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vendredi 30 avril 2010

Exposition universelle de Shanghai: le pavillon français

Vues du Pavillon français, son inauguration et de la cérémonie d'ouverture

Le Pavillon français

Le Pavillon français fut inauguré le 30 avril par le président Nicolas Sarkozy dans le cadre de la 73e exposition universelle, qui se déroule à Shanghai du 1er mai au 31 octobre 2010.

Le Pavillon de France, qui bénéficie d’un emplacement exceptionnel en bordure de fleuve, fait appel aux avancées les plus récentes en matière de conception architecturale. Quadrilatère de 6 000 m2, enserré d’une résille d'acier et minérale, son capot de béton de fibres offre aux visiteurs la vue d’un jardin vertical, tracé à la française, qui évoque une puce électronique.

"C'est le prototype d’une "ville sensuelle", mélange de nature, d’innovations techniques et de plaisir de vivre", explique son concepteur, l’architecte Jacques Ferrier. Le bâtiment est une "vitrine de la transformation des métropoles françaises qui privilégient l’alliance de la technicité aux nouvelles formes de développement durable, à l’image du Grand Paris", selon la communication de Christine Lagarde et de Frédéric Mitterrand à l'occasion du Conseil des ministres du 27 avril.

Sensualité et verticalité : voici les thèmes phares de cet édifice parrainé par Alain Delon.

Les 10 millions de visiteurs attendus déambuleront ainsi dans un étonnant jardin vertical à la française.
Une gigantesque fresque vidéo des paysages français y côtoiera sept chefs-d'oeuvre prêtés par le Musée d'Orsay. La gastronomie des Frères Pourcel enrichira cette culture... à la française !

Les arts, ambassadeurs du raffinement français

Ce pavillon est aussi l’occasion pour la France d’affirmer le renforcement de ses relations culturelles et économiques avec la Chine, et de présenter aux 170 pays qui participent à l’événement sa diversité, sa créativité, son patrimoine exceptionnel et son dynamisme.


Plus d’une cinquantaine de manifestations auront lieu sur le site

Les arts "classiques" sont à l’honneur
dans l’auditorium de 120 places : danse, musique, cinéma et théâtre. Et pour la première fois, des chefs d’œuvre des musées d’Orsay, Rodin, et des Arts décoratifs seront présentés en Chine, dont l’Angélus de Millet (ci-dessus), la Salle de danse à Arles de Van Gogh, et Le repas de Gauguin.
Inauguration du Pavillon français


Cérémonie d'ouverture de l'Exposition Universelle
Mosaïque des drapeaux des nations

jeudi 3 avril 2008

Le respect des Droits de l’Homme s’impose-t-il ?

Stéphane Diagana portera la flamme olympique, à Paris
Le premier relayeur de la flamme olympique qui passera par Paris le 7 avril prochain sera Stéphane Diagana. L'ancien champion du monde et d'Europe du 400 mètres haies, 38 ans, n'a jamais participé aux Jeux Olympiques, d'Atlanta puis de Sydney, son physique fragile le forçant au désistement. Mais il a plus de ressources qu'il n'y paraît, comme le prouve son engagement dans les salles de presse et les studios de télévision. Lors de l’étape parisienne, il entend bien prendre sa revanche et faire la leçon à la Chine en lui rappelant ses engagements sur les droits de l'homme."C'est une fierté d'être désigné porteur de flamme. C'est un moment symbolique et j'espère que de cette lumière apparaîtra la lumière", a dit Diagana, mystique... Et pourquoi lui, précisément?

L'ancien athlète espère donc que la Chine respectera les engagements pris auprès du CIO (Comité international olympique) en matière des droits de l'homme. Ceux qui le portent en avant pensent que les sportifs sont en droit de faire passer un message. Encore un droit qui ignore le devoir de respect de la puissance accueillante. Après tout, le CIO a fait le choix de la Chine parmi d'autres candidatures et la Chine était alors plutôt moins démocratique que maintenant. A l’époque, l'intention avouée du Comité International Olympique était de pousser une porte en Chine et d’y ouvrir des fenêtres sur le monde libre extérieur. C’était louable et certainement suffisant. Le but était d'ailleurs confirmé par la désignation de Shangaï pour l'Exposition Universelle de 2010 ! Aujourd'hui, il s'agit d'imposer au CIO de nouveaux objectifs: citius, altius, fortius ( plus vite, plus haut, plus fort) !
"Je pense que l'on peut s'exprimer sans empêcher la flamme d'aller jusqu'à Pékin. Mais il faut un message car il faut rappeler à la Chine que ses engagements n'ont pas été tenus", affirme Stéphane Diagana, porte flambeau et porte-parole, à la fois.

Ce n’est même pas en faveur du peuple Tibétain pour lui-même que le lobby RSF milite : c’est pour la notion de liberté, pour l’idéologie. Tout en s'emparant de l'occasion des Jeux Olympiques, RSF a dissocié des J.O. le Tibet et le dalaï-lama, son chef spirituel. Le soutien au dalaï-lama et le combat pour la laïcité, tout à la fois, çà faisait quelque peu désordre. "Ce qui peut être fait n'est pas contre la Chine mais pour les droits de l'homme. Le droit d'ingérence est un devoir, en tant qu'être humain. Il s'agit d'une position philosophique et non politique." Il a éprouvé le besoin de le préciser, ce qui souligne précisément le caractère politique de la démarche.

Soudainement impliqué et bavard, l’ancien athlète qui ne justifie pas son engagement par un constat personnel qu’il aurait effectué au cours d’un concours d’athlétisme en Chine, monte en chaire. "On ne peut pas être silencieux face à ce qui se passe. Cela relève certes du politique [ah, tout de même !] mais aussi du CIO. Il faut une action concertée. On ne veut pas faire d'esclandre mais faire passer un message. Un fois encore, ce n'est pas un engagement politique mais un engagement sur des valeurs qui sont celles de l'olympisme." Convaincant ?
Diagana estime –comme çà, tout seul, à la suite d’une étude in situ– que la situation des droits de l'homme en Chine mérite "une action concertée de tous les pays" et que le CIO doit assumer les contradictions nées de l'attribution des JO à la Chine."C'est ces contradictions entre les valeurs olympiques et la situation en Chine que nous voulons exprimer. Peut-être que cela ne va pas plaire au CIO mais c'est ainsi", dit-il. Ainsi, la cible serait-elle enfin désignée ?
En revanche, le boycottage ne lui semble pas être une solution. "On l'a vu en 1980 (Moscou) et 1984 (Los Angeles). Ce n'est pas une évidence, ni dans un sens ni dans l'autre. Il faut des gestes politiques, de la part des politiques, mais il faut également trouver un terrain où les sportifs puissent s'exprimer," conclut-il.

Avouer la nécessité d'une pression politique par des responsables politiques, c'est caractériser la démarche des athlètes qui se rangeraient au côté de Diagana: qu'ils s'en défendent ou non, leur action sera politique.

Ca fait pas mal de politique dans ce langage apolitique… tenu par des sportifs !