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jeudi 1 janvier 2015

Elysée: le cabinet de François Hollande s'est vidé

Que reste-t-il du cabinet originel à mi-mandat?

De nouveaux départs au cabinet de Hollande, version toilette sèche

François Hollande se voit sans cesse contraint de remanier son cabinet.
Ce n'est pas le seul cas de découragement au sommet de l'État. La directrice de cabinet de François Hollande, Sylvie Hubac, jette l'éponge: elle a abandonné ses fonctions "à la fin de cette année."  En poste depuis mai 2012, membre de la promotion Voltaire de l'ENA, comme le président de la République et conseillère d'État, Sylvie Hubac a repris sa liberté et sera remplacée par le préfet Thierry Lataste à partir du 5 janvier. A 60 ans, l'homme a été directeur de cabinet de Manuel Valls au ministère de l'Intérieur. Dans le passé, il a aussi participé à la négociation de l'accord de Nouméa en 1998, puis a été Haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie. Constance Rivière, auditrice promue maître [maîtresse?] des requêtes au Conseil d'État, conseillère au cabinet du président de la République, à 33 ans,sur les questions d'administration et service public, va, de son côté, monter en grade, après seulement un an à l'Elysée et sans aucune expérience professionnelle. Elle est nommée directrice adjointe du cabinet. 

L'Élysée a aussi annoncé le départ de Philippe Léglise-Costa, membre du pôle diplomatique de l'Élysée, a souhaité être déchargé de ses fonctions au cabinet du Président de la République", a expliqué l'entourage du président. F. Hollande l'a recasé avec la charge de "conduire une réorganisation du suivi des affaires européennes afin de renforcer la cohérence de l'action du gouvernement dans ce domaine, les échanges avec les institutions européennes, ainsi que les liens avec tous les acteurs concernés". 

Ce mouvement intervient quelques mois après le vaste remaniement du mois de juin. À l'époque, quelques jours après le départ de Pierre-René Lemas, secrétaire général, une demi-douzaine de conseillers avait quitté la présidence de la République. David Kessler, chargé de la Culture, Thierry Rey, conseiller en charge des Sports et Emmanuel Macron, alors secrétaire général adjoint, avaient pris le large vers la banque Rothschild pour se constituer une rente.

Qui reste-t-il de l'équipe de mai 2012?


A son arrivée à l'Élysée, François Hollande avait installé une équipe de proches, avec Pierre-René Lemas et Sylvie Hubac sa directrice de cabinet. Les deux étaient issus de la promotion Voltaire de l'ENA. Avec eux, Philippe Leglise-Costa incarnait son monsieur "Europe", avec le succès que l'on sait, mais il a rapidement cristallisé une large part des critiques sur la soumission de Hollande à l'Union européenne.

Parmi la trentaine de collaborateurs, 
 Aquilino Morelle, un proche d'Arnaud Montebourg, a été viré de son poste de conseiller politique, comme son modèle, mais pour consommation excessive de biens de consommation élyséens et de cirage, ainsi qu'abus de brosse à reluire sur son lieu de travail. Depuis, le petit marquis a quitté le sommet de l'État au milieu d'une polémique sur ses relations avec des laboratoires pharmaceutiques et sur son train de vie aux dépens du prince. Il menace maintenant de publier un livre annoncé comme une véritable bombe à fragmentation. 

Le principal conseiller diplomatique était Paul Jean-Ortiz, décédé à l'été 2014.
 

Face à la pénurie, F. Hollande a rappelé son ex-secrétaire général adjoint, qui n'est autre que... Emmanuel
Macron, dont il a fait son ministre de l'Économie, en remplacement du précédent, Arnaud Montebourg, lequel avait fait de la "gauche molle" son âme damnée. 

Les abandons de poste à la présidence de la République laissent Hollande désemparé. A la presse et à la communication, François Hollande avait choisi Christian Gravel, les (larges) oreilles de Manuel Valls. Mais il a lui aussi quitté l'Élysée pour rejoindre le Service d'information du gouvernement. (SIG). 
Le responsable de la cellule web, Romain Pigenel ne gère plus non plus l'agenda du chef de l'État.
Hollande avait nommé le préfet Pierre Besnard chef de cabinet en mai 2012. Parti aussi, en juillet 2013, pour devenir préfet des Hautes-Alpes. 

Parmi ceux qui restent, Hélène Le Gal, madame "Afrique" de François Hollande, ainsi que son collègue Emmanuel Bonne, Constance Rivière, qui est donc montée en grade, le professeur Olivier Lyon-Caen, conseiller santé et recherche médicale, Michel Yahiel, conseiller social, et une petite poignée d'autres conseillers mineurs. Mais la grande majorité de l'équipage initial a quitté le pédalo.

vendredi 5 juillet 2013

Delphine Batho met en cause les lobbies autour de Hollande

Matignon nie sa proximité avec avec Vallourec...

"Certaines forces économiques"?
Le pédalo a
heurté le Batho
Les lobbies sont les principaux responsables de son éviction, selon Delphine Batho, limogée mercredi de son poste de ministre de l'Ecologie,  jeudi 4 juillet après-midi .
"Certaines puissances économiques n'acceptaient pas le niveau d'ambition que je fixais pour la transition énergétique", notamment sur la question du gaz de schiste et de la transition énergétique, dont la réduction de la part du nucléaire en France, a-t-elle expliqué lors d'une conférence de presse. 

Un complot pour éliminer une ministre de Hollande
"Ces forces ne se sont pas cachées de vouloir ma tête, mais si le gouvernement avait été solidaire, elles n'y seraient pas parvenues", a-t-elle déploré.

Et Delphine Batho de viser nommément le patron de Vallourec, patron du CAC 40.
L'entreprise fabrique des tubes en acier. C'est l'UMP qui établit un lien suspect, dans un communiqué de mai 2012: le parti affirmait qu' "il n'y a pas si longtemps, la gauche criait au conflit d'intérêt pour moins que ça" [pdf].
Or, son patron, Philippe Crouzet, major de l'ENA, tout comme sa femme (issue de la fameuse promotion Voltaire, comme François Hollande, Michel Sapin, Ségolène Royal, Pierre-René Lemas, le secrétaire général de l'Elysée...) n'est autre... que l'époux de Sylvie Hubac, la directrice de cabinet du président François Hollande. 
"Est-il normal que le patron de l'entreprise Vallourec directement intéressé par l'exploitation des gaz de schiste ait pu annoncer ma marginalisation des semaines à l'avance devant des responsables de son entreprise aux USA ?", a-t-elle interrogé. 

"Que le patron de Vallourec dise que je suis un désastre parce que je fais rempart au gaz de schiste et que je veux réduire la part du nucléaire, c'est une chose, qu'il annonce ma mise à l'écart à l'avance, c'en est une autre. De quelle informations disposait-il pour être si sûr de lui?" a-t-elle insinué.
Challenges racontait en effet ce 3 juillet que le mois dernier, lors d'un voyage aux Etats-Unis, il avait dit que Batho était "un vrai désastre":
"Philippe Crouzet [...] avait ajouté que le problème Batho était
en passe d'être réglé,
car son influence au gouvernement
allait désormais décroître
."
Delphine Batho a ensuite mis en cause directement les "conseillers de Matignon et de l'Elysée"

Est-il normal "qu'ils me critiquent publiquement dans la presse"? a-t-elle lancé amèrement. 
Dans la soirée de jeudi, Matignon a tenté de clore la polémique, en assurant simplement que l'éviction de Batho - en sept heures- est "liée à ses déclarations sur son budget".

Petite liste rose des patrons, amis de Hollande
Deux hommes l’ont beaucoup aidé,son ami de toujours Jean-Pierre Jouyet, tout récemment nommé patron de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), dont la femme Brigitte Taittinger est une cousine de Christophe de Margerie, le patron de Total) et Emmanuel Macron, ex-banquier d’affaires chez Rothschild et actuel secrétaire général adjoint de l’Elysée. 
Hollande a recroisé la route du banquier d’affaires Philippe Villin, ancien patron du Figaro et supposé proche de Sarkozy. Les deux hommes s’étaient croisés à l’ENA. Résultat : Villin le soutiendra à la primaire ; il versera même 7 500 euros à son comité de soutien présidentiel et lui organisera à son tour deux dîners avec des patrons français. 
Mais le réseau ne s'arrête pas là et si tout est plutôt clair concernant l'échouage de Batho,  il est permis de se demander si Sarkozy a été rejeté par les Français ou par le monde des affaires.