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lundi 23 mai 2016

Démantèlement d'un réseau de piratage de distributeurs de billets dans le sud-ouest de la France

Onze malfrats en réseau de piratage de distributeurs ...

Leur appartenance communautaire est tue...

Onze membres d'un réseau de piratage de distributeurs automatiques de billets, soupçonnés d'avoir piraté les données de milliers de cartes bancaires pour un préjudice d'environ un million d'euros, ont été interpellées mi-mai à partir du sud-ouest de la France, a-t-on appris lundi auprès du parquet de Bordeaux.

A l'origine de cette enquête, la constatation par les gendarmes des Landes, entre juin et novembre 2013, d'une "recrudescence de piratages de distributeurs automatiques de billets (DAB) par la technique dite du 'skimming' ", a expliqué le Parquet dans un communiqué.
Le 'skimming' consiste "à mettre en place sur les DAB des dispositifs d'enregistrement des données de cartes bancaires et des caméras pour capter la frappe du code secret des utilisateurs", précise le parquet. "Ensuite, un traitement informatique permet d'encoder des cartes vierges qui sont utilisées pour récupérer de l'argent liquide", ajoute-t-il.
Le phénomène avait repris dans les Pyrénées-Atlantiques au début de l'année 2014, s'étendant aux régions Midi-Pyrénées et Provence-Alpes-Côte-d'Azur en 2015.
"Au vu de l'ampleur du phénomène" révélé par l'enquête de la Section de recherches de Pau et du Groupement de gendarmerie des Landes, la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Bordeaux s'était saisie de l'enquête et une information judiciaire avait été ouverte.

Onze personnes interpellées simultanément dans le sud de la France le 18 mai

L'opération a mobilisé une centaine de gendarmes appuyés par une équipe d'experts d'Europol venue des Pays-Bas, a fait savoir le Parquet. "Plusieurs personnes ont été placées en détention", souligne-t-il.

Selon la même source, les perquisitions effectuées aux domiciles des suspects ont permis la saisie de "d'importantes sommes d'argent liquide (euros, dollars américains et baths thaïlandais), du matériel informatique destiné à l'encodage des cartes, du matériel de pose de 'skimmers', des façades de DAB, des cartes bancaires vierges, deux armes de poing et cinq véhicules".

Les enquêteurs ont également neutralisé trois ateliers de fabrication de "skimmers" en France et un en Italie.
Selon le Parquet, les données d'au moins 4.000 cartes bancaires ont été piratées par ce réseau, soit "la moitié des cas de 'skimming' recensés en France au cours de la seule année 2015". 

Le préjudice est estimé à environ un million d'euros, selon le Parquet.

lundi 14 décembre 2015

Battue en Languedoc-Roussillon, Carole Delga (PS) devra gérer Midi-Pyrénées avec le FN

La socialiste Carole Delga à la tête d'une région coupée en deux

Louis Aliot est arrivé en tête en Languedoc-Roussillon, mais le poids de Midi-Pyrénées fait de la nouvelle région un bastion de la gauche.

La fracture est nette entre les deux anciennes régions de gauche fusionnées en Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon.
Si la liste de Carole Delga (PS) remporte la mise en dépassant le cap du million d'électeurs (44,81 %), Louis Aliot (FN) devance la candidate socialiste de 3.327 voix en Languedoc-Roussillon. Le vice-président du Front national,  qui avait viré en tête au premier tour, ne siégera pourtant pas dans la nouvelle assemblée. Le député européen, qui est également conseiller municipal à Perpignan, avait volontairement choisi de ne figurer qu'en cinquième position de la liste des Pyrénées-Orientales pour éviter le cumul des mandats en cas de défaite. Le FN aura néanmoins plusieurs conseillers régionaux pour lui "pourrir" la vie...

Dans ce département que Georges Frêche tenait d'une main de fer, le FN dépasse les 50 % dans 33 communes. Il vire également en tête dans le Gard. Le score obtenu par Carole Delga à Montpellier le prive de la première place dans l'Hérault. La candidate socialiste, qui a fusionné entre les deux tours avec la liste des écologistes radicaux (EELV), alliés de l'extrême gauche du Front de gauche, atteint 57 % dans l'ancienne capitale régionale. Candidat dissident du PS au premier tour, le maire de la ville s'est félicité de ce score, mais Philippe Saurel avait pourtant refusé d'appeler explicitement à voter pour celle qu'il présentait comme "la candidate de Solférino", se contentant de recommander clairement de "faire barrage au Front national".

La participation a grimpé de 10 points sur l'ensemble de la région
Après avoir exprimé leur colère au premier tour, les électeurs ont voté utile au second. La victoire de la gauche est plus nette en Midi-Pyrénées. Elle obtient la majorité absolue dans quatre départements (Lot, Ariège, Hautes-Pyrénées et Haute-Garonne). Carole Delga frôle les 60 % dans la petite ville de Martres-Tolosane (Haute-Garonne), où la candidate de Hollande a entamé sa fulgurante carrière politique en 2008. Elle dépasse les 59 % à Toulouse, bénéficiant à la fois d'un bon report des voix et d'un rebond de la mobilisation des électeurs. 
La participation (65 %) a grimpé de 10 points sur l'ensemble de la région. Plus de 400.000 électeurs supplémentaires ont retrouvé le chemin des urnes, après les avoir boudées pour marquer leur mécontentement.

Louis Aliot se réjouit d'avoir lui aussi progressé entre les deux tours. 
La gauche coalisée n'a pas fait le plein. Il est impossible de mesurer la part du transfert des voix du premier tour dans ce score. 

En dépassant la barre des 20 %,
la liste Les Républicains-UDI de Dominique Reynié améliore également son score
 et, par son maintien, évite la fuite des électeurs de la droite et du centre. Le politologue, contraint de prendre la carte du parti de Nicolas Sarkozy pour bénéficier de son investiture, a indiqué qu'il comptait siéger dans les rangs de l'opposition (25 sièges). Contesté au sein même de son camp, comme peut l'être J.-P. Masseret dans le Grand Est, mais il devra veiller à un possible éclatement de son groupe. Isolé au soir du premier tour, il a toutefois reçu le soutien du maire (LR) de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, qui a enlevé la ville au socialiste Pierre Cohen (2008-2014) et qui était à l'origine de sa candidature-surprise.

Carole Delga présidera une région fracturée, voire éclatée

L'ex-secrétaire d'État incolore au Commerce, invisible à l'Artisanat, sans saveur à la Consommation et inaudible à l'Économie sociale et solidaire pourra-t-elle longtemps faire illusion en région ?  
Pour Carole Delga, une attachée territoriale de 44 ans, la politique commence pour de vrai. Et risque d'être rock'n roll... Le PS ne devrait disposer que d'une majorité relative parmi les 93 sièges attribués à sa liste de rassemblement. 

Dès dimanche soir à la télévision régionale, 
Gérard Onesta, vice-président (EELV) sortant de Midi-Pyrénées, revendiquait  la présidence de l'assemblée. L'ancien député européen ne se pose pas en rival de la candidate socialiste, mais l'altermondialiste réclame que "le parlement" de la région et l'exécutif ne soient pas mélangés et confondus. 

De son côté, 
dès samedi sur son compte Facebook, Myriam Martin, la candidate trotskiste (membre de la Gauche anticapitaliste -courant du NPA-,tcomposante du Front de gauche), voulait "continuer à combattre dans la rue comme au sein de l'assemblée régionalela présidente du Medef de l'Hérault, Marie-Thérèse Mercier, qui figure en 7e position sur la liste de la socialiste Carole Delga...

Le Front national a obtenu
suffisamment de conseillers régionaux (358) pour que Marine Le Pen obtienne les 500 signatures nécessaires à une candidature présidentielle en 2017.

dimanche 9 août 2015

Réforme territoriale : foire d'empoigne des président-délégué

Pourquoi la création de postes de président-délégué ?

La loi Alary est au centre d'une vive polémique qui a largement gagné les rangs de la majorité.

Valls place ses hommes aux postes-clés
Cerise sur le mille-feuilles, le président PS de la région Languedoc-Roussillon a annoncé la création d’un nouveau poste de président-délégué de région. Cette décision devrait être entérinée par un texte de loi, qui sera présenté en septembre à l'Assemblée nationale.

La création de la nouvelle fonction de "président délégué" déclenche une passe d'armes depuis une semaine. Tête de liste Les Républicains-UDI pour la future région Midi-Pyrénées–Languedoc-Roussillon, Dominique Reynié a estimé que cela n’a pour but, après l’accord PS-Radicaux de gauche, que de "consoler" D. Alary, en lui créant un titre valorisant. Il a aussi estimé que le coût de ces 13 présidences déléguées (indemnités des intéressés et rémunération des membres de leur cabinet) serait extrêmement élevé.

Cette proposition de Damien Alary serait le fruit d'une négociation avec le premier ministreFrance 3 révèle qu'il aurait eu Manuel Valls "longuement au téléphone" pour évoquer le sujet. En cas de victoire de la gauche aux régionales en Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, le titre reviendrait alors à Damien Alary, selon leur "deal".

Le socialiste Martin Malvy raille la "parfaite méconaissance" de Dominique Reynié, qui assure que le nouveau poste coûtera 114 millions d'euros.
Le socialiste Martin Malvy, président sortant de la région Midi-Pyrénées, a qualifié jeudi soir de "calculs abracadabrantesques" l'évaluation du candidat Les Républicains (LR) aux régionales de décembre, Dominique Reynié, professeur de sciences politiques à Sciences Po, qui s'oppose à un projet de loi créant une fonction de "président délégué" dans les futures grandes régions. Dominique Reynié avait critiqué dans Le Figaro de jeudi un projet de loi annoncé le 30 juillet par Damien Alary, président socialiste de la région Languedoc-Roussillon (appelée à fusionner avec la région Midi-Pyrénées en 2016). Ce projet de loi doit créer des postes de présidents délégués, numéro deux des exécutifs régionaux, dans chacune des 13 nouvelles grandes régions.

"La création de cette fonction de 'président-délégué' de région
découle directement du tout récent accord électoral associant le PS au Parti radical de gauche (PRG)", 

écrit dans sa tribune Dominique Reynié. Il s'agit d'un poste créé pour "consoler" Damien Alary, un ex-technicien en agriculture qui rêvait de devenir chirurgien. "Lors de ces tractations électorales estivales, le PS a foulé au pied tous les principes de la morale républicaine", s'indigne Dominique Reynié, qui chiffre le coût de cette mesure à 114 millions d'euros en se basant "sur la présidence actuelle de Midi-Pyrénées, celle de Martin Malvy", qu'il accuse au passage de manquer de transparence sur l'organisation de son cabinet.

"Manipulation !" a riposté Martin Malvy
jeudi soir dans un communiqué, convaincu de la "parfaite méconnaissance du sujet" par Dominique Reynié, tout directeur général de la Fondation pour l'innovation politique qu'il est. Selon Martin Malvy, un ex-journaliste avec une licence, la composition de son cabinet est publique parce que fixée par la loi et la création d'un nouveau poste de président-délégué "ne coûterait pas un seul euro de plus", assure-t-il, car la loi "divise par deux le nombre de vice-présidents" et donc "le montant des indemnités versées à ce titre". Où est donc l'économie promise par la réforme ? Malvy a-t-il horreur des économies?

"Ce n'est jamais très bon d'avoir ce genre de lois d'opportunité", estime en revanche la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann, autre socialiste de longue date. Avant de tempérer : "Il faut déjà que ce texte aille au bout, ce n'est pas fait. Ensuite la présidence déléguée de région peut aussi permettre d'amortir la période transitoire entre le passage d'une carte des régions à l'autre. Les habitants d'un territoire pourraient se sentir mieux accompagnés en attendant que la fusion des région fasse la preuve de sa pertinence dans l'opinion", envisage-t-elle, sans qu'on sache si elle croit à ce qu'elle avance. Socialiste de gauche professionnelle, elle ne manque pas de finir sur un coup de griffe à la droite, en considérant que cette polémique révèle les intentions malveillantes de l'opposition, bien qu'elle ait commencé par les partager...
Une "loi profondément choquante"Dans un communiqué jeudi, le vice-président du FN, Florian Philippot, a lui aussi dénoncé "cette loi profondément choquante et immorale", affirmant que le FN va "vigoureusement" s'y opposer.

Le PS et le PRG ont annoncé le 27 juillet un accord pour les régionales,
en précisant que pour la région Midi-Pyrénées/Languedoc-Roussillon, un "quarteron" serait constitué, composé de Carole Delga (PS), Damien Alary (PS), Sylvia Pinel (PRG) et Didier Cordoniou (PRG), mais des sources avaient souligné que la présidence reviendrait à Carole Delga, et la première vice-présidence à Sylvia Pinel. La première a fait pendant un an la secrétaire d'État chargée du Commerce, de l'Artisanat, de la Consommation et de l'Économie sociale et solidaire, et la seconde a été une ministre du Logement, de l'Égalité des territoires et de la Ruralité, tout aussi insignifiante sur 22 mois. Les deux ont abandonné le service de la nation pour faire carrière sur la durée et se partager les postes.

Pareillement et
à l'issue d'une rencontre avec Manuel Valls, Damien Alary avait précisé être candidat à ce poste.