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mardi 26 novembre 2019

Grèves du 5 décembre : Le Monde accuse les gauches d'en faire une mobilisation anti-Macron

L’opposition veut faire de la journée du 5 décembre une mobilisation contre la personne du président

Le Parti socialiste, La France insoumise, les écologistes et le Parti communiste voient dans la manifestation du 5 décembre l’occasion d’unir toutes les formations.
De gauche à droite, Pierre Laurent (Parti communiste), Eric Coquerel (La France insoumise), Eliane Assassi (Parti communiste), Patrick Kanner (Parti socialiste) et Olivier Faure (Parti socialiste), donnent une conférence de presse contre la privatisation d’ADP, le 12 novembre à Paris. 

A quatre mois des élections municipales, le large front de mécontentement contre la politique sociale du gouvernement, peut servir les intérêts de l’opposition de gauche, selon le journal Le Monde, propriété de deux hommes d'affaires, des affidés du banquier Macron.

Alors que le 5 décembre, la journée d’action contre la réforme des retraites s’annonce massive et que viennent s’y agréger une série de colères sociales – école, hôpital, police, étudiants… –, les différentes forces de la gauche politique ont décidé d’appuyer la mobilisation, marquant leur réprobation  de l'ensemble de la politique de Macron.

A gauche, la journée d’action syndicale fédère tout le monde : Macron fait l'unanimité contre lui. Il y avait déjà eu la bataille pour un référendum contre la privatisation d’ADP, qui réunit depuis des mois les anciens adversaires. Cette fois, toutes les formations de gauche et les écologistes, tout aussi radicaux, se retrouvent pour se joindre aux défilés syndicaux.

Macron favorise "convergence des "colères" et des "luttes"

Pour la première fois depuis bien longtemps, le Parti socialiste a ainsi solennellement appelé ses militants et sympathisants à se joindre aux manifestations dans une résolution adoptée à l’unanimité lors de son conseil national, samedi 23 novembre à Paris : "Le PS apporte son soutien à la manifestation du 5 décembre pour dénoncer une vision de la société qui se résume à la loi du premier de cordée", explique le texte.

Les socialistes veulent ainsi défendre le modèle social et les services publics mis à mal par l'ancien ministre de Hollande et voient dans la mobilisation du 5 plus qu’un rassemblement de défense des retraites : "C’est un moment de cristallisation sur les politiques antisociales du gouvernement et une volonté commune de ne pas laisser détruire ce qu’on a mis tant de temps à construire", insiste Olivier Faure. Le premier secrétaire se prend même à espérer, avec des accents de radicalité qu’on ne lui connaissait pas, "un mouvement de convergences des colères contre ce nouveau monde qui ne peut être le nôtre".

La France insoumise, qui sera présente le 5 décembre, veut profiter de la mobilisation pour pousser pour "son contre-projet de réforme". Elle attend elle aussi beaucoup de la mobilisation à venir. Le mouvement "populiste" - c'est Le Monde qui l'ecrit - de gauche espère une convergence des luttes, prémices d’une "fédération populaire" qu’il appelle de ses vœux. "En France, le 5 décembre pourrait être ce moment si spécial qui partout fut déclencheur d’une vague de fond, écrit Jean-Luc Mélenchon sur son blog. Le nombre des arrêts de travail annoncés est extrêmement élevé. Nombre d’entre eux sont reconductibles. Ce point nous fait devoir."

Et le député parachuté sur les Bouches-du-Rhône d’espérer créer l’union avec la manifestation des Gilets Jaunes, prévue le 7 décembre : "Ce serait un cinq à sept en quelque sorte. (…) Je crois que le besoin impérieux est celui d’un mouvement ample impliquant toutes les catégories de population disponibles, salariées ou non."

"Nous voulons aussi montrer au gouvernement, et aux forces syndicales, que d’autres propositions sont sur la table. "

Le Parti communiste sort du bois. Fabien Roussel, le secrétaire national, veut ainsi saisir l’occasion de la mobilisation pour construire la riposte au gouvernement. Il organise le 11 décembre un meeting où il fera tribune commune avec les autres chefs de parti à Saint-Denis. "Nous appelons à manifester mais nous voulons aussi montrer au gouvernement, et aux forces syndicales, que d’autres propositions sont sur la table et portées par les forces politiques de gauche et écologistes", a ainsi lancé F. Roussel sur RTL.

Europe Ecologie-Les Verts soutient aussi la mobilisation du 5 et participera au meeting initié par le PCF. "On a été invité, on ira. On est pour ce mouvement social", répond David Cormand, le secrétaire national sortant. Pour autant, D. Cormand émet des réserves. "On ne doit pas rester dans une stratégie défensive. L’idée n’est pas de se tenir chaud tous ensemble et d’encaisser les coups. Ce qu’il faut, c’est la convergence des buts", estime-t-il. Il ajoute cependant : "On doit faire coaliser la lutte contre la privatisation d’ADP, contre la suppression des emplois aidés, contre la réforme de l’assurance chômage… les attaques sont partout."

mardi 29 août 2017

Ruffin, député LFI, cible Macron sur ses aspects nuls

Ruffin choisit d'attaquer Macron sur des "trucs à la con"

Le député de la France Insoumise a dévoilé sa stratégie anti-Macron
 

Le député renonce à l'attaquer sur les sujets de fond. Il a plus de deux talons d'Achille, Jupiter ! Et qu'ils aient fait jaser cet été, comme ses frais de maquillage, le chien Nemo ou le statut de Brigitte Macron, arrange l'agitateur d'extrême gauche, plutôt que la réforme du droit du travail, un sujet trop "technique" pour "les vrais gens" et vrais "ballots" qui suivent 'La France insoumise' de Mélenchon.

Alors que les ordonnances seront rendues publiques jeudi 31 août, Jean-Luc Mélenchon a appelé ce week-end "le peuple" au "combat" et à "déferler" dans Paris le 23 septembre contre le "coup d'État social" de la réforme du Code du travail. Néanmoins, pour son collègue de la France Insoumise François Ruffin, il faut viser plus bas.

Il n'est pas judicieux d'attaquer le président sur le fond de sa réforme phare.

Interrogé par France Inter lundi 28 août, le réalisateur de "Merci patron!" s'est fixé un objectif à la hauteur de ses compétences. "Je pense qu'il ne faut pas être strictement sur le Code du Travail parce que c'est technique, moi je suis contre le projet hein, mais ce n'est pas ça qui va marcher", a expliqué le député de la Somme. 

"Ce qui va marcher c'est des trucs à la con, c'est les vaccins, le statut de la première dame, les 26.000 euros de maquillage, des trucs comme ça", assure l'élu, en citant les sujets chauds de l'été. "C'est l'agrégation de (ces éléments) autour de la figure d'Emmanuel Macron qui va faire bouillonner la cocotte. Ce n'est pas strictement le code du travail", a-t-il insisté. 

Dire la vérité n'est pas un objectif révolutionnaire
Elu pour la première fois en juin dernier, François Ruffin veut réutiliser une formule qui a déjà fait ses preuves. "Pendant toute notre campagne, on faisait deux manifs par jour anti-Macron", a-t-il rappelé. "Je veux rester sur cette ligne, a-t-il ajouté. On a la chance d'avoir un visage clair sur ce projet économique et politique. On doit dire que les manifestations sont des manifs anti-Macron".

Outre celle, politique, du 23 septembre, une autre manifestation contre la réforme du code du travail, syndicale, est prévue le 12 septembre, à l'appel de la CGT cette fois.