Les militants UMP imitent à s'y méprendre leurs homologues socialistes
L'UMP a deux papas...
L’UMP se ridiculise avec ses deux papas, tandis que la France silencieuses’affirme dans son rôle de contre-pouvoir à propos du mariage homosexuel. Le spectacle que donne la droite ce lundi matin, déchirée entre François Fillon et Jean-François Copé qui se disent chacun vainqueur, est à comparer avec le succès, samedi, de l’initiative contre le mariage gay lancée par la parodiste Frigide Barjot. Sa manifestation parisienne a rassemblé à elle-seule au moins 100.000 participants, soit dix fois plus que l’objectif espéré. Ce chiffre est certes très en deçà de la manifestation pour l’école libre du 24 juin 1984 (plus d’un millions de participants), comme le font remarquer certains commentateurs. Mais ceux-là oublient de dire que ce point d’orgue, qui allait faire reculer François Mitterrand, avait été précédé de nombreuses mobilisations dans les grandes villes de France. Il est à remarquer que les contre-manifestations, organisées en province ou à Paris, n’ont pu mobiliser que quelques centaines de militants au plus. Une dynamique contestataire s’est créée samedi, au coeur de la société civile. Le monde politique serait bien inspiré de ne pas prendre ce réveil à la légère.
Dans ce contexte, la pénible prestation de l’UMP vient souligner sa part de légèreté, voire d’immaturité.
la main dans les urnes
Comme l’a reconnu Alain Juppé ce lundi, "l’existence même de l’UMP est en jeu". Le jugement des Français risque d’être sévère, si Fillon et Copé ne parviennent pas à s’entendre sur le nom du vainqueur de la consultation d’hier, visiblement mal organisée par endroits. Ce qui apparaît déjà est un parti divisé, sans leadership, mais dont les militants ont néanmoins déjoué tous les pronostics. Alors que les sondages donnaient, la veille encore, Fillon largement vainqueur face à Copé (67% contre 32%), ce dernier peut se targuer d’avoir su imposer sa vision d’une droite "décomplexée". Ce premier succès lui appartient incontestablement. Reste à l’UMP d’être à la hauteur de cette France des oubliés qui est en train de prendre elle-même les choses en main et, peut-être, d’écrire l’histoire. La droite ne peut se permettre de courir sans cesse derrière une opinion de plus en plus excédée.