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mercredi 2 mars 2016

Bruno Le Roux aurait forcé les députés du groupe PS à financer une association anti-FN

La Ligue de l'enseignement, association ou bras politique du Parti socialiste

Proche du Parti socialiste, cette association a reçu des fonds de l'Assemblée nationale
Les députés socialistes Yann Galut, Valérie Rabault, Alexis Bachelay et Karine Berger, fondateurs de Cohérence socialiste, un nouveau courant du Parti socialiste
"Pas moins de 201 députés" socialistes ont accepté de subventionner cette association d'éducation populaire et laïque: La Ligue a ainsi reçue une enveloppe rondelette de 268.000 euros versée par ces élus PS exemplaires, en 2015: combien en trois ans?

Ces fonds ont notamment servi à militer contre le Front national.
C'est une information qui risque de "faire pester les responsables du Front national", mais, selon francetvinfo.fr, les autres démocrates n'y trouveront rien à redire qui froisserait leur morale républicaine exemplaire. En 2015, les députés ont pu dépenser un peu plus de 81 millions d'euros avec la réserve parlementaire de l'Assemblée nationale. Répartie entre les 577 élus du Palais Bourbon, cette cagnotte permet à chacun d'allouer des subventions à des associations ou des collectivités locales de son choix. 

Or, au sein du groupe socialiste cornaqué par le démocrate Le Roux, le choix a été, en partie, contraint. Selon les données mises en ligne sur le site internet de l'Assemblée nationale, lundi 29 février, au moins 201 députés PS ont subventionné, comme un seul homme, une même association, la Ligue de l'enseignement. Cette association laïque intégriste, qui  est étroitement liée au Parti socialiste, a milité en 2015 -année de plusieurs élections- contre une poussée du Front national.
François Hollande disait vouloir créer "entre l’Etat et les associations, une relation fondée sur la confiance et la reconnaissance" (Lille, janvier 2013)
"J’ai fait de la jeunesse la priorité de mon quinquennat." (Hollande)
Selon un document révélé par "L'Œil du 20 heures" de France 2 mardi 1er mars, ce choix de subventionner massivement la Ligue de l'enseignement n'est pas un hasard. En septembre 2014, le président du groupe PS à l'Assemblée, Bruno Le Roux, envoie un courrier à l'ensemble de ses collègues (voir ci-dessous). Il leur "propose d'abonder un fonds géré par la Ligue de l'enseignement", au motif politique et anti-démocratique qu'il "sera destiné au soutien du tissu associatif dans les communes administrées par le Front national". 










Plus de 268.000 euros récoltés parmi les godillots de la majorité présidentielle

A la suite de ce courrier, "près de cinquante" députés socialistes seulement font part de leur étonnement. Le 21 janvier 2015, Valérie Rabaut, rapporteure générale du budget, s'e justifie. Voici un extrait de son courrier:
Une association privée de subventions par le FN, selon le PS.
La parité a-t-elle assaini les moeurs du PS ?
La députée du Tarn-et-Garonne (celui de Jérôme Cahuzac) précise par ailleurs que, "sauf avis contraire exprimé auprès du groupe, l'allocation de 1.000 euros à la Ligue de l'enseignement [sera] réalisée" automatiquement. En définitive, sur les 275 membres du groupe socialiste, républicain et citoyen, 201 députés ont versé cette subvention. Pour la plupart, il s'agit de versements à hauteur de 1 000 euros, même si certains se sont montrés plus généreux. Le montant total récolté s'élève ainsi à 268.300 euros
La Ligue de l'enseignement est une nébuleuse socialiste.

Le maillage est serré:
- structures territoriales, que sont les Fédérations Départementales et les Unions Régionales
- via ses secteurs spécialisés, notamment sportifs (USEP, UFOLEP) ou son réseau de centres de vacances, Vacances pour tous (ainsi que des associations du type du Centre international de séjour de Paris).
A quoi a servi cette manne ? 

Contacté par France 2, le groupe PS à l'Assemblée tente de se justifier par le fait que le parti soutient depuis longtemps cette association "d'intérêt public, qui travaille sur l'éducation populaire, la laïcité, et lutte contre l'extrémisme". Fort bien, puisque c'est vrai: la Ligue est en effet régulièrement pointée pour son activisme auprès de la jeunesse, mais aussi contre certaines personnalités diabolisées à des fins électorales. Mais le FN n'est pas au sommet depuis aussi longtemps... D'autres adversaires politiques ont-ils été victimes de cette discrimination ?
Que Yann soit belle, c'est déjà fait !

Le groupe se défend d'avoir voulu aider la Ligue de l'enseignement.
Si elle est en difficultés financières "du fait de l'alternance dans plusieurs municipalités FN, qui ont coupé les subventions pour des raisons politiques et ségrégationnistes", c'est aussi bien dû à une gestion relâchée, car - depuis 150 ans- les municipalités, les départements et les régions bien pensantes ont toujours bichonné la Ligue qui a pu prendre de vilaines habitudes de gabegie. 

Mais le groupe PS se défend de mener, via la Ligue de l'enseignement, des actions visant directement le Front national.

Lors des dernières élections régionales, l'association a pourtant appelé à "faire barrage" au parti d'extrême droite. "Une victoire du FN, renvoyant aux années les plus sombres de l’histoire de notre pays, aurait des conséquences dramatiques pour la France et ses habitants, martelait la Ligue de l'enseignement dans un communiqué. C’est aussi l’étranglement programmé des associations et le reniement total des valeurs de la République : une laïcité instrumentalisée, une fraternité inexistante, des libertés menacées, une égalité des droits mise à mal."

Hélène Grimbelle, secrétaire nationale de la Ligue de l'enseignement, se défend sur France 2 en assurant de son côté que des actions ont notamment été menées dans des territoires où l'abstention est forte et où le vote FN a fortement progressé, comme en Alsace, en Paca ou dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie.
On a consacré nos moyens à développer des outils d'information, à monter des expositions, à mettre en place des kits pédagogiques pour inciter les jeunes à s'engager dans le tissu associatif, et promouvoir les valeurs de la République.



dimanche 10 juin 2012

Scooters contre voitures de police à Villiers-le-Bel: 2007, des émeutes, 2012, le calme

La gauche au pouvoir obtient le calme, quand la droite récoltait des violences 
Le rôle de la mairie et des associations est-il en cause ?

A Villiers-le-Bel, les événements ne prennent pas la même tournure selon que la gauche est, ou non, au pouvoir.

Emeutes de novembre 2007

Le 25 novembre (ci-dessus), deux mineurs de forts gabarits, le conducteur et le passager d'une mini-moto, décèdent à la suite d'un heurt avec une voiture de police. Un commissaire est agressé, et le soir même, la ville s'enflamme:
émeutes et attaques des forces de l'ordre par des jeunes. Le second soir, les effectifs locaux de police sont épaulés de renforts de circonscriptions de police limitrophes. Plusieurs équipements publics ou privés sont incendiés (dont une bibliothèque, l'institut des métiers de l'artisanat, et le bureau de la Police nationale). Au second jour des échauffourées, on dénombre cent-vingt blessés parmi les policiers. Les forces de l'ordre sont également prises pour cible par des tireurs utilisant des armes de chasse. Le troisième soir, au vu du nombre de policiers et sapeur-pompiers blessés, des tireurs d'élites du RAID seront mobilisés, et le nombre des forces de l'ordre fortement augmenté pour rétablir l'ordre républicain.

2012: nouvel accrochage, mais la nuit est calme...

Villiers-le-Bel, proche de Sarcelles, est une ville socialiste depuis 1953, dont Didier Vaillant est le maire PS (2001). Il est réélu avec 61,52 % des suffrages exprimés : le tissu associatif est donc performant...
Un très grand hôpital, une église et deux mosquées, cinq boulangeries pour 25.000 habitants et trois boucheries dont deux halal sont présentes.

- Présidentielle de 2002, le premier tour a vu arriver en tête Lionel Jospin (PS) avec 24,55 %, suivi de Jean-Marie Le Pen (FN) avec 18,59 %, Jacques Chirac(UMP) avec 16,68 %, puis Christiane Taubira avec 8,54 %, etc...;présidentielle de 2007, Désirdavenir Royal arrive en tête avec 40,75 % (national : 25,87 %), devant Nicolas Sarkozy avec 26,40 %;
-
premier tour de la présidentielle 2012: François Hollande (PS), 46,81% des voix et Nicolas Sarkozy, 17,72%. 

Titre de 20 Minutes : "Une voiture de police a heurté un scooter samedi à Villiers-le-Bel..."; son texte: "Deux jeunes hommes en scooter ont été blessés, dont un "sérieusement", en heurtant une voiture de police"

Dans le quartier Puits La Marlière, deux jeunes hommes en scooter se sont blessés, dont un "sérieusement" (1), en heurtant une voiture de police lors d'un contrôle samedi à Villiers-le-Bel (Val-d'Oise), où en 2007 des émeutes avaient éclaté après la mort de deux jeunes dans un accident avec la police.

Des adultes: Les blessés sont âgés de 18 et 20 ans. Le conducteur du deux-roues, "sérieusement atteint" (2), a été transporté dans un hôpital parisien, a expliqué le préfet Pierre-Henry Maccioni. Sa tête a heurté le véhicule de police dans l'accident.
Le ministre socialiste de l'Intérieur, Manuel Valls, a accouru sur les lieux: il "s'est rendu ce [samedi] soir à la Salpêtrière au chevet du jeune blessé, sérieusement atteint (3), pour rencontrer sa famille, sa mère notamment, et s'enquérir de son état", a-t-on précisé place Beauvau.

"Il ne s'agit pas d'une course-poursuite"

Agé de 20 ans, le jeune homme, prénommé Rodrigue, est un rappeur connu dans son quartier sous le pseudonyme Akerone (du Groupe Oeil au beurre Noir), a-t-on appris de sources concordantes. Le second jeune homme, légèrement blessé, a été hospitalisé "localement", a ajouté le préfet, dans une conférence de presse au commissariat de Villiers-Le-Bel, en présence du procureur de la République, du commissaire, du maire et du député.

Le choc entre le scooter et la voiture de police s'est produit à 16h25. Peu avant, quatre policiers dans un véhicule de la BAC (Brigade anti-criminalité) banalisé repéraient deux jeunes hommes «non-casqués» sur un scooter, a raconté le commissaire Eric Heip. Ces derniers «constatent» la présence des policiers et font «demi-tour sur le trottoir». «Le véhicule de la Bac décide de suivre le scooter (...) puis les policiers "le perdent de vue". Puis le scooter "surgit entre deux voitures et vient heurter le véhicule de la BAC à l'avant-gauche», raconte le commissaire.

"Il ne s'agit pas d'une course-poursuite", a martelé le préfet. "Il faut sortir de cette idée d'une course-poursuite, d'une chasse. (...) C'est plus une patrouille de surveillance de police. Le scooter n'était pas poursuivi au moment du choc", renchérit le procureur, Yves Jannier.
Le scooter avait été repéré dans un vol avec violence, un arrachage de collier, vendredi.

Références  à 2007

" On a bien sûr en mémoire les événements de 2007, lâche le député-maire de Sarcelles, François Pupponi (PS), un proche de Dominique Strauss-Kahn, son prédécesseur. "La grande différence, c'est qu'il y a cinq ans, il y a eu deux morts", souligne-t-il. Le 25 novembre 2007, deux adolescents, Moushin et Lakamy, trouvaient la mort dans la collision de leur moto avec un véhicule de police à Villiers-le-Bel. L'accident avait provoqué deux jours de violence entre jeunes et forces de l'ordre.

Le maire Didier Vaillant (PS) a demandé "à tous les habitants de garder leur calme". "Nous prenons toutes les dispositions pour que ce qui s'est passé en 2007 ne se reproduise pas", a-t-il ajouté. Des médiateurs sont sur le terrain. "Tout sera fait pour que le calme soit maintenu", a assuré le préfet, indiquant que le dispositif policier avait été "renforcé et adapté" et qu'il le resterait "le temps nécessaire". 

Peu avant 01h00 du matin, dimanche, la situation était calme dans la ville, alors que de nombreux policiers patrouillaient. Au 8, avenue du 8 mai 1945, dans le quartier de Puits La Marlière, où l'accident a eu lieu, une trace de sang tâchait le trottoir. "Le scooter était sur le trottoir quand les mecs de la BAC les ont vus", a raconté Ayoube, 25 ans, qui n'a pas souhaité donner son nom. "En les voyant, les policiers ont donné un coup d'accélérateur et ont tamponné les deux jeunes qui ont été projetés par terre", a accusé le témoin anonyme tout en assurant que l'un d'eux portait un casque.

Parlant pour ne rien dire, le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a souhaité que "toute la clarté" soit faite sur cette affaire. Le procureur va de son côté "requérir l'ouverture d'une information judiciaire" pour "la recherche de la vérité".
Le maire s'investit décidément beaucoup en 2012
Dans le même sens, Didier Vaillant souhaite qu'un juge d'instruction puisse être nommé "dans les meilleurs délais". "Les protagonistes, les policiers qui patrouillaient, et des témoins" sont auditionnés, a indiqué le procureur, qui estime "prématuré de s'avancer sur le profil" des deux jeunes blessés.
Bien que majeurs, l'identité de l'un d'eux n'est pas révélée.