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mercredi 5 septembre 2018

Education sexuelle à l'école: le gouvernement veut avancer, contre l'avis d'une majorité de citoyens

Marlène Schiappa dénonce l'opinion

La loi  suscite polémiques et rumeurs sur les réseaux sociaux, au grand dam d' enseignants et d'intervenants militants

L'éducation artistique laisserait-elle aussi
à désirer ?
"Incessamment sous peu", la secrétaire d'Etat à l'Egalité et le ministre de l'Education doivent envoyer aux recteurs une circulaire, "dans les prochains jours", bien qu'annoncée avant l'été. Elle leur demandera de mettre en œuvre cette loi de 2001 qui choque les consciences et reste peu appliquée, malgré une première circulaire en 2003.

Cette loi et sa nouvelle circulaire visent à court-circuiter les familles.
L'annonce de cette nouvelle circulaire mi-juillet n'a cessé d'animer les réseaux sociaux. Sourds aux craintes légitimes de la population, les amateurs d'éducation à la sexualité déléguée à l'Etat - qui attendent béatement de connaître le contenu du texte - tentent de discréditer les opposants, les accusant de  répandre de fausses informations, notamment sur un prétendu enseignement de la masturbation aux élèves. La FCPE (Fédération de parents d'élèves, marquée à gauche) indique pourtant  avoir reçu des appels de parents et d'enseignants inquiets. Des complotistes réactionnaires ?

Image associéeDes rumeurs déjà suscitées au moment des "ABCD de l'égalité", un dispositif visant à promouvoir l'égalité filles-garçons qui avait été abandonné en 2014 face aux polémiques autour des enseignements irrespectueux de l'intime de chacun.

"Je sais bien que ce type de sujets est souvent un ventilateur à fantasmes", a souligné Jean-Michel Blanquer lors de sa conférence de rentrée. "Il n'y aura pas d'éducation à la sexualité explicite [ça veut dire quoi ?] à l'école primaire, rien qui heurte le bon sens de tout père ou mère de famille". Savoir où la macronie place le curseur du "bon sens", terme inapproprié au sujet. 

Mais le gouvernement entend bien imposer ces trois séances par année scolaire "d'éducation à la vie sexuelle et affective", l'affectif étant un vaste domaine, du ressort de la famille.
Menées par des associations agréées, style "planning familial" ou "Osez le féminisme!" ou "Act Up"... c'est-à-dire militantes de la pensée unique soi-disant dominante, elle parleront "de consentement [sexuel], de respect d'autrui, des rapports entre les femmes et les hommes", avait expliqué Schiappa en juillet. Mais l'accouchement de la circulaire pose visiblement problème, alors que la rentrée est effectuée.

Une urgence nouvelle issue du brassage des populations et des religions en milieux ghettoïsés

Le pouvoir macronien se fait des illusions aussi longtemps que l'Etat n'a pas réinvesti les "zones de non-droit".  Il reconnaît qu'il s'agit bien d'une "urgence" pour le Planning familial, qui dispense déjà ces séances dans des établissements scolaires. Une exclusivité anti-démocratique puisque tous les courants de pensée ne sont pas équitablement représentés.

Une seule et unique graphie et une grammaire sans faille...
"Souvent, lorsque nous intervenons dans des classes de 4ème, on se rend compte que les élèves n'ont pas eu d'autres sessions plus tôt dans leur scolarité", indique Caroline Rebhi, coprésidente du Planning familial, association distributrice de la pilule, dont celle du lendemain.
Dans l'Obs, cette militante associative reproche que "la sexualité [est] abordée uniquement en cours de SVT ", ce qui est faux et interpelle donc sur sa connaissance du sujet, puisqu'il n'est guère question que de découverte du corps humain, physiologie et fonctionnement. Elle poursuit:
"Nous parlons avec les élèves de leurs émotions et nous leur apprenons à les définir. Or, quand on apprend à dire que l’on est en colère ou triste, on contrôle davantage ses émotions [dire suffit?]. Ainsi, lorsque l’on évalue des groupes témoins que l’on a suivis dès la maternelle, on se rend compte que le climat dans l’établissement est plus serein, que la communication entre adultes et élèves est meilleure et que ces derniers sont moins violents." Ce qui est une conclusion subjective, contredite au quotidien par les faits divers.
Les séances, qui peuvent aussi être animées par des infirmières scolaires ou des enseignants volontaires, en seconde main, sont adaptées aux classes d'âge et s'organisent généralement autour des questions des élèves. Les réponses sont en revanche celles de partisanes.

"Si en CP une fillette demande si on a le droit de lui soulever la jupe, c'est l'occasion de parler égalité entre les filles et les garçons ou du respect du corps", explique Mme Rebhi. Et si la petite soulève d'elle-même sa jupe, reproduisant des modèles familiaux ou autres, quelle est la réponse de cette associative qui n'est ni médecin, ni psychologue ?

En fin de primaire, les sujets abordés tournent souvent autour de la reproduction, puis de la puberté au collège. Au lycée, l'accent est mis sur les questions d'orientation sexuelle, ou de prévention (des violences, des infections sexuellement transmissibles, des grossesses non désirées...). Des classes d'âges qui en disent long sur l'individualisation des approches de cette association. 

Parler éducation affective et sexuelle "n'est pas seulement du ressort des familles, décrète Karine Lamoureux, du syndicat enseignant SE-Unsa. "Mais aussi de l'école", revendique-t-elle, suivant son idéologie étatique. Elle assure ainsi que nombre d'élèves, en particulier à l'adolescence, n'ont aucune envie d'aborder ces sujets avec leurs parents et préfèrent en discuter en classe. 
La vérité, c'est en fait qu'ils préfèrent en parler entre eux. Et que l'internet leur apporte aussi certaines réponses...

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La nécessité d'aborder ces thèmes avec des interlocuteurs formés [?] (doctrinaire étant alors synonyme de 'formés') est d'autant plus grande actuellement que de nombreuses enquêtes font état d'une fréquentation accrue des sites pornographiques par les enfants et adolescents, soulignent les enseignants. Sites qui peuvent brouiller les représentations de la sexualité et des relations entre hommes et femmes. 

De tous ces sujets, "il vaut mieux parler trop que pas assez", estime aussi Sylvain Caberty, professeur de sciences et vie de la terre (SVT) dans un collège de Tours. Car "ils déclenchent toujours un nombre incalculable de questions".
Le quantitatif n'est pas le fond du problème, ce serait plutôt le qualitatif ! 
 La sous-ministre n'est pas à l'écoute : elle dénigre les Français

A la pédagogie, Marlène Schiappa préfère la discrimination et les accusations. Sans s'interroger sur les inquiétudes qu'elle suscite, elle s'est insurgée mardi contre des publications virales affirmant que des cours d'éducation sexuelle seront dispensés à la maternelle et "apprendront la masturbation" aux enfants, invitant les parents à se tourner vers "leur établissement, les équipes éducatives ou la loi", démarche individuelle malaisée qui expose les enfants aux représailles.

"Il est hors de question d'enseigner ni la masturbation, ni aucune pratique sexuelle à des enfants, et encore moins à 4 ans", a déclaré lors d'un "Facebook Live" organisé par la République en marche la secrétaire d'Etat à l'Egalité entre les femmes et les hommes, en réponse à des questions d'internautes.

"Attention, il y a des documents qui circulent qui ne sont pas vrais", a-t-elle assuré, jouant sur les peurs, mais aussi sur les mots. "J'ai passé l'été à voir circuler sur les réseaux sociaux que le gouvernement était sataniste, que nous avions légalisé la pédophilie, que nous allions apprendre la masturbation à la maternelle... Ai-je vraiment besoin de démentir?" A-t-elle aussi lu les délires érotico-sexuels exprimés par son futur confrère manqué au gouvernement, Daniel Cohn-Bendit, cet ami de Macron qui a révélé ses viols sur enfants à la crèche de Frankfurt ?

Selon elle, ces "fausses informations", "sans source", émanent "de tracts imprimés on ne sait pas par qui et de fausses vidéos publiées sur des sites conspirationnistes".
"Les extrémistes qui diffusent cela, copient-collent des argumentaires déjà utilisés contre Najat Vallaud-Belkacem (...) [laquelle a rangé ses projets : théorie du genre ou ABCD de l'égalité que la libre-penseuse tente de réintroduire aujourd'hui, sous une forme déguisée]. Nous sommes sur des sujets brûlants qui prêtent parfois aux fantasmes et interprétations", a ajouté Schiappa, une obsédée du sexe.

L'ancienne ministre socialiste (de gauche) de l'Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem avait lancé à l'automne 2014 dans des classes volontaires les "ABCD" de l'égalité pour déconstruire les stéréotypes filles-garçons. Ils avaient été abandonnés après plusieurs mois de polémique donnant lieu à des rumeurs fondées, notamment sur la masturbation en maternelle, que Schiappa relance.
Marlène Schiappa a annoncé en juillet qu'une circulaire serait envoyée à partir de la rentrée aux recteurs pour qu'ils mettent en œuvre la loi de 2001 (consacrée à la contraception et à l’interruption volontaire de grossesse qui rendent "obligatoires une information et une éducation sexuelles" et qui répondent aux problématiques nouvelles concernant les relations entre garçons et filles, les violences sexuelles, la pornographie ou encore la lutte contre les préjugés sexistes ou homophobes")...
La loi de 2001 prévoit trois séances annuelles d'éducation à la sexualité de l'école au lycée afin d'apprendre le "respect dû au corps humain" et d'acquérir une "vision égalitaire" des relations femmes-hommes, ce qui ne contredit en rien les rumeurs.

Image associéeLa rentrée a eu lieu et Schiappa n'a pas rendu publique cette circulaire : ne serait-ce pas pourtant le meilleur moyen de faire taire la rumeur ? Sauf à penser que la conspirationniste Schiappa est découverte et qu'elle contre-attaque avec les pauvres moyens de la décrédibilisation de ses contradicteurs. 

Or, cette loi du 4 juillet 2001 n'était pas systématiquement mise en oeuvre, rapporte une enquête menée en 2015 auprès de 3.000 établissements scolaires (publics et privés) par le Haut conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes (HCE). Elle choquait notamment les milieux musulmans. 25% des écoles répondantes (contre 4% des collèges et 11,3% des lycées) déclaraient n'avoir mis en place aucune action ou séance. 
Une loi ne faisant pas consensus pendant 17 ans n'est pas valide en démocratie.

jeudi 8 décembre 2016

Primaire de la gauche : cinq ou six choses qu'il vaut mieux savoir de Vincent Peillon

L'ancien ministre de l'Education nationale de Hollande se prépare à la primaire

Il pourrait déclarer sa candidature à la primaire de la gauche.

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Vincent Peillon se préparerait à annoncer ce week-end sa candidature à la primaire de la gauche en vue de l'élection présidentielle, selon les informations de franceinfo obtenues mercredi 7 décembre. L'ancien ministre de l'Education nationale espère pouvoir incarner une troisième voie entre Manuel Valls et Arnaud Montebourg, mais l'eurodéputé va d'abord devoir combler son déficit de notoriété. 

Cinq ou six éléments du parcours de Vincent Peillon méritent d'être rappelés.

Il est fils de banquier communiste

Vincent Peillon est né en 1960 à Suresnes (Hauts-de-Seine). Issue d'une famille juive alsacienne, sa mère était professeure de médecine et a dirigé l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), indique le JDD. Son père était un banquier communiste.

Gilles Peillon fut le directeur général de la Banque commerciale pour l'Europe du Nord, la première banque soviétique en dehors de l'URSS qui gérait les échanges entre l'Ouest et l'Est. L'ancien ministre explique en 2009, dans Le Monde, s'être construit contre l'éducation stricte de son père. "Un homme de l'ombre, secret, qui a sacrifié sa vie personnelle", confie-t-il au quotidien. "Ce qui importait, c'était l'effort, le travail scolaire. On parlait plus géopolitique que politique. "

Dans Gala, l'eurodéputé se présente comme quelqu'un de "très famille". Il a quatre enfants : deux filles nées d'un premier mariage et deux garçons issus d'une seconde union avec une journaliste de L'Obs.

Il a créé une boîte d'import-export de saumon fumé

Vincent Peillon obtient son bac à 16 ans et une licence de philosophie (bac +3) à 20 ans, rappelle Europe 1. Mais avant de choisir définitivement sa voie, le jeune Peillon va connaître une période aventureuse. Après avoir été agressé et séquestré plusieurs heures par un drogué, il a "un électrochoc", comme il le raconte dans Gala. "J'ai réalisé que c'était bien beau de connaître les grands auteurs, mais que j'étais inca­pable de me défendre physique­ment."

Après cette aventure, l'apprenti philosophe décide de partir sur la route. Il travaille pour la compagnie des Wagons-lits et fonde une boîte d'import-export de saumon fumé. Il finit par retourner à ses livres de philosophie et devient professeur en 1984.

Il a commencé en écrivant des discours pour Fabius et Jospin

Au début des années 1990, le professeur Peillon arrondit ses fins de mois en écrivant des discours politiques, notamment pour Laurent Fabius. Il est vite repéré pour sa plume et se met à écrire pour les ténors du PS, d'Henri Emmanuelli à Lionel Jospin. Selon Le Point, la gauche lui doit l'expression "droit d'inventaire", utilisée à la fin des deux septennats de François Mitterrand par celui qui deviendra Premier ministre. "Ça vous donne un pouvoir d'influence exceptionnel d'écrire pour quelqu'un qui a du pouvoir." (Vincent Peillon, Le Point)

En 1992, Vincent Peillon obtient son agrégation de philosophie et intègre la même année le cabinet d'Henri Emmanuelli à la présidence de l'Assemblée nationale. L'agrégé va alors aiguiser ses premières armes politiques. Il se rapproche de Lionel Jospin et devient député de la Somme en 1997, puis porte-parole du PS en 2000.

Il a défendu le "non" lors du référendum sur une Constitution européenne
Après avoir perdu sa circonscription en 2002 lors de la débâcle de la gauche, il obtient pour la première fois un siège au Parlement européen en 2004. Dans le même temps, il constitue en 2003 le courant du Nouveau Parti socialiste (NPS), avec Arnaud Montebourg. Les jeunes élus veulent réformer l'appareil, mais le mouvement a du mal à se situer. "Beaucoup ont cru à tort que le NPS incarnait la gauche du PS, or nous voulions rénover en installant un réformisme assumé", explique au Monde l'élu socialiste.
Arnaud Montebourg et Vincent Peillon, le 21 juin 2000, lors de la présentation d\'un rapport portant notamment sur le blanchiment des capitaux en Europe.
Arnaud Montebourg et Vincent Peillon, le 21 juin 2000, lors de la présentation d'un rapport portant notamment sur le blanchiment des capitaux en Europe. 
Vincent Peillon se situe pourtant bien à gauche lorsqu'il défend, en 2005, le "non" au référendum sur le traité établissant une constitution européenne, mais il finit par rallier le courant majoritaire. Il devient alors porte-parole de la campagne de Ségolène Royal en 2007, mais, après la défaite, il prendra ses distances avec la candidate malheureuse. "Ségolène Royal ne pourra pas nous faire gagner en 2012. Elle s'est disqualifiée", explique-t-il en 2009 sur Canal +.

Remercié du gouvernement, il s'est lancé dans l'écriture d'un polar

Devenu strauss-kahnien, Vincent Peillon choisit finalement François Hollande pour la primaire socialiste de 2011, après l'affaire du Sofitel de New York et les démêlés judiciaires de son ancien champion. Il est récompensé en 2012 avec le ministère de l'Education nationale, mais enchaîne rapidement les gaffes, recensées par Le Point. Il se fait d'abord remarquer en annonçant un peu vite et sans concertation le retour de la semaine de cinq jours, dès la rentrée 2013.
 
Idéfend, sur France Inter, l'ouverture d'un débat sur la dépénalisation du cannabiscréant une polémique cet automne-là.

Il est responsable de l'infiltration de la théorie du genre dans l'Education nationale. Pour tenter de mettre fin à l'annonce qu'à titre expérimental, des enfants de maternelle allaient recevoir des cours d'éducation sexuelle explicites, voire des leçons d'initiation à l'homosexualité, et pour enrayer la montée de l'absentéisme, notamment du fait de familles musulmanes horrifiées, le ministre de l'Éducation nationale, Vincent Peillon, demanda aux responsables d'établissements de "convoquer les parents" qui avaient retiré leurs enfants de l'école sur la foi de la rumeur, née après l'introduction depuis la rentrée dans plusieurs académies d'un dispositif 'ABCD de l'égalité', visant (officiellement) à lutter contre les stéréotypes filles-garçons. Par ce courrier de janvier 2014, le ministre de l'Education rappelait aussi "fermement les règles de l'école républicaine."

Il est remercié lors du remaniement d'avril 2014 et se consacre alors à son seul mandat de député européen. Il se met progressivement en retrait de la vie politique française et devient professeur de philosophie à Neuchâtel, en Suisse. Loin des essais philosophies ou politiques qui étaient jusque-là sa tasse de thé, il se lance dans le polar et publie en 2016 Aurora (Stock), un roman policier dans lequel un néo-nazi se lance dans une guerre énergétique, comme le détaille Le Figaro.

En décembre de la même année, il est tiré de sa retraite politique et pressé par certains socialistes de se présenter à la primaire. 
Une candidature hypothétique qui étonne même parmi ses proches. "Je ne comprends pas le sens de cette candidature, si ce n'est pour faire plaisir à Aubry, Royal, Taubira ou Hidalgo, qui ne veulent ni de Valls, ni de Montebourg", s'interroge son ami Pascal Terrasse (Ardèche), avant d'ajouter : "Pour l'instant, je trouve ça surréaliste, car il a quand même disparu du paysage politique, mais on ne sait jamais, il peut nous faire 'une Fillon'."