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jeudi 20 octobre 2016

Démission de Valls: sa ministre de l'Éducation est relâchée

Dame Pipi du gouvernement, Najat Vallaud Belkacem se plaint de "bruits de chiottes"  

A propos  d'un dîner secret où Manuel Valls aurait évoqué sa démission


Pas de sot metier 
pour une ministre sociale !
la ministre de l'Education nationale a dénoncé les "bruits de chiottes"...
Suite à la diffusion de la rumeur, l'élégante ministre s'est invitée sur France Info où elle s'est lâchée, provoquant une gastro généralisée dans la presse: de l’art de diffuser le virus en voulant retenir un vent malin. Depuis son passage sur la sellette de la chaîne radio d'Etat, Najat Vallaud-Belkacem traîne dans son sillage un parfum de scandale du fait de son langage coulant, peu compatible avec la fonction de ministre de l'Education. "Cela fait bientôt vingt ans que je fais de la politique et je ne me suis jamais prêtée aux bruits de chiottes qui consistent à raconter des choses qui n'ont pas à être racontées." Il fallait pourtant bien un ministre intime de l’actuel chef du gouvernement socialiste pour porter le pet. 

Ainsi a-t-elle tenté de bloquer la diffusion de l'information, ne réussissant qu'à en alimenter le flot incontrôlé. Najat Vallaud-Belkacem avait ainsi manifesté une vive allergie alimentaire à l’information parue dans Le Figaro de la veille, qui révélait que, lors d’une réunion à Matignon, en présence de ministres aux feuilles d'invitation distribuées au compte-gouttes, le premier ministre n'avait pas dissimulé qu’il pourrait quitter son poste. 

Un brin crispée, la ministre avait commencé par émettre un premier bruit incongru sur les dissensions gouvernementales épisodiquement évoquées par la presse: "Qu'il y ait des rendez-vous entre ministres pour évoquer la politique gouvernementale, cela devrait rassurer tout le monde, n'est-ce pas ?" avait-elle commenté, derrière un rire jaune comme une ligne. Consciente de prendre encore un vent sur ce coup-là, en guise de diversion, Najat Vallaud-Belkacem  se tourna vers son interlocuteur de France Info, et finit par décréter qu’il fallait plutôt poser la question à "ceux qui s'expriment sous le sceau de l'anonymat [et du secret des sources, cher aux journalistes] (pour qu'ils puissent) raconter leurs âneries". La ministre avait du mal à digérer le fuitage dans cette honorable presse, experte en témoignages anonymes et en caméras cachées comme en papier toilette et en serpillières, voire en harcèlement et en ventouses à WC, façon Elise Lucet ou Jean-Jacques Bourdin, côté Messieurs. 

Fallait-il que le secret soit à ce point intime pour que Valls s'entourât de 10 convives...
Pour Mitterrand devisant avec Roland Dumas, le b-a ba de la politique, c'est qu'un secret partagé par plus de deux personnes n’est plus un secret. L'affaire du dîner secret du bras cassé de Matignon prend l'allure pitoyable d’un remake - low-cost- de la Cène. Ils n'étaient pourtant pas douze, mais seulement neuf et le premier ministre à ce dîner et au moins un ou une de ses fidèles disciples est un traître. 
Qui dans la liste est le suspect ? 
Outre Manuel Valls, étaient conviés, Najat Vallaud-Belkacem (Éducation nationale), Bernard Cazeneuve (Intérieur), Patrick Kanner (Ville), Laurence Rossignol (Familles), Myriam El Khomri (Travail), Jean-Jacques Urvoas (Justice), Clotilde Valter (Formation professionnelle), Pascale Boistard (Personnes âgées), Juliette Méadel (Aide aux victimes) et Jean-Marie Le Guen (Relations avec le Parlement). 
Le colon irritable de Manuel Valls s'est encore tordu à l'annonce de la fuite et il a envoyé Najat Vallaud-Belkacem chercher le remède miracle à France Info, mais une fois de plus, la ministre s’est prise les pieds dans le tapis de la communication de crise. Jamais en effet elle ne dément l’information, alors qu’il lui suffisait de dire: "Tout cela est faux, le journal qui a rapporté cette information a été intoxiqué". Au contraire, la ministre opte pour la pire des contre-attaques. D'abord, elle confirme que le dîner a bien eu lieu et ensuite, elle dénonce la taupe, qui raconte "des choses qui n’ont pas à être racontées". Au final, la communication de la ministre a validé l’information livrée par Le Figaro: un dîner a bien eu lieu et il s'y est dit des choses hautement confidentielles entre ministres sélectionnés. Un tri sélectif vivement ressenti par les ministres discriminés. 

Si elle est méchante, la ministre binationale n'est pas très maligne


Vallaud-Belkacem n'a pas coupé le coup à la rumeur de la démission du premier ministre, ce qui fragilise l'action gouvernementale. Tandis que le président de la République et les ministres, dont le premier, passent leur temps en campagne présidentiellela gestion au quotidien du pays est abandonnée entre les mains de leurs conseillersune fin de règne livrée au gré des flots. 

Ce n'est un secret pour personne que Manuel Valls est agité par l'ambition.
Vallaud-Belkacem n'a pas coupé le coup à la rumeur de sa démission et la personne qui a parlé court toujours. La ministre, une ex-porte-parole du gouvernement Ayrault gère à la Patrice Evra la communication de Valls et son "dîner secret". En 2010, l’opinion eut connaissance du huis-clos de Patrice Evra à la mi-temps du match de Coupe du Monde opposant les Bleus au Mexique. Tandis que des Français indignés apprenaient qu’Anelka avait injurié le sélectionneur Raymond DomenechEvra, capitaine des Bleus à la dérive, mit toute son énergie, les jours suivants l'incroyable épisode de la grève des joueurs à Knysna, à supputer sur "la taupe" qui aurait raconté aux journalistes ce qui ne devait pas sortir des vestiaires de l’équipe de France
La sottise de l'un, Evra, et de l'autre, Najat Vallaud-Belkacem, s'équivalent. Admettre que la Taupe, la Balance, le Petit rapporteur, le Corbeau est recherché(e), c’est acter l'authenticité du huis-clos ou du projet de démission, qu’il s’agisse du vestiaire des Bleus ou du dîner secret de Matignon. 
En bref, ces erreurs de communication relèvent de la faute politique. Les socialistes qui vivent trop entre eux, coupés de leur base qui les rejette, bavardent et se chamaillent. En cela, ils n'ont rien à envier aux élus d'Europe Ecologie-les Verts... 

Le nom des absents importe autant que celui des suspects. 
A ce dîner de cons, soi-disant organisé pour "évoquer la politique gouvernementale", manquent par exemple Le Drian, Le Foll et Ségolène Royal, numéro 3 du gouvernement. Soient la Défense, l’Agriculture (et porte-parolat) et l’Economie. C'est dire leur importance dans l'esprit des conjurés, à l'approche de la présidentielle. Pour les deux premiers, Matignon peut brandir l’alibi agenda. Le Drian devait être quelque part dans le monde. Ou à buller en Bretagne. Le Foll devait dîner avec des ministres étrangers en charge de l’agriculture. C'est fout ce qu'au gouvernement on passe de temps à manger (et à digérer au Parlement). Mais le troisième larron ? Royal avait sa soirée de libre si l’on en croit son agenda officiel. Or, elle n’était pas conviée. Les confidences ne sont pas pour la mégère. Et comme dirait Martine Aubry, s'il y a du flou dans cet épisode, c'est qu'il y a un loup.

Valls ne dispose donc que d’un aveu implicite, celui de Najat Vallaud-Belkacem. Que reste-t-il de la confiance entre un premier ministre et ses ministres favoris qui brisent la loi du silence.  Les bruits de Najat Vallaud-Belkacem sur France Info sont loin de vider "les chiottes" de Valls, la rumeur va se répandre comme du lisier.

Entre les repas, comme Macron, Manuel Valls jure fidélité à Hollande. "Jamais je ne ferai de chantage à la démission", répète-t-il à l’envi. Dont acte. S’agissant de sa possible démission, au vu de ce que l’on sait, pour le moment, Manuel Valls fait du Audiard: il ne menace pas, il évoque.

Ce mic-mac remonte en fait à mars 2016 et au projet de loi travail. 
Et alors, aujourd'hui et depuis les "confessions" de Hollande ("Un président ne devrait pas dire ça", ni le penser: il y insulte la justice pourtant respectable depuis la révélation de son "mur des cons") aux journalistes du quotidien ("sérieux") Le Mondequ'entend-elle dans les chiottes de Matignon, la Dame Pipi du gouvernement ?

samedi 6 décembre 2014

Seine-Saint-Denis: Vallaud-Belkacem sifflée par des élèves et des enseignants de ZEP

La ministre de l'Éducation manque de crédibilité auprès des élèves et des enseignants

La ministre de l'Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, n'a pu ignorer l'opposition à sa réforme de la carte des zones prioritaires


Il aura fallu une opération de propagande ministérielle pour que des élèves et des enseignants d'établissements de ZEP puisse se faire entendre de l'ancienne porte-parole du gouvernement, spécialiste présumée de la communication en milieu protégé

Les ZEP (Zone d'Education Prioritaire) qu'on appelle désormais  Réseau d'Education Prioritaire (REP) avaient mauvaise presse, mais la manne ministérielle en avait fait des établissements recherchés. Dans le 93, cinq collèges sont menacés de sortie de ce dispositif: le collège Gérard Philippe (Aulnay-sous-Bois), Paul Eluard (Montreuil), Honoré de Balzac (Neuilly sur Marne), Gustave Courbet (Romainville), et René Descartes (Tremblay-en-France). Ces établissements, qui se seraient "embourgeoisés", ne répondent plus aux critères de classification ZEP : le pourcentage d'habitants en zone urbaine sensible (ZUS), de population défavorisée, taux d'élèves boursiers, et de redoublants ("élèves en retard", selon le jargon du ministère) à l'arrivée en 6ème.

Une cinquantaine de mécontents, venus de Seine-Saint-Denis ont sifflé la ministre, brandissant des pancartes "Touche pas à ma ZEP", dans la coupole d'entrée du Palais de la découverte, où elle venait expliquer sa stratégie -la énième- pour rendre les mathématiques plus ...ludiques.

Des élèves et enseignants de quatre des cinq collèges visés, trois d'Aulnay-sous-Bois (Victor Hugo, Gérard Philipe et Christine de Pisan) et du collège Paul Eluard de Montreuil ont participé à l'opération.

"Pourquoi est-ce qu'on ne garderait pas nos maigres moyens qui nous permettent de fonctionner à peu près correctement ?" (Un enseignant de Montreuil)

"Pourquoi est-ce qu'on ne garderait pas nos maigres moyens qui nous permettent de fonctionner à peu près correctement ?", l'a interpellée un des enseignants du collège Paul Eluard à Montreuil.

La ministre fuit ses responsabilités

"
Je laisse évidemment de la marge de manœuvre aux recteurs pour s'adapter à la réalité locale, mais ce qu'il faut que vous compreniez, précise-t-elle, condescendante, c'est que, si on fait cette réforme de l'éducation prioritaire, c'est pour actualiser une carte", avec des établissements qui rentrent et d'autres qui sortent, a expliqué la ministre.
"Nous on soutient tout à fait qu'il y ait des établissements qui rentrent, par contre on trouve complètement injuste et révoltant le fait que des établissements , y compris en Seine-Saint-Denis (département) touché par les difficultés sociales et scolaires, (...) sortent de l'éducation prioritaire." (un enseignant de Montreuil, partisan des avantages acquis) 

La Seine-Saint-Denis "est l'un des départements les mieux servis" dans le cadre de cette réforme, a fait valoir Najat Vallaud-Belkacem. "Ceux qui en sortent, vous ne perdez pas vos avantages du jour au lendemain, on les maintient pendant trois ans", jusqu'en 2017... La patate chaude sera pour les successeurs, avec le commentaire malveillant assorti les mettant alors en cause.


"On s'est retrouvé obligé de faire des actions comme ça, un peu coup de poing, pour montrer qu'on existait", s'est justifiée devant la presse Amandine Cormier, enseignante de mathématiques au collège Paul Eluard, où il n'y a pas cours depuis deux semaines du fait d'une grève de professeurs et d'un blocage par des parents d'une fédération dominante, la FCPE, proche du Front de gauche, pourquoi ne pas le dire. 
"On nous explique que parce qu'on a bien fait notre travail, on va nous enlever les moyens qui nous ont permis de le faire". (Amandine Cormier, enseignante en mathématiques)
Selon le ministère, des manifestants ont été reçus en catastrophe par des conseillers sur place, et tous ceux qui avaient demandé à être reçus localement l'avaient été.

Une révision de la carte de l'éducation prioritaire est en cours au ministère, diligentée par la rue de Grenelle et selon des choix effectués sur ordre par chaque académie suivant un indicateur social. Dans plusieurs académies ces choix sont contestés par des parents et des enseignants qui bloquent des établissements.
La nouvelle carte de l'éducation prioritaire sera arrêtée par le ministère mi-décembre, en même temps que sera annoncée une nouvelle répartition des moyens budgétaires à tous les établissements, avec prise en compte du profil sociologique des élèves et non plus des seuls effectifs.

Une gestion comptable

L'antenne CGT Educ-action du 93, dénonce un "effet de seuil injuste".
"Le ministère a opéré un classement, mais entre le 30ème et 31ème collège, qui perd son statut, il n'y a pas de différence sociologique majeure". Et le syndicat de donner l'exemple du "collège Gustave Courbet, à Romainville qui a un taux de CSP défavorisé de 47,9%".

Une "sanction" qui vient aussi parfois récompenser une réussite:
ainsi, le collège Gérard Philippe, à Aulnay-sous-Bois, qui a obtenu un taux de 94% de réussite au brevet l'an dernier. "Merci bien", commente un membre du personnel du collège, où certains professeurs font grève. Ces derniers s'inquiètent de la baisse de moyens que va entrainer une telle reclassification. "Si on nous enlève les moyens que nous avions grâce à ce classement, on va couler!", témoigne une enseignante dans Le Parisien. 
Mais ce sont surtout les parents qui sont à la manoeuvre et organisent le blocage des établissements, inquiets de voir réduits les moyens alloués à leur progéniture. En effet, le statut de ZEP offre de nombreux avantages matériels. Des moyens qui permettent d'engager davantage de personnel, notamment des surveillants, mais aussi de lancer des "projets de classe" censés donner aux élèves le "goût de la connaissance" par des activités sportives ou culturelles.

Fin de la "prime ZEP" et des classes à 25 élèves
Mais la perte du statut ZEP a aussi des conséquences pour les enseignants, qui perdront leur bonus de mutation pour travailler en zone prioritaire. Cette "prime ZEP", actuellement de 80 euros sera doublée en 2015 pour les enseignants des REP + (établissements très prioritaires), et revalorisée pour ceux des REP (établissements prioritaires). Quant aux enseignants des établissements sortants de l'Éducation prioritaire, ils verront leur régime indemnitaire spécifique maintenu pendant 3 ans, par une clause de sauvegarde. Certains professeurs voient dans ce geste du gouvernement "un moyen d'acheter la paix sociale", sans prendre en compte la question cruciale des effectifs dans les classes, nerf de la guerre dans l'éducation prioritaire. La classification ZEP met en effet en place un verrou de limitation des effectifs, qui ne peuvent dépasser 25 élèves par classe.

En janvier dernier, Vincent Peillon avait détaillé son plan d'action pour l'éducation prioritaire. "5 à 10% des établissements aujourd'hui classés en éducation prioritaire seront amenés à sortir du dispositif", avait annoncé le ministre de l'Education nationale, tout en promettant une augmentation de moyens de 100 millions d'euros .

On comptait alors 1099 collèges en ZEP en 2014 (contre 503 en 1982, année de leur création). La nouvelle carte d'Education prioritaire qui se dessine comptera 1082 réseaux d'Education prioritaire à la rentrée 2015, a annoncé Najat Vallaud Belkacem.

Nul doute que les huées adressées à NVB  plongent dans l'embarras Bruno Le Roux, chef de file des députés-godillots socialistes, et Claude Bartolone, ex-président du Conseil général de Seine-Saint-Denis: se ranger aux côtés de leurs électeurs ou soutenir la ministre ? Leurs courageuses prises de position tardent à venir...