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mercredi 30 septembre 2015

L‘Eglise de France s'engage contre la campagne gouvernementale sur l'IVG

Le droit de vie et de mort sur le vivant indigne les croyants

Le slogan de la campagne "IVG : mon corps, mon choix, mon droit" ne prend pas en compte la personne humaine sacrifiée
 
Marisol, femme sandwich
La Conférence des évêques de France dénonce "l'approche individualiste du drame de l'avortement",  pour ne pas dire matérialiste et démagogue.
Dans un communiqué signé par Monseigneur Ribadeau Dumas, la Conférence des évêques de France (CEF) laisse peu de place en s'engageant contre la campagne de relance des IVG lancée par la ministre de la Santé Marisol Touraine. "La Conférence des évêques de France (CEF) tient à rappeler son opposition à l'interruption volontaire de grossesse" écrit son porte-parole.

Lancée lundi, cette campagne en faveur du droit à  l'IVG pour tous vise à convaincre du "droit fondamental" à l'avortement. Le gouvernement crée un numéro vert gratuit et anonyme pour informer les femmes sur le recours à l'IVG. La ministre de la Santé s'est faite tatouer un tatouage éphémère pour appuyer son soutien à cette campagne.

La politique-spectacle et 
l'avortement-spectacle sont
les deux mamelles de Touraine
La CEF veut rappeler "l'impérieuse nécessité de ne pas considérer l'avortement comme une anecdote de la vie mais comme un acte grave qui engage et marque bien souvent profondément et durablement les personnes qui le vivent: les femmes mais aussi les hommes et les familles."

La CEF attire aussi l'attention sur ce qu'elle estime comme "des mesures inquiétantes" prises par le gouvernement, parmi lesquelles "l'assouplissement de la délivrance de la contraception d'urgence aux élèves mineures, l'intégration du nombre d'IVG dans les contrats d'objectifs des ARS, l'autorisation pour les centres de santé à pratiquer des IVG, la fin du délai obligatoire".

Un "matraquage idéologique insupportable"

Les évêques citent le pape François dans son encyclique Laudato Si qui écrit: "Puisque tout est lié, la défense de la nature n'est pas compatible non plus avec la justification de l'avortement." (paragraphe 120).

L'Eglise de France prend position contre l'avortement à chaque offensive. La CEF avait déjà protesté vigoureusement en avril dernier contre la "banalisation" de l'avortement qu'impliquait selon elle la loi Santé de Marisol Touraine. La CEF avait notamment souligné que la suppression du délai de réflexion avant une IVG renforce "une conception réduite de la dignité humaine faisant de l'enfant à naître un simple objet dont on doit disposer librement et retirant à la femme enceinte les moyens d'exercice de sa réelle liberté de conscience".

Un viol d'Etat des consciences

La prochaine fois, une ministre
 exhibera son foetus ?
L'abbé Grosjean, prêtre du diocèse de Versailles, fait état d' "une vraie colère dans l'Eglise contre ces contre-vérités assumées par le gouvernement. Le gouvernement prétend informer les femmes, mais passe sous silence la question de la vie de l'enfant, celle de la souffrance de beaucoup de femmes qui ont vécu une IVG, la possibilité d'aides pour celles qui veulent garder leur enfant.

Et le prêtre de dénoncer "un matraquage idéologique insupportable qui vise à neutraliser tout débat et imposer pour évident ce qui ne l'est pas".

L'Eglise catholique reste fermement opposée à l'avortement qui n'est pas de force majeure. Dans le catéchisme catholique publié par Jean-Paul II en 1992, il est précisé que "l'avortement direct, c'est-à-dire voulu comme une fin ou comme un moyen, est une 'pratique infâme' gravement contraire à la loi morale."

Le pape François a autorisé les prêtres à pardonner l'avortement à l'occasion de l'année jubilaire. Dans une lettre rendue publique le 1er septembre, le souverain pontife écrit avoir "décidé, nonobstant toute chose contraire, d'accorder à tous les prêtres, pour l'année jubilaire, la faculté d'absoudre du péché d'avortement tous ceux qui l'ont provoqué, et qui, le cœur repenti, en demandent pardon".
La "théologie de la réconciliation" est-t-elle progrès ou régression ? J'te pardonne, parce que j'suis sympa, et vas-en paix, si tu peux...

mercredi 22 janvier 2014

L'Assemblée élargit encore l'accès à l'IVG

Une situation de "détresse" n'est plus nécessaire

Avorter à sa guise

Les députés français ont nuitament assoupli le droit à l'interruption volontaire de grossesse (IVG) mardi.
L'amendement modifie la loi Veil de 1975 en supprimant la condition de "détresse". Il  remplace le droit à l'avortement pour toute "femme enceinte que son état place en situation de détresse" par "le droit des femmes à choisir ou non de poursuivre une grossesse".

Tous les groupes de gauche ont voté la mesure de même que le groupe UDI (centriste) et celui de l'UMP, à l'exception de quelques-uns de ses membres comme Jean-Frédéric Poisson (UMP), par ailleurs président du Parti chrétien-démocrate (PCD).

La députée Front national Marion Maréchal-Le Pen a également voté contre. "Rouvrir une nouvelle fois le débat douloureux sur cette question est hasardeux", a-t-elle dit.

Plusieurs amendements déposés par des élus UMP, mais non soutenus par le groupe, ont été rejetés qui proposaient par exemple de dérembourser l'IVG.
Une partie de l'UMP a vivement dénoncé l'amendement socialiste, estimant qu'il "banalise" l'IVG et en fait "un droit comme les autres".

Une "Marche pour la vie" a rassemblé 40.000 manifestants anti-avortement  selon les organisateurs  dimanche à Paris.
En Espagne, le gouvernement a décidé de limiter le droit à l'avortement et a déposé un projet de loi dans ce sens: c'était un engagement de campagne de Rajoy.

L'amendement du groupe socialiste a été adopté par le biais de l'examen du projet de loi sur l'égalité entre les femmes et les hommes sur lequel les députés se prononceront mardi prchain par un vote solennel...
Le Sénat, qui a adopté ce texte en première lecture le 18 septembre, devrait procéder à sa deuxième lecture à la fin février ou en avril au lendemain des élections municipales.

Cette facilitation a du mal à passer dans les rangs de l'UMP. 

Au sein de l'opposition, bon nombre de députés défendent le maintien de la notion de "détresse" qui fait de l'IVG une "exception". D'autres souhaitent aller plus loin, à l'image des seize députés qui ont déposé un amendement visant à dérembourser l'IVG. "Si la notion de détresse est supprimée dans la définition de l'interruption volontaire de grossesse, les conditions de remboursement de l'acte par la sécurité sociale ne sont plus remplies", justifient les signataires du texte dans leur exposé des motifs. 

Parmi eux, bon nombre de députés avaient déjà milité contre le "mariage" entre personnes du même sexe, comme celui de la Manche Philippe Gosselin, celui des Côtes d'Armor Marc Le Fur, ou le président du Parti chrétien-démocrate Jean-Frédéric Poisson, premier signataire de l'amendement. "La volonté du gouvernement est de sortir l'avortement du régime dérogatoire pour en faire un droit plein, explique ce dernier. Face à cette banalisation, notre responsabilité est de tout faire pour maintenir le marqueur de l'exception".

Tout en 
rappelant lundi matin sur BFM-TV que l'IVG est un "progrès très important pour les femmes", l'UMP Bruno Le Maire a insisté pour qu' "on ne touche pas à la loi Veil". "Elle ne peut plus supporter de nouvelles divisions", a jugé le député de l'Eure, partisan du statu-quo.
VOIR et ENTENDRE l'ancien ministre de l'Agriculture: 

Ils revendiquent donc le déremboursement.

La proposition ne fait pas l'unanimité à l'UMP du fait qu'elle fût 
 à l'origine portée par le Front national. "Si j'ai un choix à faire, j'assumerai le choix de rembourser plutôt les radiographies abdominales pour les personnes âgées, les médicaments pour les personnes âgées...", expliquait la candidate frontiste. Le vice-président du FN Louis Aliot évoquait quant à lui des "IVG de confort". L'idée du déremboursement a également été portée par Marion Maréchal Le Pen, députée du Vaucluse, qui souhaite ainsi "responsabiliser les femmes" en dehors des cas extrêmes faisant l'unanimité.
En revanche, pendant la campagne présidentielle de 2012,
Nicolas Sarkozy s'était opposé à la l'idée de Marine Le Pen de dérembourser l'IVG en cas de besoins budgétaires
Aujourd'hui que le garde-fou de la notion de "détresse" est ébranlé, la question de la protection de la vie est à nouveau posée et par conséquent celle de la banalisation par le déremboursement de ce qui devrait être l'exception.