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mardi 6 septembre 2011

Le comportement des media envers DSK interpelle Me Gisèle Halimi

Les media ont-ils perdu toute notion de décence ?

La féministe Gisèle Halimi décrypte leurs manières

L'indécent retour médiatique de DSK

Les médias français et leurs décideurs sont-ils sourds, aveugles à l'exigence d'une dignité des femmes ? On pourrait le croire, dans le flot d'images et de commentaires complaisants ou neutres, mais jamais défavorables qui nous a été asséné depuis hier pour signaler l'"événement" du week-end : le retour de Dominique Strauss-Kahn à Paris.

A moins d'être totalement dépourvu d'aptitude ou de conscience professionnelles, les informateurs ne pouvaient oublier qu'il s'agissait d'un homme – et non des moindres – accusé d'agression sexuelle sur une femme. Donc un prédateur présumé de notre dignité profonde, celle de l'intégrité de notre sexe, de notre corps, mais aussi celle de notre identité de femme.

Qui, quand elle dit non, signifie non. Or Nafissatou Diallo – la plaignante – fut à peine nommée, les faits presque jamais rappelés, la réputation un peu glauque de Dominique Strauss-Kahn escamotée.

Le "retour" du violeur présumé (la tentative de viol équivaut en droit au crime de viol lui-même) était traité comme un événement mondain, à peine politique, rien à voir avec un crime.

J'entends bien que Dominique Strauss-Kahn n'est mis en cause que dans une procédure civile – après l'abandon de poursuites pénales. Mais cela n'empêche en rien de caractériser la source du dommage pour la nécessité de la réparation.

INDIGENCE

Nous avons eu droit à l'éternelle et ridicule séquence de l'épouse – outragée – mais fidèle-soutien-de-l'accusé. Séquence dont on raffole outre-Atlantique, histoire de s'identifier un peu aux Hillary Clinton et autres célèbres cocues. Une épouse pour laquelle la femme victime présumée n'existe pas, n'existe plus.
Seul compte "le retour" de l'homme que l'on croit (à tort) blanchi, car les procédures sont en cours et l'épisode judiciaire loin d'être clos.

Mais laissons cela. Je m'intéresse quant à moi à l'indigence, l'indulgence et l'indécence qui ont marqué la relation médiatique de ce détestable feuilleton.
Et j'y vois le signe que, près d'un demi-siècle après le nouveau combat des femmes pour exister comme individus à part entière, après la réforme du code pénal quant au viol (à l'initiative de Choisir la cause des femmes), leur dignité peut être foulée aux pieds comme dans le passé.

Je n'ose formuler d'autres hypothèses: Dominique Strauss-Kahn intouchable parce que attendu dans le prochain cirque politique ? La victime passée par pertes et profits parce que lointaine, socialement humble (une "domestique") et noire ? Que les médias s'expliquent, nous expliquent, ou alors, honte à eux !


Source Le Monde, signalée par une aimable lectrice que PaSiDupes remercie vivement.

lundi 7 avril 2008

JO-2008 : le passage de relais de la flamme olympique à Paris

Soixante ans après, les citoyens vigilants s’éveillent à la situation auTibet
Une telle qualité de vigilance de tous ces bons citoyens du monde rassemblés dans Paris à l’appel des media inspire-t-elle le respect ? Est-il permis d’en douter puisque depuis plusieurs dizaines d’années le dalaï-lama cherche à capter leur attention, en vain. Jusqu’à présent, les laïcs n’ont eu que méfiance pour ce chef spirituel, tandis que les politiques de tous bords, y compris à gauche et en particulier Verts, n’ont eu que mépris pour sa personne et son peuple. Or, les voici qui s’agitent en chœur ! Faut-il un événement médiatique -et les caméras qui vont avec- pour sonner en fanfare le réveil des belles consciences assoupies ?
Des athlètes ont été sortis des stades et salles d’entraînement, des retraités du sport ont été mobilisés et les inévitables artistes sont venus se donner en spectacle sans qu’on les en prie. Ils se tiendront donc par hasard sur le parcours de la flamme, à portée de téléobjectifs et participeront à ce sursaut de conscience, orchestré par la presse planquée à Paris et les Verts aux multiples intermittences. Que sera leur prochaine apparition fulgurante ?
Où pourra-t-on trouver une forte concentration d’ex-pro-chinois convertis désireux de clamer leur repentance, des extrémistes en colère, des Verts et altermondialistes en travaux pratiques et des rouges et des roses en analyse.
La flamme olympique doit commencer lundi à partir de 12h35
(11h35 GMT) son périple dans les rues de la capitale française, la 5ème étape d'un voyage mondial sur une distance totale de 137.000 km et la dernière en Europe.
Arrivé dimanche soir par avion de Londres, la troche olympique sera portée par 80 personnes sur un trajet de 28 km, du premier étage de la Tour Eiffel au Stade Charléty vers 17h00 (16h00 GMT), en passant par plusieurs grands sites (Arc de Triomphe, Champs- Elysées, Ile de la Cité, Boulevard St-Germain).
Le passage de la flamme olympique à Paris sera "une grande fête", a espéré le conseiller de l'ambassade de Chine à Paris, Hu Changchun sur la radio France-Info.
"La flamme olympique transmet un message de paix, d'amitié et d'harmonie. Je crois que son passage à Paris sera une grande fête pour le peuple français et le peuple chinois", a-t-il insisté.
Pour un bon déroulement de cette présentation olympique, les autorités françaises ont mobilisé plus de 3.000 policiers, qui seront déployés sur terre, dans les airs et même sur la Seine. L’occasion pour la gauche de dénoncer un régime policier en France ! La politisation de cette manifestation sportive ne fait pas de doute.
Après son périple européen, la flamme olympique partira lundi soir pour le Nouveau Continent, où deux étapes l'attendent, à San Francisco mercredi et à Buenos Aires vendredi.