lorsqu'on n'est dans la légalité ?
Mise en examen d'Esteban Morillo, principal suspect dans l'enquête sur la mort de Clément Méric (ci-contre), samedi 8 juin pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans l'intention de la donner.
Dans la soirée, il a ensuite été placé en détention provisoire.
Le juge d'instruction n'a pas retenu l'homicide volontaire, qualification pourtant choisie par le Parquet à l'ouverture de l'information judiciaire.
Le juge a donc fait marche arrière au vu des premiers éléments de l'enquête, établissant désormais que le suspect n'a pas eu l'intention de tuer le jeune anarchiste d'extrême gauche.
Le juge a donc fait marche arrière au vu des premiers éléments de l'enquête, établissant désormais que le suspect n'a pas eu l'intention de tuer le jeune anarchiste d'extrême gauche.
Cinq personnes déférées au Parquet
Sept personnes avaient été suspectées, mais cinq personnes ont été déférées vendredi soir au Parquet de Paris. Agées de 19 à 32 ans, dont une femme, gravitant dans les milieux d'extrême droite, elles ont été présentées samedi à un juge d'instruction. La jeune femme a été libérée. Une information judiciaire pour "homicide volontaire" a ensuite été ouverte visant l'agresseur présumé, Esteban Morillo. Selon le procureur de Paris, François Moulins, la mort de Clément Méric aurait été provoquée par les coups qu'il a reçu aux visages et non par sa chute. Samedi soir, l'"homicide volontaire" n'a donc pas été retenu par le juge d'instruction.
Deux poings américains ensanglantés retrouvés
Vendredi, les "premières conclusions de l'autopsie" montraient qu'il y avait eu une "multiplicité" de coups et que "le décès n'était pas dû à un hématome qui aurait été causé par la chute par terre mais aux traumatismes crano-faciaux occasionnés par les coups de poing portés à la victime". S'agissant des coups portés sur Clément Meric, "Esteban soutient avoir porté (...) ses coups à mains nues".
Un ami de Clément Meric a toutefois soutenu "l'avoir vu avec un poing américain, tandis qu'un autre témoin de la scène a évoqué un objet brillant sur les mains". Deux poings américains ont été saisis lors d'une perquisition chez Esteban, a précisé le procureur de Paris.
Serge Ayoub, le chef de file des JNR entendu
Serge Ayoub, 48 ans, alias "Batskin", figure de la mouvance skinhead française et leader des JNR, avait lui été entendu vendredi après-midi pendant deux heures par la police dans un commissariat du XVIIe arrondissement de Paris. À sa sortie, il a affirmé que les personnes interpellées "ne font pas partie des JNR".
L'agresseur présumé, Esteban Morillo, un skinhead de 20 ans né à Cadix en Espagne, avait été interpellé jeudi en banlieue parisienne, à Saint-Ouen en Seine-Saint-Denis. "Tout le monde le connaissait avec son crâne rasé, ses blousons en cuir, ses treillis et ses tatouages, mais à part ça, il n'était pas connu pour des faits de délinquance", a déclaré à son propos le maire d'une commune de l'Aisne où il a grandi.
VOIR et ENTENDRE le témoignage partisan d'un ami anarchiste de Clément Méric:
Encore des questions sans réponses
Interrogé sur les raisons qui ont poussé les personnes impliquées dans la bagarre à l'appeler pendant la nuit suivant les faits, Serge Ayoub a répondu: "Il faudra leur demander." Dès jeudi matin, Serge Ayoub avait livré une version très détaillée de la bagarre, expliquant que les militants d'extrême droite sur les lieux du drame "n'avaient qu'une seule envie, de s'en aller".
La police compte sur l'interrogatoire des suspects, sur l'audition de témoins et l'exploitation de la vidéosurveillance, ainsi que sur l'autopsie de la victime, pratiquée vendredi matin, pour établir les responsabilités dans l'altercation survenue mercredi à la sortie d'une vente privée Fred Perry à Paris lieu habituel d'affrontements entre les deux groupes d'activistes, les uns d'extrême droite, les autres d'extrême gauche.
