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mercredi 26 décembre 2018

Macron renoue avec les francs-maçons et leur "pacte Girondin"

Ces principes républicains que le gouvernement veut liquider avec la réforme constitutionnelle


C'est une vraie révolution dont personne ne veut entendre parler


Les "frères" volent au secours de Macron. Il s'est d'ailleurs mis à l'écoute du Grand Orient et de la GLNF. 

Le président de la République a reçu les représentants des grands courants de la franc-maçonnerie française, lors d’un dîner à l’Elysée, après avoir fêté le Nouvel an juif. Il a notamment été question de la laïcité, a fait savoir le Grand Orient de France (GODF).
" C’est la première fois que le président les invite tous ensemble à l’Elysée depuis son entrée en fonction", a affirmé le GODF. Interrogé, l’Elysée était resté discret sur cette rencontre et n’avait pas fait de commentaire.

Selon un invité, étaient conviés, outre le GODF, la Grande loge de France, la Fédération française du droit humain, la Grande loge féminine de France, la Grande loge nationale de France, la Grande loge mixte de France, la Grande loge de l’Alliance maçonnique française ou encore la Grande loge traditionnelle et symbolique Opéra.

La laïcité reste le coeur

Tablier de franc-maçon 






Le thème de "la laïcité, alors que le président a promis un grand discours sur ce sujet, très attendu" était à l'ordre du jour, tous comme les questions de "bioéthique, l’Europe et le développement durable", selon cette source.

Le GODF, plus grande association maçonnique française, avait fortement réagi après le discours d’Emmanuel Macron devant les évêques au collège des Bernardins en avril lors duquel le chef de l’Etat avait appelé à "réparer" le lien " abîmé entre l’Église et l’Etat". Le GODF lui avait demandé de "revenir sans ambiguïté sur cette réintroduction inacceptable du cléricalisme dans la République".

Macron a recréé du lien avec les francs-maçons 
La révolte des " gilets jaunes " a poussé Emmanuel Macron à renouer avec les francs-maçons, du Grand Orient comme de la Grande loge nationale de France. Pour avoir soutenu 'En marche !' dès le début sur la promesse d'un " pacte girondin ", ils se sont sentis trahis par les choix verticaux du président de la République. 

Il faut y voir un rapport, en forme d'avertissement, avec le départ du gouvernement du ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, un franc-maçon, qui regrette " la place faite au pouvoir central pendant les dix-huit premiers mois du mandat, alors que la campagne promettait une France girondine et décentralisée ". Et d'ajouter que le mouvement des " gilets jaunes " aurait pu être évité si le chef de l'Etat l'avait un peu plus écouté.

Après s'être donc réconcilié avec Gérard Collomb, comme avec le président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, un autre " frère ", auquel il a envoyé, le 5 décembre, un SMS : "On va reprendre ton idée de prime défiscalisée," des liens ont été retissés.

Le "pacte Girondin", ces principes républicains que le gouvernement veut liquider avec la réforme constitutionnelle


C'est une vraie révolution, trop peu évoquée. Docteur en Science politique à l'Ecole normale supérieure Paris Saclay, Benjamin Morel nous aura prévenus.
La prochaine révision constitutionnelle a des airs de jeu de hasard. Certains commentateurs parient sur un référendum comme d'aucuns sur une couleur à la roulette. D'autres songent à la partie de poker qui se joue entre Emmanuel Macron et Gérard Larcher. Tous comptent, certains le nombre de parlementaires, d'autres le nombre de mandats dans le temps.

Pourtant, une innovation bien plus importante est en germe dans la réforme et  qui devrait pourtant faire l'objet d'un vaste débat. Les commentateurs passent en effet à côté de la vraie révolution que dit vouloir introduire le gouvernement: la liquidation de deux principes, celui d'indivisibilité de la République et celui d'égalité des citoyens devant la loi. Derrière ces principes vieux de 200 ans, il en va de la stabilité de la République à l'heure de la surenchère régionaliste en Espagne ou en Italie. Il en va aussi de la simplicité de la loi que chaque citoyen doit pouvoir lire et comprendre.

C'est en effet discrètement, derrière un vocable tout "managérial", invoquant une "décentralisation de projets", qu'Emmanuel Macron a évoqué ce qu'il a nommé lors de son discours au Congrès le 3 juillet 2017 un "Pacte girondin" pour les collectivités. Qu'est-ce à dire ? Les alinéas 1 et 3 de l'article 15 de l'avant-projet de loi permettent de mieux comprendre de quoi il retourne.

Le Pacte girondin devrait impliquer ainsi une très grande complexification du droit pour chaque citoyen. 
Le "Pacte girondin" comprend ainsi une possibilité pour les collectivités de déroger à la loi : l'alinéa 3 dispose ainsi que "les collectivités territoriales ou leurs groupements peuvent également, lorsque, selon le cas, la loi ou le règlement l'a prévu, déroger, pour un objet limité, aux dispositions législatives ou réglementaires qui régissent l'exercice de leurs compétences, éventuellement après l'expérimentation mentionnée à l'alinéa précédent."

Déjà souvent bien difficile à saisir, la loi serait ainsi différente à la frontière de chaque commune, de chaque département, de chaque région.
Depuis 2002, les collectivités ont la possibilité d'expérimenter des dispositions législatives ou réglementaires. La loi peut ainsi temporairement ne plus être la même pour tous afin d'en évaluer les effets. A la fin de l'expérimentation, soit la disposition est abandonnée, soit elle est généralisée à l'ensemble du territoire. Ainsi deux régions expérimentent depuis le 1er janvier 2017 l'apprentissage jusqu'à 30 ans. Le gouvernement et les parlementaires insistèrent bien en 2002 sur la nécessité de limiter dans le temps ces expérimentations. Sans cela, plus de République indivisible. Sans cela, plus d'égalité de chaque citoyen devant la loi. Si l'apprentissage jusqu'à 30 ans est jugé concluant, ce droit sera ouvert sur l'ensemble du territoire.

Or, c'est justement cela que souhaite remettre en cause le gouvernement dans cet alinéa 3 de l'article 15. 
Le Pacte Girondin induit donc que la loi, tout comme l'autorité habilitée à édicter une norme, changent une fois passée la frontière d'une collectivité. Ce pacte n'a d'ailleurs de Girondin que le nom. Les notions d'unité et d'indivisibilité de la République furent introduites en 1792 dans une assemblée justement dominée par la Gironde. Ils remontent même, appliqués au Royaume, à 1789. La rupture ainsi consommée ne l'est donc pas avec le jacobinisme, ni même avec la République, mais avec les principes de 1789. L'unité de la loi et l'égalité devant celle-ci n'ont jamais fait débat entre les républicains. Ainsi, pourquoi un presque trentenaire vivant en PACA se verrait-il fermer la voie d'un apprentissage pourtant ouvert dans les Hauts de France? L'égalité entre les citoyens est rompue. Le Pacte girondin représente un retour aux privilèges territoriaux de la France d'Ancien Régime dans laquelle, comme le notait Voltaire, on changeait "plus souvent de loi que de cheval".

C'est là la première rupture républicaine.
Le Pacte girondin implique par ailleurs une décentralisation à la carte. L'alinéa 1er dispose que: "Le deuxième alinéa est complété par une phrase ainsi rédigée: "Dans les conditions prévues par la loi organique et sauf lorsque sont en cause les conditions essentielles d'exercice d'une liberté publique ou d'un droit constitutionnellement garanti, la loi peut prévoir que certaines collectivités territoriales exercent des compétences, en nombre limité, dont ne disposent pas l'ensemble des collectivités de la même catégorie."

La différenciation, car elle conduit à lier revendications de compétences et d'identité, est un préalable à la balkanisation des Etats comme le prouvent les exemples britanniques, espagnols, belges ou encore italiens.

Le principal danger du Pacte girondin est qu'il risque de conduire la France dans une impasse politique où régneraient les revendications identitaires régionales. L'idée de rapprocher la décision du terrain est au fondement de la décentralisation. Dans une tradition pour le coup réellement girondine et républicaine, la notion de bloc de compétences est consacrée depuis 1982. Ainsi tente-t-on de jauger ce qui serait exercé au mieux au niveau de l'Etat, des régions, des départements, des communes. Le droit à la différenciation implique au contraire qu'une région pourrait obtenir une compétence alors qu'une autre non. Mais au nom de quoi?

Ce que nous enseignent les expériences étrangères, c'est que la différenciation fait entrer la décentralisation dans un cercle vicieux. Les élus locaux réclament alors des compétences en s'appuyant sur une identité locale. En exacerbant celle-ci, ils se condamnent en retour à exiger encore et toujours plus de compétences. Face à cette fuite en avant, les partis nationaux finissent par se faire dépasser par des formations aux relents identitaires. C'est notamment ce qui s'est passé en Ecosse. Les barons du Labour, avides de compétences, furent marginalisés, dix ans après la Devolution, par le SNP indépendantiste. C'est également ce qui se produit, déjà, en France avec l'émergence de collectivités à statut particulier. En Corse, la collectivité unique, rejetée par référendum en 2003 et imposée par amendement dix ans plus tard, a précédé la victoire des nationalistes. Les revendications institutionnelles à base identitaire du personnel politique local ont ainsi participé à légitimer ceux qu'ils pensaient court-circuiter. La différenciation, car elle conduit à lier revendications de compétences et d'identité, est un préalable à la balkanisation des États comme le prouvent les exemples britanniques, espagnols, belges ou encore italiens.

Elle n'est ainsi pas pragmatique, car elle mène à l'ingouvernabilité.
D'abord, les pouvoirs locaux et centraux semblent incapables de s'unir sur une définition de l'intérêt commun. Que l'on songe seulement aux divisions britanniques face au Brexit. Est-il besoin d'évoquer la Belgique?
Ensuite, les partis régionalistes ou identitaristes envoient des délégations au Parlement rendant peu à peu plus difficile la constitution de majorités. Mario Rajoy s'appuie ainsi sur un gouvernement minoritaire, Theresa May sur une poignée de députés unionistes irlandais. Demain comme hier, un gouvernement de droite en Italie devrait compter avec le parti d'extrême droite qu'est la Ligue du Nord.

Cela porte donc en germe tant la dislocation que l'impotence de l'Etat.
Enfin, en conduisant à un État communautaire où chacun vote au nom d'une identité, et non d'une orientation politique, la différenciation mène à affaiblir la démocratie comme le notait déjà John Stuart Mill. Plus de débat sur les politiques publiques ou sociales, les électeurs se condamnent alors à voter par communauté au nom de l'intérêt régional.

Le Pacte girondin trahit ce qui fut l'esprit profondément républicain de la décentralisation. 
Il porte donc en germe tant la dislocation que l'impotence de l'Etat. Le seul à prôner un tel chemin au XIXe siècle fut Charles Maurras. Mais ce dernier s'avérait plus conséquent qu'Emmanuel Macron. Pour que le pays y survive selon lui, il faudrait qu'un roi en incarne l'unité.

C'est là la seconde rupture républicaine.
Loin d'être une simple mesure technique, le contenu du 'Pacte girondin' représente donc un vrai tournant politique. Il mérite donc un débat. Au lieu de nous comporter en joueurs et de tenir comptes et paris, agissons en citoyen... La République mérite bien au moins un débat !

mardi 18 décembre 2018

Demande de renvoi de l'ex-ministre Urvoas devant la Cour de justice de la République

L'ex-garde des Sceaux de Hollande aurait violé le secret professionnel

Une affaire sectaire de solidarité franc-maçonne ?

L'ancien ministre socialiste est soupçonné d'avoir transmis au député Thierry Solère des éléments d'une enquête diligentée en 2017 contre l'ex-LR aujourd'hui rallié à LREM.

Beaucoup de bruit pour une relaxe annoncée ?
Le parquet général a requis le renvoi deJean-Jacques Urvoas devant la Cour de justice de la République pour violation du secret professionnel, a-t-il annoncé lundi 17 décembre. L'ex-ministre de la Justice est soupçonné d'avoir transmis à l'intéressé une fiche de la Direction des affaires criminelles et des grâces sur l'état d'une enquête préliminaire visant député Thierry Solère, ex-LR aujourd'hui rallié à LREM, et un courriel actualisant cette fiche en mai 2017, alors qu'il était ministre de la Justice.

Dans son communiqué, le Parquet souligne que le ministre de la Justice "peut recevoir des informations sur des enquêtes en cours", du fait que les procureurs sont placés sous son autorité, mais qu'il n'est en aucun cas autorisé "à renseigner directement et à titre privé et confidentiel le principal mis en cause".

Le Parquet général près de la Cour de cassation assure le rôle du ministère public auprès de la Cour de justice de la République, seule habilitée à juger des membres du gouvernement pour des faits commis dans l'exercice de leurs fonctions.

Jean-Jacques Urvoas a-t-il trahi le secret de sa fonction, alors qu'il était ministre de la Justice ?

La chambre de l'instruction de la Cour de justice de la République doit désormais
décider si elle renvoie ou non Jean-Jacques Urvoas devant la Cour de justice de la République, a indiqué une source judiciaire, sans préciser quand serait prise cette décision.

La communication de cette fiche par Jean-Jacques Urvoas à Thierry Solère avait été dévoilée par Le Canard enchaîné en décembre 2017. Sa mise en examen avait été révélée en juin.

Une affaire qui salit la franc-maçonnerie


C
e Thierry Solère a été franc-maçon de la Grande Loge Nationale de France, GLNF, au moins de 1998 à 2015, prétendant ensuite avoir mis fin à ses engagements maçonniques, ce qui reste à prouver.

Quant à Jean-Jacques Urvoas, il était attendu au Grand Orient de France pour y plancher, à côté de Philippe Foussier, Grand Maître du GODF (depuis août 2017), sur le thème "La Justice peut-elle être indépendante ?".
Le Grand Orient a finalement préféré annuler cette réunion maçonnique qui pouvait attirer un peu trop l’attention.

Aveu d'une fraternité compromettante ?...
Philippe Foussier, membre du Conseil de l'OrdreInitié il y près d’un quart de siècle, Foussier appartient à la Loge République (Paris). Membre de la Fraternelle parlementaire, il a présidé le Comité Laïcité République de 2005 à 2009.
Agé aujourd'hui de 53 ans, il est journaliste indépendant (si ça existe). De 1995 à 2017, il a été rédacteur en chef de Communes de France, périodique destiné aux élus locaux. Diplômé de l’Ecole supérieure de journalisme (ESJ) de Paris, il est titulaire d’un 3e cycle en études stratégiques et politiques de défense et ancien auditeur du Centre d’études diplomatiques et stratégiques.
Connu pour son opiniâtreté à défendre la laïcité et à combattre le communautarisme, nous saurons dans un an s’il a réussi à faire entendre cette orientation au nom de son obédience.

mercredi 25 juillet 2018

Affaire Macron-Benalla : Alexandre Benalla est franc-maçon

Alexandre Benalla est ...suspendu de sa loge

Le jeune favori de l'Elysée a "été initié au sein de la Loge des 'Chevaliers de l'Espérance' de la Grande Loge Nationale Française (GLNF)", révèle L'Express. 
Ce frère "n'est venu que deux ou trois fois peut-être", minimise auprès du journal Le Figaro le Grand Maître Jean-Pierre Servel, un avocat toulonnais, selon le journaliste François Koch qui tient un blog hébergé par L'Express. Mais il n'a été admis qu'il n'y a dix-sept mois au 1er mai 2018.

Publiée par plusieurs media,
l
'information avait été démentie il y a quelques jours par le Grand Orient de France, la première obédience française. Si bien que cette obédience, plutôt classée à gauche, a publié un démenti cinglant, plutôt inhabituel"Le GODF le fait en raison du scandale d’Etat autour des agissements de Benalla et des protections dont il a bénéficié au plus haut niveau. Et aussi parce que plusieurs médias ont publié l’information, notamment Valeurs actuelles [qui mentionne un "lien" avec la loge "Emir Abd El Kader" située au Sénégal] et Médiapart [sur un post de Blog intitulé Affaire Benalla : les francs maçons dans le coup et qui a été dépublié]." La GLNF se situe, elle, aux antipodes du paysage maçonnique français: déiste et embourbée dans des affaires jusqu’au tout début des années 2010, avant de retrouver le calme et la sérénité fin 2012. 
Le post de Mediapart, portant toujours accessible, soutient qu’Alexandre Benalla à été "pistonné en 2016 par un franc-maçon aujourd’hui co-dirigeant du ministère de l’Intérieur". Le "trentenaire" de l'entourage de Collomb ? On en saura pas plus... Mais le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, est membre assumé du GODF.
Ce mercredi, François Koch le révèle sur son blog "La lumière": le jeune chargé de mission de l'Elysée a en fait "été initié au sein de la Loge 'Les Chevaliers de l'Espérance" de la Grande Loge Nationale Française (GLNF)". 

"Ce franc-maçon porte le matricule 106161 de cette obédience depuis janvier 2017", écrit François Koch, citant "des documents internes" transmis par "de bonnes sources". 

Le sectaire a été suspendu "le 23 ou le 24 juillet", confirme au Figaro le Grand Maître de la GLNF Jean-Pierre Servel.
Pour les fichiers de la GLNF, précise le journaliste de l'hebdomadaire, Alexandre Benalla est un franco-marocain qui est "né le 8 septembre 1991 à Evreux, réside à Issy-les-Moulineaux, exerce la profession de Responsable Sécurité et son parrain est un notaire trentenaire de Saint-German-en-Laye (Yvelines), membre de la même loge". Il est "toujours apprenti" et n'a bien sûr "pas été très assidu aux réunions rituelles de sa loge depuis l'élection d'Emmanuel Macron".
"J’ai pu joindre ce 25 juillet le Grand Maître de la GLNF Jean-Pierre Servel, indique François Koch. Il me dit naturellement regretter que l’on m’ait communiqué des informations sur un de ses frères. "Conformément à notre jurisprudence constante, dès qu’un frère est mis en examen, nous respectons sa présomption d’innocence, nous ne prenons donc aucune sanction mais nous le suspendons à titre conservatoire jusqu’à l’issue de la procédure judiciaire, m’indique Jean-Pierre Servel. La suspension d’Alexandre Benalla a été prononcée par ordonnance de son Grand Maître Provincial (Île-de-France) au début de cette semaine, le 23 ou le 24 juillet."
"Toutes les leçons" de l'affaire Benalla "seront tirées à la rentrée"

Le porte-parole du gouvernement, qui avance cette assurance de calendrier, s'exprimait à l'issue du Conseil des ministres, au lendemain de la réapparition d'Emmanuel Macron au cours d'un huis-clos entre élus de sa majorité à la Maison de l'Amérique latine à Paris VIIe.

"C'est toujours un peu gênant de lâcher un type qui est dans les emmerdes", 
Jean-Pierre Servel, le Grand Maître, souligne que lui-même ne l'a "jamais vu"! Quant à l'atelier des Chevaliers de l'Espérance, "je ne sais pas très bien le rite qu'ils pratiquent, mais ils doivent être une vingtaine à tout casser", commente-t-il, avec la volonté de relativiser l'impact. 
"Dans son atelier Les Chevaliers de l'Espérance, indique d'ailleurs François Koch sur son blog, il n'y a pas d'autre frère exerçant dans le domaine de la sécurité, ni policier ni gendarme. Ce sont plutôt des cadres supérieurs et des professions libérales du droit".
Voici le communiqué du GODF de ce 23 juillet:
"Démenti sur une pseudo-appartenance. Plusieurs pseudo-informations diffusées et relayées par des sites complotistes assurent depuis quelques jours que M. Benalla serait membre du Grand Orient de France. Un démenti formel peut être apporté. Il n’est pas membre de notre Obédience et ne l’a jamais été. Plus grave, cette assertion mensongère est reprise par des organes de presse réputés sérieux, qui ne se sont en l’occurrence jamais souciés de recouper et de vérifier cette fausse information, ce qui altère l’image et la réputation de notre Obédience et de ses membres. Dans cette période où l’antimaçonnisme prospère à nouveau, il nous appartient collectivement d’exercer une vigilance particulière vis à vis des informations tronquées ou mensongères relayées par malveillance à l’égard de la franc-maçonnerie ou par absence de déontologie. Parfois même les deux. Le 23 juillet 2018."

jeudi 27 décembre 2012

Centrafrique: Paris doit sécuriser ses ressortissants

Paris a fait protéger son ambassade à Bangui attaquée mercredi par des manifestants

Les rebelles du Séléka sont les maîtres de la Centrafrique


Le président François Bozizé aurait "perdu le contrôle du pays" après deux semaines d'offensive

Au lendemain de Noël, la France s'est employée à protéger leurs ressortissants alors que F. Hollande était en vacances à Angers.

Les Nations unies et les Etats-Unis ont de leur côté annoncé mercredi le retrait "temporaire" de la République centrafricaine (RCA) de tous leurs employés jugés non indispensables et de leurs familles, soit 200 personnes pour l'ONU et un nombre non précisé pour les personnels de l'ambassade de Bangui et leurs familles.

Les renforts tchadiens sont le dernier rempart contre une avancée des insurgés vers la capitale.

Les secours militaires campent aux portes de Bangui à l'appel du président centrafricain.

Les rebelles de la coalition Séléka CPSK-CPJP-UFDR ont affirmé que "par mesure de sécurité et de protection des populations civiles, nous ne considérons plus nécessaire de mener la bataille de Bangui et d'y faire entrer nos troupes, car le général François Bozizé (...) a déjà perdu le contrôle du pays".
"Nous demandons à tous les fils et filles de Centrafrique, à tous les éléments de forces de défense et de sécurité encore fidèles au régime de François Bozizé (...) de déposer les armes immédiatement", ont ajouté les rebelles, après plus de quinze jours d'opérations et de conquête de villes.


Le Séléka ("Alliance ", en sango, la langue nationale) a déclaré lundi 24 décembre "l'arrêt de ses opérations" et demandé au président centrafricain François Bozizé un cessez-le-feu "en vue de favoriser la préparation du dialogue", se déclarant prêt à ouvrir un couloir humanitaire aux ONG.


La rébellion "se tient à la disposition des ONG afin d'organiser l'accès aux prisonniers" de l'armée régulière. Elle dit détenir "39 éléments (...) faits prisonniers de guerre".

Plusieurs centaines de personnes, proches du pouvoir ont lancé des projectiles sur l'ambassade de France à Bangui

Après avoir fait un sit-in devant l'ambassade des Etats-Unis, ils dénoncent ouvertement la passivité de la France.

VOIR et ENTENDRE le témoignage d'un observateur à Bangui:

Mercredi le gouvernement centrafricain a ouvertement lancé un "appel à la France" pour l'aider au dialogue avec la coalition rebelle du Séléka.

"Nous remercions la France d'avoir condamné les attaques rebelles, d'avoir pris position pour le dialogue inter centrafricain, et d'avoir proposé son appui à la concrétisation de ce dialogue", a déclaré le ministre centrafricain de l'administration du territoire Josué Binoua dans un communiqué qui fait suite à une déclaration en ce sens émanant de Paris.



Paris fait protéger ses ressortissants


Après les incidents aux abords de l'ambassade, le président François Hollande a demandé au ministre de la Défense "de prendre toutes les dispositions pour assurer la sécurité" des 1.200 Français vivant en Centrafrique et de l'ambassade.
"Ces mesures ont été mises en oeuvre dans les délais les plus courts et seront prolongées autant que nécessaire", a indiqué l'Elysée par communiqué.

Le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian a confirmé que la représentation diplomatique a été "sécurisée" par une trentaine de soldats française et le calme rétabli.

Deux cents militaires français sont basés en Centrafrique, en majorité à Bangui.


Des manifestants protestent contre la passivité de Paris dans le conflit

"Nous sommes ici à l'ambassade de France, parce que c'est la France qui nous a colonisés. Mais la France a tendance à nous lâcher. On n'a plus besoin de la France, la France n'a qu'à prendre son ambassade et partir", gronde une manifestante amère.

Des jeunes ont jeté des projectiles sur l'ambassade dont ils ont cassé des vitres, ainsi que sur la représentation d'Air FranceLa compagnie aérienne française a fait faire demi-tour à son vol hebdomadaire Paris-Bangui.

L'ambassadeur de France à Bangui, Serge Mucetti, a déclaré que "le drapeau français a été descendu de son mât et emporté par des manifestants", qualifiant la manifestation de "particulièrement violente". 

Les forces en présence

Les effectifs et la puissance de feu de la rébellion demeurent flous.
Mais les insurgés se sont rapidement emparés de villes stratégiques, Bria (ville diamantifère du centre), Bambari (ville aurifère du centre sud), avant de prendre Kaga Bandoro (centre nord) mardi, s'approchant dangereusement de Bangui par le nord et par l'est. Ils ont pris les armes le 10 décembre pour réclamer "le respect" d'accords de paix conclus entre 2007 et 2011

Sous-équipée, démotivée et mal organisée,
l'armée régulière n'a opposé que peu de résistance.

Le contingent de l'armée tchadienne arrivé en renfort des militaires centrafricains doit servir de "force d'interposition" selon N'Djamena
Il s'est positionné sur le dernier axe routier menant à Bangui. Présents sur les deux derniers "verrous", Sibut (130 km de Bangui) et Damara (60 Km), les Tchadiens, rompus au combat et plus lourdement équipés, pourraient être le dernier rempart contre les rebelles.

N'Djamena, allié historique de François Bozizé, avait déjà envoyé ses troupes en 2003 pour l'aider à prendre le pouvoir, et à nouveau fin 2010 pour combattre des rébellions dans le nord.

La Centrafrique - 5 millions d'habitants - était engagée depuis 2007 dans un processus de paix après des années d'instabilité, de rébellions multiples, mutineries militaires et putschs.

VOIR et ENTENDRE un reportage de France 24, le 26 décembre 2012:

Au moins 2.000 personnes déplacées

Tout en affirmant vouloir négocier, comme l'ont demandé les chefs d'Etats d'Afrique centrale, la rébellion a continué à avancer, refusant de quitter les villes conquises sans un cessez-le-feu préalable, que le président centrafricain ne semble pas prêt à accorder.

Au moins 2.000 Centrafricains ont fui dans le nord de la RDCongo voisine  tandis qu'en Centrafrique même, des ONG humanitaires se sont inquiétées du sort des déplacés.

Aux origines du conflit

Le premier chef de l'État, Barthélemy Boganda (mort en 1959), considéré comme le père de la Nation centrafricaine, préconisait l'indépendance des colonies et la création d'un État d'Afrique Centrale unique, regroupant Gabon, Congo, Cameroun et Centrafrique, y voyant la seule solution permettant d'éviter l'éclatement de la région en territoires trop petits, non viables, et sans rôle à jouer sur la scène internationale. Il mourut dans un mystérieux accident d'avion.

Son successeur fut renversé fin 1965 par un coup d'État mené par le capitaine Jean-Bedel Bokassa qui se fit couronner empereur en 1977 avant d'être renversé en 1979. 

Son successeur fut à son tour renversé en 1981 par le général André Kolingba, qui établit un régime militaire et se maintiendra au pouvoir jusqu'en 1993, année où, suite au sommet de La Baule, les premières élections multipartites ont lieu et Ange-Félix Patassé, aujourd'hui décédé, est élu président de la République.


Après une nouvelle série de troubles et malgré l'intervention de la communauté internationale (MINURCA), en 2003, le général franc-maçon (GLNF) François Bozizé, né au Gabon de Omar Bongo, réussit, avec l'aide de militaires et miliciens tchadiens, son nouveau coup d'État et renverse le président Patassé. Le général Bozizé chasse alors les rebelles congolais, auteurs d'innombrables exactions, notamment autour et dans Bangui.


Lors de l'élection présidentielle de mars 2005, plusieurs candidatures furent éliminées par la médiation gabonaise, puis seule la candidature de l'ancien président Ange-Félix Patassé fut définitivement rejetée par la commission électorale constituée par les accords de Libreville (Gabon).


La chute de Bozizé entraînerait la montée au pouvoir en RCA d'une coalition qui compte en son sein des groupuscules tchadiens, lesquels pourraient y constituer une base pour un futur front contre Idriss Deby, président tchadien dont le le régime, soutenu par les Français, est harcelé et par les rebelles tchadiens du Commandement militaire unifié (CMU , une coalition d'opposants désunis
) et par des rebelles venus du Soudan.

Des violences interconfessionnelles se multiplient

En 2011, elles ont fait une dizaine de morts à Bangui. Elles visaient des musulmans après la découverte du corps de deux garçonnets (4 et 5 ans) dans le coffre du véhicule d'un musulman.