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vendredi 1 février 2008

Génération Précaire juge les stages trop nombreux, et stigmatise PlaNet Finance

Un stage-étudiant est-il devenu inutile à la formation des jeunes ?
L'idée de Génération Précaire est évidemment de créer
1- plus d'emplois salariés, au détriment de la formation des étudiants: prochain motif de grève…
2- plus d'emplois sous qualifiés, autre motif de grève.
La gauche extrême génèrerait-elle froidement des mécontents, candidats à ses mouvements de déstabilisation politique?


Précisément, le collectif extrémiste Génération Précaire, qui a investi le créneau des stagiaires, a salué la proposition de Jacques Attali de dissuader les entreprises d' "abuser" des stages étudiants (bien qu'ils aient besoin d'une expérience professionnelle), tout en espérant que son organisation de solidarité internationale, PlaNet Finance (qu'il a créée en 1998), "modifiera rapidement ses pratiques".
PlaNet Finance?
Cette organisation favorise l’accès aux services financiers des populations les plus pauvres dans le monde en aidant au développement du micro-crédit et des services d'épargne et d'assurance, pour les plus défavorisés. Environ 400 personnes travaillent pour l'association et ses quatre filiales commerciales dans 30 pays: ce qui rapporté à l'échelle nationale fait assez peu… Le siège près de Paris compte près d'un quart de stagiaires: 55 salariés, 15 bénévoles, 14 stagiaires. De quoi changer la face du monde et même résoudre la précarité étudiante. Mais quatre fois plus de stagiaires permanents ou bénévoles (55) que de salariés (15).
Mais c'est encore trop à l'heure d'aujourd'hui! D’où la tentative de déculpabilisation de l'organisation."Effectivement on a beaucoup de stagiaires mais la politique, c'est d'essayer de les garder", a-t-elle expliqué, pour mettre ses propos en adéquation avec sa pratique…. Y parvient-elle? L'histoire, Génération Précaire -et la presse béate ne le disent justement pas.

Dans son rapport de propositions sur "la libération de la croissance", Jacques Attali suggère que les entreprises "qui recourent de façon récurrente aux stagiaires pour occuper des postes de travail, au lieu de recruter des jeunes de façon pérenne, doivent en être dissuadées".
"Les étudiants en stage seront décemment rémunérés", préconise également la "décision numéro 12" du rapport remis mercredi à l'Elysée par l'ancien conseiller du président Mitterrand et président fondateur de PlaNet Finance. Ce qui est déjà prévu par la loi du gouvernement Fillon sur l'égalité des chances, dont le décret d'application est déjà signé par Xavier Bertrand, ministre du Travail. (LIRE un précédent article de PaSiDupes, à la date d'aujourd'hui)
Le collectif de manipulateurs manipulés stigmatise PlaNet Finance d'Attali, qui recourt à "des stages longs, de 6 à 12 mois, peu rémunérés, où les grandes responsabilités, l'autonomie et l'absence de contenu pédagogique sont de rigueur", mais "sans lesquels l'association ne pourrait mener son activité". Un nombre non négligeable d'offres de stages de 6 mois figurent toujours en bonne place dans les recrutements proposés sur le site de PlaNet Finance. Les stages d'un an sont une exception. Mais, on trouve des stagiaires dans tous les services de l'organisation, à la communication, aux ressources humaines, au juridique, aux études de marché, etc.
En contradiction avec la campagne dévelopée actuellement, une stagiaire de l'association explique que "si cela se passe bien, il y a énormément de débouchés. Tout dépend le service que vous choisissez, c'est comme partout". "L'entreprise grandit de jour en jour, et forcément pour intégrer l'équipe, il faut d'abord avoir fait un stage", ajoute-t-elle.
Très diplômée et rémunérée 360 euros par mois elle est pourtant enthousiaste: elle est consciente que se former en acquérant une expérience de terrain n'a pas de prix, et que recevoir une indemnité de surcroît est également appréciable et considéré comme une opportunité que tous n'ont pas. Décrocher un stage étudiant de formation reste en effet délicat. Mais le décret d'application du ministère du Travail est signé et les stages conventionnés seront désormais encadrés par la loi.
En déplacement à Davos, Jacques Attali n'était pas disponible pour réagir dans l'immédiat. Mais le service de communication de sa Commission a riposté. "Si les conditions favorables à la croissance étaient réunies, et dans l'hypothèse où on appliquait l'ensemble des propositions du rapport, bien sûr, M. Attali serait le premier à s'appliquer ses propres propositions. Il n'habite pas non plus dans une Ecopolis, ni dans un immeuble 100% vert", a-t-elle ironisé à l'adresse de ceux qui passent leur temps à critiquer, quand les autres agissent. Les uns démolissent; les autres bâtissent. Le monde a-t-il été créé en deux jours? Gérération Précaire l'eut pu... Ni Attali, ni Sarkozy ne le peut.
Le collectif joue aussi un mauvais tour aux associations qui vivent de subventions, mais fonctionnent avec des bénévoles et des précaires. Dans les Bouches-du-Rhône, à Martigues, vestige du PCF, l'UMTL (Université du temps libre, association culturelle du 3° âge), fait travailler des animateurs précaires en CDD et à temps partiel…
Le temps où les stagiaires trouvaient encore des stages est peut-être révolu. 'oublions pas à qui nos enfants le devront.

Stages étudiants: 30% du SMIC, ce n'est pas mieux que rien

Ingratitude et démagogie, la surenchère de syndicats étudiants
Que les étudiants qui n'en veulent pas refusent les indemnités de stage !
La décision de fixer la rémunération minimale des stages de plus de trois mois à 30% du Smic est insuffisante, déclarent des syndicats ou associations d'étudiants.

Le gouvernement réforme le statut des étudiants et assure un revenu légal aux stagiaires en entreprise, alors que la loi ne prévoyait rien et qu'ils ne disposaient encore d'aucune indemnité.
Pourtant, l'Union nationale des étudiants de France (Unef) dénonce "l'aumône du gouvernement aux étudiants" et souligne que ce dernier ne fait qu'appliquer la loi égalité des chances de 2006. Un provocation de l'UNEF, puisque la loi et le décret d'application sont également dus à Fillon et que rien n'existait auparavant en matière de rémunération de stage conventionné d'étudiant... "Le gouvernement s'est contenté de produire du réchauffé et a réalisé le décret d'application qui aurait dû sortir il y a deux ans", apprécie l'Unef, qui ne se réjouit pas que les décrets d'application sortent, alors qu'ils ne voient souvent jamais le jour. Les propos sont moralement détestables pour des zélateurs d'une 'république de respect' purement théorique qu'ils ne réussisent déjà pas à mettre en oeuvre dans leurs cercles partisans.
À partir du 1 juillet 2006 (décret d'application du 30/06/06), le stage conventionné d'une durée de plus de 3 mois consécutifs doit être assorti d'une indemnité d'un montant fixé par les conventions de branche, ou par accord professionnel étendu, ou, à défaut, par décret. Il restait à créer ces conventions et à promulguer le décret d'application qui en dépendait. C'est fait !
Prendre aussi connaissance du décret du 29 août 2006 (lien Légifrance)
C'est le décret que les syndicats étudiants réclament comme un dû, mais traitent avec mépris lorsqu'il arrive.

Outre un montant "totalement insuffisant" qui "sonne comme un affront pour les stagiaires", l'UNEF critique la limitation de la mesure aux stages de plus de trois mois. Ce n'est donc pas une avancée? Le syndicat étudiant considère de droit tous les efforts consentis par la nation et se permet des déclarations à l'emporte-pièce.
"Le décret du gouvernement ne concernera même pas l'écrasante majorité des stages étudiant", vitupère-t-elle. Même pas les stages-bidons? Il convient à ce propos de distinguer les stages obligatoires des stages facultatifs qui ne sont pas imposés dans le cursus et dont l'attribution du diplôme ne dépend pas.
La surenchère de l'indécence continue. Le collectif Génération précaire (GP), agitateurs-bloqueurs extrémistes, en dénonce le montant: "Avec 380 euros, les stagiaires sont toujours en dessous du RMI et du seuil de pauvreté". Sans volonté de polémique politicienne, et seulement soucieuse de l'intérêt des étudiants, ce collectif estime que "ces 30% du SMIC octroyés aux stagiaires, et cette absence totale d'encadrement sont en désaccord complet avec tous les discours que les Français ont pu entendre sur la valeur travail et le pouvoir d'achat".
Plus respectueuse de l'argent des autres, la Fédération des associations générales étudiantes (Fage) se montre plus nuancée, mais se croit obligée de revendiquer comme ses rivaux. Elle approuve quant à elle "la mise en place d'une rémunération minimale de 30% du Smic" mais "s'étonne du recul amorcé par Xavier Bertrand concernant sa volonté de modifier la loi sur l'égalité des chances". (Lien légifrance, à nouveau:
Décret n° 2006-1093 du 29 août 2006 pris pour l’application de l’article 9 de la loi n° 2006-396 du 31 mars 2006 pour l’égalité des chances).
Dans un communiqué, elle estime que "seule une modification de la loi peut permettre une réforme ambitieuse sur les stages, que ce soit sur la question des gratifications, mais aussi et surtout sur la question de l'encadrement pédagogique".
Au moment où le pouvoir d'achat stagne du fait d'une conjoncture défavorable, pour une bonne part, et où tout le monde, gouvernement, contribuables et entrepreneurs, font des efforts de solidarité, les étudiants bénéficiaires font les délicats. Il faut savoir ainsi que si un employeur ne paye pas de charges, s'il gratifie son stagiaire au maximum de 12,5% du plafond horaire de la sécurité sociale, ce maximum de gratification est fixée pour 2008 à 398.13 €/mois. Si l'employeur a des raisons d'indemniser son stagiaire davantage, il paye alors des charges à partir des 398.13 €. Par exemple, si une entreprise gratifie son stagiaire de 500€/mois, elle paiera des cotisations sur 101.87 €/mois (500.00 € - 398.13 €). Les étudiants peuvent-ils discriminer les entreprises?
Par ailleurs, prendre 380 euros tout en affirmant devant l'opinion que "les stagiaires sont toujours en dessous du RMI et du seuil de pauvreté", est certes ingrat, mais aussi parfaitement mensonger. Dissimuler des revenus que la communauté des travailleurs leur verse grâce à l'impôt est totalement indigne. C'est ce qu'est le collectif Génération Précaire.
Le stagiaire étudiant n'est pas considéré comme un salarié, sinon il ne serait pas étudiant (!) à moins de cumuler les aides..., et n'a donc pas ses droits. Mais le stagiaire-étudiant bénéficie d'une sécurité sociale spécifique et du soutien matériel et moral des CROUS (Centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires) pour le logement (résidences universitaires, réhabilitées et multipliées), la restauration (restau U), les transports et la culture, etc...
Malhonnête, Génération Précaire? Le collectif fait donc abstraction de ces aides diverses et spécifiquement réservées aux étudiants, comme l'aide au logement, au transport, crèches, etc... Ce n'est pas le Pérou, mais ce n'est pas non plus Les Misérables de Hugo !
N'ont-ils pas droit au respect des étudiants -à défaut de leur reconnaissance-, les travailleurs qui cotisent à la CAF qui assure des aides au logement étudiant (ALS, APL), le conseil général qui avec l'impôt finance le programme « rénover pour louer » et leur protection par le Fonds de solidarité pour le Logement (FSL), la Région et les communautés d'agglomération pour leurs initiatives spécifiques. Il faut leur rendre justice…
Sans compter que les étudiants qui sont en révolte contre la société sont aussi souvent en rupture avec le milieu familial qui aurait pu contribuer au financement de leurs études auxquelles la société solidaire contribue, puisqu'il se décharge sur elle, bien qu'elle soit conspuée… N'y voyons sûrtout pas un calcul sordide pour se désengager du devoir parental d'assistance à enfants.
Le gouvernement peut bien réformer sans contrepartie, il sert encore de cible: il est accusé de faire l'aumône aux étudiants! Le ministre du Travail, Xavier Bertrand, a annoncé mercredi qu'il a signé ce décret attendu en faveur de la rémunération des étudiants stagiaires, mais n'a pas rappelé la loi relative aux libertés et responsabilités des universités (dite loi LRU ou loi Pécresse, du 1er août 2007), communément appelée loi d'autonomie des universités. Elle est faite pour les étudiants et il faut que quelequ'un la finance...
Ni les volontés de réforme et de concertation du gouvernement, ni l'effort national en faveur des étudiants ne sont salués par leurs syndicats. Ingratitude d'une certaine jeunesse et loyauté des partis politiques silencieux? A tous, respect !