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lundi 15 juin 2020

"Je ne crois pas qu'il y ait un problème noir en France," reconnaît Kofi Yamgnane

Cette opinion n'est audible que parce qu'elle est celle d'un homme noir...

Le 'Comité pour Adama' et Mélenchon peuvent-ils entendre cette voix autorisée ? 

Yamgnane, quand il est en France

L'ancien secrétaire d'Etat à l'Intégration de François Mitterrand dénonce la polémique actuelle qui vise à accréditer l'idée que la France serait un pays raciste

Il a été le premier maire noir élu dans l'Hexagone, à la tête de la petite commune bretonne de Saint-Coulitz dans le Finistère. Il fut aussi le premier Africain naturalisé français à siéger au gouvernement, comme secrétaire d'Etat aux Affaires sociales et à l'Intégration, sous François Mitterrand. Après une carrière comme député et conseiller général, ce socialiste a embauché un collaborateur socialiste, Richard Ferrand – l'actuel président LREM de l'Assemblée nationale –. Septuagénaire deux fois père et quatre fois grand-père, il coule une retraite paisible entre Togo et Bretagne.

Né à Bassar au Togo et naturalisé français à l'âge de 32 ans, Yamgnane récuse l'idée un racisme français développée par une minorité de gauche extrême qui crée une polémique exploitant des violences policières sur délinquants violents et visant à éclabousser l'ensemble de la police et des Blancs français. 

Cet élu de la nation qu'il a choisie
[et qui l'a reçu] défend une République française "inclusive", et condamne avec fermeté les prises de position d'éléments du showbusiness comme le comédien noir établi à Los Angelès, Omar Sy [ci-contre flanqué d'Assa Traoré], l'écrivaine blanche Virginie Despentes ou la chanteuse arabe Camélia Jordana, petite fille de cadre du FLN algérien.
"Maintenant, il faut parler", nous a dit Kofi Yamgnane au magazine Le Point, désolé de la confusion actuelle du débat. 

Le Point : La France de 2020 est-elle un pays raciste ?
Kofi Yamgnane : Non, non, non ! Pas plus en 2020 qu'auparavant. Nous n'avons aucune institution, aucun organisme, aucune loi qui prône la ségrégation raciale [la France n'est pas un pays d'apartheid !]. Intrinsèquement, la République française est une République inclusive. Mais avoir la nationalité française [ou britannique], cela se mérite. Il faut être plus blanc que blanc. N'avoir rien à se reprocher. Connaître la littérature française. Ce n'est pas donné d'être français. 

Est-ce une bonne ou une mauvaise chose ?
Une bonne chose ! Un pays est souverain. C'est lui qui établit ses lois, qui propose un contrat à celui qui veut faire partie de cette communauté. Si vous souhaitez devenir citoyen, voter, vous devez vous conformer à ce que vous propose votre pays. Il faut se montrer digne d'avoir la nationalité. 
Je suis arrivé en France en 1964 en venant du Togo à 18 ans pour étudier à l'Ecole des mines de Paris, et j'ai obtenu la nationalité en 1977. Cette carte d'identité, on me l'a donnée de façon incroyable. Après des démarches qui ont duré un an, j'ai reçu dans ma boîte aux lettres une enveloppe Kraft où il était simplement écrit : "A partir de maintenant, vous êtes français." Quand je suis devenu secrétaire d'Etat à l'Intégration, j'ai institué une cérémonie au moment de l'attribution de la nationalité. Pour moi, il était important que ce moment soit solennisé.

Que pensez-vous de ces mouvements de "racialisme" et d' "indigiénisme" qui se manifestent bruyamment dans la société française ?
Tout cela n'a aucun sens. Je veux bien croire que l'accueil des travailleurs qualifiés en France n'est pas bon. Aucun Malien, aucun Togolais, aucun Tchadien ne vient pour envahir la France. Ils suivent tous des projets individuels. Mais, quand ils arrivent, la République [à vrai dire, les associations subventionnées co-gestionnaires] les met dans des départements, des quartiers où ils se regroupent [c'est le cas actuel des migrants qui n'arrivent pas par hasard Porte de La Chapelle]. Tout cela n'a aucun sens. Nous n'agissons pas bien avec eux. Il faut laisser les gens s'installer où ils veulent et, surtout, faire en sorte qu'ils se mélangent. Avoir fait des études d'ingénieur, m'être marié avec une Bretonne, être baptisé et avoir passé mon enfance à la campagne ont favorisé mon intégration. [KY se distingue donc des autres Français que par sa couleur de peau et encore ne l'essentialise-t-il pas... Il n'en fait pas un argument de décolonisation et de conquête] 
Je ne comprends pas que des ressortissants étrangers puissent décider de se regrouper entre eux en excluant les autochtones. Le Cran, les Indigènes de la République, tous ces mouvements, je ne les comprends pas [ce sont précisément des organisations indigénistes, racisées et racistes anti-Blancs]. 
La lutte contre le racisme est devenue une légitimation du communautarisme. Or, la République [qui encourage le multiculturalisme] ne reconnaît pas le communautarisme, mais les individus. 
Le racisme est une idéologie, une posture qui va à l'encontre des principes de la République. Tous les Français [quelle que soit leur origine ethnique] qui sont dignes de la République doivent combattre cela. On ne peut pas lutter contre le racisme par des combats particularistes. 
Nous ne pouvons pas vivre ensemble en renonçant à la mixité sociale et raciale. Sinon, on se regarde en chiens de faïence [attitude passive, distincte des mouvements actuels de haine de rue], comme cela se passe actuellement. 
Il faut que les étrangers qui viennent en France entrent de plain-pied dans la société française, qu'ils en acceptent les lois, je le dis en particulier pour mes compatriotes musulmans : la loi de la République est supérieure à celle d'Allah ! 

Avez-vous lu la tribune d'Omar Sy dans L'Obs dénonçant les violences policières en France, liées au racisme ? 
Oui, je l'ai lue et je la trouve très exagérée. Il est dommage qu'Omar Sy se soit laissé aller à une telle polémique. Il ne fait pas mieux qu'Eric Zemmour, qui souffle sur les braises et allume des incendies. Si l'on continue ainsi, on ne réussira jamais à vivre ensemble. Evidemment qu'il y a des racistes en France, mais comme au Togo ou en Algérie [ou Los Angelès, selon les quartiers..., et au Sénégal ou en Mauritanie]… Et des racistes, on en trouve dans tous les corps de métier [de même que des antisémites et des violents]. Au nom de quoi la corporation des policiers échapperait-elle à une telle dérive ? Les policiers et les gendarmes ne sont pas des extraterrestres. On trouve parmi eux des racistes comme ailleurs [et parmi les anti-racistes racisés qui ont la haine du Blanc et  du Noir, de l'Arabe ou du Gitan, en fonction de leur quartier]. Comme ils sont les bras armés de l'Etat, ils doivent dans leur formation recevoir des cours de déontologie poussés, ils se doivent d'être des personnes d'élite [et capables de faire face à la violence grandissante des petits délinquants comme des "grands frères" des quartiers ou des caïds de l'économie souterraine]. Maintenant, comment peut-on affirmer que la police française est raciste ? Il faut souligner la gravité de cette accusation.
[le boxer guadeloupéen, double champion du monde et délégué régional aux quartiers populaires de la région Ile-de-France depuis 2019, Jean-Marc Mormeck : "Non, en France tous les policiers ne sont pas violents ni racistes"]

"En France, nous ne sommes pas racistes, mais je ne me souviens pas avoir jamais vu un homme noir ministre. Pourtant j'ai 50 ans [le journaliste du Point, Jérôme Cordelier], j'en ai vu, des gouvernements." Avez-vous lu aussi cette lettre ouverte de l'écrivaine Virginie Despentes diffusée sur France Inter qui commençait par ces mots ? 
Oui, je l'ai lue aussi (rires). Il est étonnant que Virginie Despentes ait écrit cela, car elle n'est pas la première venue. Elle devrait savoir qu'avant les indépendances de leur pays respectif l'Ivoirien Félix Houphouët-Boigny [] et le Sénégalais Léopold Sédar Senghor [ministre 1959-1961, écrivain, promoteur de la "négritude", mais auteur auteur de l'article fondateur "le français, langue de culture, premier président de la République du Sénégal (1960-1980) et aussi le premier Africain à siéger à l'Académie française, en 1983, au fauteuil du duc de Lévis-Mirepoix, ce qu'ignorent les petites têtes de pois chiche de banlieue], furent ministres français. Elle devrait se souvenir qu'il y eut, après, au gouvernement, notamment, des hommes comme Roger Bambuck [recordman du monde du 100 m - peut-on dire Guadeloupéen, différenciation qui le distinguerait de Blancs d'Auvergne en métropole ?] -, secrétaire d’Etat à la Jeunesse et aux sports de 1988 à 1991], puis moi qui venais d'Afrique, et plus récemment Laura Flessel ou Sibeth Ndiaye [sans oublier Rama Yade, secrétaire d'Etat chargée des Affaires étrangères et des Droits de l'homme de 2007 à 2009, secrétaire d'Etat chargée des Sports jusqu'en 2010 dans le gouvernement Fillon II, puis ambassadrice de la France à l'UNESCO]. Faut-il rappeler que l'actuelle porte-parole du gouvernement est née au Sénégal [et qu'elle n'a pas demandé sa naturalisation avant 2016, pour avoir la charge des relations de presse de Macron durant sa campagne présidentielle de 2017]?

Existe-t-il en France un problème "noir" ? 
Un problème, je ne crois pas. Même si l'on rencontre sans doute davantage de difficultés pour trouver du travail, un logement dans les mêmes conditions que nos collègues blancs. Je l'ai moi-même subi quand je cherchais un logement à Châteaulin [dont Kofi Yamgnane fut plus tard le conseiller départemental], en Bretagne, en 1973. Ma femme, une Bretonne pure sucre, ou plutôt pure beurre [attention à la notion de pureté raciale !...], faisait une première visite. Puis elle revenait avec moi, et alors on nous disait : " Désolé, mais depuis que vous êtes passée, l'appartement est loué." Combien de fois l'ai-je entendu cette phrase ! [une aventure qui peut arriver à toute personne en recherche d'un appartement. En revanche, depuis, les bons éléments des quartiers sensibles - quand ils travaillent et ne rejettent pas le système -  bénéficient du privilège de voies d'accès fléchées et balisées aux grandes écoles, dont SciencePo, lesquelles discriminent les candidats blancs, en plus des bourses et aides diverses qui échappent aux autres Français, comme les allocations familiales retirées à certaines familles de couleur, mais blanche]

Considérez-vous l'intégration plus ou moins difficile aujourd'hui qu'à votre époque ? 

Plus difficile, je pense. J'ai reçu récemment un jeune Métis [la majuscule s'impose-t-elle?] brestois, un gars solide de 20 ans, très baraqué [comme le football en recherche et en recrute de manière préférentielle?]
Film stigmatisant
la société française,
avec de bons sentiments
Il m'explique qu'il habite à côté de Paris, à Ivry-sur-Seine. Je lui dis alors qu'il doit bien profiter des sorties dans la capitale. Et il m'explique qu'après le travail il rentre directement chez lui. Je m'étonne. Il me rétorque que dès qu'il sort, il se fait contrôler. Il tombe sur une première brigade, doit sortir ses papiers, puis il parcourt 500 mètres, et une deuxième brigade lui demande de nouveau ses papiers. Et ainsi de suite [l'exception devient la règle dans les récits issus des ghettos créés par les associations, dont la plupart sont noires]. Alors, il me confie : "J'ai peur à la longue de m'énerver, de soulever le flic qui me demande mes papiers, de lui fracasser la tête sur un trottoir
[car la colère et la haine sont les mots communément véhiculés par les media, premier vecteurs de banalisation de la violence]. Son collègue, alors, me tirera dessus. Et cela fera deux morts pour rien."

Kofi, quand il est au Togo (2010)
<br>En octobre 2014, l'ancien secrétaire d'Etat PS, Kofi Yamgnane, a été placé en
garde à vue dans le cadre de l'affaire de corruption qui a valu une mise en examen à Christophe Rocancourt, surnommé "l'escroc des stars", indiqua l'AFP.
Les juges Roger Le Loire et Charlotte Bilger, du pôle financier de Paris, soupçonnent notamment M. Rocancourt d'avoir tenté, contre paiement, de faire régulariser des situations administratives en lien avec des titres de séjour, selon une source proche du dossier.
Le Monde écrivait que M. Yamgnane aurait également été approché pour intervenir auprès des autorités françaises pour faciliter une régularisation.
Ancien secrétaire d'Etat aux Affaires sociales et à l'Intégration (1991-1992) puis à l'Intégration (1992-1993) dans les gouvernements Cresson et Bérégovoy, M. Yamgnane avait ensuite été élu député PS du Finistère de 1997 à 2002.
M. Yamgnane, qui possède la double nationalité française et togolaise, avait également tenté de se présenter à la présidentielle togolaise en 2010, mais sa candidature avait été rejetée par la cour constitutionnelle togolaise.

mardi 23 mai 2017

Moralisation: une affaire immobilière impliquant Richard Ferrand révélée par le Canard enchaîné

A Matignon, une source anonyme juge que la probité de Ferrand n'est "pas en cause" !

L'affaire immobilière implique le ministre de la Cohésion des territoires et son épouse

Reuters évoque un "vieil" appel d'offres visé par l'hebdomadaire "satirique"...  
"Sur le papier", admirable , mais prudente formule, rien d'illégal et pas d'argent public en jeu. L'agence de presse minimise la gravité de l'opération financière en "arrangement familial", formulant un commentaire, avant même d'énoncer les charges: depuis le scandale du PenelopeGate, "le moindre soupçon de favoritisme familial peut se révéler embarrassant," estime-t-elle. 

Fracture médiatique
Tandis que Le Canard Enchaîné de ce mercredi livre l'information que les Mutuelles de Bretagne, dont Richard Ferrand était alors le directeur général, ont loué des locaux, à Brest, appartenant à une société détenue par sa compagne, à partir de 2011, 
Reuters s'attache à la défense du secrétaire général d'En Marche!, le mouvement politique des puissants du moment, le président Emmanuel Macron son et ministre de la Cohésion des territoires, Richard Ferrand, 54 ans, encarté PS depuis 1980 et premier parlementaire de gauche à suivre Emmanuel Macron, devenant la cheville ouvrière du mouvement.
Le tandem Ferrand-Macron s'est mis en route début 2015, après une première rencontre impromptue fin août 2014. L'élu breton avait rendez-vous avec Arnaud Montebourg au ministère de l'Economie et c'est finalement Emmanuel Macron, successeur du ténor socialiste tout juste débarqué, qui le recevra.
Nommé rapporteur général de la loi Macron, il vivra pratiquement deux mois nuit et jour avec le locataire de Bercy, ferraillant durant plus de 400 heures de débats parlementaires et examinant près de 9.000 amendements. "C'est le travail qui nous a liés", résume Richard Ferrand.
L'homme du renouveau des moeurs politique assure n'avoir pas favorisé son épouse qui a remporté un appel d'offres auprès des Mutuelles de Bretagne lorsqu'il en était encore le directeur général. En 2011, le bras gauche d'Emmanuel Macron n'est pas encore député socialiste et dirige une mutuelle depuis 1993, soit 18 années durant, fonction à laquelle il mettra un terme en rejoignant l'Assemblée nationale. 

Comme le précise l'hebdomadaire satirique,  en janvier 2011, Les Mutuelles de Bretagne ont un nouveau besoin et doivent choisir un site censé accueillir un centre de soins à Brest (PS), Finistère, dont Ferrand est député depuis 1998, année à laquelle Ferrand prend la direction générale des Mutuelles de Bretagne. 
Avant d'être envoyé en Bretagne en 1991 par le secrétaire d'Etat aux Affaires sociales de l'époque Kofi Yamgnane, dont il avait intégré le cabinet, l'Aveyronnais Richard Ferrand a été l'administrateur de deux agences de graphisme à Paris.
Sur les trois offres soumises, c'est celle de la compagne de Richard Ferrand, Sandrine Doucen, qui est retenue. 
Détail qui éveille la curiosité du Canard Enchaîné: à l'époque, la SCI de Sandrine Doucen n'a encore aucune existence légale. Ce n'est qu'après avoir remporté l'appel d'offre que la compagne du futur ministre va acquérir les locaux qu'elle s'est engagée à louer aux Mutuelles de Bretagne. 
Grâce à la garantie de location offerte par la mutuelle, Sandrine Doucen ne débourse aucun capital pour acheter le site et obtient un prêt bancaire pour couvrir l'investissement. 

Autre détail qui interpelle: c'est la mutuelle qui se charge de financer la rénovation des locaux - pour un montant de 184.000 euros -, des bureaux d'une surface totale de 379 m2 pour un loyer annuel de 42.000 euros. C'est un "arrangement familial", ironise le Canard, qui aurait permis à Mme Ferrand de se constituer un patrimoine à moindre frais. Sauf que personne ne s'en plaint. 

L'homme "atout fer" de Macron reconnait les faits à l'hebdomadaire

Le collaborateur de Macron assure que tout a été réalisé dans la transparence. 
Photo"C'était la proposition la moins chère! Le prix était conforme au marché et rien n'a été caché: tout le monde savait que cette SCI était la propriété de ma compagne", assume-t-il. Même si son président à l'époque ne se souvient pas que la gérante de la SCI dénommée Saca était la compagne de son directeur général...

Selon Le Canard enchaîné, le lien entre Ferrand et sa compagne ne figure pas sur le procès-verbal de la réunion du conseil d'administration des Mutuelles de Bretagne durant laquelle l'offre a été retenue, en 2011.
Et personne n'osa contredire le président de la mutuelle. La décision d'attribuer le marché à l'épouse de Richard Ferrand a d'ailleurs été validée par le conseil d'administration de la mutuelle.

Egalement cité par Le Canard Enchaîné, l'actuel président du conseil d'administration des Mutuelles de Bretagne maintient que les locaux en question "correspondent en tous points aux besoins" de l'organisme à but non lucratif.

Député de la 6ème circonscription du Finistère (Carhaix-Plouguer, Châteaulin, Châteauneuf-du-Faou, Crozon, Daoulas, Le Faou, Huelgoat, Ouessant, Pleyben),
Richard Ferrand est candidat à sa succession, investi par La République en marche!. Les ministres candidats aux législatives devront démissionner de leur poste s'ils ne sont pas élus.

mercredi 29 octobre 2014

Mise en examen d'un ancien secrétaire d'Etat de François Mitterrand, dans l'affaire Rocancourt

Kofi Yamgnane est mis en cause par les juges du Pôle financier de Paris

Une soirée de levée de fonds pour la prochaine élection présidentielle togolaise 
 en 2015 a éveillé les soupçons


"Monsieur Afrique"
du candidat Hollande
Le bénéficiaire de l'opération était le candidat nommé Kofi Yamgnane, ex-secrétaire d’Etat (PS) à l’Intégration dans les gouvernements d’Edith Cresson, puis de Pierre Bérégovoy, de 1991 à 1993. Le bi-national franco-togolais brigue désormais la plus haute fonction dans son pays d’origine.
Kofi Yamgnane n’a pas été ministre dans les gouvernements de Jean-Marc Ayrault et il n’a pas conservé son poste de conseiller à l’Elysée. Le Franco-Togolais fut pourtant l’un des fidèles parmi les fidèles, dès la première heure, sous la casquette de conseiller aux Affaires africaines du candidat François Hollande, aujourd’hui locataire de l'Elysée.

La scène se passe le 29 janvier, dans le 16e arrondissement de Paris à la fin du discours du candidatMarcel Ceccaldi s’approche du candidat, socialiste et lui présente une certaine Asmaa Kartoubi. Le premier est un avocat spécialisé dans la défense des chefs d’Etat africains et la seconde est une Marocaine de 26 ans, sans papiers. A l’invitation de l'avocat français de l'État libyen jusqu'à la chute du régime de Kadhafi, la jeune femme tend une enveloppe à l'ancien ministre de Mitterrand. A l’intérieur, 3.000 euros en liquide. En échange, l’ancien  ministre lui offre un exemplaire de son livre assorti d’une dédicace : "Pour Asmaa, en fraternité, en souvenir de cette belle soirée".


Cette remise d’argent justifie une mise en examen du candidat à la présidentielle togolaise pour "trafic d’influence". Il était en effet convenu que l’ancien ministre interviendrait auprès des plus hautes instances françaises pour obtenir la régularisation de la jeune femme. Pour avoir entrepris les mêmes démarches, contre rémunération, en faveur d’Asmaa et de sa sœur, l’avocat Marcel Ceccaldi, l’ancien chef du GIGN Christian Prouteau et "l’escroc des stars", Christophe Rocancourt, sont déjà mis en examen. Ils encourent une peine de cinq ans de prison et une amende de 500.000 euros.
La justice soupçonne notamment Rocancourt d'avoir tenté, contre paiement, de faire régulariser des situations administratives à partir des titres de séjour. 

Mercredi 29 octobre: 
suspecté de trafic d’influence, le socialiste est placé en garde à vue, puis mis en examen
Lors de l'enquête sur cet éventuel trafic de cartes de séjour que Christophe Rocancourt aurait dirigée, le Franco-togolais est à son tour suspecté de "trafic d’influence".

Les ambitions togolaises de Yamgnane

Août 2014: la ministre Lebranchu éleve
Yamgnane au grade de
commandeur de la Légion d’honneur
pour son "parcours exemplaire"...
En 2003, le Franco-Togolais n'est plus maire de Saint-Coulitz dans le Finistère (députés: Lebranchu et Urvoas) et Yamgnane se brouille avec le président du Togo, Gnassingbé Eyadema. Il est alors déclaré "persona non grata" dans son pays de naissance jusqu'en 2008. 
En 2005, il annonce sa candidature à l’élection présidentielle du Togo, pour finalement se retirer de la course dans le même mois. En 2009, Yamgnane fait à nouveau l'annonce officielle de sa candidature à l'élection togolaise de 2010, mais renonce encore à aller au bout de sa campagne pour se déclarer une fois de plus candidat au scrutin de 2015.

Le candidat a été placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de rencontrer les autres protagonistes de ce dossier, et devra s'acquitter d'un cautionnement de 3.000 euros. 
L'enveloppe de la compatriote de Najat Vallaud-Belkacem pourra-t-elle changer de destination ?