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mardi 20 mars 2012

Les récupérations de conflit israelo-palestinien peuvent conduire à des tueries

Sept innocentes victimes en trois tueries





Toulouse, foyer de contestations régionales,
au coeur de drames ignobles visant des personnes sans défense,
lâchement assassinées,
au nom d'une cause odieuse.





Série de fusillades dans le Sud-Ouest

L'attaque lundi d'un collège-lycée juif à Toulouse, par un inconnu qui a pris la fuite à scooter, a fait quatre morts, dont trois enfants et un professeur de religion.
Il s'agit de la pire fusillade perpétrée en France, en trente ans, contre des membres de la communauté juive, depuis celle contre le restaurant Goldenberg, rue des Rosiers à Paris, le 9 août 1982, qui avait fait six morts et 22 blessés, au début du septennat de François Mitterrand.

Le drame fait suite à l'assassinat de trois militaires, abattus dans le dos à Montauban.
L'auteur du triple meurtre sans précédent qui a frappé l'armée française sur son sol à Toulouse (Haute-Garonne) et Montauban (Tarn-et-Garonne) est toujours en fuite lundi 19 mars. Quels liens avec la fusillade qui a éclaté lundi devant un collège-lycée juif de Toulouse ?
• Indices et témoignages
Une semaine après le premier meurtre d'un sous-officier le 11 mars à Toulouse, la police judiciaire a entendu le récit d'une femme disant avoir été bousculée par le tueur, alors qu'il venait de cribler de balles trois militaires du 17e Régiment du génie parachutiste de Montauban. L'homme serait "de taille moyenne assez corpulent" avec un "tatouage ou une cicatrice au niveau de sa joue gauche", a-t-elle dit à plusieurs médias, dont France 2.
Les vidéos des 46 caméras de surveillance de Montauban ont également été visualisées. Les enquêteurs perdent la trace du conducteur de scooter, puis l'homme au casque noir est aperçu "circulant à vive allure" en direction de la commune de Corbarieu (Tarn-et-Garonne) avant que l'on perde sa trace.
• Les similitudes troublantes entre les tueries de Toulouse et Montauban
Une fusillade
s'est produite lundi matin devant un collège et lycée juif de Toulouse, faisant au moins quatre morts, dont trois enfants, et un blessé grave. Le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant a dit relever des "similitudes" entre les assassinats de parachutistes la semaine dernière et la tuerie perpétrée lundi matin. Le tueur du collège juif de Toulouse était muni de deux armes, dont une de même calibre 11.43 que celle utilisée contre les parachutistes et qui est largement répandu dans les ventes sous le manteau, selon des sources policières.
A ce stade, les policiers recherchent un tireur expérimenté. "Une série d'éléments font penser que le tireur n'avait pas une arme dans la main pour la première fois. Il y a une connaissance manifeste des armes. Il est habitué à utiliser des armes de ce type (lourde, encombrante et à fort recul). C'est peut-être un ancien militaire, un habitué d'un club de tir ou quelqu'un qui a l'habitude de manipuler des armes", selonune source judiciaire.
• Une traque sur le net
Des policiers de la Direction centrale de la PJ à Nanterre spécialisée dans les enquêtes sur le web travaillent sur ces affaires. Le maréchal des logis abattu à Toulouse aurait en effet eu rendez-vous avec son meurtrier. Le militaire cherchait à vendre sa moto et avait laissé une annonce sur le site Le Bon Coin. Il aurait été contacté par le tueur pour un rendez-vous avant une possible transaction. Le 11 mars, le jeune maréchal des logis est retrouvé mort à côté de sa moto, sur les lieux du rendez-vous.


Réactions politiques

La candidate binationale à la présidentielle, Gro-Eva Joly refuse de participer au deuil de la nation



"Dans la douleur, nous devons nous rassembler et être unis pour apporter aux familles notre soutien. Il faut permettre à la police et à la justice de bien faire leur travail", ajoute-t-elle.
La candidate du parti écologiste précise condamner "d'avance toute récupération de cet acte ignoble".

François Bayrou politise les drames en série

Le candidat du centre à la présidentielle a déclaré que la tuerie de Toulouse "s'enracine dans l'état d'une société, et dans la société française ce type d'atteintes, d'actes se multiplient".
Pour assurer la clarté de ses propos polémiques, le président du Modem a jugé bon d'ajouter: "Il y a un degré de violence et de stigmatisation dans la société française qui est en train de grandir, c'est inacceptable".




Charlie Hebdo n'hésite pas à provoquer le Front national sur la une du numéro qui sortira demain, imaginant une réaction de Jean-Marie Le Pen à propos de la tuerie
(document rapidement auto censuré par francetv.fr)


Le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, a souhaité mardi qu'on "n'ajoute pas l'ignoble à l'horrible".
"
Ce qu'il y a de bien dans la classe politique française, c'est que, jusqu'à aujourd'hui, elle a réagi avec dignité et dans un esprit d'union nationale. Alors n'ajoutons pas l'ignoble à l'horrible, n'essayons pas de tirer parti dans un sens ou dans l'autre, dans quelque direction que ce soit, de ce drame qui n'a rien à voir avec la campagne électorale naturellement", a-t-il dit sur France 2.

Le ministre des Affaires étrangères a aussi dit qu'il annulerait ce mardi soir un meeting en raison de la suspension de la campagne présidentielle. "On verra combien de temps cela va durer, au moins jusqu'à ce que ces victimes soient enterrées", a-t-il indiqué. L'attaque lundi par un inconnu qui a pris la fuite à scooter d'un collège-lycée juif à Toulouse a fait quatre morts, dont trois enfants et un professeur de religion.

A Paris, plus de mille fidèles se sont recueillis en début de soirée à la synagogue Nazareth dans le centre-ville, en présence de Nicolas Sarkozy et de François Hollande.

Plusieurs milliers de personnes, selon la police, regroupées à l'extérieur, n'ont pas pu pénétrer dans le bâtiment. " C'est un office avec lecture de psaumes que l'on organise traditionnellement lorsqu'il y a un décès, ces psaumes sont lus par des fidèles ou des rabbins et évoquent la gloire de Dieu, la paix, la sérénité", a expliqué une porte-parole du Consistoire.

VOIR et ENTENDRE

L'office devait être suivi par une marche silencieuse à l'appel de l'Union des étudiants juifs de France (UEJF).


samedi 5 février 2011

Egypte: les démocrates prennent le risque de l'islamisme

"Si Moubarak tombe, les islamistes prendront le pouvoir"

Mise en garde d'un maître de conférences à Sciences Po

Interrogé sur LCI le 5/02/2011, Frédéric Encel, intervenant à l'Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN), est formel:
les manifestants anti-Moubarak exposent l'Egypte et le Proche-Orient à une prise de pouvoir par des proches des Frères musulmans si ils parviennent à faire chuter le président égyptien.

VOIR et ENTENDRE ce docteur en géopolitique de l’université de Vincennes à Saint-Denis et spécialiste du conflit israélo-palestinien :
La presse 'démocratique' occidentale qui milite pour la prise du pouvoir par la rue est-elle consciente de favoriser l'arrivée au pouvoir des islamistes et de participer ainsi à la création d'un nouvel état totalitaire sur le modèle iranien ?
Lien PaSiDupes sur l'appel des Frères musulmans au coup de force
Si les journalistes nostalgiques de mai 68, et les jeunes exaltés qui en ont été frustrés, croient pouvoir faire la révolution par plume et micros interposés, depuis leurs salles de rédaction confortables et lointaines, ils devraient mesurer la portée de leurs actes inconsidérés et les conséquences historiques d'un changement brutal de régime au Proche-Orient.
Les apprentis sorciers laïcs et 'politiquement corrects' de la révolution sont-ils vraiment conscients de leurs responsabilités ?

lundi 24 mars 2008

Le sous-préfet de Saintes limogé

Bruno Guigue, un fonctionnaire-militant pro-arabe hyperactif
Bruno Guigue, bientôt 46 ans (né en 1962 à Toulouse), était sous-préfet de Saintes. Outre un DEA de géopolitique, il est diplômé de l'Ecole Normale Supérieure et ancien élève de l'ENA. Il était auparavant détaché au Conseil régional de La Réunion depuis 1998.
Spécialiste du Moyen-Orient, il est essayiste, chroniqueur de politique internationale dans la revue ETVDES, aussi bien que sur un site qui rassemble des essayistes penchés sur la problématique de la mondialisation. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, dans lesquels il explore le conflit israélo-arabe, en interrogeant la question du remords des consciences occidentales et européennes face à la Shoah, l'économie solidaire, l'héritage de Lénine. Ce sous-préfet avait ainsi concentré en lui tous les griefs potentiels susceptibles de le désigner au ministère de l'Intérieur comme un homme qui pourrait avoir du mal à accepter les rigueurs du devoir de réserve qui s'impose aux fonctionnaires. Son cas soulève aussi la question des auteurs: celui-ci fait-il oeuvre d'historien (et nous précisons: 'objectif'!) ou de militant (et nous soulignons: 'partisan' !).
Actuellement, ce qui pose problème plus spécialement, c’est son article publié sur un site internet dédié à l'actualité de l'islam francophone, où l'on trouve aussi des articles de …Tariq Ramadan (un prêcheur islamiste qui fait scandale). Bruno Guigue affirme que cet article incriminé est rédigé (sans haine?) en dehors de tout contexte professionnel et en réponse à la «prose haineuse», selon lui, d'un article lui-même publié dans «Le Monde» le 27 février («L'ONU contre les droits de l'homme») et signé Pascal Bruckner, Alain Finkielkraut, Claude Lanzmann, Elie Wiesel, Pierre-André Taguieff, Frédéric Encel.

Il s’agit en fait d’une tribune anti-israélienne. La ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, a «été mise au courant mercredi du contenu de cette tribune et a immédiatement décidé de mettre fin aux fonctions» de Bruno Guigue, a-t-on indiqué au ministère de l'Intérieur. «Ce n'est pas tant une question de fond, puisque chacun est libre d'avoir une appréciation, mais quand on est un sous-préfet en exercice, on est soumis à un devoir de réserve», a indiqué dimanche matin le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Gérard Gachet. «Toute la fonction publique repose sur un devoir de réserve, une obligation de neutralité, qui correspond à l'égalité de traitement de tous les citoyens, quelle que soit leur sensibilité ou leur préférence", a déclaré le préfet de Charente-Maritime. Même si (Bruno Guigue) voulait publier un ouvrage sur les vases Ming, il devrait en référer, c'est la seule règle.» Et en référer aussi à la Présidente de Région, parce que c’est elle…

Le sous-préfet Bruno Guigue a finalement été limogé par Michèle Alliot-Marie. Pour avoir estimé dans une tribune publiée le 13 mars qu'Israël est "le seul Etat au monde dont les 'snipers' abattent des fillettes à la sortie des écoles". Il ironise également sur les "geôles israéliennes, où grâce à la loi religieuse, on s'interrompt de torturer pendant Shabbat".
Voici le texte in-extenso de la tribune de Bruno Guigue tel qu'il a été publié sur le site oumma jeudi 13 mars.

"Quand le lobby pro-israélien se déchaîne contre l’ONU"
"DANS sa rubrique "Point de vue" du 27 février 2008, Le Monde a généreusement offert ses colonnes à un texte d’une hystérie verbale et d’une mauvaise foi insondables. Les accusations qu’il profère à l’égard du conseil des droits de l’homme de l’ONU sont si mensongères que même la liste des signataires ne tempère qu’à peine notre stupéfaction : Pascal Bruckner, Alain Finkielkraut, Claude Lanzmann, Elie Wiesel, Pierre-André Taguieff, Frédéric Encel .. On peut facilement compléter la liste tant l’omniprésence des intellectuels organiques du lobby pro-israélien nous est devenue familière.Le titre sans nuances de cette prose haineuse est déjà tout un programme : "L’ONU contre les droits de l’homme". Dès les premières lignes, on peut y lire cet appel angoissé : "L’année 2008 verra-t-elle simultanément le soixantième anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme par l’ONU et la destruction de ses principes par la même ONU ? Tout porte à le redouter, tant depuis un certain nombre d’années, par ses dérives, l’ONU s’est caricaturée". Inévitablement le lecteur non averti s’alarme : l’organisation internationale serait-elle brusquement devenue suicidaire ?Mais par bonheur la suite nous éclaire aussitôt sur les préoccupations profondes de nos signataires : "A Durban, en Afrique du Sud, s’est tenue en 2001 la conférence mondiale contre le racisme, à l’initiative des Nations-Unies. C’est au nom des droits des peuples que furent scandés des "mort à l’Amérique !" et "mort à Israël !" et c’est au nom du relativisme culturel qu’on fit silence sur les discriminations et violences commises contre les femmes".Quel rapport entre la géopolitique du Moyen-Orient, manifestement en cause dans les appels à combattre les Etats-Unis et Israël, et l’oppression des femmes que viendrait cautionner le "relativisme culturel" ? Probablement aucun. Mais amalgamer les deux sujets présente l’intérêt polémique de suggérer une pernicieuse concurrence entre les victimes : vous qui condamnez Israël et l’Amérique, vous ne dites rien de la souffrance des femmes opprimées dans les pays musulmans. C’est une antienne dont la rhétorique lobbyiste est coutumière : elle permet de détourner le lecteur occidental de la critique de la politique américaine ou israélienne en fixant son attention sur un problème interne des sociétés moyen-orientales.Ce rapprochement polémique entre les deux sujets, pourtant, est particulièrement cocasse. L’Arabie saoudite, où le port du voile est obligatoire et les femmes interdites de conduite automobile, est l’alliée historique des Etats-Unis dans la région. Le régime obscurantiste des talibans, lui, a vu le jour sous les auspices d’une CIA qui a prêté ses camps d’entraînement sur le sol américain aux combattants du mollah Omar. En revanche, l’Irak et la Syrie baasistes, plus proches de la norme occidentale en matière de condition féminine, n’eurent pas droit aux mêmes égards. Le premier a été pulvérisé sous les bombes US, la seconde est rangée dans la catégorie des "Etats voyous". Mais peu importe : les partisans de la politique américaine au Moyen-Orient se croient fondés à donner des leçons en matière d’émancipation féminine.S’agissant de l’ONU, en outre, on ne s’étonnera guère d’un tel ressentiment de la part des porte-parole du néoconservatisme à la française. Car les résolutions du conseil des droits de l’homme, comme hier les déclarations de l’assemblée générale, ont osé mettre en cause la répression israélienne en Palestine occupée. Les 47 Etats élus par leurs pairs au CDH bénéficient de l’égalité de vote. La sensibilité qui s’y exprime reflète donc une opinion majoritaire qui n’a aucune raison de cautionner l’occupation militaire des territoires arabes. Que les thuriféraires d’Israël, cependant, se rassurent : ces résolutions demeurent symboliques à défaut d’être exécutoires. Mais ce n’est pas suffisant. Il leur faut aussi en stigmatiser le principe par un usage grossier de la calomnie.C’est à quoi s’emploient rageusement les signataires. "Par sa mécanique interne, les coalitions et les alliances qui s’y constituent, les discours qui s’y tiennent, les textes qui s’y négocient et la terminologie utilisée anéantissent la liberté d’expression, légitiment l’oppression des femmes et stigmatisent les démocraties occidentales .. Le CDH est devenu une machine de guerre idéologique à l’encontre de ses principes fondateurs. Ignorée des grands médias, jour après jour, session après session, résolution après résolution, une rhétorique politique est forgée pour légitimer les passages à l’acte et les violences de demain".Symptôme d’une psychose paranoïaque ou monument de la démonologie occidentale : on hésite sur le diagnostic. La seule certitude, c’est que ce réquisitoire contre des forfaits inexistants témoigne d’une inventivité hors du commun. Le conseil des droits de l’homme de l’ONU voudrait "anéantir la liberté d’expression" ? On se demande bien pourquoi et comment. Mais nos interrogations demeurent sans réponse. Nos polémistes annoncent "la mise à mort de l’universalité des droits" par l’ONU elle-même, mais cette mort annoncée reste nimbée de mystère. Aucune citation des résolutions du CDH ne vient étayer cette accusation, et les détracteurs de l’ONU condamnent ses idées supposées avec une violence inversement proportionnelle aux preuves de ce qu’ils avancent. Visiblement, ils préfèrent parler à sa place en procédant directement au commentaire de ce qu’elle est censée avoir dit.En guise de citations, on doit alors se contenter des propos résumés au style indirect, sans guillemets, qu’aurait tenus M. Doudou Diène, rapporteur spécial sur le racisme, la discrimination raciale et la xénophobie auprès de l’ONU. L’intellectuel sénégalais aurait ainsi déclaré qu’"énoncer une critique contre le port de la burqa constitue une agression raciste, que la laïcité est ancrée dans une culture esclavagiste et colonialiste, et que la loi française contre le port des signes religieux à l’école participe du racisme antimusulman". Seul problème : ces citations sont introuvables. Si chacun de ces énoncés soulève évidemment des objections, encore faut-il qu’il ait été formulé. Une polémique grossière sur des citations qui n’en sont pas : le procédé condamne ses auteurs.Au demeurant, les seules citations que les idéologues publiés par Le Monde auraient dû produire à l’appui de leur propre thèse sont celles du CDH lui-même. Mais ils se gardèrent bien de le faire. Livrant leur interprétation tendancieuse en lieu et place de la pensée d’autrui, ils pérorent gravement en prenant leur fantasme pour la réalité : "La confusion est à son comble, affirment-ils, quand est dénoncée comme une attitude raciste toute critique de la religion". Mais d’où vient cette idée ? Qui l’a émise ? Nul ne le sait. N’importe qui, en revanche, peut vérifier ce qu’a énoncé le CDH sur la question religieuse. Il suffit de consulter les compte-rendus officiels des six sessions réunies depuis sa création en juin 2006.Le 30 mars 2007, le CDH a ainsi adopté une résolution " sur la lutte contre la diffamation des religions". Ce texte nuancé insiste sur "le droit de chacun à la liberté d’expression, qui devrait s’exercer de façon responsable et peut donc être soumis à de restrictions, prescrites par la loi et nécessaires pour le respect des droits ou de la réputation d’autrui, la protection de la sécurité nationale, de la santé ou de la morale publiques, et le respect des religions et des convictions". Sur le plan des principes, ce texte ne diffère guère du droit positif en vigueur dans la plupart des pays, les Etats occidentaux ayant eux aussi entouré l’exercice de la liberté d’expression de certaines limites juridiques. En France, la reconnaissance de la liberté d’expression n’entraîne aucun droit à diffamer son voisin, toute forme d’injure manifestant une discrimination raciale ou religieuse est punie par la loi, et certaines dispositions législatives ont même eu pour effet d’énoncer une vérité officielle sur des faits historiques.Naturellement, la teneur de cette résolution du CDH n’est pas indifférente au contexte politique lié à la "guerre contre le terrorisme" menée tambour battant par Washington. "Le Conseil se déclare préoccupé par les images stéréotypées négatives des religions et par les manifestations d’intolérance et de discrimination en matière de religion ou de conviction. Il se déclare en outre profondément préoccupé par les tentatives visant à associer l’islam avec le terrorisme, la violence et les violations des droits de l’homme. Il note avec une vive inquiétude l’intensification de la campagne de diffamation des religions, et la désignation des minorités musulmanes selon des caractéristiques ethniques et religieuses depuis les événements tragiques du 11 septembre 2001".L’adoption de ce texte s’est heurtée à l’opposition des pays occidentaux, mis en minorité lors du vote final. Aucun d’entre eux n’y a vu, toutefois, le danger mortel pour la civilisation universelle que dénoncent les signataires de notre pamphlet antionusien. Au nom de l’Union européenne, la représentante de l’Allemagne "a fait remarquer que, comme l’a établi le rapport de M. Doudou Diène, la discrimination fondée sur la religion ne concerne pas uniquement l’islam, mais également le judaïsme, le christianisme et des religions et croyances venues d’Asie, ainsi que des personnes sans religion. Elle a également souligné qu’il est problématique de séparer la discrimination fondée sur la religion des autres formes de discrimination. Elle a aussi jugé l’utilisation du concept de diffamation contre-productive, préconisant plutôt un texte axé sur la liberté de religion ou de conviction".Que ce débat témoigne d’une différence de sensibilité sur les questions religieuses entre pays membres de l’organisation de la conférence islamique (OCI) et pays occidentaux est une évidence. Cela méritait une réflexion sur la sécularisation relative des sociétés concernées et la référence, explicite dans les pays musulmans, à des valeurs religieuses. Mais cette réflexion n’effleura même pas l’esprit de nos intrépides signataires qui, faute d’avoir lu les textes auxquels ils font vaguement allusion, en dénaturent volontairement la signification. Refusant de discuter rationnellement les arguments de l’autre, on préfère le stigmatiser en imaginant une dramaturgie grossière mettant en scène des personnages réels. Ce théâtre de marionnettes, du coup, tient lieu d’argumentaire.C’est ainsi que nos signataires s’en prennent violemment à Mme Louise Arbour, haut-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU. " Elle a participé à une conférence à Téhéran consacrée aux droits de l’homme et à la diversité culturelle, dénoncent-ils. Portant le voile, comme la loi de la république islamique l’exige, la haut-commissaire a été le témoin passif de l’énoncé de principes à venir, ainsi résumés : offense aux valeurs religieuses considérée comme raciste. Bien pire, dès le lendemain de cette visite, vingt et un Iraniens, dont plusieurs mineurs, furent pendus en public. C’est en sa présence que le président Ahmadinejad a renouvelé son appel à la destruction d’Israël".Encore une fois, l’art de l’amalgame intellectuel atteint des sommets. Mêlant tout et son contraire, le texte publié par Le Monde mise sur la confuse indignation du lecteur en anesthésiant au passage son jugement critique. Louise Arbour portait le voile à Téhéran, soit. Mais aurait-elle pu, en Israël, organiser une réunion pendant le shabbat ? Les régimes religieux ont des exigences que n’ont pas les autres. On peut le déplorer, mais ils sont chez eux. L’offense à la religion, dans certains pays, est considérée comme une forme de racisme. Faut-il que nous allions les convaincre du contraire, et de quelle manière ? La peine de mort, enfin, est cruellement appliquée en Iran. Mais les aspects odieux du régime de Téhéran ne le résument pas pour autant, et le régime saoudien n’a rien à lui envier. Surtout pas l’amitié des Etats-Unis, où un président texan a été élu sur sa réputation d’exécuteur intraitable des criminels supposés. Sans parler d’Israël, seul Etat au monde dont les snipers abattent des fillettes à la sortie des écoles.Les diatribes iraniennes contre l’Etat hébreu relèvent, elles, d’un affrontement géopolitique dont l’un des principaux paramètres est l’attitude d’Israël lui-même. S’il avait appliqué la peine de mort aux civils palestiniens avec davantage de discernement depuis soixante ans, il n’aurait pas suscité un tel rejet de la part de ses voisins proches ou éloignés. Sous occupation militaire, amputés d’une partie de leur territoire, ou régulièrement bombardés par son aviation, ces derniers ont d’excellentes raisons de le détester. Mais peu importe. Décidés à instruire à charge contre Mme Arbour pour son séjour à Téhéran, nos polémistes incriminent "son silence et sa passivité", qu’elle aurait justifiés par "le respect de la loi iranienne et le souci de ne pas offenser ses hôtes"."Charbonnier est maître chez soi, commentent-ils. C’est le docteur Goebbels qui utilisait cet argument d’opportunité, à la tribune de la Société des nations en 1933, pour se soustraire à toute critique d’une institution internationale impuissante". On croit rêver. Car, analogie pour analogie, frappante est la ressemblance entre le Reich qui s’assied sur la SDN en 1933 et l’Etat hébreu qui bafoue le droit international depuis 1967. Comme son lointain prédécesseur, Israël, lui aussi, se "soustrait à toute critique d’une institution internationale impuissante". Et s’il le fait, c’est pour mieux conquérir "son espace vital, de la mer au Jourdain", selon la belle formule employée par Effi Eitam, ministre d’Ariel Sharon, en 2002."Les grands crimes politiques ont toujours eu besoin de mots pour se légitimer. La parole annonce le passage à l’acte", philosophent nos signataires. Ils n’ont pas tort : le 29 février, le vice-ministre israélien de la Défense Matan Vilnaï a brandi la menace d’une "shoah" contre les Palestiniens avant de lancer à Gaza la sanglante opération qui fit 110 victimes palestiniennes en une semaine. Quitte à enfreindre un tabou religieux, l’Etat hébreu, manifestement, a franchi un cap sémantique avant de déchaîner sa puissance militaire : il est passé "de la parole à l’acte".Mais le meilleur a été gardé pour la fin. "Les idéologies totalitaires avaient remplacé les religions. Leurs crimes, les promesses non tenues d’avenir radieux ont ouvert grande la porte au retour de Dieu en politique. Le 11 septembre 2001, quelques jours après la fin de la conférence de Durban, c’est bien au nom de Dieu que le plus grand crime terroriste de l’histoire fut commis". Lier dans une même trame le 11 septembre 2001 et les résolutions du CDH, il fallait oser. Il est vrai que nous avons affaire à des spécialistes."Retour de Dieu en politique", disent-ils. Nos intellectuels savent de quoi ils parlent : Israël n’est-il pas l’Etat confessionnel par excellence ? "Si la revendication d’un coin de terre est légitime, affirmait Theodor Herzl, alors tous les peuples qui croient en la Bible se doivent de reconnaître le droit des juifs". Bibliquement établie, la légitimité d’un Etat juif en Palestine va de soi : le texte sacré tient lieu de titre de propriété. Pour les sionistes religieux, le retour des juifs en Eretz Israël est inscrit dans le récit de l’Alliance lui-même. Prendre possession de la terre que Dieu a donnée aux juifs fait partie du plan divin, et ce serait le contrarier que de renoncer à cette offrande.Du coup, aucun compromis n’est possible avec les Arabes. En 1947, le grand rabbin de Palestine martelait le statut théologique du futur Etat juif : "C’est notre forte conviction que personne, ni individu, ni pouvoir institué, n’a le droit d’altérer le statut de la Palestine qui a été établi par droit divin". Chef du parti national-religieux, le général Effi Eitam expliquait à son tour en 2002 : " Nous sommes seuls au monde à entretenir un dialogue avec Dieu en tant que peuple. Un Etat réellement juif aura pour fondement le territoire, de la mer au Jourdain, qui constitue l’espace vital du peuple juif". Au moins, c’est limpide.Rien d’étonnant, par conséquent, à ce que le lobby pro-israélien exècre l’ONU : son appétence pour le droit international est inversement proportionnelle à son engouement pour le droit divin. Il est vrai que l’un est infiniment plus favorable au Grand Israël que l’autre. Percuter les résolutions de l’ONU avec la Thora relève de l’exploit intellectuel et du prodige politique : Israël l’a fait. Pour nos signataires, "c’est au nom de Dieu que le plus grand crime terroriste de l’histoire fut commis". Ce n’est pas tout à fait faux, à condition d’inclure dans l’analyse l’Etat hébreu, cet artefact colonial bâti au forceps sur les ruines de la Palestine au nom de la Bible et de la Shoah.A propos de terrorisme, l’Etat d’Israël, qui plus est, peut se targuer d’un palmarès hors compétition. Les odieux attentats du 11 septembre 2001 ont fait dix fois moins de victimes que le siège de Beyrouh par Tsahal en 1982. Ses admirateurs occidentaux doivent certainement s’extasier sur les prouesses d’une armée capable de tuer aussi aisément des enfants avec des missiles. Ils doivent aussi se confondre d’admiration devant les geôles israéliennes, où grâce à la loi religieuse, on s’interrompt de torturer durant le shabbat. L’Etat hébreu mérite bien ce concert de louanges que les intellectuels organiques lui décernent à longueur de colonnes. Et quelle outrecuidance, de la part de l’ONU, de vouloir fourrer son nez sale dans les affaires intérieures israéliennes !A l’instar des pires calomnies, les accusations publiées dans Le Monde du 27 février se sont répandues sur la toile. Elles suscitent sur certains blogs des commentaires haineux que l’on ose à peine citer. M. Doudou Diène y est qualifié de " défenseur de la secte du pédophile fou et des adorateurs du caillou". On y lit que "depuis les invasions musulmanes le croissant fertile est devenu le croissant stérile, et la civilisation a émigré en Occident". Sur l’ONU, un internaute déchaîné résume à sa façon l’article publié par Le Monde : "l’ONU, c’est un ramassis de la racaille islamiste et tiers-mondiste". Qu’attend-on pour supprimer l’ONU ? Ce sera encore plus simple. Islamophobie déclarée, haine du monde arabe, stupéfiante arrogance occidentale, tout y est. Opération réussie, mesdames et messieurs les intellectuels organiques.
Bruno Guigue"
D'autres fonctionnaires sont tout autant partisans: des enseignants, ceux qui militent jusqu'au fond de leurs classes ...
Quant aux journalistes, leur "objectivité militante" est institutionnalisée, alors ! Airy Routier peut écrire n'importe quoi, puisque c'est sans preuve (il n'a pas même vu, de ses (propres?) yeux vu, le SMS supposé qui fait la joie de la gauche et les choux gras de sa presse (dévouée, nous dit-on, au candidat Sarkozy !), sans être limogé. C'est l'honneur de la fonction publique, dont la presse ignore tout.
Félicitations à la ministre!
Mais peut-on dire 'bravo' aux actionnaires du Nouvel Observateur?