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jeudi 22 mai 2014

Dérapage de l’Académie française avec la montée du rap et d'Alzheimer

Les académiciens  valident finalement "ils croivent" et "faut qu’on voye" 

Le laxisme n'est pas seulement gouvernemental

La langue française vient de recevoir un nouveau coup bas et de la part de ceux qui sont supposés la défendre. Ce mauvais lui a été administré hier soir dans le cercle très fermé des "Immortels ". En effet, après un long débat de sept heures et trente-cinq minutes, l’Académie a décidé de s'offrir une cure de jeunesse.  

Pas de grâce pour le subjonctif  

Erreur de vieillesse ou effort dérisoire de séduction, les académiciens se sont lâchés dans leurs couches, acceptant de valider définitivement deux formes incorrectes de conjugaison mais pourtant couramment utilisées à l’oral par les plus incultes: "ils croivent" et "qu’on vouaille".

"On dit bien 'ils boivent' à l'indicatif, observent les malins. Sauf que 'boire' a laa même forme à l'indicatif et au subjonctif. Alors pourquoi faudrait-il admettre "il il faut qu'il 'vouaillent' clair, puisque "ils 'voient' s'emploie clairement et à l'indicatif et au subjonctif: ("il faut qu') ils 'voient' clair".

Une prime à la maltraitance 
Alors il était assez injuste de fustiger "ils croivent" comme faute de français, observe Jean d’Ormesson: comme ses ancêtres qui ont envoyé le roi à la guillotine, l'académicien enverrait aussi bien la conjugaison au fond du cul-de-basse-fosse le plus sombre. 

Parents, si vous saviez...
Progressisme langagier renforçant la fracture sociale
Cette décision de l’Académie Française découlerait ainsi d’une volonté, de ceux qui la maltraitent, de faire évoluer la langue vers sa forme urbaine, comme la mode du pantalon sous les fesses. Simplifier, clarifier, dépoussiérer la langue française fait partie intégrante des missions salutaires que mène de front l’Académie. Si seulement elle savait ce qui se prépare dans son dos!

Alain Finkielkraut en maître d’œuvre

C’est sous la houlette du dernier arrivé à l’Académie, le philosophe Alain Finkielkraut, que le forfait a été commis, à la hussarde, en un seul petit mois, entre le jeudi 10 avril et le 21 mai 2014. En effet, coutumier de ces conjugaisons, "il s’est battu bec et ongles et [l'imprudent] a réussi à mobiliser une majorité de membres [sic] derrière lui", commente admiratif Xavier Darcos, un brin émoustillé.

Ces formes de conjugaison seront acceptées au même titre que les anciennes, afin de ne pas créer de changement trop brutal dans les méthodes d’enseignement. Hamon, bac+3, n'y est pas prêts. "Faudrait qu’on vouaille qu’on fait bien la même chose avec "Comme si que", a déclaré un Max Gallo épuisé, mais satisfait au sortir des ébats  débats.

Trop le dossier cette histoire !
Au risque de décevoir ceux qui me croivent, ce cauchemar est seulement le résultat d'une nuit agitée, fracassée par l'orage et ses éclairs: il aurait fallu qu'ils vouaillent ça. 
Bon, à la revoyure! Maintenant, il faut que je vais à mes affaires.


mardi 17 juin 2008

L'Académie française contre des langues régionales dans la Constitution

Les académiciens demandent le retrait d’un article de la loi

Une atteinte à l'identité nationale

L'Académie Française s'inquiète de la reconnaissance des langues régionales dans la Constitution, qui porte selon elle "atteinte à l'identité nationale", et demande le retrait d'un article de loi en ce sens voté en mai par l'Assemblée nationale.
Une démarche "extrêmement rare" de l'institution, dont la mission est notamment de "veiller sur la langue française", reconnaît l'Académie, pour souligner la gravité du danger.


Cette attaque vient de l’intérieur,
ce qui la rend encore plus accablante.

"Depuis plus de cinq siècles, la langue française a forgé la France. Par un juste retour, notre Constitution a, dans son article 2, reconnu cette évidence: La langue de la République est le français", écrivent les académiciens dans une "déclaration" diffusée lundi.
Or, les députés ont, selon les sages du Quai Conti, adopté en première lecture le 22 mai un texte "dont les conséquences portent atteinte à l'identité nationale". Les défenseurs de la langue s’élèvent contre ce qu’ "ils ont souhaité que soit ajoutée dans la Constitution, à l'article 1er, dont la phrase commence par les mots : La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale, une phrase terminale: Les langues régionales appartiennent à son patrimoine".

Un amendement en ce sens au projet de loi sur la réforme des institutions déposé par le président UMP de la commission des Lois de l'Assemblée Nationale, Jean-Luc Warsmann (1965, sans profession), avait alors été voté à la quasi-unanimité.
S'ils ne contestent pas l'importance des langues régionales, les académiciens s'interrogent sur "cette apparition soudaine dans la Constitution", qui met "en cause, notamment, l'accès égal de tous à l'Administration et à la Justice".

L'Académie, "qui a reçu le mandat de veiller à la langue française dans son usage et son rayonnement", demande "le retrait de ce texte dont les excellentes intentions peuvent et doivent s'exprimer ailleurs, mais qui n'a pas sa place dans la Constitution".
Les académiciens contestent en particulier la primauté donnée aux langues régionales, désormais inscrites dans l'article 1 de la Constitution alors que la langue française reste mentionnée dans l'article 2. "Il nous paraît que placer les langues régionales de France avant la langue de la République est un défi à la simple logique, un déni de la République, une confusion du principe constitutif de la Nation et de l'objet d'une politique", écrivent-ils.

Les déclarations de l'Académie de ce type sont "rares et traduisent une vraie préoccupation" des académiciens, souligne-t-on Quai Conti.
L'institution est ainsi intervenue ces dernières années pour donner sa position et "attirer l'attention" des différents acteurs dans les débats sur la simplification de l'orthographe, la place du français dans les programmes scolaires ou la féminisation des noms de métiers et fonctions.
Le texte doit être examiné à partir de mardi au Sénat.