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vendredi 8 mai 2020

LREM risque de perdre sa majorité absolue à l'Assemblée

Le parti du président est menacé de sécession

Après des velléités de départ, une vingtaine de députés de la majorité présidentielle envisage de quitter les bancs macroniens pour de bon et de former un nouveau groupe avec une trentaine d'autres députés. 

L'initiative pourrait voir le jour dans la semaine à venir.

Crise sanitaire, crise économique et bientôt crise politique. Alors que le groupe LREM a déjà perdu 18 députés depuis le début de la législature, les troupes macronistes à l'Assemblée nationale pourraient subir un nouveau coup de semonce la semaine prochaine. Selon une information des Echos confirmée au Figaro, une vingtaine d'élus marcheurs s'apprêteraient à faire sécession et à rejoindre un neuvième groupe parlementaire, baptisé «Écologie, démocratie, solidarité». Au total, cet espace pourrait fédérer une cinquantaine d'élus, dont le principal point commun sera d'être en rupture avec certaines orientations prises par Emmanuel Macron depuis le début du quinquennat et avec le fonctionnement de la majorité présidentielle.

Parmi eux se trouvent notamment l'ex-socialiste Aurélien Taché (LREM ; Val d'Oise), connu pour ses sorties polémiques sur l'islam et la laïcité, ainsi que Guillaume Chiche (LREM ; Deux-Sèvres), qui porte aussi la fibre sociale sur l'aile gauche de la majorité. Mais aussi Matthieu Orphelin (ex-LREM ; Maine-et-Loire), l'écologiste proche de Nicolas Hulot... Et peut-être même Cédric Villani (ex-LREM ; Essonne), le mathématicien qui s'est présenté en dissidence à Paris, connaissant pour ce qu'il est, Benjamin Griveaux, candidat de l'Elysée, mais sexuellemment perturbé et ayteur de sex-tape de masturbation.
Aidés de l'ancienne ministre socialiste Delphine Batho (Deux-Sèvres), ils pourraient être suivis par un certain nombre de collègues moins médiatiques, comme Emilie Cariou (LREM ; Meuse), Claire Pitollat (LREM ; Bouches-du-Rhône), ou encore Fiona Lazaar (Val d'Oise).

L'initiative, en germe depuis plusieurs semaines, était censée voir le jour au lendemain des municipales - soit à la fin du mois de mars. Mais le ver a progressé dans le fruit blet avec le coronavirus, qui a entraîné le report du second tour du scrutin. "Certains se sont découragés", confirme l'un des instigateurs de l'opération. Désormais, alors que la première phase du déconfinement aura lieu le lundi 11 mai, la politique reprend ses droits. "Tout est encore en discussion, mais ce nouveau groupe verra le jour. Reste à savoir quand, et quel sera le format", confie-t-on de source parlementaire. En clair : le divorce a été acté, mais le calendrier définitif et les modalités restent encore à définir. L'hypothèse d'une conférence de presse le 18 ou le 19 mai circule.

A l'Elysée, on cherche à minimiser l'ampleur de cette rupture

Selon le texte fondateur de ce nouveau projet, les signataires entendent "répondre à l'urgence écologique, moderniser la démocratie, (et) réduire les inégalités sociales et territoriales". Déterminés à «faire entendre (leur) voix dès la préparation du plan de relance et de transformation de notre pays et de l'Europe», ils s'engagent à être «pleinement opérationnels dès le 1er juin» prochain. «Ni dans la majorité, ni dans l'opposition», le groupe se présente comme «une force exigeante, prête à construire avec le gouvernement et la majorité chaque fois qu'ils seront à l'écoute de (leurs) propositions, comme avec tous les bancs politiques, pour construire une majorité d'idée». Contactée, l'une des députées macronistes pressentie pour intégrer ce futur groupe indique qu'elle reste «pleinement engagé auprès d'Emmanuel Macron». «Mais le groupe LREM, c'est n'importe quoi.» «Ce ne sera pas un groupe de déçus de LREM, nuance l'un des artisans de ce nouveau groupe. Libertés publiques, démocratie et inégalités seront nos trois piliers. On aidera la majorité quand ça va dans le bons sens, et on s'opposera quand on sera en désaccord. Notre but est de renouer avec les fondamentaux de la campagne de 2017." L'écologiste Matthieu Orphelin est pressenti pour prendre la tête de ce groupe parlementaire. L'idée d'une "co-présidence femme-homme" circule aussi.

La présidence du groupe majoritaire, de son côté, la joue serein. 
"Personne n'a remis sa démission", fait dire Gilles Le Gendre. "Ce projet est évoqué depuis plusieurs semaines. Nous restons une majorité forte, d'autant plus avec nos partenaires de jeu du MoDem" Dans un long message adressé à ses troupes, Gilles Le Gendre, président d'un groupe artificiellement aggloméré, les a invitées à "la plus grande prudence". Anticipant les risques politiques d'une scission, l'élu a toutefois mis en garde, estimant qu'une telle initiative "constituerait une double rupture de confiance" vis-à-vis du chef de l'Etat mais aussi des électeurs. "Toute tentative de division ferait obstacle à ce que les Français attendent aujourd'hui de leurs dirigeants", prévient Le Gendre, un specialiste pour mettre des mots dans la bouche de ces Français préoccupés de leur survie dans la pandémie.

Autour de Macron, certains cadres de la majorité cherchent évidemment à minimiser l'ampleur de cette rupture. "On retrouve vraiment tous ceux qui n'ont pas compris ce qu'est le dépassement, et qui n'ont pas tiré d'enseignement du discours du président sur les nouvelles perspectives dressées. Au lieu de travailler le groupe, ils préfèrent agir en commentateurs depuis l'extérieur", assène quelqu'un qui se dissimule. 

Quoi que disent les uns et les autres, si ces défections annoncées se concrétisent cette fois, LREM perdra la majorité absolue (289 députés), qu'elle détenait pourtant à elle seule depuis 2017. "C'est un faux sujet, car avec le soutien constant du MoDem et l'appui solide d'Agir!, la majorité dans son ensemble est largement assurée", veut croire Macron. A condition de ne faire aucun fzux pas. Et de se dévarrasser des bouffons du gouvernement, de Ndiaye à Castaner, sans épargner les malfaisants, Le Drian, Schiappa et Pénicaud.


mardi 31 décembre 2019

Sans attendre ses voeux, des députés LREM pointent Macron

Macron ne fait plus l'unanimité dans la majorité présidentielle hétéroclite

Dans une tribune, seize députés de la majorité demandent des clarifications sur son projet flou de réforme des retraites

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Pas de retraite universelle par points pour tous
A quelques heures de la fin de l’année 2019, la contestation pourrait se durcir dans l’Hexagone, alors que la CGT appelle au "blocage total" des raffineries en métropole. Dans un document qu’a pu se procurer BFMTV, mais qui n'est pas encore publié, seize députés de la majorité exigent du président qu'il entendent la révolte populaire et réagissent vite sur la réforme des retraites. 

Ils demandent que "la réforme des retraites soit clarifiée tant dans son contenu que dans son objectif". 
Parmi eux, quinze députés LREM, ainsi que Matthieu Orphelin, ex-député du parti qui a quitté le groupe présidentiel et rejoint le groupe Libertés et Territoires présidé par Philippe Vigier, mais qui continue de siéger dans les rangs de la majorité.

Ils dénoncent un point en particulier : l’âge pivot. 
"L’âge pivot serait injuste socialement, écrivent également les parlementaires, identifiés comme appartenant à l'aile gauche du parti présidentiel. Plusieurs d'entre eux font également partie du collectif social-démocrate né à l'intérieur de LREM au début de l'été 2019, comme Delphine Bagarry - parmi les fondateurs qui voulaient "consolider les dispositifs de protection avant de libérer les potentiels" et ainsi inverser la stratégie d'Emmanuel Macron" -, Martine Wonner, Jean-François Cesarini ou encore Stella Dupont, rejoints par les députés Albane Gaillot et Jean-François Mbaye. Le CSD n'est ni "frondeur", encore moins "godillot", avait prévenu Jean-François Cesarini.

Des solutions alternatives à l'âge pivot existent, faisons vivre le dialogue afin de parvenir à un consensus viable pour tous et ainsi mener à bien cette réforme importante", lancent-ils à Emmanuel Macron. 
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Les signataires demandent donc au président de mettre de l’eau dans son vin, d’autant qu’ils estiment la réforme des retraites nécessaire. "L'âge pivot à 64 ans pour tous n'est pas l'alpha et l'oméga pour financer le système des retraites, il y a des alternatives. On est tous pour une réforme à point et universelle; il n'y a personne qui dit 'restons dans les régimes spéciaux, restons au système actuel’ ", avance Jean-François Cesarini, député du Vaucluse (photo ci-dessus).
"Par contre, travailler plus encore une fois, il ne faut pas que ce soit uniforme mais que ça prenne en compte les parcours personnels de chacun et donc moduler cet âge d'équilibre suivant la pénibilité", a conclu Cesarini.

Macron intransigeant

Mais "travailler plus ne doit pas se faire au détriment des « parcours personnels de chacun", estime le député, raison pour laquelle il est nécessaire de moduler l’âge d’équilibre suivant la pénibilité. A la veille du Nouvel An, lors de ses vœux à la Nation, Macron persistera à se déclarer intransigeant et devrait tenir bon sur les grandes lignes de sa réforme, se retranchant derrière Edouard Philippe chargé de prendre les coups.

Le président devrait continuer à aligner les mots pour réaffirmer son "ambition forte" pour une réforme des retraites qui, selon lui, "corrige de nombreuses inégalités" tout en se montrant "ouvert au dialogue" : un "en même temps" qui ne trompe personne et irrite sa majorité comme tout le pays. 

Il devrait aussi appeler ses contradicteurs à "l’apaisement et non à l’affrontement", ce qu'il se refuse à pratiquer pour lui-même. Très attendue des syndicats, bien que connue d'avance, cette courte allocution de moins de dix minutes pourrait relancer le mouvement dans les jours à venir. 
Tandis qu'une tribute signée par seize député de sa majorité conteste son projet, la CGT a d'ores et déjà appelé à un "blocage total" des raffineries en France à compter du 7 janvier.

Une dizaine de parlementaires de la majorité se sont entretenus lundi avec le leader de la CFDT.

En catimini, à quelques pas de l'Assemblée nationale, cette initiative n'a pas été appréciée de Matignon, ni de Gilles Le Gendre, patron des députés, ni de Stanislas Guerini, patron tout aussi impuissant du mouvement présidentiel.
En rencontrant lundi Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, ces députés situés à l'aile gauche de la majorité ont tenter, là où le pouvoir a échoué, de renouer le contact avec celui qui, pensent-ils, détient la clé du déblocage du conflit entre le gouvernement et de l'unité des syndicats contre la réforme Macron des retraites.

Selon les informations du Figaro et du Parisien, l'entretien s'est déroulé sur invitation lancée à la suite des annonces d'Edouard Philippe sur le projet de loi à venir. Y ont participé des élus du "collectif social-démocrate" du groupe LREM, dont leur animateur, le député du Vaucluse Jean-François Cesarini.