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mardi 14 octobre 2014

Assurance chômage : le double langage d'un gouvernement de truqueurs

Dr Jekyll and Mr Hyde, les duettistes socialistes au pouvoir schizophrène

M. Valls et E. Macron remettent sur la table le sujet de la refonte du régime d'assurance chômage
Mais le pouvoir socialiste a tout faux, après avoir consciemment pris des mesures insuffisantes au printemps lors de la renégociation de la convention et après avoir cédé aux intermittents du spectacle en prorogeant leur dérogation en juin.

La polémique sur une possible réforme de l'assurance chômage ne cesse d'enfler. Une semaine après que Manuel Valls a allumé la mèche en affirmant (depuis l'étranger, à Londres) que la France a fait le choix d'un chômage de masse généreusement indemnisé, chaque jour passe avec son lot de commentaires et avis contradictoires. Ils viennent de droite avec Alain Juppé et de gauche avec Thierry Lepaon. 
"Nous avons un système qui maintient pendant deux ans une indemnisation à un niveau élevé, a déploré le maire de Bordeaux, candidat à la primaire UMP en 2016. La question se pose de savoir (que faire) pour inciter ceux qui ne cherchent pas forcément du travail -et on sait qu'il y en a une proportion parmi les demandeurs d'emplois- à retourner sur le marché du travail". 
Quant au patron de la CGT, il a fustigé dans Le Parisien les règles en vigueur qui font que "la France est l'un des rares pays où seulement un chômeur sur deux est indemnisé".

Un puits sans fond

Le pouvoir socialiste a le don d'ajouter du malaise à l'austérité. Le régime d'assurance chômage accuse en effet un déficit de 4 milliards d'euros depuis le début de la crise et sa dette frôlera les 25 milliards à la fin 2015. Un puits sans fond… La dernière convention négociée au printemps par le patronat et les syndicats réformistes prévoit de réaliser quelque 400 millions d'euros par an (en année pleine) d'économies, en rognant ici ou là sur quelques postes de dépenses mais sans toucher aux fondamentaux du système et tout en creusant les déficits par ailleurs, en créant, par exemple, toujours des postes dans l'Education nationale.

Les arbitrages de l'Elysée peuvent-ils continuer d'ignorer les faits? C'est la responsabilité du pouvoir socialiste aux affaires depuis plus de deux longues années de prendre la mesure des dégâts causés par le détricotage des mesures prises par la droite et les zigzags de la "ligne" du gouvernement de gauche, que l'idéologie conduit aux errements et aux blocages. Surtout que les déficits cumulés de l'UNEDIC comptent dans le calcul de la dette qui vient de dépasser 95 % du PIB. Manuel Valls, Emmanuel Macron et consorts n'ont donc pas d'autre alternative que de mettre  face à leurs responsabilités les syndicats, qui cogèrent le régime d'assurance chômage et en définissent les termes. La nécessité s'impose de remettre "le moment venu" les pendules à l'heure. Toute la  polémique porte sur l'urgence et ...l'idéologie !

La stratégie politique est préjudiciable à l'économie

Or, Matignon et l'Elysée sont divisés
Ils ne tiennent pas le même langage, le meilleur moyen d'avoir toujours raison auprès de l'opinion et de garder entre-baillée la lucarne du dialogue social. Sauf que la fracture avec le pays se creuse alors que les fissures s'élargissent avec l'extrême gauche, l'aile gauche du PS et maintenant les Radicaux de gauche. Quel discours faut-il entendre, celui d'avant l'été, lors de la renégociation a minima de la convention, ou celui de l'automne, qui vise à casser la baraque syndicale? Faut-il attendre celui de l'hiver ?

Les "partenaires" sociaux n'ont eu de cesse de critiquer les envolées réformatrices du MEDEF qui prônait plus de rigueur et de fermeté envers déficit du régime. Et réaliser encore plus d'économies (au moins 1 milliard par an) que celles actées dans la dernière convention.

Pis, le pouvoir socialiste joue un double-jeu gravement préjudiciable à la communauté, comme à sa crédibilité européenne. Tout en appelant à une refonte du système d'indemnisation chômage pour inciter les demandeurs d'emploi à reprendre plus rapidement un emploi, les faux-cul du gouvernement ont publié ce mardi un décret pour proroger sans date de fin, c'est-à-dire au moins jusqu'en 2016, au terme de la dite convention, la dérogation accordée en juin aux intermittents du spectacle, d'après les informations du quotidien L'Opinion . Et ce, pour des raisons électoralistes totalement anti-économiques.
Avant l'été, le temps que la concertation avec leurs représentants se tienne, le soi-disant homme fort de Matignon avait en effet décidé de faire supporter par l'État, c'est-à-dire le contribuable, le nouveau différé d'indemnisation des artistes et techniciens du spectacle. Un cadeau évalué à 100 millions par an, sans disposer du premier euro) qui a permis de limiter la casse dans les festivals de l'été, et alors que les partenaires sociaux étaient pourtant tombés d'accord pour mettre à contribution les intermittents dans la réduction de leur déficit qui atteint chaque année un milliard d'euros. Avec la complicité de la CFDT.
Ce cadeau n'est qu'un exemple des contradictions du pouvoir, singulièrement lorsqu'il appelle l'ensemble des parties prenantes au régime à la responsabilité.

lundi 13 octobre 2014

Assurance chômage: ce qu'en pense Jean Tirole, Nobel français d'économie

Le Nobel à Jean Tirole consacre la victoire de la micro sur la macro-économie

Jean Tirole, prix Nobel d'Economie, 
confirme que la France a "besoin de réformes pour donner une chance aux jeunes". 
Mais l'économiste lauréat se refuse toutefois à "rentrer dans des considérations politiques", alors que son ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, s'est pourtant prononcé pour une réforme de l'assurance chômage, mettant à mal la doctrine économique socialiste. Réformer, "c’est comme entrer dans la vallée de la mort", avait admis Emmanuel Macron peu avant.
Le prix Nobel français d'Economie est récompensé pour son travail sur le fonctionnement des marchés, mais il n'est pas question pour Jean Tirole de se laisser récupérer. "Je ne vais pas rentrer dans des considérations politiques, d'autant plus que je pense fermement qu'un chercheur devrait être indépendant: son rôle est de proposer des idées", réplique Jean Tirole aux sollicitations.

"La France a besoin de se crédibiliser", insiste le Nobel

"C’est clair que
notre pays a besoin de modernisation, de réformes, afin de donner une chance aux jeunes, explique Jean Tirole, professeur d'université  à Toulouse
"Je pense qu'il y a urgence à moderniser le pays, notamment sur l'emploi (...) et la réforme de l'Etat", ajoute Jean Tirole sur BFMTV, pour qui "on peut réformer l'Etat comme l'ont fait les Scandinaves, tout en gardant un modèle social très développé (...)".


Et d'ajouter 
lors de sa conférence de presse: "La France a besoin de se crédibiliser sur les marchés en faisant des réformes".

Valls met le grappin sur le Nobel qu'il ne connaissait pas deux jours avant

Un désaveu de Hollande qui refuse de prendre parti aux côtés d'Emmanuel Macron et de Manuel Valls et en appelle Ce qui fait écrire aux Echos qu' "après Manuel Valls, Emmanuel Macron, le ministre de l’Economie, s’oppose au chef de l’Etat sur l’assurance chômage"...
 qui se prononcent tous deux pour la fin du "tabou" de la réforme de l'assurance chômage? Le Premier ministre a en tout cas accueilli la nouvelle du prix Nobel avec joie: "après Patrick Modiano, un autre Français au firmament: félicitations à Jean Tirole! Quel pied-de-nez au 'French Bashing'!". Et d'accompagner son tweet d'un mot-clé: "Fiers de la France".
Aucun des deux ne doit quoi que ce soit au foireux Hollande ou au délirant Valls.
Dommage que le Français de Hollande ne s'inspire pas de Modiano et qu'hier Valls ait encore ignoré jusqu'à l'existence du Nobel.

Cet opportunisme de Valls est déplacé
Rappelons respectueusement au récupérateur de Matignon qu'à l’extrême gauche, chez les frondeurs, et plus largement dans l’ensemble du parti socialiste (Christian Paul, Marie-Noëlle Lienemann ou Benoît Hamon, notamment), l'annonce du virage économique de son gouvernement lancée par Macron a provoqué exactement la même hostilité que les propos qu'il a lui-même tenus peu avant.

"La gauche n’a pas de tabous mais elle a quelques totems. Quand un président de la République s’exprime, les ministres appliquent", a tonné lors d’un conseil national du PS Jean-Christophe Cambadélis, le premier secrétaire du PS, celui qui n'a jamais travaillé de sa vie et ne connaît strictement rien à la réalité du monde de l'entreprise. Celui qui aurait aussi usurpé une partie de ses diplômes avant de présenter sa thèse-bidon entre soi. 
Ce sont des " annonces fantasmes", a renchéri Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale. 
"Il faut savoir prendre le temps de la réflexion", a jugé Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales.

A peine signée il y a seulement quelques semaines, en juin, la convention d'assurance-chômage est remise en cause

Les chômeurs comme les personnels chargés de la mettre en oeuvre sont exaspérés et ne savent plus sur quel texte s'appuyer.

Comme déjà mercredi dernier, l’Elysée a écarté ce lundi toute renégociation des règles d’assurance-chômage avant l’expiration, mi-2016, de la convention entrée en vigueur le 1er juillet. "Rien de nouveau sous le soleil. Le sujet n’est pas à l’ordre du jour", croyait avoir tranché l’entourage de François Hollande, déplorant "une confusion entre le fond du débat et le tempo" ! "Aujourd’hui, une réforme des allocations chômage n’est ni possible ni souhaitable", insistait-on il y a quelques heures à l’Elysée. 
"Nous avons toujours dit que le sujet ne se posait pas avant 2016. Cela n’a pas changé", avait insisté un proche de Manuel Valls
"Il n'y a pas lieu dans l'immédiat de renégocier quoi que ce soit et d'ailleurs, ce n'est pas possible", a également redit, François Rebsamen, ministre du Travail.

Au sommet de l’Etat, on dénonçait l’ "hystérisation" du débat public en rejetant la faute de cette polémique sur les media. 
Et François Hollande ne veut pas encore remettre ce sujet sur la table.
Le chef de l'Etat préfère attendre 2016 et a appelé son équipe à faire preuve de patience. Le président de la République estime que le moment n'est pas encore venu de remettre en question les allocations de chômage.

On peut donc comprendre que  ne veuille pas ajouter sa voix à cette cacophonie socialiste. Mais s'ils ne veulent pas de "french bashing", il ne faudra pas que Hollande, ex-pseudo-économiste à l'IEP de Paris, échauffe les oreilles du Nobel français.

Jacques Attali et Thomas Piketty sont bons pour le placard.


mercredi 8 octobre 2014

Rebsamen prend la fuite sous les sifflets des intermittents du Front de gauche

Conspué par des "chômeurs", Rebsamen quitte un salon de l'emploi

Les manifestants scandaient "Rebsamen'à rien"...

Le ministre du Travail a dû renoncer jeudi à sa visite du salon de l'emploi à Paris, rejeté par des intermittents et précaires.
"Il a commencé sa visite des stands mais n'a pas pu avancer, hué par une trentaine d'intermittents du spectacle et de précaires", a témoigné une exposante du  salon "Paris ["pari" pour l'emploi], place de la Concorde. 

Le cordon de sécurité a "essayé d'exfiltrer" le ministre.
Les manifestants du Front de gauche scandaient "Rebsamen'à rien" et portaient de petits écriteaux dont plusieurs vilipendaient le MEDEF, a-t-elle ajouté. "Il y avait entre 25 et 30 personnes, avec des pancartes. Elles ont surgi en faisant beaucoup de bruit, ont entouré les stands sur lesquels passait le ministre", a raconté un autre témoin.

Rebsamen a préféré se retirer, pour ne pas perturber le salon

Interrogé, l'entourage du ministre a indiqué que Frère Rebsamen "regrette que cette intrusion l'ait privé du dialogue avec les recruteurs et les demandeurs d'emploi"... "Il a préféré partir pour ne pas perturber le bon déroulement du forum", a-t-on encore raconté.

Peu après l'incident, la Coordination des intermittents et précaires (CIP) d'Ile-de-France a annoncé qu'elle occupe le salon pour demander notamment l'abrogation de la nouvelle convention d'assurance chômage, entrée en vigueur le 1er juillet et qui durcit, entre autres, le régime des  techniciens intermittents, alors que ce sont davantage les comédiens qui souffrent du chômage entre deux engagements.

Le ministre s'en est retourné en sacrifiant la visite prévue des stands sur l'insertion dans l'emploi des personnes handicapées, selon le ministère.