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LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

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lundi 9 avril 2018

Entretiens scandés: Macron va-t-il bloquer la télé deux jours par semaine pendant trois mois ?

L'ex-banquier donne au passage un coup de pouce à un site anti-capitaliste révolutionnaire

Après TF1 jeudi, Macron dimanche soir sur BFMTV, RMC et Mediapart : a-t-il adopté la méthode des cheminots?

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Le banquier Macron fait la promotion de l'extrême gauche :
a-t-il viré anti-capitaliste et révolutionnaire
ou cherche-t-il à récupérer les trotskistes du PS et de la CFDT ?
Macron a prévu que le JT de 13h00 sur TF1 prévu jeudi ne suffira pas. L'Elysée annonce qu'Emmanuel Macron a décidé de nous pourrir la vie non seulement dans les transports en commun en journée, mais aussi à la télévision, en soirée.  La radio RMC, à la radio, BFMTV à la télévision, et le site Mediapart sur Internet, ont en effet accepté de se prêter à un entretien avec le chef de l'Etat, dimanche soir dans le cadre d'une émission spéciale diffusée à 20h35 par ces trois media à la fois : pas moyen d'y couper ?

Le président de la République fait beaucoup d'honneur à l'opposition trotskiste
Parce qu'il a suscité des contestations sociales du fait de ses réformes, soi-disant incomprises, mais rejetées, et de sa manière autoritaire, avec promesse de passage en force par ordonnances, notamment à la SNCF, répondra en direct durant deux heures à Jean-Jacques Bourdin pour BFMTV et RMC et à Edwy Plenel, le fondateur de Mediapart, site trotskiste, donc révolutionnaire, presque un an après son arrivée à l'Élysée, vu le besoin de "pédagogie", comme il aime à le dire : voici maintenant les punitions du dimanche ! 

Selon les trois media, ce face à face, qui se déroulera à Paris dans un lieu encore tenu secret (les bureaux de Charlie hebdo ?), répond à un engagement du chef de l'Etat, pris avant son élection.
"Lors de la campagne présidentielle de 2017, Emmanuel Macron s'était engagé auprès des rédactions de BFMTV et RMC d'une part, de Mediapart d'autre part, à revenir répondre à leurs questions s'il était élu président de la République", soulignent-ils.

"Depuis l'élection, BFMTV/RMC et Mediapart avaient séparément renouvelé leurs invitations. Près d'un an après son entrée à l'Elysée, le président de la République a proposé à BFMTV, RMC et Mediapart d'organiser ensemble une émission, au cours de laquelle il répondrait aux questions de Jean-Jacques Bourdin et d'Edwy Plenel pour faire le bilan de son action", ajoute le communiqué.

Le journal en ligne Mediapart, qui fête cette année ses dix ans, a dû justifier auprès de ses lecteurs anti-capitalistes d'avoir accepté ce format d'entretien inhabituel, singulièrement avec un ex-banquier, hors de ses locaux et qui ne permettra pas à l'ensemble de sa rédaction d'intervenir.

"Comment un journal comme Mediapart, qui dénonce avec constance le présidentialisme et le fonctionnement de la Ve République, peut-il se plier à cet exercice convenu de l'interview présidentielle, symbole par excellence de la dérive monarchique du pouvoir ?", a reconnu le site, ajoutant qu'après avoir pesé le pour le contre, "nous avons décidé de faire confiance à notre savoir-faire collectif".

Cependant, alors que l'Elysée avait proposé que l'émission se déroule "à l'Élysée ou dans un lieu culturel", Mediapart a précisé avoir imposé à Macron une ligne rouge à ne pas dépasser, en accord avec Jean-Jacques Bourdin, en refusant qu'elle se tienne dans le palais présidentiel. "Le choix définitif du lieu sera connu dans les jours à venir", a ajouté Mediapart.

Macron va ainsi donner monopoliser la télévision entre trois et quatre heures en quatre jours, puisqu'il se sera déjà invité jeudi au JT de la mi-journée de Jean-Pierre Pernaut, sur TF1.

Alors que cet entretien sur TF1 se déroulera - en milieu rural - dans l'école du petit village normand de Berd'huis (Orne) et qu'il devrait être l'occasion pour le président de s'adresser plus particulièrement aux retraités et aux ruraux, publics fétiches, à la mi-journée, de ce JT, celle diffusée par BFMTV/RMC et Mediapart - en milieu urbain - lui permettra de parler le soir, à un horaire plus favorable aux actifs, selon l'AFP, en admettant que cette vision clivante soit lucide: les ruraux sont-ils inactifs en semaine et seuls les urbains ont-ils besoin du repos du dimanche ? 
De plus, le créneau du dimanche soir, de grande écoute, pourrait lui assurer une audience plus importante que jeudi ou faire pester les téléspectateurs : les amateurs du film du dimanche soir -urbains ou ruraux- risquent fort d'être absent au rendez-vous... A cet égard, il sera intéressant d'observer la programmation des chaînes de divertissement ce soir-là : sera-t-elle dissuasive ou favorable ?...

La rue fait descendre Jupiter dans l'arène et se frotter à la presse

Macron ne peut pas zapper la presse plus longtemps.
VOIR et ENTENDRE comment il a commencé par la maltraiter :

Manifestement entouré de collaborateurs peu charismatiques, voire détestés,
 Macron se sent obligé de monter au créneau : Nicole Belloubet a manifesté son peu d'allant aux personnels pénitentiaires, Agnès Buzyn a gaffé à chaque sortie et Elisabeth Borne a mérité sa réputation d'esprit borné, tandis que Nicolas Hulot est dans l'évitement permanent, et que les hommes passent pour des bouffons, tels les Dupont-Dupond, Christophe Castaner et Benjamin Griveaux, ou les élu-e-s suffisants et insupportables de dévotion macronienne, tels Sylvain Maillard ou JB. Djebbari et les têtes à claques Aurore Bergé, Pacôme Rupin ou Sacha Houlié, sans compter ses député-e-s qui ne savent pas lire les notes qui leur sont préparées.

Depuis son accession à la présidence, méfiant, voire méprisant, de la presse, il n'avait jusqu'ici accordé à des chaînes françaises que deux occasions de l'interroger.
Après avoir renoncé l'été dernier à la traditionnelle émission télévisée du 14 juillet, il s'était invité au 20h00 de TF1 en octobre, puis avait demandé en décembre une long temps d'antenne à France 2 depuis l'Elysée dont le style original (une "déambulation" à travers le palais présidentiel) avait suscité beaucoup d'agacement.

Deux fois, ça va; trois fois, bonjour aux dégâts.

Le prince héritier saoudien, hôte de Macron et premier châtelain de France

Le prince saoudien fait grimper les prix de l'immobilier dans les Yvelines 

Mohammed ben Salmane est connu pour être le propriétaire, en France, du château le plus cher du monde

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Le Saoudien possède aussi une propriété de chasse dans les Yvelines. La maire nous raconte. Mohammed ben Salmane ou 'MBS' est un jeune homme plein d'avenir de 33 ans, qui est en visite en France lundi et mardi, à l'invitation du président Macron, qui, à 40 ans passe désormais pour un vieux.

Le futur roi du pétrole est également connu pour être le propriétaire du château le plus cher du monde: le fameux 'Château Louis XIV', dont la vente, fin 2015, a  passablement affolé le marché de l'immobilier, deux ans plus tard, quand le "secret d'Etat" fut révélé aux "gens". Lien PaSiDupes : France: le prince héritier saoudien s'offre "la demeure la plus chère au monde", près de Paris

Le pied-à-terre du prince est sis à Louveciennes, petite commune des Yvelines (78). Achevée en 2011, cette demeure a été vendue pour le montant record de 275 millions d’euros, comme l’avait rapporté à l’époque le New York Times. Elle se veut la copie conforme du fabuleux château de Vaux-le-Vicomte (77), celui qui avait rendu jaloux Louis XIV et avait à sa disgrâce à Nicolas Fouquet, son surintendant des Finances, mais avait aussi incité le Roi Soleil à faire construire Versailles sur son modèle, en plus somptueux.

'Château Louis XIV' allie architecture du XVIIe siècle et technologie moderne, avec des fontaines contrôlables par iPhone, une salle de cinéma ou un aquarium géant... D’une surface habitable de 5.000 m², elle promet "les fastes de Versailles sous la révolution high-tech", selon le site internet de son promoteur Cogemad, société (94110 Arcueil, EELV) dont la direction est confiée à Autodistribution (spécialiste de la pièce détachée auto/poids lourds), qui crée des demeures et intérieurs haute-couture depuis plus de 20 ans. On dit que Dame Brigitte, qui n'a jamais guère connu que la Camif, aurait insisté pour se faire admettre en ses murs. 

Le constructeur souligne "la pose de 13.000 éléments de pierres taillées, allant des frises à triglyphes aux tables sculptées surmontant chacune des baies vitrées composant le château" et les "pièces du château qui ont changé de destination en cours de chantier". 

Or, ce prince Mohammed, qui prêche l’austérité dans son pays et s’est lancé dans une lutte anticorruption, ne se prive pas pour s’offrir d’autres luxueux "plaisirs". 
Image associéeIl est aussi le propriétaire d’une résidence de 250 hectares située à Condé-sur-Vesgre (78), baptisée Le Rouvray, a déclaré la maire, confirmant une information du New York Times. La maire n’a toutefois pas révélé le montant de l’acquisition. "J’ai appris le nom de l’acquéreur par la presse, raconte Josette Jean. J’ai entendu beaucoup de réflexions désagréables sur la nationalité de l’acquéreur. Je n’ai pas à juger qui il est. La seule chose qui m’importe c’est que ma commune vive bien et que les habitants la mettent en valeur tout en respectant l’architecture."  
La maire raconte : "un intendant est venu me voir avec un architecte pour me demander ce qu’il était possible de faire comme travaux. Il m’a expliqué qu’ils avaient déposé un permis et qu’ils ont eu un avis favorable du préfet. Je n’ai aucun problème avec lui. Tout s’est fait dans le plus grand respect". L’élue explique que MBS a l’intention de rénover le manoir de Rouvray, remis à neuf il y a 60 ans par les anciens propriétaires, la famille Vernes (qui a créé la Banque Vernes à la fin du XVIIIe siècle, aujourd’hui Banque Palatine).
Il est également question de rénover et agrandir les dépendances qui servent au personnel et pour accueillir les visiteurs les jours de chasse. "Elles ont plus de 100 ans et tombent en ruine", explique Josette Jean. Et d’ajouter: "C’était une propriété de chasse et le nouveau propriétaire m’a assuré qu’elle resterait une propriété de chasse".

La vente de Grand Marnier, villa à 300 millions d’euros, a été réalisée par l'entremise d’une société saoudienne, 
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Le mètre carré le plus cher au monde
Eight Investment Company, dirigée par le gérant de la fondation personnelle du prince héritier, grâce auquel il a pu acquérir cette propriété. 

Mais aussi un luxueux yacht de 134 mètres pour 500 millions d’euros c'est l’une des plus somptueuses villas de la côte d’Azur résidence qui pourrait entrer également dans son patrimoine immobilier. Elle se dresse entre Nice et Monaco, à Saint-Jean Cap Ferrat, prisé des milliardaires. Son prix est dans les moyens de cette pétromonarchie, autour de 350 millions d’euros, pile poil dans les standards du trentenaire.
ou encore le tableau de Léonard de Vinci "Salvator mundi" (Sauveur du monde) acheté pour la modique somme de 450 millions de dollars (368 millions d’euros).  
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La Villa Les Cèdres, à Saint-Jean-Cap-Ferrat.
Puisque le prince héritier cède aux coups de cœur comme aux coups de force, 
The €1 billion villa, whose neighbours include Microsoft’s co-founder, Paul Allen, is surrounded by 35 acres of gardens, has ten bedrooms and a 50m pool
Macron et ses amis agacent-ils les grévistes français ?

Après Duflot à Oxfam, Segolène Royal se recycle

Politicienne sans offre, elle crée son propre emploi

Un tremplin qui fait douter de la sincérité de l'ancienne ministre assurant avoir abandonné la politique 

Comme l'altermondialiste Duflot, elle ouvre un "nouveau chapitre de (son) engagement politique". Dans un entretien du lundi 9 avril au  Figaro, Ségolène Royal annonce le lancement d'une ONG, consacrée à l'environnement et à la lutte contre le réchauffement climatique. Cette organisation qu'elle baptise "Désir d'avenir pour la planète" rappelle Désir d'avenir, l'association qui était dédiée à sa malencontreuse candidature à la présidentielle de 2007, sanctionnée par une défaite écrasante de six points, un recul nostalgique de douze années vers le passé.

"Je lance une plateforme d'ingénierie de compétences (...) pour rassembler des synergies autour de projets" liés notamment aux énergies renouvelables, explique l'ex-ministre de l'Ecologie. 
"Ça faisait longtemps que je voulais créer une structure dynamique de type start-up qui rassemble les énergies", affirme l'actuelle ambassadrice pour les pôles et envoyée spéciale pour la mise en oeuvre de l'Alliance solaire internationale. "J'ai la modestie de croire que ma réputation de sérieux et d'efficacité [des exemples ?] mobilisera des partenariats financiers et technique", dit encore Ségolène Royal.
On comprend que sa 'start-up' est donc une coquille vide. 

Une pompe-à-fric ?
Mais pour l'ex-candidate à l'Elysée, il ne s'agit plus d'enjeu électoral, assure-t-elle actuellement, alors que le Parti socialiste vient de consacrer l'élection d'Olivier Faure à sa tête. 

"Je ne veux plus de confrontations électorales, assure-t-elle, tant elle a accumulé d'échecs. Je ne m'intéresse plus à la vie des partis et je ne rentre plus dans les cases. Même si je ne sais pas ce que l'avenir me réserve"... Quelle confiance lui accorder ?

"Je pourrais rentrer dans une entreprise privée, j'ai beaucoup de propositions, prétend-elle, sans pouvoir nommer la première. Mais je ne veux pas que tout ce potentiel de savoir-faire accumulé pendant des années se perde, sic, n'hésite pas à déclarer l'ancienne candidate à tout, victorieuse nulle part. C'est un nouveau chapitre de mon engagement politique, qui est conforme à mes valeurs."

L'ONG serait parrainée par l'astro-physicien Hubert Reeves, 85 ans, le médecin Jean-Louis Etienne, 71 ans (premier homme à atteindre le pôle Nord en solitaire en 1986, et en Antarctique) et le photographe Sebastiao Salgado, 74 ans, selon S. Royal.
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On voit Salgado, ci-contre à gauche, au côté de Lula da Silva, ancien président du Brésil et poursuivi pour détournement de fonds publics pour financer une campagne de promotion politique en 2004, ainsi que d'avoir "dirigé le système" de corruption et de blanchiment d'argent mis au jour dans le cadre du scandale Petrobras, touchant l’entreprise pétrolière publique et les géants brésiliens du BTP.
Lula se dit victime d’un complot des "élites". 
En 2018, il est condamné en appel à 12 ans de prison pour corruption dans l'affaire Petrobras. En janvier 2017, ses partisans avaient dénoncé une persécution politique. En avril 2018, le Parti des Travailleurs défend un socialisme bureaucratique et autoritaire du type qui prévalut dans les pays soviétiques d’Europe de l’Est. Il viennent de le soustraire par la force à la justice de son pays, mais il assure qu'il va se rendre.

Le CSA a subi des pressions politiques consenties, révèle Mathieu Gallet

Mathieu Gallet fait le procès de ses juges du gouvernement et du CSA

Le PDG déchu de Radio France a déposé un recours contre sa révocation par le CSA
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Les membres du jury qui a destitué Mathieu Gallet
Le gendarme de l'audiovisuel a cédé aux pressions du gouvernement, déplore Mathieu Gallet, dans ce recours, déposé vendredi 30 mars, devant le Conseil d'Etat contre la décision du CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel) de le destituer. Ce recours comprend un texte de 22 pages, plus 13 documents en annexe. 
Le conflit intervient dans un contexte de grande confusion, alors que le CSA doit nommer en avril des nouveaux dirigeants à Radio France et France Médias Monde (RFI, France 24, après l'annulation du mandat de sa patronne Marie-Christine Saragosse, à la suite d'un malentendu administratif).
Dans le cas de Radio France, le CSA auditionnera les candidats retenus du 9 au 13 avril et prendra sa décision au plus tard le 14 avril. Les auditions et la désignation du PDG de France Médias Monde auront lieu la semaine suivante.

Ce texte tire à boulets rouges sur les auteurs de sa disgrâce, mais aussi sur le pouvoir politique.
Mathieu Gallet y dénonce "les pressions publiques exercées par le gouvernement sur le CSA". Il rappelle bien sûr la déclaration dans le Monde de la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, appelant à son départ. Selon Mathieu Gallet,  "par ces déclarations qui visaient directement à inciter M. Gallet à démissionner de son poste, le gouvernement a clairement fait connaître sa position: faire pression sur le CSA pour qu’il mette fin aux fonctions de M. Gallet". 

L'ancien PDG implique aussi les propos de la ministre de la Justice.
Nicole Belloubet avait en effet déclaré dans le Grand jury de RTL: "il y a des exigences éthiques. Mathieu Gallet devrait se poser la question [de sa démission] en conscience". Pour Mathieu Gallet, "ces propos émanant d’un membre du gouvernement visaient manifestement à exercer une pression directe sur le CSA, à l’heure où le CSA devait forger son opinion sur la nécessité de révoquer ou non M. Gallet". Mais ce n'est pas tout. 

Le lendemain du limogeage du jeune PDG, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux s'en est félicité sur Europe 1. Conclusion de Mathieu Gallet: "Ces éléments attestent de l’ingérence du pouvoir exécutif dans l’adoption de la décision du CSA, en méconnaissance totale du principe d’indépendance du CSA". 

Un CSA  aussi soumis qu'un Parquet

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Ces pressions politiques n'auraient pas abouti si le CSA n'y avait pas cédé, souligne la victime de l'"indépendance" de l'Autorité de régulation que préside Olivier Schrameck, 66 ans, ancien directeur de cabinet de Jospin et proche de Hollande qui le nomma en 2013. Pour des raisons de santé, Schrameck fut remplacé, fin février 2018, par Nicolas Curien, doyen des membres du Conseil (nommé au CSA en janvier 2015 par le président du Sénat, Gerard Larcher, en sa qualité de spécialiste de l'économie industrielle des secteurs en réseaux et de l'économie numérique).
Il est le fils du professeur, Curien, ministre de la Recherche et de la Technologie de Mitterrand (1984-1986, puis de 1988-1993).

Mathieu Gallet reproche donc au gendarme de l'audiovisuel sa soumission.  D'abord, il rappelle que le CSA a le statut d'autorité publique indépendante. Mathieu Gallet en déduit: "Dès lors, le CSA ne peut, sans méconnaître ce principe d'indépendance, répondre à une quelconque tentative d’influence de la part de l’exécutif". Mieux: la loi assigne justement comme mission au CSA de garantir "l’indépendance et l’impartialité du service public audiovisuel". Ce que Mathieu Gallet analyse ainsi: "Le législateur, en s’assurant que le pouvoir de nommer et de révoquer les présidents de l'audiovisuel public soit exercé par le CSA, a clairement entendu éviter que le gouvernement puisse révoquer un président qui ne servirait pas ses intérêts, ou qui ne lui conviendrait plus". 

Le CSA explique dans sa décision avoir révoqué le jeune PDG car il n'avait plus la confiance du gouvernement. Ce qui indigne Mathieu Gallet: "ce type de considérations aurait justement dû être exclu de toute appréciation portée par une autorité chargée de veiller à l’indépendance de l'audiovisuel public". 

Le déroulé des événements démontre clairement une intervention politique, souligne l'ex-PDG. 
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D'abord, le CSA décide l'ouverture d'une procédure de destitution juste après la déclaration de Françoise Nyssen (ci-contre) demandant le départ du patron des radios publiques. Pour Mathieu Gallet, "il est évident que l’ouverture de cette procédure par le CSA résulte directement de la pression publique exercée par le pouvoir exécutif". 
Une fois Mathieu Gallet destitué, Françoise Nyssen s'en est immédiatement félicitée au nom de "l’exemplarité des dirigeants des entreprises". Comme par hasard, elle reprenait presque mot pour mot un passage de la décision du CSA, qui parle de "l’exemplarité des dirigeants d’entreprises publiques". 
Or, au moment où Françoise Nyssen s'exprime, la décision du CSA n'est pas encore publique : la décision sera publiée deux heures et demie plus tard... Mathieu Gallet en conclut qu' "une communication a nécessairement eu lieu entre le CSA et la ministre à propos de la décision du CSA, avant que cette décision ne soit officiellement rendue. Cette communication officieuse crée un soupçon très fort sur les conditions dans lesquelles le CSA a [révoqué] M. Gallet. 
La coïncidence entre les arguments, voire les termes, utilisés par le CSA et par le gouvernement démontre que la décision finale n’a été rendue qu’à l’issue d’un échange très étroit entre l’exécutif et le CSA, matérialisant l’existence d’une véritable entente entre eux. "Les conditions dans lesquelles le CSA a rendu sa décision ont confirmé l’existence d’une relation d’influence entre le gouvernement et le CSA, en méconnaissance du principe d’impartialité et de l’indépendance qui doit régir l’action de cette autorité". 

Ensuite, Mathieu Gallet met en évidence la volonté très restrictive du texte de loi permettant de révoquer un président de l'audiovisuel public. 
"La loi ne permet de révoquer le président de Radio France que dans des cas exceptionnels, qui tiendraient par exemple à ce que l’état psychologique du président le rende incapable d’exercer sa fonction. Force est de constater que la situation de M. Gallet ne correspond absolument pas à cette hypothèse". 
Surtout, la loi indique que le CSA, lorsqu'il nomme ou révoque un président de l'audiovisuel public, doit se baser sur des "critères de compétence et d'expérience". Mathieu Gallet relève que "ces critères de compétence et d’expérience fixés par la loi ont précisément comme intérêt d’empêcher la révocation d’un président de Radio France dont le seul tort serait de ne plus être soutenu par l’exécutif. En méconnaissance de la loi, la décision du CSA ne se fonde à aucun moment sur la circonstance que M. Gallet ne remplirait plus les critères de compétence et d’expérience qui avaient justifié sa nomination". 
Au contraire, le CSA souligne même dans sa décision "la compétence managériale" de l'exlus. Mathieu Gallet en conclut logiquement que "les compétences de M. Gallet pour diriger Radio France sont établies de manière indiscutable par le bilan de M. Gallet à sa présidence". 

Le PDG déchu valorise ses quatre années de direction

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Il n'hésite pas à qualifier son propre bilan d'"excellent" et d'"extrêmement positif" et sa gestion "efficace et performante". Il souligne ses "excellents résultats, tant sur le plan financier que sur le plan des audiences". Côté finances, il peut ainsi se féliciter de la hausse du chiffre d'affaires de 2,2% en 2016, sans toutefois rappeler que des crédits versés par l'Etat (et le redevable de la taxe audiovisuelle) a contribué pour un tiers au budget. Il reste qu'il en a fait bon usage. 
Il peut s'enorgueillir ensuite de la réduction des pertes en 2016..., après des pertes record (-13,9 millions d'euros) enregistrées en 2015. 

Côté audiences, "Radio France a gagné deux points d'audience cumulée en quatre ans". Et cela, malgré la grève de 2015, la plus longue de l'histoire de l'audiovisuel public, et en dépit du retard pris par le chantier de la Maison de la Radio... 

Enfin, Mathieu Gallet évoque les louanges provenant de la presse, dont un éditorial du Monde, et même de Françoise Nyssen, qui a vanté son "bon bilan" dans le Journal du Dimanche, JDD. 

La présomption d'innocence bafouée

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Pour limoger le patron de Radio France, le CSA s'est surtout justifié par la condamnation de Gallet à un an de prison avec sursis et 20.000 euros d'amende pour "favoritisme" lors de la passation de marchés publics à l'INA. Or, Mathieu Gallet est en appel de cette condamnation, qui n'est donc pas définitive. 

Mathieu Gallet met en évidence les problèmes de droit.
D'abord, "un jugement pénal qui a fait l’objet d’un appel sur lequel il n’a pas encore été statué, est dépourvu de l’autorité de la chose jugée. 
Le CSA ne s’est pas livré lui-même à une analyse de la régularité des marchés signés par M. Gallet en tant que président de l’INA et il n’a pas non plus porté une appréciation nouvelle sur la compétence de l’intéressé au regard de cette analyse. 
Ce jugement ne pouvait pas légalement conduire le CSA à réviser le jugement porté sur la compétence de M. Gallet lors de sa nomination. Le CSA ne pouvait donc en aucun cas invoquer ce jugement pour justifier son choix de révoquer M. Gallet, ce qu’il a pourtant fait dans sa décision". 

"Ni le jugement du tribunal, ni personne, n’a jamais remis en cause l’absolue probité de M. Gallet. M. Gallet n’a retiré aucun avantage de la signature des marchés considérés, ni pour lui-même, ni pour ses proches. A l'inverse, en mettant en doute 'la crédibilité et l’exemplarité' de Mathieu Gallet, du seul fait du jugement du tribunal, le CSA a tenu pour acquis, non seulement la culpabilité de M. Galet, mais aussi son manque de probité. Ce faisant, le CSA a porté une appréciation définitive sur les qualités morales de M. Gallet, sans qu’aucun élément matériel ne puisse le justifier, et il a gravement porté atteinte à la présomption d’innocence à laquelle a droit M. Gallet". 

Rappelons que Mathieu Gallet pourra aussi engager un contentieux indemnitaire et se voir verser ses mois de salaire perdus (223.000 à 270.000 euros), ainsi que l'indemnisation de son préjudice moral et financier. 

Double peine annoncée pour les Français, en tant que contribuables envers le fisc et comme auditeurs et téléspectateurs soumis à la redevance audiovisuelle de 138 euros.

dimanche 8 avril 2018

Macron fera son cinéma, jeudi, dans une école rurale

Jean-Pierre Pernaud (TF1) devra servir de faire-valoir à Macron dans une école d'un village de l'Orne

L
'école de Berd'huis, village comptant 1.100 habitants, sera le décor de l'entretien du président de la République 

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Macron doit faire oublier son penchant pour le pouvoir monarchique? Exit les dorures de l'Elysée ou de Versailles ! Doit-il effacer de nos mémoires la mauvaise impression produite par le message pro-palestinien et antisioniste que contient sa Marianne élyséenne revue et corrigée par Shepard Fairey ? Dans le journal de 13h00 de TF1, il va retourner à l'école où il ne sera peut-être pas rattrapé par le "sceau de Baphomet", emblème cabalistique et figure  ésotérique de la franc-maçonnique.

A quelques semaines de son premier anniversaire à l'Elysée, le président de la République squattera pendant une heure les programmes de la chaîne privée, sans coupures publicitaires, dans un contexte de protestations sociales marqué par des blocages d'universités par des étudiants révolutionnaires et des grèves à Air France et à la SNCF, laquelle est étalée sur au moins trois mois.

TF1  serait allée au-devant des volontés du monarque-président

Sceau de Baphomet, message subliminal
Selon une porte-parole de TF1, Jean-Pierre Pernaut endosserait la responsabilité de ce dispositif inédit adopté par Emmanuel Macron. "Jean-Pierre Pernaut considère que tout commence à l'école", souligne-t-on chez TF1 qui fait en outre valoir que cette école est un "lieu de la République".

Ce cadre se veut particulièrement symbolique, alors que Macron est vécu comme un "président des villes". Les défenseurs du monde rural reprochent en effet à l'ex-banquier des mesures impopulaires comme la baisse des dotations aux collectivités locales et l'abaissement à 80 km/h de la vitesse sur certaines routes secondaires.

Macron tente la conquête de la droite 

Le choix de cette commune située dans le département de l'Orne en région Normandie illustre en outre la passion - jusqu'ici raillée -  de Jean-Pierre Pernaut pour la France des campagnes et des villages qu'il fait aimer à travers notamment des reportages sur les artisans et la préservation du patrimoine local. 

Or, à Berd'huis, Marine Le Pen était arrivée en tête du premier tour de l'élection présidentielle avec 30 % des voix, contre 22% pour François Fillon et 20 % pour Emmanuel Macron. Ce dernier avait ensuite récolté 54% des suffrages au second tour.

Alors que Macron est rejeté par la gauche, que ce soit le PS ou l'extrême gauche, ce village administré par une maire DVD fut d'abord célèbre pour être le lieu de l'arrestation du meurtrier du percepteur de Berd'huis et d'un de ses voisins, par Vidocq, forçat évadé du bagne, mais devenu policier, chef de la "brigade de sûreté", et enfin détective privé : Macron ne risque pas de peur aux petits de la maternelle.