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mercredi 7 octobre 2009

Gag d’agence de presse: pour le "travail décent", une mobilisation "en mode mineur"

Les flops, dans la presse, ne sont jamais pour les syndicats !
Un peu seuls et perplexes, les gars ?

L’illustre Yves Clarisse de l’agence R****** n'a pas le compte-rendu décent !

A-t-il en revanche l’oreille juste, ce journaliste qui met la vie politique en musique ? Des bémols et le triangle pour l’action réformiste du gouvernement, mais des dièses et les cymbales pour les grèves, et des bécarres et les violons -en « mode mineur »- pour les couacs syndicaux…

Tous les prétextes sont bons pour se montrer

L'appel à manifester s'inscrit cette fois dans le cadre de la Journée mondiale pour le travail décent organisée par la Confédération syndicale internationale (CSI). Pub ! Le CSI, ça existe et les décharges syndicales sont justifiées…
A cette occasion, la CSI appelle «les syndicats dans le monde à mettre en avant l’exigence pour tous les travailleurs du droit à un «travail décent», c'est-à-dire à un emploi respectant les normes de l’OIT (Organisation Internationale du Travail) et à une protection sociale collective.

Et se distinguer
Bien qu’elle réunisse dans ses locaux
une conférence internationale centrée sur l’action syndicale face à la crise économique, la confédération FO a refusé de noyer le message de cette journée de la CSI dans des «revendications …franco-françaises». Pour lui, «si l'on doit mobiliser les salariés, et il faut mobiliser les salariés, on ne fait pas de l'agit-prop, on ne fait pas prendre des vessies pour des lanternes».

Reprise de contact avec les media complaisants
Dans l’indifférence des travailleurs, mais aussi des chômeurs et des retraités qui n’ont pas décidé de randonner aujourd’hui malgré le climat favorable…

Cette journée, voulue par la CGT et dont les modalités d'action sont décidées au niveau local par les centrales syndicales, réunit la CGT, la CFDT, la CFE-CGC, la FSU, l'UNSA, la CFTC et Solidaires. FO n'a pas souhaité s'associer au mouvement.

  • R****** omet de rapporter la prédiction de Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO : "Je ne pense pas qu'il va y avoir une grande mobilisation". Au secrétaire général de la CGT qui a regretté la défection de FO déclarant : "Je pense que cela contribue à cultiver un attentisme ou un fatalisme", a-t-il dit sur France 2, Jean-Claude Mailly a rétorqué que cette journée d'actions était de "l'agitation". Un échange qui a échappé à Yves Clarisse
  • "Les modalités de mobilisation seront plus modestes" que lors des précédentes journées d'action, a admis Gérard Aschieri, bavard secrétaire général de la FSU qui est dans tous les coups foireux.
    "Evidemment, il y a une traduction française de la notion de 'travail décent', autour de la défense des salaires, de l'emploi, des retraites et de la protection sociale", a-t-il estimé...
  • Pour Maryse Dumas, numéro deux de la CGT, cette journée internationale axée sur la défense d'intérêts "sectoriels" est l'occasion de "donner une nouvelle visibilité à nos exigences en matière d'emploi, de salaires et de retraite (...) en écho à ce qui se passe ailleurs dans le monde." Vous avez dit visibilité ? Qui est l'illuminée qui parle de visibilité ?
    "Le potentiel de mobilisation reste intact en France", s'est-elle rassurée. "Ce qui change, ce sont les voies par lesquelles nous pouvons réussir des mobilisations importantes. Les salariés sont plus demandeurs en cette rentrée de mobilisations sectorielles avec des revendications précises et concrètes."

    Le pire, selon Bernard Thibault, est arrivé

    "Le pire serait qu'il ne se passe rien. Le sens de cette journée décidée par la quasi-unanimité des syndicats de notre pays (...), c'est de reprendre l'offensive", a déclaré Bernard Thibault, appelant les salariés à trouver "les formes dans lesquelles ils sont disposés à intervenir".

    Or, selon un sondage BVA pour La Tribune et BFM, 70% des Français trouveraient "justifiée" ( ?) la mobilisation de mercredi, tout en étant en revanche partagés sur son utilité ! 46% d'entre eux jugent en effet que les mouvements de ce genre "ne servent à rien", contre 49% qui estiment qu'il s'agit du "meilleur moyen de se faire entendre".

    A côté de la plaque, le PS "apporte tout son soutien [mais qu’est-ce que ça représente au juste ?] à cette journée de mobilisation et appelle le gouvernement à prendre en considération les revendications exprimées par les salariés, en commençant par revoir les choix budgétaires du projet de loi de finances pour 2010".

    Les salariés à prendre en considération étaient rares
    La police et les organisateurs sont pour une fois tombés d’accord pour ne pas se livrer à un travail indécent de comptage des manifestants…
    Peu de chiffres : de 400 personnes selon la police à 500 selon les syndicats se sont ainsi rassemblées à Bordeaux et les manifestants étaient 1.300 selon la police, mais près de trois fois plus (3.500), selon les syndicats, à Lyon. Dans les cas les plus favorables...

    Mais il est vrai que la saison des grèves et des manifestations ne fait que commencer.

    Une nouvelle journée d'actions "sur les enjeux industriels" est d'ores et déjà programmée le 22 octobre.
  • Deux syndicats, la CGT et la CFDT, vont par ailleurs déposer un préavis de grèves à la SNCF pour le 20 octobre.

    Pour l'heure, R****** admet que, pourtant internationale et à l'appel de sept syndicats, la mobilisation a été clairsemée en ce mercredi de journée d'action pour le droit au travail décent. Yves Clarisse est un artiste: musicien hier, il est peintre aujourdhui, passant du « mode mineur » à la «demi-teinte »…
  • Nouveau produit syndical: la Journée d'action pour le "travail décent"

    La 1ère édition sera insignifiante

    Sept organisations font aujourd’hui leur rentrée syndicale, cinq semaines après les professeurs et deux après les parlementaires qui ont repris leurs travaux le 22 septembre (au lieu du 1er octobre). Les 35 heures des syndicalistes ?

    Cette première journée d'action interprofessionnelle et décentralisée depuis la rentrée est organisée sur le thème de la lutte "pour le travail décent"–sans Force Ouvrière (FO). Or, ce nouveau produit social ne devrait guère mobiliser et on attend peu de perturbations.

    L'initiative, qui relaie en France la journée mondiale organisée sur ce thème par la Confédération syndicale internationale (CSI), confirmera la brèche ouverte dans l'unité syndicale depuis bientôt un an. FO, qui milite pour "une grève franche" de 24 heures, a en effet décidé de mépriser cette journée festive mais confidentielle, préférant tenir un colloque avec des syndicalistes étrangers choisis.

    Les sept centrales syndicales -CGT, CFDT, CFE-CGC, CFTC, Solidaires (dont les syndicats SUD en recherche désespérée de respectabilité apparente), UNSA (autonomes), FSU- qui se sont coordonnées lors d'une réunion le 28 septembre, continuent de réclamer "une autre politique économique et sociale afin de protéger les emplois, s'opposer aux licenciements et défendre les salariés".

    La bande des sept a donné toute liberté à leurs structures locales pour fixer ensemble les modalités d'action.
    Il n'y aura pas de défilé, mais un rassemblement régional devant le siège du MEDEF, en présence du secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault.
    La CFTC n'y participera pas, pas plus que dans la plupart des chefs-lieux et sous-préfectures, pas plus que FO. "La manif, stop!", lance le président de la CFTC, Jacques Voisin, échaudé par les échecs successifs des dernières mobilisations intersyndicales de mai et juin.
  • Dans les régions
    Des manifestations sont prévues à Marseille, Lyon, Grenoble, Clermont-Ferrand, Montpellier, Nancy, Saint-Etienne, ainsi que dans quelques villes moyennes comme Amiens, Avignon, Beauvais, Tulle (en Corrèze, chez François Hollande !).
    Ailleurs sont prévus pique-niques, distributions de tracts, conférences de presse et, surtout, des rassemblements, le plus souvent devant les préfectures, les sièges locaux du MEDEF et ceux de France Télécom.

    Et « le travail décent », dans tout ça ?

    L’instrumentalisation des suicides de salariés de France Télécom par la gauche prend un éclairage particulièrement indécent avec la journée d’action pour le « travail décent ».
    Pourquoi la faveur de cette compassion pour les employés et cadres de l'opérateur de télécommunications arbitrairement choisi quand le nombre de suicides est au moins aussi préoccupant dans l’enseignement, la police ou les prisons ? Les 24 victimes sont-elles invitées à cette journée de leur plein gré ? Leurs dépouilles seraient-elles récupérées ?

    Réquisitionnés pour la circonstance par les sept syndicats
    , les corps à peine refroidis des victimes sont actuellement exposés devant les militants pour justifier cette journée dérisoire d’action. La CGT exploite les désespoirs privé et professionnel conjugués des suicidés pour justifier cette rencontre syndicale par les conditions de travail et pour affirmer que cette vague montrerait la pertinence de la revendication du "travail décent". "Parler de travail décent, c'est parler salaires, emploi, conditions de travail".
    Dans le même temps, et dans leur logique particulière, les associations de défense des chômeurs ont appelé les demandeurs d'emploi à participer aux initiatives diverses. Sans doute pour crier haut et fort leur expérience du « travail décent ».

    Peu de perturbations sont à attendre de ce galimatias de mots d’ordre
    Les appels à la grève étant assez rares.

    Deux ratés 'en mode mineur'
    :
  • Premier flop, celui des fédérations CGT, CFDT et CFE-CGC du transport routier qui ont annoncé des "actions ciblées sur tout le territoire", consistant à bloquer des sites d'entreprises de transports, pour des revendications salariales. Les perturbations étaient interrompues ce matin à l’aube.
  • Second flop, chez France Télécom
    Dès mardi, les syndicats ont appelé le personnel à "agir sous toutes les formes y compris par la grève". 15% des salariés s’étaient manifestés à la mi-journée hier.

    Relayés par une certaine presse qui n’a pas besoin de mouvements sociaux en son sein, les syndicats psychotiques décrivent un climat social lourd. Juste un peu catastrophiste, François Chérèque (CFDT), fameux ethnologue social nobélisable, assure que "des salariés dans un profond état de souffrance". L'association patronale Entreprise et Personnel parle d'un climat "en demi-teinte" entre plans de suppressions d'emploi et espoirs de reprise économique.

    La crise économique internationale ne profite à personne, pas même encore aux syndicats.
  • mercredi 18 juin 2008

    Retraites et 35H : la marche funèbre CGT et CFDT du mardi 17 juin

    L’inutile gesticulation: l’action syndicale décrédibilisée
    18.000 personnes mardi après-midi à Paris, selon la police, ont répondu à l'appel de la CGT, de la CFDT, de la FSU et de Sud-solidaires. Ils manifestaient contre la remise en cause des 35 heures et pour la défense des retraites.
    Le cortège a regroupé 10.000 personnes de moins que lors de la précédente journée d'action interprofessionnelle, le 22 mai. Ce jour-là pourtant la préfecture n’avait déjà recensé que 28.000 manifestants à Paris.
    Atteint d'une lombalgie symbolique du mouvement, le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault, ci-dessous à droite,qui a fait un effort de trop pour soulever sa base contre les réformes du gouvernement, n'a pu se joindre au cortège, aux côtés de ses camarades de la CFDT, François Chérèque,à gauche, de la FSU, Gérard Aschieri, et de Solidaires, Annick Coupé.

    Ils se sont comptés
    Selon la CGT, les manifestations n’auraient pas rassemblé moins de 500.000 manifestants, contre 700.000 (de source syndicale), pour celles du 22 mai, auxquelles tous les syndicats appelaient alors. Depuis le front uni s’est lézardé et cette fois ci seuls Solidaires (syndicats Sud) et la FSU suivaient les grands frères. En revanche, la CFTC et la CFE-CGC, en désaccord avec les deux grandes centrales sur l'évolution de la réprésentativité syndicale, étaient restées à la maison et FO et l’UNSA avaient rendu leurs banderoles. Ces défections ne représenteraient donc que 10.000 marcheurs à Paris.
    En province, la mobilisation a été également moins suivie. Ainsi, à Toulouse, la ville rose vif n’a motivé que 4.000 à 6.000 personnes, suivant les sources, contre 14.000 à …25.000 dans les cortèges de fin mai dernier. Par conséquent, la comparaison est encore plus cinglante qu’à Paris.

    Outre les reins, le coeur n’y est plus
    Les préavis de grève, pour la plupart simplement destinés à recruter des participants aux défilés, n'ont engendré que des perturbations limitées, notamment dans les transports. Le privé était pourtant invité à se joindre à la marche funèbre. Il a manifestement choisi de préserver son pouvoir d'achat.
    Il faut bien noter aussi que la FSU se tait et que SUD-solidaires, non représentatif, reste coi.

    Peut mieux faire ?
    La CFDT a toutefois qualifié cette journée de "réussite", tandis que la CGT a eu le sentiment que le niveau de mobilisation était "comparable sinon supérieur à la fin mai" (si, si!) , en tenant compte des "manifestations de la Fonction publique et du secteur public de la semaine dernière". Cela "représente un socle solide sur lequel peut s'appuyer le mouvement social", s’est-il rassuré.

    Fiasco de la « rentrée sociale permanente »
    Au vu de cette mobilisation calamiteuse, quelques minutes avant le départ de la manifestation, le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault a fait part de sa "crainte de voir le gouvernement utiliser la procédure d'urgence au Parlement pour faire adopter sa loi".
    La CGT ne prétend plus représenter sa base et joue les matamores. "Si tel était le cas, nous serions nous aussi amenés à prendre des initiatives en urgence", a-t-il poursuivi avec obstination, soulignant que des actions étaient d'ores et déjà prévues "en direction des parlementaires".


    On reviendra, promet la gauche
    Bernard Thibault a également expliqué que, selon lui, cette journée d'action "n'est pas un baroud d'honneur". Expression révélatrice en soi ! "La bataille continue. Nous sommes en train de préparer des initiatives pour une rentrée en fanfare", a-t-il claironné. Bernard Thibault s'inscrit "d'ores et déjà dans une mobilisation internationale du 7 octobre" sur le thème du "travail décent". François Chérèque a également prévu des "suites" au mouvement "après l'été, quand les salariés se rendront compte".

    La révolution en chantant ?
    A défaut des choeurs de l’Armée rouge,
    peut-être un duo Cali-Noah