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vendredi 15 mai 2009

Les Don Quichotte s’invitent dans la campagne des Européennes

Et font leur festival de Cannes

Augustin Legrand n’a pas oublié qu’il est intermittent du spectacle et que l’ouverture du Festival de Cannes offre une opportunité médiatique rêvée à quiconque souhaite briller dans le spectacle. Les Enfants de Quichotte ont donc commencé vendredi soir à monter une centaine de tentes sur les quais de la Seine à Paris pour dénoncer le mal-logement.
Décathlon n’a pas manqué non plus cette occasion d’ouvrir sa saison de promotion estivale sur ses tentes Quetchua.

Trois ans après l'installation de premiers campements le long du canal Saint-Martin, à Paris (ci-dessus), l'association veut à nouveau contraindre les pouvoirs publics à faire face à une situation qui, selon eux, s'est encore détériorée, sans que la crise internationale n’y soit évidemment pour quoi que ce soit.

L'association avait prévenu sur son site : "Le 15 mai, nous installons dans toute la France des grands campements solidaires pour mettre l'Etat et les élus face à leurs responsabilités concernant la crise du logement".
Il s’agit de mobiliser l’opinion pendant la campagne des Européennes. "Par solidarité, soyez nombreux à venir camper", appelaient dans la matinée les Enfants de Don Quichotte.

  • A Paris, les organisateurs s'étaient retrouvés place de la Concorde avant de se rendre, sous la conduite d'Augustin Legrand, porte-parole des Enfants de Don Quichotte, au pas de course sur les quais attenant au jardin des Tuileries, et ce afin d'éviter toute intervention policière.
    "Il est temps de faire le bilan, il faut que les politiques prennent en charge cette question", a déclaré Augustin Legrand, tandis que des militants dressaient une centaine de tentes vertes, en attendant les mal-logés et sympathisants.

    Les responsables du mouvement soupçonnent le gouvernement de vouloir empêcher l'installation de "villages de tentes", comme ce fut le cas en avril à Strasbourg, pour éviter une trop grande couverture médiatique. L'association voulait mettre des tentes place de la Concorde, mais a renoncé à son projet. "Nous essayons encore une fois de rendre visibles (les mal-logés) et de faire comprendre aux Français que ce combat est leur combat", a indiqué à la presse Augustin Legrand, l'un des fondateurs des Don Quichotte, dont son frère, Jean-Baptiste, est le président .
    Soutien de l'association Droit au logement (DAL)
    Opportuniste, DAL a "salué l'action spectaculaire et médiatique lancée" par les Enfants de Don Quichotte et a "apporté ses encouragements".
    Les tentes, vertes pour la plupart, sont la marque de cette action de printemps et attachées les unes aux autres et arrimées avec des pierres sur la berge entre le pont de Solférino et le Pont Royal (1er arrondissement). Plusieurs sans-abris ont été appelés à s'installer dans les tentes, avec la consigne d'y passer la nuit.
    Les forces de police, très discrètes tant que le campement reste calme, sont positionnées sur le quai des Tuileries et sur le pont de Solférino. "Tout va dépendre (pour la suite) de la réaction des forces de l'ordre", a jugé Augustin Legrand.


    Chirac avait pourtant fait la loi Dalo

    En 2006, les enfants de Don Quichotte avaient convaincu le président Jacques Chirac d’initier une loi sur le droit le droit au logement opposable (Dalo).
    Mais pour l'association, ce texte ne serait pas suffisamment passée dans les actes, en raison de la crise économique internationale et de la pénurie de logements sociaux, spécialement en Ile-de-France, région socialiste.

    Les Don Quichotte étendent leurs ambitions
  • Les progrès sont si peu négligeables que l’association commence à élargir son champ d’action. "Il n'y pas que les sans abris. Les logements trop chers, trop petits ou encore insalubres concernent une grande partie de la population", avait déclaré Augustin Legrand dans un entretien au quotidien Metro.
    "Il faut absolument inclure le mal-logement dans les plans de relance
    ", avait ajouté le comédien.
  • Géographiquement aussi, d'autres opérations devaient être menées simultanément dans une dizaine de villes de province. Cette fois, l'association mise sur l'installation un peu partout en France de campements solidaires et le soutien de la population pour rendre le mouvement "visible."
    Les Enfants de Don Quichotte ont monté
    19 tentes à sur un quai du centre de Strasbourg
    . L'antenne strasbourgeoise de l'association a obtenu l'autorisation de la préfecture. "C'est sûr qu'on reste jusqu'à dimanche. Après, on verra", a expliqué Renaud Engel (cf. libellé à son nom) , l'un des responsables politiques locaux.
    Les tentes sont livrées et les SDF sont ensuite recrutés pour s’y installer
    . "Toutes les tentes seront occupées par des SDF, des citoyens solidaires ou mal logés", a-t-il indiqué, expliquant que l'opération a pour but de "demander de réels engagement de la part de l'Etat sur le mal logement, la création massive de logement sociaux et des places suffisantes d'accueil pour les sans-abris".

    L’action politique intervient pendant les Européennes

    Dans la situation économique internationale actuelle, le mouvement trouve un second souffle
    .
    "Avec la crise, le développement de la précarité, le risque nouveau pour des gens de milieux de divers, en perdant leur travail, de se retrouver à la rue, un plan de relance du logement s'impose de façon urgente", explique le porte-parole des Enfants de Don Quichotte. Comme si le pouvoir n’était pas préoccupé,
    Augustin Legrand réapparaît pour dire qu’il convient d'"interpeller l'exécutif et le président de la République qui doit se saisir du dossier au plus vite, car le besoin d'un plan Marshall pour le logement est plus que jamais d'actualité". "La demande publique est là, elle concerne les 100.000 personnes qui sont à la rue, mais aussi les trois milliers de mal logés et jusqu'aux couches moyennes qui peinent à acheter ( !) ou à louer", a estimé
    Augustin Legrand, un porte-parole très loquace, un intermittent qui tient là le rôle de sa vie et a bien répété son texte...
  • Avant le début de l'opération, la ministre du Logement, Christine Boutin, avait marqué sa différence en soulignant que son objectif n'est pas "de mettre les gens sous les tentes", mais d'offrir "un hébergement de qualité".
    "Depuis cette année, nous avons près de 100.000 places d'accueil, ce qui correspond au nombre de sans abri en France", déclare-t-elle vendredi dans Metro. Il est vrai que
    les Don Quichotte ont actuellement plus de tentes que de mal-logés... Ils vont devoir battre le rappel des 'citoyens solidaires' !
  • En attendant, la ministre rappelle qu’un vaste chantier d'humanisation des centres a été lancé, ainsi que des formules permettant de mettre en place des solutions de long terme.
  • Concernant l'application de la loi Dalo, elle souligne qu'il y a eu non pas 600.000 recours, comme le prétendent les associations, mais quelques 72.000, précisant que 8.033 personnes ont été relogées.

  • dimanche 23 décembre 2007

    Renaud Engel, enfant perdu de Don Quichotte

    Propagande, intox et compromission
    En juillet 2007, Renaud Engel était encore en 2° année de master à l'Université Marc Bloch de Strasbourg (UFR des Sciences sociales, pratiques sociales et développement) et participait à un modeste rapport d'enquête auprès des salariés suivis par l'AST: le moins diplômé, il était probablement associé à ces travaux sur la santé au travail en Alsace (AST) pour récompenser son engagement politique et favoriser sa promotion.

    Hasard malheureux? Le vendredi 16 novembre 2007, pendant les blocages contre la loi LRU, l’université Marc-Bloch (Strasbourg II) a été le théatre d un début d’incendie dans une de ses salles de cours, alors qu’une assemblée générale d’étudiants se tenait dans le hall d’entrée d’un des bâtiments de l’université. La ministre de l’Enseignement supérieur Valérie Pécresse avait condamné "avec vigueur" un "incendie intentionnel (...) provoqué par des individus qui participaient au blocage de l’université"…
    Une quinzaine d’étudiants, qui bloquaient un amphithéâtre de l’université Marc Bloch de Strasbourg, avait été évacués le jeudi 15/11 au soir sur réquisition du rectorat. Selon l’AFGES (Association fédérative générale des étudiants de Strasbourg), il s’agissait d’un petit groupe d’étudiants anarchistes ou d’extrême gauche qui avait commencé à empiler des chaises et des tables pour bloquer l’amphi, malgré une forte majorité de 70% de votes contre tout blocage, lors d’une assemblée générale qui a réuni environ 600 étudiants à la mi-journée.

    PROPAGANDE
    « On est dans la mise en danger de la vie d’autrui », relève Renaud Engel, sous sa casquette de maraudeur et jeune trésorier des Don Quichotte strasbourgeois. « Vu les conditions météorologiques, deux accueils de jour resteront ouvert la nuit », ajoute le collectif.« Ça veut dire qu’on laisse ouverts des locaux associatifs où les gens vont passer la nuit assis sur des chaises ou des canapés », indique l'Eugène Sue strasbourgeois. « Il y a eu deux morts l’hiver dernier dans les rues de Strasbourg et j’ai l’impression que tout le monde s’en fout, s’exaspère Frédéric Malaczynski, l’autre maraudeur. Ça me fait peur. » (19/12/07)
    Or, s'il est vrai qu'un SDF de 28 ans, Emmanuel Monnanteuil, qui dormait sur le campement des Enfants de Don Quichotte à Strasbourg est mort un matin de février 2007, les causes de son décès méritent qu'on tourne sa langue 67 fois dans sa bouche. «Quand nous sommes rentrés dans sa tente en milieu de matinée, on a tout de suite vu qu'il n'allait pas bien. Il était pâle, inconscient et avait vomi », reconnaît Renaud Engel, porte-parole des Enfants de Don Quichotte à Strasbourg, qui cherche à dégager la responsabilité de son collectif. La cause de la mort du jeune homme, un ancien dépendant à la drogue qui suivait une cure de désintoxication à base de méthadone, pourrait être une overdose de ce substitut aux stupéfiants, selon Renaud Engel, qui ne couvre pas le malheureux. Il logeait dans ce camp solidaire de quelque 70 personnes depuis un peu plus d’un mois, mais il est pourtant mort seul et les décès ne sont donc pas systématiquement imputables à la précarité, au froid ou à l'impéritie de qui que ce soit. Dans ce camp, établi depuis le 6 janvier, quai Sturm, 38 sur les trnte personnes ont d'ailleurs été alors relogées, avait-t-il été admis.

    Le 22/12/2007, le collectif fit en outre appel aux maraudes citoyennes, une manière de mobiliser la population, comme le fait RESF: les méthodes sont étrangement similaires. Elles seraient composées de bénévoles de tous horizons, auraient pour but avoué de rencontrer le plus grand nombre de sans abris, de les aider dans la mesure du possible à trouver une place d'hébergement, mais surtout de porter sur la place publique les difficultés qu'ils rencontrent et les solutions qu'ils souhaitent obtenir: faire de la com... (A Paris, ils ont besoin de témoignages... et ils incitent à prendre des dictaphones, appareils photos, caméscopes... tout ce qui peut servir, non pas à soulager, mais à témoigner de la situation dans la rue; il faut envoyer photos, films, textes) Ca protège du froid…

    Or, depuis jeudi, ceux qui ne font soi-disant rien pour les SDF ont fait pour le collectif des Enfants de Don Quichotte! Deux membres des Enfants de Don Quichotte patrouillent dans les rues de la communauté urbaine de Strasbourg. L'association Espace Indépendance leur a signé un contrat à durée déterminée jusqu'au 30 avril. Leur mission : faciliter la réinsertion des sans domicile fixe. L'un d'eux, dont 20 minutes ne décline pas les 'qualités', n'est autre que … Renaud Engel! L'étudiant de master est donc 'parrainné' par cette association de droit local (12 rue Kuhn à Strasbourg), dont la presse ne précise pas qu'elle est agréée en tant que CSST et financée par l’Assurance Maladie, le Ministère de la Santé, la Ville de Strasbourg, le Conseil Général, la Mission Interministérielle de Lutte contre la Drogue et la Toxicomanie, le Fonds Social Européen. Espace Indépendance finance donc le camarade Renaud Engel.
    Voilà qui rassure sur les revenus des réseaux et collectifs! Quand on pense que ce joli monde se présente aux précaires comme des bénévoles des Enfants de Don Quichotte...Et qu'
    ils ne se vantent pas d'être appointés par ceux qu'ils dénoncent avec force dans les médias complices…

    L'intox consiste en effet à tromper tout le monde: le partage entre l'action humanitaire et l'agitation politique est de type espace Schengen! « Par rapport aux autres maraudes, nous avons un capital confiance en plus », affirme Renaud Engel. « Et surtout, ajoute son collègue surnommé Grand'Fred, nous bénéficions d'une relation directe avec la Ddass et la préfecture. Nous les rencontrons tous les quinze jours lors des commissions de suivi qui ont lieu dans le cadre des activités des Don Quichotte. » Ce qui, en décodé, signifie que les autres associations sont condamnées aux actions 'coups de poing' ou à disparaître. Avec l'aide des institutions pourtant villipendées...

    Renaud Engel est donc étudiant à temps partiel, activiste à temps plein et maraudeur-reporter, aux frais de la princesse. (Rien à voir avec Sa Cynique Majesté Royal!) Croyez-vous, dans ces conditions, qu'il dort dans des cartons et se nourrit de sardines? Il peut même se payer le luxe de tirer la gueule à la ministre Boutin mais aller serrer la pince du Premier ministre à Matignon.

    Et puisque les études mènent à tout, le trésorier local des Don Quichotte doit bien bénéficier de la bienveillance des banques capitalistes pour obtenir les crédits nécessaires à ses actions anti-libérales. Déjà les Enfants de Don Quichotte s'accordent visiblement fort bien de l'aide de Décathlon -tentes Quetchua- (groupe familial Auchan) et réussissent ainsi le grand écart entre la pureté révolutionnaire et la compromission avec les sociétés mercantiles.
    Pas besoin de se justifier: la presse ne veut pas savoir et l'opinion n'est pas curieuse!

    Alexandre Glardon, enfant perdu de Don Quichotte

    Le raideur de la cathédrale de Strasbourg n'est pas un enfant de coeur
    Alexandre Glardon ne serait qu'un repris de justice et non pas simplement une petite gloire locale sans l'envahissement de la cathédrale de Strasbourg, le 22 décembre 2007. "Il y a une semaine, il y avait neuf personnes à loger et il restait une place sur tout le Bas-Rhin", avait-il affirmé pour justifier l'installation de ce nouveau campement. Les dix tentes individuelles, occupées par des SDF, avaient été déployées à côté de la crèche géante devant laquelle s'écoule un flot ininterrompu de visiteurs venus du marché de Noël qui bat son plein sur le parvis.
    Parmi ces nouveaux "campeurs" figuraient beaucoup de jeunes venus d'Europe de l'Est, comme Lorenzo, un Roumain de 31 ans qui dort la nuit avec un chien dans les rues du centre-ville. "Dans les centres d'hébergement, ils le mettent dehors dans une cage", dit-il.

    Comme son homologue parisien Augustin Legrand qui fait plus de spectateurs et de couverture médiatique que ses rares spectacles, Glardon n'avait pas d'autre couverture à offrir aux SDF que celle de la presse. Il est pourtant rompu à la manipulation de l'opinion et des institutions. Glardon n'en est pas à sa première burette de vin d'Alsace.
    En mars 2006, ce provincial alsacien souffrant d'un manque de reconnaissance nationale tenta d'attirer l'attention nationale sur sa personne. Alexandre Glardon entreprit un périple médiatique pédestre vers Paris en passant par Vitry-le-François « J'ai mal partout mais je préfère encore courir que marcher », raconte le président local des Enfants de Don Quichotte. Il ambitionnait de rencontrer Jacques Chirac, pour évoquer la situation des SDF « Je crois en une entrevue, puisqu'il est le représentant du peuple et que nous sommes le peuple, affirmait-il déjà. On verra, j'irai d'abord chez nos potes du canal Saint-Martin avant d'aller sonner à la porte de l'Elysée », expliquait alors Alexandre Glardon.
    Ces faits ont certes à voir avec le collectif des Enfants de Don Quichotte, mais d'autres, éclairent surtout sur la personnalité de son président, dont le passé de gauchiste n'est pas aussi folklorique que sa marche sur Paris. Car son casier judiciaire n'est pas vierge. Ce détail interpelle quiconque s'étonne qu'un condamné à 6 mois ferme en appel puisse être président d'association ou de collectif. La justice ne serait-elle pas égale pour tous? On dirait en effet qu'elle protège les extrémistes…

    Le très fréquentable président de l'antenne strasbourgeoise des Don Quichotte avait été condamné, le jeudi 11 octobre 2007, à un an de prison ferme par le tribunal correctionnel de Strasbourg pour outrage en récidive et violences sur un agent public.
    "Nous nous étonnons et nous interrogeons sur le décalage très important entre les 3 mois d’emprisonnement avec sursis requis par le substitut du Procureur de la République et la peine d’un an d’emprisonnement ferme avec mandat de dépôt (c’est-à-dire placement immédiat en détention) prononcée par le Tribunal correctionnel à juge unique pour une récidive d'outrage." Le collectif gratta la corde sensible à propos de ce martyr en peau de lapin de la cause: " Nous nous sentons orphelins et l'hiver approche!..."
    L'hiver vint, mais Alexandre Glardon fit la grève de la faim et campa face au centre administratif de la CUS, place de l'Etoile. « J'irai jusqu'au bout s'il le faut pour obtenir une audience avec Madame Keller [maire UMP de Strasbourg] », explique celui que ses proches surnomment « l'Indien ». Expulsé le 20 octobre 2006 du centre équestre de la rue du Maquis, il en réclama la réouverture. Une action symbolique qui ne rencontra qu'un faible écho auprès des politiques de la région : « J'ai le soutien de Jean-Philippe Maurer et de Marc Reymann (UMP), mais aucun représentant des Verts, du PS ou de l'UMP n'est venu me voir, précise Alexandre Glardon. Seule Chantal Cutajar m'a rendu visite. » La conseillère municipale UDF a appelé à la nomination de médiateurs pour qu'une issue soit trouvée le plus rapidement possible.
    Remontons à l'origine: le 20 octobre 2006, Alexandre Glardon, alors gérant d'un centre équestre, avait été expulsé d'un terrain municipal. Durant l'opération, ce drôle de citoyen avait insulté et déchiré la veste d'un agent de la communauté urbaine de Strasbourg (CUS) venu sécuriser le terrain, avait alors raconté son avocat, Me Eric Lefebvre, qu'il faut entendre!…
    "Il ne l'a pas frappé (...). Mais comme il s'agissait d'un agent de la CUS, la peine a été aggravée : normalement, il aurait dû avoir une amende et là, c'est une peine de prison qui est prononcée", a déploré le bavard avec toute la sincérité dont il est capable.
    Le ministère public avait requis trois mois de prison avec sursis et mise à l'épreuve, a souligné Me Lefebvre, comparant son client à "Jean Valjean" qui aurait "volé un quignon de pain et aurait pris vingt ans de bagne". En somme, un client recommandable. L'avocat a fait appel et a également déposé une demande de mise en liberté, comme il va de soi. Les intentions sont nobles: ça maintient le dossier ouvert en faisant bouillir la marmite du ténor du barreau, non sans encombrer les tribunaux. Aucune dérive! Les avocats ne seraient-ils pas en surnombre, qu'ils éprouvent le besoin de faire durer?
    Dans cette minable affaire, la presse a interrogé un individu qui se trouvait là par hasard et dont l'objectivité de la déclaration est garantie… On est allé chercher, non pas un représentant de la mairie, mais Renaud Engel, trésorier-porte-parole des Enfants de Don Quichotte à Strasbourg, qui s'est épanché: "Nous sommes scandalisés par ce jugement et surtout par l'inadéquation entre la peine requise et celle prononcée" par le tribunal, a-t-il déclaré, pour ajouter aussitôt qu'une pétition allait être lancée en début de semaine suivante afin de "réclamer la libération d'Alexandre Glardon". Le grand jeu des agitateurs!
    La pétition selon Renaud Engel a recueilli quelques centaines de signatures et de croix. Le collectif demanda aussi que les réquisitions soient suivies:en 1ere instance, le procureur avait requis 3 mois de sursis TIG [travaux d'intérêt général]». Alexandre Glardon fut transféré à la prison de Mulhouse, le jeudi 11 octobre 2007.
    L'Indien fut donc condamné le mardi 27 novembre 2007 en appel, à Colmar: le juge était alors passé d'un an à six mois, dont deux ferme. C'est beaucoup moins qu'en première instance par le tribunal correctionnel de Strasbourg, le 11 octobre. Cet apache était libre le matin du 28 novembre dernier. 11 octobre 2007-28 novembre 2007. Est-on bien sûr que le compte y soit? Nous souhaitons les mêmes mathématiques modernes aux autres condamnés…
    Toujours est-il que moins d'un mois plus tard, quand il n'est pas violent, il reste menaçant et se livre à une épreuve de force sur la cathédrale de Strasbourg!

    samedi 22 décembre 2007

    Délocalisation des Don Quichotte: disgrâce à la cathédrale de Strasbourg

    Un sanctuaire, théatre d'un show médiatique .
    L'incursion des Enfants de Don Quichotte à la cathédrale de Strasbourg fut aussi brève qu'elle fut sacrilège. Les Don Quichotte ne manquent pas de moyens. Savoir s'ils en font le meilleur usage possible…

    Emmenés samedi par leur président Alexandre Glardon, les Enfants de Don Quichotte alsaciens ont installé leurs tentes d'opérette et leurs chiens de cirque dans la cathédrale de Strasbourg. Et leurs ours? Retour à l'obscurantisme du Moyen-Age. Quel 'mystère' médiéval revisité ont-il donc présenté aux Alsaciens?
    Vers 10h00, alors que le Marché de Noël, proche de la cathédrale, commençait à peine, les Don Quichotte montèrent leurs tentes en quelques instants devant la crèche, en professionnels, suscitant des "bravos" de quelques spectateurs. Pinder et Gruss peuvent aller y recruter des machinistes demandeurs d'emploi.
    Faisant l'assaut d'une église, comme si l'Eglise était en cause, Glardon expliqua: "On a décidé de rester sous la protection de l'Eglise pour fêter Noël en famille", parce que les promesses faites un an plus tôt n'auraient pas été tenues -pour les trente présents- et parce que les sans-abri sont toujours à la rue à Strasbourg, "capitale européenne, vitrine de luxe de l'Europe". Le message est manifestement plus politique qu'humanitaire! Mais si l'agité était cohérent, il serait logiquement allé se montrer au Parlement européen…
    Parce qu'il ne prend évidemment pas les enfants du Bon Dieu pour des cigognes sauvages, l'intrus bienveillant et médiatique a fait son show en précisant pour la galerie que la consigne était de ne pas boire, de ne pas fumer et de ne pas gêner le public qui se presse dans la cathédrale, quelques heures avant un prestigieux ... concert religieux de Noël.
    Ils étaient 15 membres du collectif -les quinze SDF de Strasbourg. La troupe n'était pas grossie de la présence de Josiane Balasko qui n'avait pas fait le déplacement. Rochefort et Torreton ne tournent pas non plus en province en cette saison... Carole Bouquet a pensé que les Strasbourgeois ne la valaient pas bien. Quant au crâne de piaf d'Emmanuelle Béart, il a cru que les Strasbourgeoises sont des bourgeoises en strass et qu'il ternirait l'éclat de son teint. Bref, c'est sans aucune star, que les bouffons ont quitté l'édifice dans le calme, en début d'après-midi, après avoir obtenu un rendez-vous à Matignon et 30 places d'hébergement en foyer dans les deux jours, à l'issue de négociations avec la préfecture, le cabinet du Premier ministre et les autorités ecclésiastiques. "C'est une opération réussie, nous sommes satisfaits du résultat, le travail va pouvoir reprendre", a déclaré Glardon, qui n'a de considération médiatique que pour les touristes, mais décampe sans un mot pour les fidèles. Un raid laïc de quatre heures par des infidèles barbares. Vers 14h00, les dix tentes étaient pliées et les Don Quichotte se retiraient en affichant leur satisfaction. Non sans avoir brûlé un cierge?…
    Dans l'immédiat, les 15 membres du collectif, qui s'étaient installés samedi matin dans une travée de la cathédrale, devaient être relogés dès samedi soir dans un foyer du Neuhof (banlieue de Strasbourg), a précisé Glardon Supertsar. Trente places supplémentaires devraient être mises à la disposition des sans-abri d'ici deux jours dans la ville.
    Les forces de police ne sont intervenues à aucun moment à l'intérieur de la cathédrale, se contentant de filtrer les entrées de l'édifice.
    Le collectif extrémiste a obtenu un rendez-vous le 28 décembre au cabinet de François Fillon pour négocier deux projets qui leur tiennent particulièrement à coeur, selon Renaud Engel, trésorier du collectif. Les discussions porteront sur la mise à disposition de logements sociaux permanents adaptés au profil des intéressés (et non plus des logements d'urgence) et de villages de chalets pour les sans-abri, a-t-il précisé.
    Les Don Quichotte prétendent que les pouvoirs publics ne font rien. La presse abonde dans ce sens... Pourtant un autre volet de l'accord conduit déjà à salarier des participants à l'activité du collectif: les contribuables doivent savoir que par l'impôt ils financent ce collectif qui harcèle le gouvernement. Une "maraude" constituée de deux membres du collectif salariés par la DDASS dont la mission est d'aller à la rencontre des sans-abri, spécialement la nuit, est en effet déjà opérationnelle, depuis le 15 novembre. Les Enfants de Don Quichotte bénéficient donc de personnel détaché de la fonction publique. Comme si d'autres maraudes n'étaient pas en activité depuis des années, efficaces et discrètes, mais non médiatisées, ni parrainnées par les riches et les plus défavorisés, indistinctement, à égalité: de quoi faire rugir le PS? Il s'agit de les supplanter pour les effacer et politiser des actions jusqu'ici 'humanitaires'. La préfecture avait annoncé mardi la mise en service de "près de 312 places hivernales supplémentaires" dans le Bas Rhin, s'ajoutant aux 3.320 places annuelles. Dans leur quête d'audience, les Don Quichotte ont-ils craint d'être pris de vitesse par des rivaux ?La fédération départementale du PS n'a pas manqué de dénoncer promptement "le manque de logement sociaux criant" et "la politique injuste de la droite" qui a poussé des sans-abri à se réfugier dans la cathédrale, "un acte de désespoir". Sérieux? Les sans-abri seraient apparus subitement depuis que la droite est au pouvoir...
    Alexandre Glardon Superstar (ci-dessus au centre, en tenue de La Poste, comme Besancenot?...) est un récidiviste sur le modèle Augustin Legrand, puisqu'il avait pris l'hiver dernier la tête du campement des Don Quichotte à Strasbourg implanté pendant trois mois sur un quai. Au plus fort du mouvement, le campement avait réuni 70 tentes et plus de 100 personnes, des militants bien logés pour la plupart! Le collectif avait décidé de plier les tentes à la mi-mars avec la promesse de négociations et notamment de l'installation d'une "cellule" d'accueil pour les SDF, un engagement que Glardon estime non tenu.
    Alexandre Glardon est aussi un repris de justice, dont nous reparlerons. A suivre...