POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

Affichage des articles dont le libellé est Peyrelevade. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Peyrelevade. Afficher tous les articles

mardi 14 octobre 2008

Pourquoi Bayrou fait-il une fixation sur Tapie ?

Crise financière : rien de mieux à faire que de déposer deux recours dans l'affaire Tapie
Selon Peyrelevade : "Seule L'Europe nous sauvera !" Mais à quoi Bayrou et Peyrelevade consacrent-ils ‘toutes leurs forces’ ? A la construction de l'Europe? François Bayrou, immense président du petit MoDem, a annoncé dimanche le dépôt de deux recours après la sentence rendue en faveur de l'homme d'affaires Bernard Tapie dans l'affaire Adidas.

N’est-ce pas un peu d’acharnement ?
Bayrou a déjà déposé un recours devant le tribunal administratif de Paris contre "le renoncement (de l'Etat) à faire appel" de la décision arbitrale qui a accordé 285 millions d'euros (près de 400 millions avec les intérêts) aux liquidateurs du Groupe Bernard Tapie, a-t-il expliqué, confirmant une information du site d'informations Mediapart.
Un tribunal arbitral avait condamné le 7 juillet le Consortium de réalisation (CDR), l'héritier du Crédit Lyonnais, à cette indemnité record au motif que l'ex-banque publique avait floué B. Tapie lors de la vente d'Adidas en 1992-1993.

Agirait-il pour le compte de son ami Peyrelevade ?
Bayrou compte par ailleurs déposer "cette semaine" un deuxième recours devant le même tribunal contre "la décision du gouvernement d'accepter qu'on écarte la justice pour aller à un arbitrage privé", a-t-il ajouté.
Le groupe socialiste à l'Assemblée Nationale, le député Nouveau Centre Charles de Courson (ancien UDF, comme son ‘sabordeur’ Fanfan Bayrou), ainsi qu'une association de contribuables, ont entamé des démarches similaires.
Lors d'une audition devant la commission des Finances de l'Assemblée Nationale fin septembre, la ministre de l'Economie Christine Lagarde avait justifié ce recours à l'arbitrage en faisant valoir que l'Etat aurait pu être amené à payer plus en cas de poursuite de la voie judiciaire classique.
Mme Lagarde avait également mis en avant le risque pour l'Etat de se voir condamné par la Cour européenne des droits de l'Homme à cause de la "durée de la procédure" CDR/Tapie, en cours depuis 1994.

Bayrou a-t-il une dette envers son banquier ?
Le président du Crédit Lyonnais de 1993 à 2003 n’est autre que Jean Peyrelevade (né en 1939 à Marseille), homme d'affaires et homme politique français, qui fut directeur adjoint du cabinet de Pierre Mauroy en1981 et conseiller économique du Premier ministre.
Or, il a soutenu François Bayrou lors de l'élection présidentielle française de 2007, et a rejoint son équipe de campagne, en particulier pour s'occuper du programme économique. En 2008, aux élections municipales, il mène la liste du MoDem dans le 16e arrondissement de Paris, qui recueille 8,64 % des voix au premier tour, se plaçant en quatrième position derrière les listes de Claude Goasguen (UMP), 51,71 %, Jean-Yves Mano (PS), 17,08 % et David Alphand (Divers droite), 13,22 %

[2]. Seul élu sur sa liste, il est conseiller d'arrondissement. Le 13 juin 2008, il est nommé vice-président du …Mouvement démocrate (MoDem) aux questions économiques.
En janvier 2006, Jean Peyrelevade à été condamné dans le cadre de l'Affaire Executive Life à une peine de 500.000 $, 5 ans de mise à l'épreuve et 3 ans d'interdiction d'entrée sur le territoire américain pour avoir fournie à la FED de fausses déclarations
[1]. M Peyrelevade avait plaidé coupable dans l'affaire.

L’affaire Adidas
Elle oppose Bernard Tapie au Crédit Lyonnais et commence en juillet 1990, lorsque le Groupe Bernard Tapie s'est porté acquéreur de la société Adidas auprès des soeurs Dassler, héritières des fondateurs de la marque. Afin de financer cet investissement de 1,6 milliards de francs, il a bénéficié d'un prêt syndiqué par la SDBO, filiale du Crédit Lyonnais et banquier du groupe Tapie depuis de nombreuses années. A cette occasion, les AGF, l'UAP et le Crédit Lyonnais entrent au capital de la marque de sport.
L'entreprise fut rachetée pour une somme jugée peu élevée à l'époque, alors qu’elle affichait des pertes et avait besoin de restructurations. Mais en 1992, Adidas enregistre une perte historique de 500 millions de francs français et le 15 février 1993, pour la somme de deux milliards de francs français (315,5 millions d'euros), l'entreprise est reprise par un groupe d'investisseurs emmenés par Robert Louis-Dreyfus qui prend le contrôle d'Adidas pour 4,6 milliards de francs français (701 millions d'euros).
Selon Bernard Tapie, derrière le groupe d'acquéreurs de février 1993 se dissimulait en fait le Crédit Lyonnais. La banque aurait ainsi réalisé une plus-value importante, en cachant à Bernard Tapie la possibilité de revente de l'entreprise à Robert Louis-Dreyfus, Bernard Tapie n'en obtenant que le prix plancher fixé par lui-même. Ce faisant, le Crédit Lyonnais n'aurait pas respecté son obligation professionnelle de conseil vis à vis de son de son client, mais aurait agi dans son intérêt propre et au détriment de celui-ci.
Le Crédit lyonnais conteste cette version des faits. Dans un premier temps, Jean Peyrelevade, président du Crédit lyonnais de 1993 à 2003, étaye cette thèse en parlant du portage effectué par la banque, avant de se rétracter.
Dès le 4 juillet 1995, au titre de la plus-value réalisée, Bernard Tapie réclame 229 millions d'euros au Crédit Lyonnais ainsi qu'au Consortium de réalisation (CDR), structure créée par l'Etat en 1995 pour liquider le passif du Crédit Lyonnais après sa quasi faillite de 1993-1994. Il porte plainte devant le Tribunal de Commerce de Paris.
Le 25 octobre 2007, Bernard Tapie ainsi que les représentants du CDR acceptent le passage par un tribunal arbitral. Trois juges sont choisis. Tapie opte pour l’avocat Jean-Denis Bredin (1929, avocat, MRG, membre de l'Académie Française), le CDR pour le magistrat honoraire Pierre Estoup , 81 ans, ex-président de la cour d'appel de Versailles et les avocats des deux parties pour Pierre Mazeaud, (1929, président honoraire du Conseil Constitutionnel, UMP). Cette procédure est possible s'agissant d'un conflit de droit commercial privé. Elle est toutefois inédite en France s'agissant d'un conflit opposant un particulier et un organisme financier dépendant de l'Etat.
Le 07 juillet 2008, le tribunal arbitral condamne le CDR à verser à Bernard Tapie 240 millions d’euros à titre matériel ainsi que 45 millions à titre moral, plus les intérêts de retard.

Qui sont les juges ?
Pierre Mazeaud
Réputé sourcilleux, Pierre Mazeaud, 78 ans, n'y a pas vu malice lorsqu'il a été coopté pour présider le tribunal arbitral. « On m'a dit que les avocats étaient d'accord sur mon nom. J'ai été étonné. Je sortais du Conseil constitutionnel, c'est sans doute pour ça qu'on m'a choisi », note-t-il. Et puis, Jean-Denis Bredin, un ami de longue date, allait siéger à ses côtés... Juge de formation, cet ancien alpiniste, vainqueur de l'Everest, déserte bientôt les tribunaux pour la politique. Conseiller ministériel, député, secrétaire d'Etat, président de la commission des Lois à l'Assemblée nationale (RPR/UMP), il affirme n'avoir vu Tapie que pour l'examen en décembre 1993 par les députés de la levée de l'immunité parlementaire de celui qui était alors élu radical des Bouches-du-Rhône. Mazeaud avait voté pour. « C'était dans une affaire de foot. Rien à voir avec ce dossier, pour lequel je suis tenu à la confidentialité. » Les juges enquêtaient sur le match truqué VA-OM
Jean-Denis Bredin
Courtois, élégant, urbain, Jean-Denis Bredin, 79 ans, est une vieille connaissance de Bernard Tapie, qui l'a désigné pour siéger au sein du tribunal arbitral. Ensemble, ils ont longtemps milité au sein du Mouvement des radicaux de gauche, dont cet avocat de gauche tranquille et libéral a été le vice-président. Ministre de la Culture, Jack Lang lui confia la présidence d'une commission sur l'audiovisuel et le cinéma. C'était avant son entrée à l'Académie française, en juin 1989. Figure du cabinet d'avocats d'affaires Bredin Prat au début des années 90, lorsque ont éclaté les premières affaires politico-financières, il s'illustre dans la défense du patron de la société immobilière Cogedim. Il a aussi ferraillé en plaidant la révision de l'affaire Seznec, une cause perdue. Il a plusieurs ouvrages à son actif, dont un intitulé « L'entreprise semi-publique et publique et le droit privé »
Pierre Estoup
Originaire de la Haute-Garonne, dont il a gardé une pointe d'accent, cet ancien magistrat ayant débuté en 1952 en Algérie a occupé divers postes dans la magistrature avant de présider la cour d'arbitrage européenne de la chambre de commerce et d'industrie de Versailles, de 1991 à 2001. Juge arbitre à plein temps depuis lors, il a, au plus fort de l'affaire Elf, eu à démêler en toute discrétion-« l'arbitrage doit être confidentiel »-un conflit entre André Tarallo, le « M. Afrique » de la compagnie pétrolière, et Omar Bongo, le président du Gabon, portant sur la propriété d'un hôtel particulier de 400 mètres carrés dans le 7e arrondissement de Paris et d'une somptueuse résidence à Bonifacio, en Corse.

Les positions
La position socialiste

Quant à eux, quelque peu embarrassés de voir resurgir une affaire qui avait empoisonné les années Mitterrand dont Tapie a été le ministre, ils s’en remettent dans l'affaire Adidas à la commission des Finances de l’Assemblée Nationale, laquelle a prévu d’auditionner les protagonistes à la rentrée. « Dans ce dossier, on ne cherche pas à savoir s’il y a eu faute et qui l’a commise, on est juste pour ou contre Tapie », observe son avocat Maurice Lantourne.

Mais, pas sectaire, pour le socialiste français Dominique Strauss-Kahn apporte son soutien au Président de la République dans la crise financière. Le président français "veut une coordination des Européens, une réponse collective, veut éviter qu'il y ait une absence de solidarité entre les Européens", a rapporté DSK, le directeur général du FMI à la sortie d'une rencontre avec M. Sarkozy consacrée à la crise, le 4 octobre 2008. "Cette réponse est juste et c'est celle que je soutiens", a déclaré le président du Fonds Monétaire International (FMI), le .

La position UMP
: le duo de claquettes de Jean Peyrelevade et François Bayrou
« Pourquoi tant d'acharnement par ces deux responsables du Modem à défendre le Lyonnais dont on sait qu'il a pourtant floué tant de monde ? On se souvient notamment de l'aveu de culpabilité de Monsieur Peyrelevade avant sa condamnation dans Executive Life, l'affaire Executive life ayant couté à notre pays un milliard de dollars.
Pourquoi chercher, une fois la sentence rendue, à salir des arbitres respectés par tous alors même qu'entre octobre et décembre, alors que se décidait la procédure, Monsieur Bayrou n'a pas saisi le président de la Commission des Finances comme il en avait le droit ?
La réponse s'impose : Messieurs Peyrelevade et Bayrou, amis politiques, ont décidé de faire le coup des chevaliers blancs ... Mais le peut-on quand, comme Monsieur Peyrelevade, on est mêlé à cette affaire depuis le début.
Président de l'UAP, il participe au portage (avouant pour la première fois avoir eu par téléphone Haberer, ancien président du Crédit Lyonnais de l’époque). C’est lui qui le déboucle avec des sociétés off-shore. Il reconnait publiquement le portage à deux reprises avant de prétendre des erreurs de vocabulaire. Ca suffit !!! La Commission des Finances de l'Assemblée Nationale a fait son travail avec ces auditions, elle n'a pas à être instrumentalisée par Messieurs Bayrou et Peyrelevade pour remettre en cause les différentes décisions de justice.

Frédéric Lefebvre, Porte-parole, Secrétaire national à l’économie (Communiqué du 11 septembre 2008)

Ce détournement d’attention de la crise financière sur Tapie est quelque peu suspect.
Fanfan Bayrou répugnerait-il à soutenir l’action concertée de sauvetage des banques européennes ? Serait-ce parce qu’elle est animée par le Président Sarkozy ? Ou parce qu’il refuserait de participer à l’union nationale à laquelle son premier ministre appelle ? Quoi qu’il en soit, ce comportement est malsain chez un candidat à l’Elysée d’une part et d’autre part chez un homme politique qui fait de l’Europe un fonds de commerce.

dimanche 25 février 2007

Peyrelevade et l'affaire Executive Life

Le Crédit Lyonnais, Peyrelevade et les autres.
Dans cette affaire (1991) , le Crédit Lyonnais est accusé par la justice californienne d’avoir pris illégalement le contrôle de la compagnie d’assurances américaine Executive Life au début des années 90 (ministres en exercice : 12 mai 1988 - 2 avril 1992 : Pierre Bérégovoy (PS); 2 avril 1992 - 29 mars 1993 : Michel Sapin (PS, actuellement rallié à … Marie-sEGOlène Royal).

Et qui dirigeait alors le Crédit Lyonnais? Jean Peyrelevade (ci-dessous, à gauche) l'ami de Bayrou...

L’amende extrêmement élevée infligée au Crédit Lyonnais pénaliserait le budget de l’Etat
à partir du moment où celui-ci a accepté d’en assumer la plus grosse part lors d’un accord amiable passé le 2 septembre 2003 (Ministre de l’Economie : Francis Mer). L’engagement de l’Etat correspondrait à une somme de 575 millions de dollars mais le coût total (?) s’élèverait à 700 millions de dollars au détriment du contribuable français, payés à la justice américaine, auxquels il faut ajouter environ 150 millions de frais d'avocats après dix ans d'une procédure ayant échappé à tout contrôle et toute logique, sauf celle du chantage et de l'extorsion. L’affaire a étalé au grand jour les dysfonctionnements et incompétences de l'administration française.
L’amende Executive Life ferait-elle par hasard partie de la dette publique dont le PSau pouvoir à l’époque des faits- ne craint pas de nous rappeler l’existence persistante ?

Selon le Wall Street Journal, Jeffrey Isaacs, le procureur fédéral adjoint de Californie soupçonne le ministère de l’Economie, des Finances, et de l’Industrie d’avoir été informé dès 1997 du rachat présumé illégal en 1991 de l’assureur-vie américain en faillite par le Crédit Lyonnais -présidé par Jean Peyrelevade, l'ami de Bayrou, et l'un des concepteurs de son projet économique et social, équilibré- et d’autres investisseurs français. J. Isaacs avait envisagé de poursuivre le ministère pour «blanchiment en bande organisée». Dans la foulée, Bercy avait démenti catégoriquement «avoir couvert ou cherché à couvrir d’éventuelles fraudes relatives à la reprise d'Executive Life».

Développements dans l’article de La Croix, dont voici le texte intégral:

26/10/2003 22:00
Executive Life divise l'AtlantiqueParis a obtenu un délai d'un mois pour trouver un accord avec la justice américaine dans l'affaire Executive Life. "La Croix" fait le point sur ce dossier

L'État français doit d'ici un mois, signer un accord avec la justice américaine dans l'affaire Executive Life, compagnie d'assurances californienne rachetée de façon litigieuse par le Crédit lyonnais il y a dix ans. Un premier projet d'accord prévoyant le versement d'une amende record de 585 millions de dollars par les parties françaises avait été rejeté en milieu de semaine dernière par Paris, faute de garanties suffisantes sur l'extinction des poursuites judiciaires. Explications sur cet imbroglio qui empoisonne les relations entre Paris et Washington. Et qui pourrait coûter très cher à l'État français.

1. Quelle est l'origine de l'affaire Executive Life ?
À l'automne 1991, la compagnie d'assurances californienne Executive Life, en faillite, est alors à vendre. Plusieurs candidats sont sur les rangs, mais c'est Altus, une filiale du Crédit lyonnais, qui emporte le morceau. La loi californienne - abrogée depuis - interdisant à une banque de détenir plus de 25 % d'une autre entreprise, le Crédit lyonnais passe un accord avec plusieurs investisseurs. L'assureur Maaf et une poignée d'hommes d'affaires achètent Executive Life, le Crédit lyonnais s'engageant à reprendre leurs parts d'ici à quelques années si la situation le permet, ou à trouver des repreneurs. Une pratique appelée «portage» pour contourner la loi américaine.L'affaire Executive Life se décompose, en fait, en deux dossiers. Le premier concerne l'entreprise en tant que telle. Le deuxième ses actifs : un portefeuille de junk bonds (littéralement, «obligations pourries»), titres à haut risque émis par des entreprises en grande difficulté. Au début des années 1990, ces titres ne valaient pas grand-chose, mais certains flairaient le bon coup : misant sur le redressement de l'économie, ils étaient prêts à parier sur une belle hausse des titres.Altus était de ceux-là : la filiale du Lyonnais conserve donc le portefeuille de la compagnie d'assurances, alors que les investisseurs emmenés par la Maaf reprennent Executive Life. Un portefeuille qu'Altus revend fin 1992 à Artémis, la holding de François Pinault. En grande difficulté, le Crédit lyonnais était alors prêt à s'en débarrasser pour engranger quelques bénéfices. François Pinault, qui croyait à l'avenir des junk bonds les revend quand l'économie américaine s'emballe, réalisant une plus-value de l'ordre de 1 milliard de dollars. Puis en deux étapes, en 1994 et 1995, Artémis achète la compagnie d'assurances Executive Life.

2. Que reproche la justice américaine aux parties françaises ?
La justice américaine s'intéresse à cette affaire depuis qu'une source française, bien intentionnée, l'a informée des dessous de l'opération, en juillet 1998. Début 1999, les procédures sont engagées au civil contre Altus, le Crédit lyonnais, la Maaf et le CDR (Consortium de réalisation, structure appartenant à 100 % à l'État, qui gère les anciens actifs de la banque depuis son plan de sauvetage de 1995). Au pénal, le parquet de Los Angeles ouvre une enquête. Le substitut du procureur fédéral de Californie, Jeffrey Isaacs, est chargé de l'affaire. La banque centrale américaine, la Fed, chargée du contrôle du secteur bancaire, décide également d'enquêter.À l'origine, le Crédit lyonnais est le principal accusé. Mais le CDR est également en cause : cet organisme a repris les actifs du Crédit lyonnais et donc les risques judiciaires liés. Le directeur général d'Altus, Jean-François Hénin, dit le «Mozart de la finance», est considéré par Jeffrey Isaacs comme l'instigateur du plan. Mais les présidents du Lyonnais sur la période de l'affaire sont aussi dans le collimateur : Jean-Yves Haberer, PDG de 1988 à 1993, et son successeur Jean Peyrelevade, qui a démissionné le 2 octobre pour mieux se défendre. La Maaf est également mise en cause. Enfin, Artémis est dans la mire de Jeffrey Isaacs, qui l'accuse d'avoir été, dès le début, au courant du montage et d'avoir donc fait une belle affaire indûment.

3. Que répondent les Français à ces accusations ?
François Pinault est catégorique, comme il l'expliquait dans un point de vue publié par Le Monde la semaine dernière : «Nous n'avons jamais été partie prenante de ce montage élaboré entre le Crédit lyonnais - alors contrôlé par l'État français et le département des assurances de Californie.» L'achat d'Executive Life par le Crédit lyonnais avait en effet été avalisé par cette agence de l'État de Californie. C'est le premier point de la défense de la banque française, qui exclut l'irrégularité du «portage».Toutefois, la banque reconnaît certains manquements à la législation américaine, notamment en n'ayant pas communiqué toutes les informations à la Fed. Cette reconnaissance est à la base de l'accord conclu entre la France et la justice américaine le 2 septembre, qui arrêtait les poursuites pénales (moyennant une amende de 100 millions de dollars pour le Crédit lyonnais, 10 millions pour la Maaf et 100 millions pour le CDR), et fixait le montant maximal à payer au civil : 375 millions de dollars à un fonds d'indemnisation des victimes, des clients assurés par Executive Life s'estimant lésés. «Mais la culpabilité que nous avons reconnue est assez légère et exclut toute faute commise à l'encontre des assurés. Nous espérions donc récupérer une partie de cette somme, jusqu'à 50 % aux termes de l'accord», assure une source proche du dossier.

4. Pourquoi l'accord conclu le 2 septembre a-t-il achoppé ?
Paris a dénoncé cet accord après que la justice américaine eut ajouté de nouvelles exigences, comme les demandes d'extradition de trois anciens dirigeants du Crédit lyonnais ainsi que d'un proche de François Pinault.Par ailleurs, Jean Peyrelevade, d'abord inclus dans l'accord, a par la suite été exclu par la partie américaine, invoquant un nouvel élément, un fax signé par le président du Lyonnais. «Faux», répond son entourage, qui assure que ce fax était déjà dans les mains de la justice américaine, et qui y voit un acharnement, non sans rapport avec le contexte international, et une volonté de faire monter les enchères côté américain.François Pinault était l'autre exclu. Niant toute culpabilité, il refuse le moindre compromis. Mais, une fois l'accord signé, il s'est retrouvé isolé. Proche de Jacques Chirac, qui s'est impliqué dans ce dossier, il aurait mené un intense lobbying pour que l'accord soit dénoncé.

5. En cas d'incapacité à trouver un accord, que se passerait-il ?
Dans l'entourage du Crédit lyonnais et du CDR, favorables à une signature, on craint que la fermeté du gouvernement français n'entraîne l'ouverture d'un procès pénal public. Qui risquerait non seulement de coûter beaucoup plus cher, mais également de voir le Lyonnais, racheté en juin par le Crédit agricole, perdre sa licence de travail aux États-Unis. Mais Paris veut toujours croire à un nouvel accord. Francis Mer, ministre de l'économie, et Dominique Perben, son collègue à la justice, ont multiplié les démarches pour calmer le jeu et convaincre la justice américaine que tout le monde a à gagner à une solution à l'amiable.




Et pourquoi le Crédit Lyonnais est-il devenu LCL?
Pourquoi le logo rayonnant du Crédit Lyonnais est-il devenu ce logo terne et plat avec le LCL?...

L'ancien président du Crédit lyonnais Jean Peyrelevade a été condamné, jeudi 19 janvier 2006, à une amende de 500 000 dollars et à cinq ans de mise à l'épreuve, après avoir plaidé coupable d'accusations formulées à son encontre dans le dossier de l'acquisition de l'assureur californien Executive Life.
Jean Peyrelevade, alors âgé de 66 ans, avait été inculpé, entre autres chefs d'accusation dans cette affaire, de complicité, fraudes et fausses déclarations à des autorités de régulation du secteur bancaire américain.

Fanfan Bayrou a jugé bon de faire oeuvre sociale et de ré-insérer le condamné: il l'a embauché -pendant sa mise à l'épreuve- à une tâche d'intérêt général. Jean Peyrelevade s'est associé à Jean Arthuis et Monsieur de Courson pour nous concocter le projet économique et social centriste.
Bayrou, rédempteur...

Bayrou entr'ouvre son volet économique et social.

Bayrou se hausse sur la pointe des pieds.
François Bayrou a enfin présenté de son programme présidentiel, fondé sur un budget équilibré de 21 milliards d'euros donnant priorités à la réduction de la dette et à l'aide aux entreprises. Budget nettement sous-évalué ou de rigueur ? Les Français devront-ils serrer la ceinture ou voit-il la France à l’échelle béarnaise ?
"Notre projet représente 21 milliards d'euros de dépenses nouvelles avec en face 21 milliards d'euros d'économies", a précisé le député béarnais, qui s'est engagé à ne pas augmenter les prélèvements obligatoires dans leur ensemble. "Je ne ferai aucune promesse qui ne soit pas entièrement financée par une économie correspondante", a assuré le candidat de l'UDF à la présidence dans un grand hôtel parisien.
François Bayrou s'exprimait en présence de nombre de ses partisans, parmi lesquels le sénateur Jean Arthuis (1944), ancien ministre de l'Economie dans les gouvernements Alain Juppé de 95 à 97,
et un homme qui fut à la tête de grandes entreprises (président de Suez, UAP, Crédit Lyonnais) et longtemps professeur d’économie à l’École polytechnique, Jean Peyrelevade ( ), l’ancien directeur adjoint du cabinet de Pierre Mauroy où il géra les … nationalisations. Sa carrière fut ternie et sa réputation salie par l’affaire Executive Life. (Lire à ce sujet PaSiDupes, dans le billet suivant, à la même date)
* François Bayrou a précisé que les économies seraient trouvées dans quatre domaines:
- la réduction des exonérations de charges: "Nous concentrerons progressivement en trois ans les exonérations de charges sur les petites et moyennes entreprises et sur les salaires au-dessous de 1,3 Smic. Cela représentera neuf milliards d'euros d'économies", a-t-il expliqué.
- le plafonnement des niches fiscales: ce qui représentera selon lui quatre milliards d'économies.
- les économies liées à la modernisation de l'Etat: elles sont chiffrées à cinq milliards d'euros.
- les économies provenant des collectivités locales: s'il est élu, le candidat centriste proposera un "contrat de solidarité" avec les collectivités locales dans le but d'obtenir trois milliards d'euros.

*Côté dépenses, François Bayrou veut donner priorité à la réduction de la dette publique - actuellement supérieure à 1.100 milliards d'euros.
a- Il propose d'inscrire dans la Constitution l'interdiction pour un gouvernement de présenter un budget en déficit (hors période de récession). En se basant sur une croissance annuelle de 2%, il espère parvenir à l'équilibre au bout de trois ans.
b- Autre priorité à la réforme des retraites, qu'il soumettra à référendum afin que ce qui aura été décidé soit "incontestable, pérenne et s'impose à tout le monde". Cette réforme "devra prendre en compte les régimes spéciaux autant que les régimes d'intérêt général" et "donnera liberté pour chaque actif de choisir l'âge de son départ à la retraite à partir de 60 ans", a-t-il expliqué.

En matière d’environnement, François Bayrou propose une taxation progressive des énergies fossiles en réaction au réchauffement climatique.

Autre objectif affiché du candidat de l'UDF : "faire de la France un pays pro-entreprise et pro-recherche". Pour encourager l'installation ou le retour au pays des meilleurs scientifiques, il propose de réévaluer les grilles de salaires, d'améliorer la gouvernance des universités et d'exempter d'impôts les revenus des brevets déposés par les chercheurs français ou résidant en France.
Au chapitre de l'aide aux entreprises, sa principale proposition consiste à permettre à chaque société de créer de deux emplois nouveaux exemptés de charges pendant cinq ans. Selon les calculs de son entourage, cette mesure devrait permettre de créer entre 80.000 et 100.000 emplois par an, ce qui représenterait au bout de cinq ans une réduction de deux points du taux de chômage.
François Bayrou veut aussi réserver aux petites entreprises 20% du volume total des grands marchés publics et la totalité des marchés inférieurs à 50.000 euros.

Pour les jeunes, le candidat de l'UDF propose la mise en place d'un service civique de six mois. Il suggère par ailleurs l'unification des minima sociaux en allocation unique, par points, conciliable un certain temps avec un salaire.

Il propose aussi de majorer de 35% les heures supplémentaires entre 35 et 39 heures, mais que cette prime soit déduite des charges "de manière à ce qu'elle coûte pour l'entreprise le même prix qu'une heure normale".

Ce catalogue est séduisant! mais ...schématique et tout à fait flou: il fournit les priorités mais ne constitue pas un ensemble complet et cohérent. Les conditions, les seuils et les modalités d’application ne sont pas précisés.