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lundi 16 février 2009

La Fraternité intégriste Saint Pie X sanctionne l’évêque négationniste

Le Supérieur a demandé "pardon" au pape pour Mgr Richard Williamson

La Fraternité intégriste Saint Pie X, à laquelle Mgr Richard Williamson appartient, a décidé de faire un geste en direction du pape dimanche en le sanctionnant. Elle a privé Mgr Richard Williamson de la direction de son séminaire de La Reja, à 40 km à l'ouest de Buenos Aires en Argentine, et a pris une nouvelle fois désavoué ses déclarations.
"Les affirmations de Mgr Williamson ne reflètent aucunement la position de notre congrégation", affirme le père Christian Bouchacourt, supérieur du District d'Amérique du Sud, rapportait l'agence de presse argentine DYN dans la nuit de samedi à dimanche annonçant la destitution du prélat. "Il est évident qu'un évêque catholique ne peut parler avec autorité ecclésiastique que sur des matières concernant la foi et la morale (...) Notre Fraternité ne revendique aucune autorité sur d'autres questions."
"Tout en reconnaissant le caractère inopportun de ces commentaires, nous constatons avec tristesse que les accusations permanentes visant notre Fraternité ont également pour but de la discréditer", précise toutefois Christian Bouchacourt, regrettant que les propos tenus fasse entrave au rapprochement entre l'Église de Rome et sa Fraternité.

Face au tollé suscité par la prise de position de Mgr Williamson, le supérieur général de la communauté intégriste de la Fraternité Saint Pie X, Mgr Bernard Fellay, a demandé "pardon" au pape. Il a aussi "interdit" à l'évêque intégriste "toute prise de position publique sur des questions politiques ou historiques".
Le Vatican, selon qui le pape ignorait tout, à l'origine, des propos négationnistes de l'évêque britannique, a exhorté la semaine dernière Mgr Williamson à "prendre sans équivoque et publiquement ses distances". Or, estimant qu'il lui fallait d’abord étudier les "preuves" historiques, Mgr Williamson a refusé de renier ses déclarations négationnistes dans un entretien publié samedi en Allemagne par l'hebdomadaire Der Spiegel. "Il s'agit de preuves historiques, pas d'émotions. Et si je trouve des preuves, alors je rectifierai [les propos tenus]. Mais cela va prendre du temps", a affirmé l'évêque dans cette interview, la première depuis le décret du Vatican en sa faveur le 24 janvier.

dimanche 8 février 2009

L’ultimatum du Vatican à l’évêque intégriste négationniste

L’évêque Williamson devra renier ses déclarations sur la Shoah

Richard Williamson, l'évêque intégriste négationniste, doit "prendre sans équivoque et publiquement ses distances" avec ses déclarations sur la Shoah avant d'être admis aux fonctions épiscopales dans l'Eglise catholique, a fait savoir le Vatican dans un communiqué, mercredi 4 février.
Le Vatican a assuré que ces déclarations, faites à une chaîne de télévision suédoise, n'étaient "pas connues" du pape Benoît XVI "au moment de la levée de l'excommunication" des quatre évêques intégristes de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X (FSSPX).

Le communiqué émanant de la secrétairerie d'Etat, le "gouvernement" de l'Eglise catholique au Vatican, pose également comme "condition indispensable à une future reconnaissance de la Fraternité sacerdotale saint Pie X la pleine reconnaissance du concile Vatican II et des papes" qui ont suivi ce concile.

Richard Williamson, l'un des quatre évêques intégristes de la Fraternité dont l'excommunication a été levée par le pape, a nié l'existence des chambres à gaz dans un entretien à la télévision suédoise (Lire PaSiDupes). Ses déclarations ont été diffusées le 22 janvier, au lendemain de la signature du décret levant l'excommunication (le 21 janvier) et deux jours avant la publication, le 24 janvier...
En attendant la signature du décret pour diffuser l’entretien, l’intention est moins de viser les propos de Richard Williamson que d’atteindre le souverain pontif. Les intégristes ne sont pas pour autant négationnistes.

Quelques réactions politiques ou religieuses

La décision du pape de lever l'excommunication des prélats intégristes a provoqué de vives réactions dans les associations juives mondiales, comme parmi les catholiques et ses collègues intégristes, car l’un d’eux, Mgr Richard Williamson, est négationniste. L'émotion provoquée par cette mesure a conduit le pape à condamner fermement le négationnisme et à exprimer sa "solidarité" avec les juifs, lors de son audience générale du 28 janvier.

Mardi 3 janvier 2009, la chancelière allemande,
Angela Merkel, a jugé que cette "clarification" était "insuffisante". Le soir-même, le porte-parole du Vatican, Federico Lombardi, avait répliqué en déclarant que la condamnation par Benoît XVI des propos négationnistes de Richard Williamson "ne pouvait être plus claire".

Aux Pays-Bas, le gouvernement a demandé au pape de condamner encore plus clairement les propos de Mgr Williamson, dans un communiqué du ministère néerlandais des Affaires étrangères.

La Licra (Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme) "proteste vivement" contre la décision du pape de réhabiliter Mgr Williamson avec les autres. "En niant l'existence des chambres à gaz et le nombre de victimes de la Shoah, Mgr Williamson fait incontestablement partie du clan des falsificateurs de l'histoire"

Le Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France) "s'indigne" des déclarations de Mgr Williamson, le qualifiant de "méprisable menteur qui n'a pas d'autre objectif que de réveiller la haine multiséculaire contre les juifs".
"Le Crif, organisation juive, n'a pas à porter de jugement sur la levée de l'excommunication des évêques intégristes", précise-t-il dans son communiqué. Il souligne que "les positions de cet homme sont ultra minoritaires dans l'Eglise catholique et que c'est dans ces moments difficiles que le dialogue judéo-catholique prend toute sa signification".
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Mgr Jean-Michel di Falco, évêque de Gap et d’Embrun et ancien porte-parole des évêques, a comparé l'évêque négationniste aux Français qui dénonçaient des Juifs pendant la guerre. Il ajoute : "Je sais que des centaines d'hommes et de femmes familiers de la messe en latin ne se reconnaissent pas dans les propos de Mgr Williamson ni dans l'attitude gonflée d'orgueil et d'arrogance de certains responsables. Ceux-là, qu'ils soient accueillis les bras ouverts, l'Eglise vivifiée par l'Esprit du Concile Vatican II est leur maison comme elle est la nôtre", conclut-il. .

L'évêque de Créteil, Mgr Michel Santier, a tenu à rassurer la communauté juive en condamnant très fermement les propos négationnistes de Mgr Williamson comme « inacceptables et inadmissibles ».

De son côté, l'archevêque de Clermont, Mgr Hippolyte Simon, par ailleurs vice-président de la Conférence des évêques, a pris vigoureusement position dans une lettre ouvert. Il y demande instamment de ne pas faire l'amalgame entre la levée des excommunications des évêques intégristes décidée par le pape et ce que des media qualifient de « réintégration », terme qu'il récuse absolument, dans la mesure où la levée des sanctions permet uniquement la reprise du dialogue entre le Vatican et les intégristes, mais ne préjuge pas du résultat d'une future réintégration, en particulier celle de Richard Williamson.

Les évêques de France condamnent fermement les paroles inacceptables et scandaleuses de Mgr Williamson. Ils redisent à la communauté juive de France leur engagement indéfectible au dialogue et à l'amitié. Ils rappellent que Benoît XVI ne cesse de signifier son attachement à une relation fructueuse entre juifs et chrétiens. Ils précisent instamment que la levée de l'excommunication n'est pas une réhabilitation.

samedi 24 janvier 2009

Pardon de l'Eglise aux évêques intégristes excommuniés

La théologie du pardon vaut bien celle de la réconciliation

La gauche laïque n’a pas bronché lorsque Sa Cynique Majesté Royal a lancé un appel à la « fra-ter-ni-tude » à l’approche du congrès de Reims. Va-t-elle s’indigner que, par un décret daté du 21 janvier rendu public samedi 24, le Vatican ait annulé l'excommunication des évêques intégristes ordonnés en 1988 par Mgr Marcel Lefebvre ?
Le décret signé au nom du pape Benoît XVI par le préfet de la Congrégation des évêques, le cardinal Giovanni Battista Re, lève les excommunications qui frappaient les quatre évêques de la fraternité sacerdotale Saint Pie X, Bernard Fellay, Bernard Tissier de Mallerais, Richard Williamson et Alfonso de Galaretta.

Gros malaise

L’un d’entre eux, âgé de 68 ans, de nationalité britannique et supérieur du séminaire de La Reja (Argentine),
Mgr Williamson fait polémique, car, selon la presse objective, il a nié récemment à la télévision suédoise l'existence des chambres à gaz. Pour la vérité et sans leçon d’intégrité journalistique, il a nié l’existence de certaines d’entre elles et le nombre de ceux et celles qui en ont été les victimes. A leur tour, les juges impartiaux de la presse éthique ne font pas de détail.
"Je crois qu'il n'y a pas eu de chambres à gaz (...) [citation tronquée qui empêche de se faire une opinion personelle]... Je pense que 200.000 à 300.000 Juifs ont péri dans les camps de concentration, mais pas un seul dans les chambres à gaz", a déclaré Mgr Williamson dans un entretien diffusé jeudi soir par la chaîne publique SVT, mais datant de novembre.
Dans l’entretien, le prélat fait des comptes pour le moins dérangeants qui laissent peu de place à la compassion.

L'évêque a fait ces commentaires après que le journaliste l'eût interrogé sur les propos négationnistes suivants tenus au Canada : "Vous faites allusion à des citations au Canada il y a de nombreuses années", a-t-il encore relevé.
Aujourd’hui, selon lui, « les Allemands souffrent d'un complexe de culpabilité pour avoir gazé six millions de Juifs, mais je ne crois pas que six millions de Juifs aient été gazés", a-t-il encore dit, au cours de cet entretien précisément diffusé en différé mercredi soir. On estime à six millions le nombre de Juifs qui ont péri sous le IIIe Reich, notamment dans des camps de la mort ou au cours d'exécutions massives.
A noter que, contrairement aux raccourcis tendancieux colportés ici et là mais jamais rectifiés par souci de propagande, Mgr Williamson ne nie pas l'existence de l'holocauste.

Autre argument négationniste à rectifier par honnêteté intellectuelle (voire historique et laïque), le pape Pie XII n'est pas celui que les anti-cléricaux décrivent par sectarisme. Il avait en effet réussi à sauver 800 000 juifs, soit personnellement, soit par influence. Ceux qui ont eu ce courage ne sont pas si nombreux à cette époque-là, mais parmi eux on compte le cardinal
Pierre Gerlier, cardinal de Lyon ou le cardinal Saliège, archevêque de Toulouse. C’est d’ailleurs l’occasion de rappeler l’action de tous les « Justes parmi les Nations »(lien Wikipedia), quelles que soient leurs religions, et depuis honorés par les autorités israëliennes, parmi lesquelles des Catholiques romains.

Pour preuve, le rabbin de Rome de l'époque, Eugenio Zolli (de son vrai nom Israel Anton Zoller) s’est converti au catholicisme par admiration pour l’activité secrète de PieXII. Son prénom de baptème, ‘Eugenio Maria’, est un choix personnel en hommage au pape Pie XII, né Eugenio Pacelli.
Lien vers un article de Rue89 (site créé par d'anciens journalistes de Libération )

L’heure n’est pas au pardon pour tous

  • Ces propos ont soulevé une vive émotion. En France, après 21 ans, la Licra (Ligue contre le racisme et l'antisémitisme) a estimé que la réhabilitation de cet évêque serait "un recul inquiétant dans la politique menée par l'Eglise contre l'antisémitisme depuis le concile Vatican II".

    Selon le père Lombardi, les déclarations de Mgr Williamson, n'ont "aucun rapport" avec la mesure prise par le Vatican. Il a assuré que la fraternité a "pris ses distances" avec elles.

    Tous ensemble ! Tous ensemble !
    Le porte-parole du Vatican Federico Lombardi a salué comme "une bonne nouvelle" la levée de l'excommunication, "un pas très important vers la reconstitution de la pleine communion de l'Eglise".

    Un exemple pour le PS qui se déchire. Il n’est pourtant pas hostile à la marxisante « théologie de la réconciliation » mais ne réussit pas à mettre à exécution ses désirs de fraternité.

    Les adeptes de la fraternité Saint Pie X, caractérisée par ses positions conservatrices et son attachement à la messe en latin, sont environ 150.000 à travers le monde, notamment en France, dont près de 500 prêtres.