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mardi 28 juillet 2015

Troisième fortune de France, Drahi développe son empire de presse sous la protection de Hollande

Drahi et Weill bâtissent le premier groupe multimédia français

Altice continue de faire son marché dans les media français

Drahi avale Weill
Il se rapproche de NextRadioTV, l'un des seuls groupes audiovisuels indépendants de France

Groupe multinational regroupant des câblo-opérateurs, des opérateurs de télécommunications et des entreprises de communications, Altice est un propriété de Patrick Drahi (à 58,50 % en 2015). L'entreprise de droit luxembourgeois et cotée à la bourse d'Amsterdam en 2001 est domiciliée dans un paradis fiscal.

Il a fait fortune en France, puis à l'étranger, grâce à une technique particulière de gestion d'investissements avec effet de levier appelée LBO, consistant à s'endetter fortement pour acheter une entreprise cible, puis la "restructurer" pour en majorer les profits financiers et rembourser les emprunts contractés par ponction sur leur propre trésorerie.

L'empire de Drahi, 51 ans, magnat de la presse
Pour l'instant, ses titres de presse écrite ne seront pas intégrés à la filiale media que pilotera Alain Weill, mais sont destinés à la rejoindre à terme. De quoi créer des synergies intéressantes, estime Nicolas Reffait, du cabinet d'analyses BearingPoint, un intéressé qui travaille pour les deux groupes à la fois: "Le groupe L'Express apparaît faible sur la vidéo, ce qui pénalise son activité publicitaire, et le site BFMTV.com pourrait être meilleur sur l'écrit" et améliorer sa visibilité. Le nouvel ensemble "rapprocherait des activités qui, prises indépendamment, peuvent présenter des perspectives de croissance faibles mais qui, réunies et bien orchestrées, sont réellement prometteuses", conclut-il.
Le personnel doit juste craindre des concentrations et des licenciements.

Le patrimoine de Patrick Drahi est évalué à 28,8 milliards de dollars, mais son endettement n'est pas chiffré... Or, l'endettement vertigineux de son groupe, Altice, suscite de vives inquiétudes.

Ses rachats ou intégrations en métropole dans les Télécoms


  • 2002-2007:Numericable, 
  • Noos, 
    France Télécom Câble 
    et TDF Câble


  • 2014 :
    SFR
    Virgin Mobile France
  • Portugal Telecom 
    l'opérateur israélien Hot
    l'américain Suddenlink, etc...


  • Filiales, dont Numericable-SFR (78 %)

  • Il détient 99 % des réseaux câblés de France.

    Le 21 juin 2015, Altice annonce une
    Offre publique d'achat (OPA) sur Bouygues Telecom pour 10 milliards d'euros: le conseil d'administration de Bouygues Télécom la rejette à l'unanimité le 23 juin.
    En 2014, sa double nationalité agite certains media. Selon Challenges, l'avocat de Patrick Drahi a déclaré que son client possède exclusivement la nationalité israélienne et qu'il a demandé la perte de sa nationalité française.

    Ses rachats ou intégrations en métropole dans les media 
  • Libération
  • ,

  • Groupe l'Express (Studio Ciné Live,
  • L'Express, L'Expansion,... 
    du groupe groupe belge Roularta)

  • groupe
  • Altice Media Group

    Devenue la première chaîne d'information en continu,
     BFMTV est principalement détenu par Alain Weill.
    L'aventure NextRadioTV commence avec l'acquisition de la radio nationale RMC par le groupe NRJ (et aussi Chérie FM, Nostalgie et Rire et Chansons), le 5 juillet 2000. Mais la loi française interdisant à un même groupe de desservir par le biais de ses différents réseaux radiophoniques plus de 150 millions d'auditeurs potentiels, NRJ Group renonce aussitôt à RMC et le directeur général du groupe NRJ, démissionne de ses fonctions pour racheter la radio RMC et créer Nextradio. En 2002, NextRadio reprend la radio BFM (qui se voulait celle du 'tout-économique" à sa création en 1991; 110 salariés), alors en redressement judiciaire. Jean-Luc Mano était le patron de la station, Ghislaine Ottenheimer, la directrice de la rédaction (avec les signatures de Patrick Chêne ou Daniel Bilalian) et les actionnaires Apax Partners, Dassault, Compagnie financière Rothschild.

    Patrick Drahi et Alain Weill ont conclu un accord de partenariat 

    Il prévoit l'intégration du groupe audiovisuel à la holding de l'homme d'affaires franco-israélien. Les deux entrepreneurs lancent ainsi en France le mouvement de rapprochement entre opérateurs télécoms et diffuseurs, initié aux Etats-Unis par AT&T et DirecTV.

    Après de rapides négociations, les deux patrons, self-made-men quinquagénaires qui se connaissent depuis près de vingt ans, ont annoncé lundi qu'ils lanceraient prochainement une OPA d'environ 595 millions d'euros sur le groupe, soit trois fois son chiffre d'affaires. Elle sera financée principalement par Patrick Drahi, qui poursuit ainsi - sans entrave gouvernementale ni européenne - ses acquisitions en rafales dans les télécoms et les media.



    Dans un premier temps, ces deux outsiders du gotha français des affaires se partageront le capital de NextRadioTV. Mais, d'ici à mars 2019, Patrick Drahi pourra en racheter la totalité et, comme la quasi-totalité des grands media français, NextRadioTV sera ainsi aux mains d'un grand industriel, à l'instar de Le Monde (triade socialiste Niel-Pigasse-Bergé), de TF1 (Bouygues), de Canal+ (Bolloré), Le Parisien et Les Échos (LVMH) ou M6 et RTL (l'allemand Bertelsmann).

    Le virage  de Weill à 180 degrés surprend le milieu

    Patrick Drahi va recruter Alain Weill comme nouveau patron mondial de ses activités media, pour lesquelles il affiche de grandes ambitions. Le fondateur de NextRadioTV va devenir membre du comité de direction du groupe de télécoms et de media Altice, mais pilotera aussi "l'ensemble des activités media d'Altice, en France comme à l'international", au sein d'une filiale dont il sera actionnaire à 24 %. Elle sera chargée d'investir à l'international, "où les perspectives de croissance sont nombreuses", précise Altice dans un communiqué.



    C'est un virage à 180 degrés pour Alain Weill, 54 ans, entrepreneur jusqu'ici très attaché à son indépendance, qui assurait ne pas vouloir vendre le groupe qu'il a créé de toutes pièces en 2000. NextRadioTV regroupe RMC, BFM TV, ainsi que les chaînes RMC Découverte et BFM Business. Mais, malgré des résultats en hausse l'an dernier, NextRadioTV restait fragile, dans un marché publicitaire toujours morose, face à des concurrents comme Canal+, TF1 ou M6 adossés à d'énormes groupes capables de financer leur développement. A la recherche de relais de croissance, Alain Weill vient d'ailleurs de conclure le rachat de la chaîne Numéro 23 pour 88 millions d'euros, une opération suspendue au feu vert du CSA.
    Les analystes ont bien accueilli cette nouvelle concentration socialiste. 
    "Cela permet d'envisager de nouvelles perspectives pour NextRadioTV en lui donnant des capacités d'investissement en France comme à l'international", a commenté Jérôme Bodin, chez Natixis. "Et cela va permettre d'accompagner le groupe Altice dans son internationalisation. On assiste à un rapprochement progressif entre les télécoms et les media, avec la nécessité pour les groupes télécoms d'avoir des contenus exclusifs", a-t-il dit.


    Patrick Drahi poursuit ainsi au pas de charge ses rachats dans les media, pendant que Hollande est encore au pouvoir. Et dommage pour France Télévisions qui va réclamer toujours plus de pub en début de soirée.


     

    lundi 22 juin 2015

    Patrick Drahi, cet homme d'affaires qui veut Bouyghes télécom, après Libération, L'Express et Numéricable-SFR

    Le boulimique propriétaire du quotidien Libération, de Numéricable et de SFR, inquiète

    L'insatiable homme d'affaires Patrick Drahi a-t-il le premier des 10 milliards d'euros qu'il offre pour le rachat de Bouygues Telecom?

    Le gouvernement s'est montré totalement hostile à cette opération dimanche. Une telle offre, si elle aboutit, chamboulera profondément le paysage des télécoms français et surtout celui de la téléphonie mobile, qui était passé de trois à quatre opérateurs en janvier 2012 avec l'arrivée fracassante de Free Mobile. L'offre de rachat sera examinée "mardi" ou "en début de semaine" par le conseil d'administration de Bouygues Telecom.

    Des grandes manoeuvres à forte odeur de soufre
    A la tête d'un empire de media et de télécommunications en France, comprenant notamment les publications L'Express et Libération, l'homme d'affaires franco-israélien Patrick Drahi avait réussi en mars 2014 à s'emparer de SFR à l'issue d'une longue bataille avec Bouygues Telecom, le rachetant à Vivendi pour 13,36 milliards d'euros. 
    Le schéma actuellement en discussion pour la prise de contrôle de Bouygues Telecom prévoit également d'associer l'opérateur Free (groupe Iliad de Xavier Niel, déjà associé aux socialistes Pierre Bergé et Matthieu Pigasse dans la prise de contrôle du journal Le Monde, lesquels co-détenaient déjà le groupe le Nouvel Observateur). 
    Free récupèrerait une partie des fréquences, antennes et boutiques de Bouygues Telecom, tandis que l'Orange a affirmé "ne pas faire partie de ce deal", indiquant cependant "rester ouvert aux discussions avec les autres acteurs pour voir si nous pouvons faciliter un accord."

    Patrick Drahi est "surendetté", met en garde un syndicaliste 

    "Il s'agit de l'offre la plus aboutie et la plus sérieuse" de ces dernières années en matière de recomposition du paysage français des télécoms, a estimé une source (anonyme) "proche du dossier" et nécessairement partiale, avant de souligner que le conseil d'administration de Bouygues Telecom peut aussi la rejeter. Si l'offre est validée, elle devra ensuite obtenir l'accord de l'Autorité de la concurrence: comme "il s'agit d'intérêts privés, seule l'Autorité de la concurrence peut donner ou pas son feu vert", a ajouté cette source intéressée, en commentaire à l'opposition exprimée par Emmanuel Macron.
     
    Se pose également la question du financement de l'opération pour le milliardaire qui a accumulé une dette supérieure à 30 milliards d'euros mais semble ne plus connaître de limites dans sa frénésie d'acquisitions: le pouvoir socialiste lui a laissé la bride sur le cou et l'aventurier entend continuer de profiter de l'aubaine. 

    Patrick Drahi a sollicité et obtenu "un nouvel emprunt auprès de BNP Paribas" et paierait son acquisition "en cash" mais à crédit . "Il faut comprendre que cette opération, si elle aboutit, va solidifier l'édifice de M. Drahi en France, et en un sens 'dérisquer' son profil, le rendre plus solide aux yeux des créanciers", continue de raconter la fameuse source secrète et "proche du dossier". 

    Les conséquences sociales de ce nouveau coup ne peuvent encore être évaluées

    Agressif en affaires, Patrick Drahi est un homme de "coups" également connu pour ne pas avoir beaucoup d'états d'âmes quand vient le moment de restructurer une entreprise. Lorsqu'il a racheté Noos, Hot ou encore SFR, des milliers de postes avaient en effet été supprimés

    Les syndicats de Bouygues Telecom (qui comptait 8.817 salariés à fin 2014) comme ceux de Numericable-SFR (10.591 salariés) sont déjà inquiets : "ce serait une catastrophe pour l'emploi au regard des doublons en interne et dans la filiale télécom", résume Fabrice Pradas, délégué central de l'UNSA, premier syndicat chez SFR. 

    Le projet de P. Drahi est "économiquement très dangereux", parce que l'homme d'affaires franco-israélien "n'est pas endetté, il est surendetté", juge Azzam Ahdab (CFDT, troisième syndicat chez Bouygues Telecom). "S'il s'agit d'emprunter de l'argent pour casser des emplois, au détriment des consommateurs aussi, c'est irresponsable comme attitude. Les pouvoirs publics doivent intervenir et ne doivent pas laisser faire", selon lui, en dehors même de toute considération des risques de concentration et d'hégémonie.

    Aventurier milliardaire au parcours atypique 

    Né à Casablanca, le franco-israélien arrive à Montpellier à 15 ans. Héritier de la bosse des maths de ses parents profs, il enchaîne Maths spé, l'école Polytechnique et se spécialise dans les télécoms. Patrick Drahi commence sa carrière chez Philips, puis est embauché par UPC, filiale européenne de Liberty Global, le groupe du magnat américain du câble John Malone, qui deviendra son modèle. Le géant américain mène une politique d'acquisitions boulimique en Europe, avec l'aide de Patrick Drahi. 

    Puis le binational se met à son compte et commence à racheter un à un des petits câblo-opérateurs régionaux en mauvaise posture, à la façon d'un Bernard Tapie en son temps. En France, à coup de restructurations et à l'issue de grands efforts d'intégration de ces actifs disparates, il bâtit Noos, qui deviendra Numericable, poids lourd du câble. Il poursuit également ses acquisitions à l'étranger, financées par la dette, en Belgique, au Portugal, en Suisse, en Israël ou en République dominicaine. Il est aujourd'hui 57e fortune mondiale.

    Son appétit de media est un signe fort de sa volonté de devenir un homme d'influence. Le pouvoir socialiste l'a observé avec sympathie, mais commence à se préoccuper de la constitution de son empire de presse: le propriétaire de L'Express, L'Expansion, Libération et est devenu un homme sur lequel il faut pouvoir compter.