POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

Affichage des articles dont le libellé est couple. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est couple. Afficher tous les articles

mardi 18 juin 2013

Le juge Gentil salirait-il l'image de la Justice à nouveau ?

Le justicier ne serait pas vertueux 

La roue tourne et la lumière se fait sur l'intégrité du juge

Son visage n'apparaît pas au "mur des cons" du Syndicat de la Magistrature (SM), et pourtant... 
Il y a seulement trois mois, l'avocat du juge d'instruction Jean-Michel Gentil clamait que le magistrat lui avait demandé d'étudier "une plainte pénale contre M. Guaino, suite à des propos tenus sur Europe 1, (...) tout à fait inadmissibles. On a accusé M. Gentil de porter atteinte à la République, d'être le déshonneur de la justice et des institutions et j'en passe", s'indignait l'avocat du juge. "M. Guaino sera cité devant le tribunal correctionnel pour répondre des infractions qui lui sont reprochées",  gronda Me Rémi Barousse.

Mais la conscience professionnelle du juge serait très souple

Détail parmi les libertés que prend le juge Jean-Michel Gentil, contrairement à la loi, Gentil se serait passé de la dispense du président du tribunal pour se marier avec une magistrate du même tribunal. 
Faute professionnelle grave, le même justicier de Bordeaux  a également omis de signaler que l'une des expertes désignées pour juger de l'affaiblissement des facultés de Liliane Bettencourt était son témoin de mariage.
Or, le juge d'instruction bordelais chargé de l'affaire Bettencourt depuis novembre 2010 (avec les juges Valérie Noël et Cécile Ramonatxo désignées à ses côtés) est en effet soupçonné d'avoir passé outre l'article L111-10 du code de l'organisation judiciaire. Comme aux autres, la loi impose en effet à ce super-juge médiatisé que "les conjoints, les parents et alliés jusqu'au troisième degré inclus ne peuvent, sauf dispense, être simultanément membres d'un même tribunal ou d'une même cour en quelque qualité que ce soit".

Tribunal de Bordeaux ou entreprise familiale ?
A eux deux, le mari et la femme tenaient le tribunal de Bordeaux en leur pouvoir: un juge d'instruction comme Jean-Michel Gentil est  indépendant dans la limite de sa saisine par le procueur, mais un procureur est soumis au ministère. Or, Gentil est juge à Bordeaux depuis novembre 2004 et son épouse Isabelle Raynaud est vice-procureur de la République au sein du même tribunal depuis août 2006. Ces juristes ont pourtant omis de demander une dispense à leur chef de juridiction après leur mariage, le 30 juin 2007. La presse toujours bien informée dressait de ce président de l'Association des magistrats instructeurs le portrait d'un juge "habité par la fonction qu'il exerce"... 

Gentil pouvait-il ignorer ses obligations, lui qui enseigna à l'École nationale de la magistrature ?
Le 7 janvier 2009, le Président de la République, Nicolas Sarkozy, était-il donc mal inspiré de préférer un juge de l'instruction qui contrôlerait le déroulement des enquêtes mais ne les dirigerait plus. Mais sa proposition de suppression du juge d'instruction avait entraîné de vives critiques de la part des magistrats et de la gauche alors dans l'opposition, arguant d'effets sur l'indépendance de la justice... 
De quel côté croyez-vous que le couple Gentil-Raynaud pencha ? Réponse en image:
Tout comme Marie-Odile Bertella-Geffroy, vice-présidente chargée de l'instruction à Paris, pôle santé publique, Matthieu Bonduelle, juge d'instruction à Bobigny, président du Syndicat de la magistrature, William Bourdon, avocat, président de l'association Sherpa, Denis Chausserie-Laprée, vice-procureur à Bordeaux, section financière, Jacques Dallest, procureur de la République de Marseille.

Des magistrats au-dessus des lois et réglements ?

Quatre ans pour que les deux magistrats respectent la loi en régularisant leur situation, le 28 décembre 2011. 
Parce qu'ils n'étaient pas en règle avec le code qui régit leur profession, les actes judiciaires accomplis par les deux magistrats pourraient-ils être considérés comme nuls, s'ils ont été passés entre le 30 juin 2007, date du mariage, et le 28 décembre 2011, date de l'octroi de la dispense? À commencer par la fameuse expertise de Liliane Bettencourt effectuée le 7 juin 2011 au domicile de la milliardaire en présence du juge Gentil qui a conduit à la mise en examen de 17 personnes dans ce dossier, dont l'ancien président de la République Nicolas Sarkozy.

Le même article de loi indique qu'en aucun cas, même si la dispense est accordée, les conjoints, etc., "ne peuvent siéger dans une même cause". Isabelle Raynaud a-t-elle travaillé sur le dossier Bettencourt instruit par son mari ? "Non, le procureur s'est bien gardé de lui demander quoi que ce soit", assure au Point.fr un haut magistrat de la cour d'Appel, sous couvert de l'anonymat ! Cette même et unique source non identifiée affirme que cet "oubli" [un terme qui ne révèle pas ses sympathies...] n'entraînerait aucun risque d'annulation de la procédure dès lors que les deux époux n'ont pas siégé dans la même procédure, selon cet interprète flouté des textes de loi.

L'auteur de l'"oubli" était classé intouchable par la presse

"Caractériellement difficile, assez rigide, avec un côté vieille administration française, mais excellent juge et très bon connaisseur de la procédure pénale", résumait à Paris-Match en 2012 un ténor masqué du barreau de Bordeaux.

Cette "nouvelle bévue supposée (selon l'honnête quotidien socialiste Le Monde) de la part du juge Gentil, "pourtant réputé méticuleux et sérieux" (selon les mêmes), ne manquera pas de faire le jeu des avocats de la défense, qui mettent en doute l'impartialité du magistrat." 

Non sans raison, quoi qu'en pense Le Monde: 
"Gentil, le juge qui instruit son affaire et milite contre Sarkozy, simultanément"(lien PaSiDupes) 
Le journal Le Figaro, quant à lui, titrait sur "Bettencourt : les méthodes musclées du juge Gentil." L'un des deux ne serait-il pas impartial ? 
Quant au "sale mec" de l'Elysée,  il s'était déjà fait remarqué pour son hypocrisie:

26 novembre 2007, 
escorté de Marylise Lebranchu 
et du "sombre Ayrault",
Hollande manifeste,
mégaphone au poing, 
pour être reçu par la ministre de la Justice
sachant qu'elle est en Chine.

jeudi 10 mai 2007

Royal: les bonnes feuilles de 'La Femme Fatale'

Le Nouvel Obs offre des extraits du livre, en avant première.

Ségolène, François et les autres...

Où en sont les relations entre la candidate socialiste et son compagnon? Dans "La Femme fatale", deux journalistes dévoilent les secrets politiques et intimes de la campagne. Bonnes feuilles.

DEPUIS LA FIN de l'automne 2005, elle appelle leurs amis les uns après les autres. "Tu as vu les sondages ? Ceux de François... Les miens..." [...] Si Ségolène les soumet à cette petite analyse comparative des cotes de popularité respectives de son couple, c'est qu'elle veut qu'ils choisissent. Entre elle. Et lui. Entre le copain qui les fait rire et les enthousiasme depuis si longtemps. Et celle que tous ont connue silencieuse et discrète et qu'ils observent prendre maintenant son envol.
Eux seuls savent qu'elle ne réclame pas seulement un choix politique. Au sein du Parti socialiste, personne n'a compris la tempête qui secoue le couple.
L'orage couvait, il a éclaté juste après le congrès du Parti socialiste qui s'est tenu au Mans, en novembre 2005. C'est un congrès difficile et François Hollande y est arrivé comme un convalescent. Le PS est déchiré depuis le référendum sur la Constitution européenne du 29 mai, et son chef, qui défendait ardemment le oui, est franchement ébranlé. Au Mans, il a donc dû déployer tout son art du compromis pour se maintenir à la tête du parti, composer une synthèse politique entre les courants socialistes et paralyser ses rivaux, Laurent Fabius, Dominique Strauss-Kahn et le NPS du remuant Arnaud Montebourg. "C'est le moment de François", a répété pendant le congrès Ségolène Royal, espérant qu'après cette ultime synthèse son compagnon songera enfin à rénover son parti et à incarner la nouvelle génération socialiste.
De retour à Paris, c'est pour remercier les deux hommes qui l'ont aidé à réaliser sa synthèse que Hollande invite à dîner, chez Lipp, Julien Dray, son ami de vingt-cinq ans, et François Rebsamen, le numéro deux du parti. Le téléphone mobile du premier secrétaire vibre ; il y répond en chuchotant et quitte prématurément la table à 22 h 30, sans explication, laissant seulement sa carte Bleue à ses invités, pour qu'ils puissent régler l'addition. Ségolène Royal cherche un peu plus tard à le joindre, sans succès ; elle appelle alors Dray et Rebsamen, croyant toujours François avec eux... Dans un couple, on ne sait jamais pourquoi, un nouveau geste, une absence imprévue ressemblent un jour à une trahison insupportable. Les deux bras droits de François Hollande sont en tout cas les témoins involontaires d'une querelle intime. Et les acteurs implicites, dès ce jour, d'une aventure politique inédite. [...]

Le choix de Dray
Dray est l'ami du couple depuis vingt-cinq ans. L'été, ils ne cessent de se voir, sur la Côte d'Azur où Dray possède une maison à Vallauris, pas très loin de Mougins. Jusque là, il paraissait clair qu'il se sentait plus proche de François. Ses amis l'ont même entendu lancer à plusieurs reprises, dans une drôle de boutade : "Si Ségolène est candidate, je m'exile en Israël ." Il n'est pourtant pas si éloigné d'elle. Depuis qu'il est devenu l'un des experts de la sécurité de son parti et rêve de devenir ministre de l'Intérieur, il s'affiche comme un adepte du retour à l'ordre et à l'autorité en des termes qu'elle ne renie pas. L'amitié, cependant, demeure, à ses yeux, une affaire d'hommes et, solidarité masculine oblige, il juge bien souvent Ségolène passablement "casse-couilles". [...] Alors que Dray espérait devenir numéro deux du PS, son ami [ François Hollande ] lui a préféré François Rebsamen, plus solide, mieux organisé. Enfin, alors qu'il insistait pour écarter de la direction du parti le héraut du non Laurent Fabius, Hollande a choisi tout l'inverse et l'a fait revenir dans le jeu.
"François a un problème psychologique : il ne tranche jamais, répète depuis Julien Dray. Il compose toujours, il ne fait jamais preuve d'autorité . Il ne sait pas tuer."
En cet automne 2005, Dray n'ignore évidemment rien des tensions du couple. Aux premières loges, il a vite compris que la crise conjugale prend un tour politique. A la mi-décembre, Ségolène l'invite dans son bureau à l'Assemblée nationale et lui explique : "Il faut que tu m'aides ." Soit. Doucement, "Juju" entreprend de préparer François à l'impensable. "Ecoute, pour l'instant , elle est portée , explique-t-il . Ne te mets pas en travers de sa route. Soit cela marche pour elle, et tu ne pourras pas faire autrement que de l'aider . Soit cela se dégonfle , et elle te passera le bâton pour que tu prennes le relais ." [...]
Depuis qu'il s'est retrouvé projeté dans un conflit conjugal qui n'est pas le sien, il [ Julien Dray ] a compris qu'il a gagné un nouveau pouvoir. Conseiller en sentiment autant qu'en stratégie politique, il a d'abord navigué de Ségolène à François pour tenter d'arranger les choses. Maintenant, il va de François à Ségolène dans une stratégie sensiblement inverse. Iago shakespearien du drame qui se joue, il souffle sur les braises comme s'il avait saisi que la trahison privée agirait comme un vigoureux poison sur les ambitions politiques. Il ne cesse plus, désormais, de s'étonner tout haut devant Ségolène des ambiguïtés de son compagnon. "François a du mal à s'effacer ... C'est à croire qu'il veut te faire perdre..." [...]
Hollande s'entête pourtant. Sa propre compagne est plébiscitée par les sondages, applaudie par les militants, rejointe par un nombre croissant de cadres du parti, et lui pense toujours à un candidat dont personne ne veut [ Lionel Jospin ] . Alors Julien Dray, confondant comme à son habitude tous les registres, se charge d'être plus brutal. Hollande veut gêner Ségolène ? Le député, l'ami du couple passé avec armes et bagages dans le camp Royal, s'en va expliquer discrètement aux journalistes, avec des airs de conspirateur et un ton de conseiller conjugal, que la crise est désormais ouverte entre Royal et Hollande. "Ségolène tient une grenade dégoupillée à la main, assure-t-il . Elle lui a dit : “ Si tu vas chercher Jospin pour me faire barrage, tu ne reverras jamais tes enfants !”" [...]

"Tu ne me parles pas comme ça !"
Depuis qu'il a choisi d'aider Ségolène, Julien Dray s'exaspère de l'influence que conserve encore son compagnon. Il veut entretenir avec elle un rapport d'exclusivité, comme celui qu'il avait lui-même établi, autrefois, avec Hollande. Il a choisi Ségolène contre François, il aimerait que Royal consacre son choix en prenant à son tour ses distances politiques avec le premier secrétaire. "Elle n'ira pas dans le Pas-de-Calais ! Elle est crevée et on n'en a rien à foutre du Pas-de-Calais", lance donc "Juju". "C'est important pour le parti", réplique Hollande, agacé. Dray, soudain désinvolte à l'égard de son ancien patron, rétorque en criant : "C'est important pour TOI, tu veux dire !"
Cette fois, il a franchi une limite. Hollande redevient François. "Tu arrêtes maintenant ! Tu ne me parles pas comme ça ! Allez, dégage , dégage !" C'est tout à coup l'homme qui parle, plus le premier secrétaire. Pour un peu, il en viendrait aux mains, lui qui se contrôle habituellement : "Je ne te supporte plus ! C'est toi qui génères toutes les difficultés !" Il faut parfois des scènes violentes, des cris, des corps-à-corps, pour que des évidences vous sautent à la figure. Ségolène Royal comprend qu'on lui demande de trancher. Elle met fin au supplice et à l'ambiguïté. "J'irai dans le Pas-de-Calais." Plus tard, à ceux qui s'interrogent sur cette bruyante dispute, elle explique : "Il faut comprendre ... Ce n'est pas facile pour François ."
Ce n'est pas facile, en effet. Depuis son investiture par le Parti socialiste, elle ne lui a rien épargné. Elle a d'abord choisi pour porte-parole Arnaud Montebourg, un beau parleur capable de séduire les électeurs du non, mais l'un des plus vifs adversaires du premier secrétaire du Parti socialiste. L'entourage de François Hollande s'en est offusqué. En vain. Ils n'avaient pas tort. Le 17 janvier, les directeurs de campagne envoient Montebourg sur le plateau du "Grand Journal", sur Canal +. "Quel est le plus gros défaut de la candidate ?" , lui demande-t-on. Le porte-parole réfléchit : "Ségolène Royal n'a qu'un seul défaut : c'est son compagnon."
Depuis quelques jours, justement, la campagne de Ségolène Royal connaît des ratés. Au "2-8-2", Natalie Rastoin et Sophie Bouchet-Petersen râlent tous les jours contre ce chef de parti qui ne veut pas jouer les figurants et qui, au fond, pense "vieux". Montebourg n'a fait que répéter tout haut ce que, toute la journée, on murmure autour de lui.
Quelques heures après son "bon mot", alors que le député de Saône-et-Loire l'appelle, un peu ennuyé, la candidate n'a d'abord qu'une réaction : "Tu lui mettras un petit mot pour t'expliquer , ça ira bien comme ça ..." Mais le patron du PS ne l'entend pas ainsi. Et encore moins le directeur de son cabinet, Stéphane Le Foll. Il lui faut une sanction.
"Tu ne dois pas me laisser insulter par ton porte-parole !", proteste Hollande. Contrariée par la colère de son compagnon, Ségolène Royal décide de "suspendre" Arnaud Montebourg pendant un mois. Comme, au fond, on exclut quelques heures de la classe un élève impertinent.
Au "2-8-2", on raille désormais la susceptibilité du compagnon, en plus de son conformisme. "Il ne comprend rien à ce qu'elle est en train de faire", répète Sophie Bouchet-Petersen. "Franchement, il ne lui donne que de mauvaises idées", renchérit Julien Dray. "C'est un conseiller parmi d'autres", veut croire Jean-Louis Bianco. "Il voudrait tout diriger", constate François Rebsamen. Ségolène Royal sait que la rue de Solférino tente désespérément de contrôler ceux qui portent ses couleurs. Gaucherie ? Pudeur ? Elle s'agace d'entendre François s'adresser à elle par médias interposés, comme Lionel Jospin le faisait avec Mitterrand. Comme s'ils n'étaient rien d'autre qu'un premier secrétaire et une candidate lambda... [...]
Comment comprendre, en effet ? Ce couple est un mystère, et, pour Hollande, le sujet est tabou. Ce sont toujours les mêmes mots qui reviennent. Devant les journalistes, les hiérarques du PS prennent des airs de conspirateurs ou de médecins compatissants : "Bon, et puis il y a... enfin vous savez..." ; "Je ne veux pas parler des problèmes du couple qui se surajoutent au reste et que vous connaissez..." ; "Evidemment, vous vous doutez bien que cela compte beaucoup, mais on ne peut pas en discuter..." ; "Cela s'ajoute à ce que vous savez..." Par son silence, François Hollande alimente lui-même le débat qu'il redoute. Interrogé le 19 novembre 2006 par les lecteurs du "Parisien", il avait laissé entendre que l'après-victoire se ferait probablement sans lui : "Si Ségolène Royal est élue , où allez-vous habiter ? - Chez moi !" Le 5 avril, sur RTL, il explique que, le 6 mai, si la victoire est au rendez-vous, il fera "la fête" . Et après ? "Je serai député si les électeurs en décident ainsi. Et autrement... je vivrai ma vie."
Il n'a jamais admis qu'elle s'épanche publiquement sur leur intimité, qu'elle ose le demander en mariage par médias interposés. En mars, Ségolène écrit pourtant dans "Maintenant", son livre d'entretiens avec une journaliste de "Elle", Marie-Françoise Colombani: "Oui, nous sommes toujours ensemble, et oui, nous vivons toujours ensemble." Mais c'est aussitôt pour accuser "l'entourage" de son compagnon d'avoir "dissuadé" François d'accepter "un mariage en pirogue, à l'autre bout du monde, par crainte du ridicule . Moi, je crois que la crainte du ridicule, il faut s'asseoir dessus quand on a envie de saisir un bonheur inattendu qui passe. Mais bon, je n'ai pas insisté . Nous n'avons pas besoin de cela pour nous aimer." La mise en scène le ridiculise et le blesse. Pour parade, à France-Inter qui l'interroge, il affirme : "Je n'ai pas lu le livre de Ségolène ." Comment le croire ? [... ]
Seuls ceux qui les connaissent peuvent oser la question. Fin mars, Jacques Delors, statue du Commandeur du couple qu'il a longtemps couvé avant que celui-ci ne le délaisse, déjeune avec la candidate. Au menu, bien sûr, la politique et l'Europe. A l'heure du dessert, l'ancien président de la Commission européenne se risque sur le sujet qui brûle depuis des semaines ses lèvres et celles de ses amis. "Mais que se passe-t-il avec François ?" Ségolène rit sans répondre. "Il regrette toujours de ne pas s'être présenté ?" La candidate jette alors cette réplique cinglante : "Il ne pouvait plus le faire. A force de tergiverser et de truander les autres..." Jacques Delors n'a pas insisté.

Chevènement , le mentor
François Hollande n'en peut plus. Devant le secrétariat national qui est censé diriger son parti - et la campagne -, mercredi 11 avril, le patron du PS gronde : "Ce n'était pas la peine d'envoyer Chevènement à Europe 1, parce que le vote de son parti nous est acquis. Et ce qu'il a dit hier, ce n'était pas la bonne tonalité pour la campagne. Vraiment pas." Le jeudi, "le Parisien" rapporte dans un écho un des agacements de Hollande : "Il fait fuir les bobos !" [...] Après la débâcle de 2002, le secrétaire national du PS se croyait enfin débarrassé du fondateur du Ceres. Les 5, 33 % recueillis par le "Che" à l'élection présidentielle de 2002 sonnaient comme une fin de partie. [...]
Mais voilà. Contre l'avis de son compagnon, Ségolène Royal a brisé la fameuse "fatwa" dont le "Che" se disait victime de la part de Solférino. Elle en a fait sa "voix", son "porte-parole". [...] L'été 2006, il [ Jean-Pierre Chevènement ] comprend que c'est Ségolène Royal qui risque d'être investie. Un jour d'août où il nage au large d'une plage de Belle-Ile, il lâche entre deux brasses, au large d'un rocher, à l'ami qui l'accompagne : "Avec Ségolène , qui est si mal organisée , est-ce que tu ne crois pas que c'est l'endroit où on pourrait le mieux peser ?" Dès son investiture, le rapprochement se mène en secret. [...] Rallier un homme, pour Chevènement, aurait été difficile. Aider cette femme qui aime l'ordre, qui porte son élégance bien droite, encaisse tous les coups sans faillir et - last but not least - a fini par prendre la place de François Hollande lui convient. L'intérêt bien compris de Chevènement rencontre celui de Ségolène Royal. La candidate, ce n'est pas un mystère, se méfie du PS. Elle veut organiser sa campagne avec ses propres troupes. Or voilà longtemps que sa propre équipe, au "2-8-2", boulevard Saint-Germain, ne suffit pas à faire face aux demandes. Il lui faut des arguments et des plumes. [...] En janvier 2007, Jean-Pierre Chevènement réunit les experts qui depuis toujours travaillent pour lui. "On attend les propositions de la candidate. Il faut donner du fond à la campagne", leur explique-t-il. Puis, durant la dernière semaine du mois, il réunit dans ses bureaux rue de Bourgogne cinq hauts fonctionnaires qui forment l'ossature et le gros des troupes du MRC. "Vous savez écrire des discours. Il faut aider Ségolène ." [...] Ce staff de hauts fonctionnaires sexagénaires la rassure. Leur dévouement la comble. [...] Rien ne vient contrarier cette nouvelle alliance. Et surtout pas celui dont la détestation unit ses deux anciens ministres. "Jospin n'arrive toujours pas à comprendre comment j'ai pu avoir Chevènement", a-t-elle raconté un jour à un BHL stupéfait. Sollicité au téléphone par la candidate, l'ancien Premier ministre se montre très clair : il ne sera du pack des treize poids lourds de la campagne que si son ancien ami et ministre n'y figure pas. Mis au parfum, le "Che" rapporte immédiatement la nouvelle et ironise sur son blog sur la "fixation malheureuse" de Lionel Jospin et son "incapacité persistante à analyser les causes de son échec . Le fait que seulement 11 % des ouvriers aient voté pour lui le 21 avril 2002 devrait le faire réfléchir davantage . Cette approche moralisante des problèmes politiques permet peut-être de préserver un certain capital narcissique"...
Il s'en fiche. 2007, c'est sa revanche sur 2002. Le comité des "treize" ne s'est pas réuni, alors que lui a gagné un bureau boulevard Saint-Germain ! Promu "conseiller spécial", il s'affiche derrière elle dans les grandes émissions de télévision, et, dans l'ombre, s'impose sans jouer des coudes. Elle finit par le placer toujours à sa droite, l'interroge avec respect. Comme le dimanche 4 mars, à la veille d'une rencontre avec la chancelière allemande, où elle bavarde pendant le topo d'Elisabeth Guigou, mais écoute en silence le président du MRC expliquer qu'il faut "se méfier d'Angela Merkel" et de ces "Allemands qui ne croient qu'aux capitaux privés" pour Airbus.

BHL, le coach
"Dès que j'ai le dos tourné , elle recommence !" Bernard-Henri Lévy a filé de Francfort au Canada, ce lundi 26 mars. Il a pris connaissance avec un peu de retard des propos que la candidate socialiste a tenus durant le weekend à Marseille, où, après avoir fait entonner "la Marseillaise" aux militants rassemblés sous le Dôme, elle a jugé que "tous les Français devraient avoir chez eux le drapeau tricolore" . [...] "Je lui avais dit : libérez-vous , soyez vous-même . C'est réussi !", peste le philosophe. Il ne sait pas - mais qui le sait ? - que quelques mois auparavant, pour son congrès extraordinaire d'investiture le 26 novembre, Ségolène a déjà réclamé la présence de drapeaux tricolores. Le Marseillais Patrick Mennucci en avait fait rentrer des centaines, pour que la Mutualité tout entière fête la victoire dans la liesse. Mais Olivier Faure, le directeur adjoint de cabinet de François Hollande, en a eu vent. Et, grâce au premier secrétaire, les drapeaux n'ont jamais été déballés de leur caisse et ne sont jamais sortis du camion.
BHL décroche son téléphone. "C'est peut-être tactiquement utile, je ne suis pas juge de ces considérations , dit-il à Ségolène Royal. Mais ça me déplaît profondément . C'est dans l'air mauvais du temps", râle le pourfendeur de "l'Idéologie française". [...] Il est fâché, mais pas brouillé. Il la voit élue, il a gagné sa confiance, il ne veut pas perdre son nouveau rôle d'influence. Car BHL est devenu en quelques semaines l'un des confidents de Ségolène Royal. Qui sait que, depuis janvier, le philosophe et la candidate se téléphonent plusieurs fois par jour ? Avant chaque émission de télévision, elle le consulte. Après chaque meeting, elle l'appelle. En cas d'urgence et de grosses turbulences dans le ciel de la campagne, il la reçoit à l'improviste chez lui, boulevard Saint-Germain, sur le même trottoir et à quelques numéros de son siège de campagne. [...]
En quelques mois, l'intellectuel a gagné son amitié. Il lui lit de la poésie - elle n'a pas l'habitude -, lui envoie la réalisatrice Josée Dayan pour un coup de main sur ses spots de campagne officielle. "Seule une femme, explique-t-il , sait filmer les femmes." Il devine les fatigues d'une campagne, les lassitudes, les angoisses, et la complimente gentiment. N'a-t-il pas vanté dans une chronique son "étonnante fraîcheur", son "long et joli cou" ? Un jour, il se permet de lui recommander un chignon, qu'elle porte le lendemain dans le studio d'Europe 1. A quelques proches, Bernard-Henri confie parfois : "Elle est très seule. Y compris sentimentalement."
L'hiver 2006 encore, ils ne se connaissaient pas. Bernard-Henri Lévy représente tout ce que la candidate déteste a priori. Riche bourgeois parisien, ami des puissants, homme de réseaux et de Saint-Germain-des-Prés... Un grand savoir et une culture aux antipodes de la sienne. Ségolène Royal n'est pas une intellectuelle. Elle va de temps en temps au théâtre - François Hollande, lui, s'y ennuie -, joue du piano, a gardé une éducation traditionnelle de jeune fille bien élevée. Mais sa culture, c'est celle de l'ENA, un savoir volontiers achronique et sans histoire. C'est aussi la télévision, dont, comme Nicolas Sarkozy, elle est la fille. "Je ne lis jamais de romans", a confié un jour le premier secrétaire du PS à "Paris Match". Ségolène Royal non plus, mais, à la différence de son compagnon, elle n'aborde que très peu d'essais et jamais de philosophie. [...]
L'intéressé n'est pas non plus emballé par cette étrange candidate. [...] Le 28 janvier, dans "le Parisien", le philosophe s'emporte : "De ma vie, je n'ai jamais vu campagne aussi médiocre [...] . Avec la meilleure volonté , il est difficile de ne pas se poser des questions. Que veut-elle ? Quel est son projet ? Quelle vision du monde a-t-elle pour traiter avec tant de désinvolture la question de la souveraineté nationale sur la Corse ou pour louer en Chine la “ rapidité”de la justice ?" [...] On ne parle alors que du "trou d'air" que traverse la candidate, des bourdes qu'elle enchaîne. Et, pour la première fois, Ségolène Royal doute en privé de sa victoire. Le Paris germanopratin est parti aux sports d'hiver, et c'est le moment que saisit BHL pour l'écouter et lui témoigner son soutien. [...] En ce début février, à l'époque où la candidate socialiste est au plus bas dans les sondages, elle dîne donc avec BHL. [...]
Elle est sans fard, ne minaude pas. A minuit passé, comme tant d'autres, il est séduit. On le devine dans le récit qu'il en dresse dans "le Point", le 8 février, mais aussi dans la presse américaine, où il raconte par le menu son "dinner with Ségo". François Hollande est outré du procédé, et, évidemment, de la mise en scène galante de cette rencontre. Elle pardonne. On la comprend. Sur l'Europe, sur l'Iran, le philosophe la trouve "bien plus pertinente, franchement, qu'on ne l'a écrit". Et de conclure : "Je la quitte, toujours perplexe, mais avec le sentiment qu'on a peut-être été injuste - moi le premier - avec cette femme ; et qu'elle ne ressemble guère , en tout cas, à l'image qu'elle s'est donnée ."


© Albin Michel - "La Femme fatale", par Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin, journalistes au Monde, sortie vendredi 11 mai chez Albin-Michel
Source: NOUVELOBS.COM 10.05.2007 Mise en page PaSiDupes

lundi 9 avril 2007

Royal-Hollande: un couple, une SARL ou une association?

Une paire qui laisse perplexe


Flamby 1er fait du boudin.
Pourquoi?





La chronique de Nicolas Domenach, directeur adjoint de la rédaction de Marianne, sur I-Télé exprime la perplexité des Français, le 19-12-06 déjà.
A quoi jouent Royal et Hollande ? Est-ce un duo ou un duel ? Un couple qui se découple ? Un tandem ? Un ménage qui déménage en tout cas… Avec Royal-Hollande, nous sommes confrontés à une situation qui laisse pantois, perplexe, stupéfait, tant elle est inédite. Un couple, en politique, c'est déjà peu banal. Mais un couple en campagne présidentielle, c'est exceptionnel ! Surtout quand la complicité est faite de concurrence et quand la femme l'emporte sur son compagnon qui l'a sous-estimé, puis aidé. Ce dernier ne désespère toujours pas de s'imposer à sa façon, de prendre sa place, toute sa place et au-delà de premier secrétaire du parti socialiste qui n'a pas trimé 20 ans pour rien. Prenez la séquence de ces derniers jours. Ségolène Royal prononce samedi un grand discours de la méthode en appelant à faire de la politique autrement, en allant à l'écoute des Français, avec des sourires, des nœuds dans les cheveux, des étoiles dans les yeux, des pique-niques, des bals musettes, de feux de camp, des concours de rock et de bonne humeur puisque le bonheur peut et doit être contagieux. Après ce discours de la campagne « youkaïdee, youkaïda », elle participe à une grande émission de télévision, Ripostes, où elle se garde de dire quoique ce soit de précis, où elle évite d'avancer des engagements concrets, afin de ne pas s'exposer trop tôt. Et le lendemain, badaboum, patatras ! Dans le journal Le Monde, François Hollande annonce, comme on part en croisade, le programme fiscal de la candidate, détaille la moindre mesure, comme pour mieux provoquer l'adversaire de cette droite qui, elle, veut toujours baisser les impôts des riches, quand la gauche une fois au pouvoir les augmentera, assure-t-il. Et pas un mot sur la seule proposition concrète que Ségolène Royal avait risquée : le revenu de solidarité active. Tout cela accompagné d'une photo d'un Hollande relooké de frais et de glamour, tel George Clooney dans la pub Nescafé. Comme s'il voulait relancer la primaire dans le couple. En tout cas, il fait sérieux et charmeur, futur ministre pour le moins, pas du tout secondaire ni abattu mais homme marchant vers des responsabilités suprêmes. Lesquelles ? Qui fait quoi dans ce couple ? Assiste-t-on en direct à des scènes de ménage à répétition ? Car c'est tous les jours que se produisent des péripéties de cet acabit où l'un dit noir et l'autre blanc comme sur la BCE, où l'une se fait morale et l'autre se montre cynique, où l'un parle au peuple de gauche qui veut en découdre et l'autre à la France qui voudrait recoudre. Papa pique et maman coud : les enfants électeurs vont-ils s'y retrouver ?


Le premier, le député PS Jean-Christophe Cambadélis, s'en est alarmé en parlant de malaise et en se demandant s'il n'y avait pas de risque de contradiction. Si les socialistes, par exemple, devraient être dans l'écoute ou dans le combat. Et au fond chacun s'interroge pour savoir s'il s'agit d'une querelle d'amoureux et d'intérêt, où chacun se dispute en public mettant en avant sa logique. François Hollande celle du Parti socialiste et de son existence à laquelle il ne veut pas renoncer. Ségolène Royal celle de sa candidature au-delà du parti et de l'influence de son compagnon. Elle est condamnée à lui échapper, comme au PS. Il est obligé de la contrer, de la rattraper dans son intérêt et dans celui du parti.


Mais ceux qui croiraient à des déchirements publics et mortels, du genre de Richard Burton et Liz Taylor, risquent d'en être pour leurs frais. Déjà DSK et Fabius avaient cru à l'éclatement possible de ce couple. Ils pensaient fort probable que les diaboliques s'assassinent mutuellement puisqu'il n'y avait qu'un poste pour deux. Ils se sont trompés lourdement. Même si Hollande a attendu, voire espéré que son tour vienne, s'il n'a pas misé pendant plusieurs mois sur les chances réelles de la mère de ses quatre enfants, à l'arrivée ces deux-là n'en ont pas moins fonctionné en connivence. Et à leur façon, dure parfois, puisque le rapport de force y joue un rôle non négligeable, nous avons une version politique de Bonnie and Clyde qui s'apprêtent à réussir le casse électoral du siècle. Ce n'est qu'après, à l'heure du partage du magot, que les ennuis réels commencent.

Et si Nicolas Domenach élargissait son champ d'investigation... Les diaboliques sont unis par la SCI La Sapinière, mais peut-être sont-ils un couple désuni.
Et si il y avait un deuxième homme, qui ne serait ni Bayrou, ni Le Pen...