." A l'antenne, l'accusée est dite "paniquée".

Jérémy Maccaud (BFMTV) termine, comme il convient, par des louanges à Cazeneuve. "L'occasion, pour le ministre de l'Intérieur, de saluer également "la grande réactivité des forces de l'ordre et leur très grand professionnalisme en toutes circonstances, au service de la sécurité des Français", alors que le locataire de Beauvau est en week-end.

La chaîne d'information télévisée en continu préfère mettre en cause les citoyens
impliqués dans l'action du gouvernement qui, comme en cas d'enlèvement d'enfant, met la population à contribution. Mais quand il faut mettre les réseaux sociaux en accusation, on trouve BFMTV, demi-soeur de Libération. 
Or, BFMTV est cet organe de presse qui avait mis en danger la vie des otages de l'hyper-casher de la porte de Vincennes en révélant pendant le drame de janvier 2015 que l’un d’eux se cachait dans la chambre froide.
"Dans un souci d’apaisement, BFM-TV souhaite réitérer ses plus vifs regrets pour avoir diffusé cette information qui a constitué une faute et aurait pu avoir des conséquences dramatiques pour la vie, l’intégrité et la sécurité des otages". Et pourtant les plaignants ont dû retirer leur plainte sous la pression. 
La divulgation de cette information sensible constituait le principal reproche des six ex-otages dans leur plainte contre X pour mise en danger de la vie d’autrui à la fin de mars, qui avait déclenché l’ouverture d’une enquête préliminaire au Parquet de Paris. La chaîne versera 60.000 euros au Fonds social juif unifié, pour le soutien des victimes de terrorisme.
C'est aussi BFMTV qui fait appel aux vidéos amateurs pour meubler son information à moindre coût (tout en taxant ses lecteurs pour ses articles copiés-collés d'agences de presse) et rester devant ses ordinateurs et téléphones en attente tranquille d'information.  
Cette fausse alerte tombe à pic pour donner de la substance aux propos du premier ministre 
Selon Manuel Valls, la menace terroriste est "maximale" en France, touchée depuis 2015 par une série d'attentats, qui ont fait 238 morts. Le 26 juillet, un prêtre avait été assassiné en pleine prière dans son église de Saint-Etienne-du-Rouvray, près de Rouen, par deux jeunes djihadistes français. 

Attentat de Nice: l'application avait lancé ses notifications 3 heures après l’attaque

"Abritez-vous", "ne vous exposez pas". Il est 1h34, jeudi 15 juillet, lorsque l'application SAIP envoie son alerte. Lancée pour l'Euro 2016 de football (10 juin-10 juillet), cette application "alerte attentat", baptisée "Système d'alerte et d'information des populations" (SAIP), a pour objet de "prévenir dans les 15 minutes" les populations "en cas de suspicion d'attentat ou d'événement exceptionnel" relatif à une "crise majeure". Mais l'application s'est déclenchée près de trois heures après carnage perpétré par le camion lancé sur la Promenade des Anglais, à Nice où plus de 100.000 personnes étaient présentes pour les festivités de la Fête nationale.
Une fois déclenchée, la notification faisait état d'une "intervention en cours des forces de l'ordre et de secours suite à un attentat" sur la promenade des Anglais à Nice. Quelques heures plus tôt, un "homme", selon les informations de l'AFP - en fait un assassin - avait fauché des centaines de personnes. 84 d'entre elles sont décédées, une cinquantaine d'autres sont hospitalisées en état d'urgence absolue.

Le ministre de l'Intérieur avait convoqué les responsables de l'application
pour qu'ils rendent compte du manque de réactivité de l'application qui, faute d'instantanéité, s'est avérée strictement inutile.