Jacques Attali a remis mercredi 23 son rapport sur la "libération de la croissance" à Nicolas Sarkozy, qui s'est montré d'accord sur l'essentiel de ses 316 propositions , sauf sur deux, dont la réforme du principe de précaution et la suppression des départements.
"J'adhère à l'essentiel de vos conclusions", a déclaré le président de la République en recevant à l'Elysée le rapport de la commission dirigée par l'ancien sherpa de François Mitterrand. Désirdavenir ne prétend pas avoir mis la main dessus avant le Président?
"Si certains ont été effrayés par le contenu de vos propositions, moi je les trouve plutôt raisonnables dans l'essentiel", a-t-il affirmé. Nicolas Sarkozy a vanté le "constat parfaitement raisonnable" de la commission, le résumant ainsi: "dans un monde qui change à très grande vitesse, la France a pris du retard alors qu'elle dispose d'atouts exceptionnels".
Le chef de l'Etat a annoncé son intention d'"associer le Parlement" à la mise en oeuvre des propositions du rapport, dont certaines font déjà débat de part et d'autre.
Seules deux propositions n'ont pas trouvé son accord: la réforme du principe de précaution, que la commission Attali souhaite "repenser", et la suppression des départements.
La commission Attali estime que le principe de précaution, introduit dans la Constitution en 2004, "instaure un contexte préjudiciable à l'innovation et à la croissance".
"Le principe de précaution n'est pas un principe d'inaction", et "pas davantage un principe d'interdiction", a répliqué le président. "Au contraire, c'est un principe d'action et d'expertise pour réduire l'incertitude", a-t-il insisté.
Second point de désaccord: la suppression des départements proposée par la commission dans les dix ans à venir. "Les Français sont attachés à la légitimité historique des départements", a fait remarquer Nicolas Sarkozy pour s'opposer à cette mesure. L'affectif a droit de cité… quel qu'en soit son coût.
Le président s'est par ailleurs accordé un temps de réflexion complémentaire sur l'immigration alors que selon le rapport, 250.000 nouveaux immigrés par an pourraient donner à la France 0,5% de croissance en plus. Même souci d'approfondissement du sujet de la TVA sociale préconisée par la commission.