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dimanche 23 décembre 2007

Alexandre Glardon, enfant perdu de Don Quichotte

Le raideur de la cathédrale de Strasbourg n'est pas un enfant de coeur
Alexandre Glardon ne serait qu'un repris de justice et non pas simplement une petite gloire locale sans l'envahissement de la cathédrale de Strasbourg, le 22 décembre 2007. "Il y a une semaine, il y avait neuf personnes à loger et il restait une place sur tout le Bas-Rhin", avait-il affirmé pour justifier l'installation de ce nouveau campement. Les dix tentes individuelles, occupées par des SDF, avaient été déployées à côté de la crèche géante devant laquelle s'écoule un flot ininterrompu de visiteurs venus du marché de Noël qui bat son plein sur le parvis.
Parmi ces nouveaux "campeurs" figuraient beaucoup de jeunes venus d'Europe de l'Est, comme Lorenzo, un Roumain de 31 ans qui dort la nuit avec un chien dans les rues du centre-ville. "Dans les centres d'hébergement, ils le mettent dehors dans une cage", dit-il.

Comme son homologue parisien Augustin Legrand qui fait plus de spectateurs et de couverture médiatique que ses rares spectacles, Glardon n'avait pas d'autre couverture à offrir aux SDF que celle de la presse. Il est pourtant rompu à la manipulation de l'opinion et des institutions. Glardon n'en est pas à sa première burette de vin d'Alsace.
En mars 2006, ce provincial alsacien souffrant d'un manque de reconnaissance nationale tenta d'attirer l'attention nationale sur sa personne. Alexandre Glardon entreprit un périple médiatique pédestre vers Paris en passant par Vitry-le-François « J'ai mal partout mais je préfère encore courir que marcher », raconte le président local des Enfants de Don Quichotte. Il ambitionnait de rencontrer Jacques Chirac, pour évoquer la situation des SDF « Je crois en une entrevue, puisqu'il est le représentant du peuple et que nous sommes le peuple, affirmait-il déjà. On verra, j'irai d'abord chez nos potes du canal Saint-Martin avant d'aller sonner à la porte de l'Elysée », expliquait alors Alexandre Glardon.
Ces faits ont certes à voir avec le collectif des Enfants de Don Quichotte, mais d'autres, éclairent surtout sur la personnalité de son président, dont le passé de gauchiste n'est pas aussi folklorique que sa marche sur Paris. Car son casier judiciaire n'est pas vierge. Ce détail interpelle quiconque s'étonne qu'un condamné à 6 mois ferme en appel puisse être président d'association ou de collectif. La justice ne serait-elle pas égale pour tous? On dirait en effet qu'elle protège les extrémistes…

Le très fréquentable président de l'antenne strasbourgeoise des Don Quichotte avait été condamné, le jeudi 11 octobre 2007, à un an de prison ferme par le tribunal correctionnel de Strasbourg pour outrage en récidive et violences sur un agent public.
"Nous nous étonnons et nous interrogeons sur le décalage très important entre les 3 mois d’emprisonnement avec sursis requis par le substitut du Procureur de la République et la peine d’un an d’emprisonnement ferme avec mandat de dépôt (c’est-à-dire placement immédiat en détention) prononcée par le Tribunal correctionnel à juge unique pour une récidive d'outrage." Le collectif gratta la corde sensible à propos de ce martyr en peau de lapin de la cause: " Nous nous sentons orphelins et l'hiver approche!..."
L'hiver vint, mais Alexandre Glardon fit la grève de la faim et campa face au centre administratif de la CUS, place de l'Etoile. « J'irai jusqu'au bout s'il le faut pour obtenir une audience avec Madame Keller [maire UMP de Strasbourg] », explique celui que ses proches surnomment « l'Indien ». Expulsé le 20 octobre 2006 du centre équestre de la rue du Maquis, il en réclama la réouverture. Une action symbolique qui ne rencontra qu'un faible écho auprès des politiques de la région : « J'ai le soutien de Jean-Philippe Maurer et de Marc Reymann (UMP), mais aucun représentant des Verts, du PS ou de l'UMP n'est venu me voir, précise Alexandre Glardon. Seule Chantal Cutajar m'a rendu visite. » La conseillère municipale UDF a appelé à la nomination de médiateurs pour qu'une issue soit trouvée le plus rapidement possible.
Remontons à l'origine: le 20 octobre 2006, Alexandre Glardon, alors gérant d'un centre équestre, avait été expulsé d'un terrain municipal. Durant l'opération, ce drôle de citoyen avait insulté et déchiré la veste d'un agent de la communauté urbaine de Strasbourg (CUS) venu sécuriser le terrain, avait alors raconté son avocat, Me Eric Lefebvre, qu'il faut entendre!…
"Il ne l'a pas frappé (...). Mais comme il s'agissait d'un agent de la CUS, la peine a été aggravée : normalement, il aurait dû avoir une amende et là, c'est une peine de prison qui est prononcée", a déploré le bavard avec toute la sincérité dont il est capable.
Le ministère public avait requis trois mois de prison avec sursis et mise à l'épreuve, a souligné Me Lefebvre, comparant son client à "Jean Valjean" qui aurait "volé un quignon de pain et aurait pris vingt ans de bagne". En somme, un client recommandable. L'avocat a fait appel et a également déposé une demande de mise en liberté, comme il va de soi. Les intentions sont nobles: ça maintient le dossier ouvert en faisant bouillir la marmite du ténor du barreau, non sans encombrer les tribunaux. Aucune dérive! Les avocats ne seraient-ils pas en surnombre, qu'ils éprouvent le besoin de faire durer?
Dans cette minable affaire, la presse a interrogé un individu qui se trouvait là par hasard et dont l'objectivité de la déclaration est garantie… On est allé chercher, non pas un représentant de la mairie, mais Renaud Engel, trésorier-porte-parole des Enfants de Don Quichotte à Strasbourg, qui s'est épanché: "Nous sommes scandalisés par ce jugement et surtout par l'inadéquation entre la peine requise et celle prononcée" par le tribunal, a-t-il déclaré, pour ajouter aussitôt qu'une pétition allait être lancée en début de semaine suivante afin de "réclamer la libération d'Alexandre Glardon". Le grand jeu des agitateurs!
La pétition selon Renaud Engel a recueilli quelques centaines de signatures et de croix. Le collectif demanda aussi que les réquisitions soient suivies:en 1ere instance, le procureur avait requis 3 mois de sursis TIG [travaux d'intérêt général]». Alexandre Glardon fut transféré à la prison de Mulhouse, le jeudi 11 octobre 2007.
L'Indien fut donc condamné le mardi 27 novembre 2007 en appel, à Colmar: le juge était alors passé d'un an à six mois, dont deux ferme. C'est beaucoup moins qu'en première instance par le tribunal correctionnel de Strasbourg, le 11 octobre. Cet apache était libre le matin du 28 novembre dernier. 11 octobre 2007-28 novembre 2007. Est-on bien sûr que le compte y soit? Nous souhaitons les mêmes mathématiques modernes aux autres condamnés…
Toujours est-il que moins d'un mois plus tard, quand il n'est pas violent, il reste menaçant et se livre à une épreuve de force sur la cathédrale de Strasbourg!

samedi 22 décembre 2007

Délocalisation des Don Quichotte: disgrâce à la cathédrale de Strasbourg

Un sanctuaire, théatre d'un show médiatique .
L'incursion des Enfants de Don Quichotte à la cathédrale de Strasbourg fut aussi brève qu'elle fut sacrilège. Les Don Quichotte ne manquent pas de moyens. Savoir s'ils en font le meilleur usage possible…

Emmenés samedi par leur président Alexandre Glardon, les Enfants de Don Quichotte alsaciens ont installé leurs tentes d'opérette et leurs chiens de cirque dans la cathédrale de Strasbourg. Et leurs ours? Retour à l'obscurantisme du Moyen-Age. Quel 'mystère' médiéval revisité ont-il donc présenté aux Alsaciens?
Vers 10h00, alors que le Marché de Noël, proche de la cathédrale, commençait à peine, les Don Quichotte montèrent leurs tentes en quelques instants devant la crèche, en professionnels, suscitant des "bravos" de quelques spectateurs. Pinder et Gruss peuvent aller y recruter des machinistes demandeurs d'emploi.
Faisant l'assaut d'une église, comme si l'Eglise était en cause, Glardon expliqua: "On a décidé de rester sous la protection de l'Eglise pour fêter Noël en famille", parce que les promesses faites un an plus tôt n'auraient pas été tenues -pour les trente présents- et parce que les sans-abri sont toujours à la rue à Strasbourg, "capitale européenne, vitrine de luxe de l'Europe". Le message est manifestement plus politique qu'humanitaire! Mais si l'agité était cohérent, il serait logiquement allé se montrer au Parlement européen…
Parce qu'il ne prend évidemment pas les enfants du Bon Dieu pour des cigognes sauvages, l'intrus bienveillant et médiatique a fait son show en précisant pour la galerie que la consigne était de ne pas boire, de ne pas fumer et de ne pas gêner le public qui se presse dans la cathédrale, quelques heures avant un prestigieux ... concert religieux de Noël.
Ils étaient 15 membres du collectif -les quinze SDF de Strasbourg. La troupe n'était pas grossie de la présence de Josiane Balasko qui n'avait pas fait le déplacement. Rochefort et Torreton ne tournent pas non plus en province en cette saison... Carole Bouquet a pensé que les Strasbourgeois ne la valaient pas bien. Quant au crâne de piaf d'Emmanuelle Béart, il a cru que les Strasbourgeoises sont des bourgeoises en strass et qu'il ternirait l'éclat de son teint. Bref, c'est sans aucune star, que les bouffons ont quitté l'édifice dans le calme, en début d'après-midi, après avoir obtenu un rendez-vous à Matignon et 30 places d'hébergement en foyer dans les deux jours, à l'issue de négociations avec la préfecture, le cabinet du Premier ministre et les autorités ecclésiastiques. "C'est une opération réussie, nous sommes satisfaits du résultat, le travail va pouvoir reprendre", a déclaré Glardon, qui n'a de considération médiatique que pour les touristes, mais décampe sans un mot pour les fidèles. Un raid laïc de quatre heures par des infidèles barbares. Vers 14h00, les dix tentes étaient pliées et les Don Quichotte se retiraient en affichant leur satisfaction. Non sans avoir brûlé un cierge?…
Dans l'immédiat, les 15 membres du collectif, qui s'étaient installés samedi matin dans une travée de la cathédrale, devaient être relogés dès samedi soir dans un foyer du Neuhof (banlieue de Strasbourg), a précisé Glardon Supertsar. Trente places supplémentaires devraient être mises à la disposition des sans-abri d'ici deux jours dans la ville.
Les forces de police ne sont intervenues à aucun moment à l'intérieur de la cathédrale, se contentant de filtrer les entrées de l'édifice.
Le collectif extrémiste a obtenu un rendez-vous le 28 décembre au cabinet de François Fillon pour négocier deux projets qui leur tiennent particulièrement à coeur, selon Renaud Engel, trésorier du collectif. Les discussions porteront sur la mise à disposition de logements sociaux permanents adaptés au profil des intéressés (et non plus des logements d'urgence) et de villages de chalets pour les sans-abri, a-t-il précisé.
Les Don Quichotte prétendent que les pouvoirs publics ne font rien. La presse abonde dans ce sens... Pourtant un autre volet de l'accord conduit déjà à salarier des participants à l'activité du collectif: les contribuables doivent savoir que par l'impôt ils financent ce collectif qui harcèle le gouvernement. Une "maraude" constituée de deux membres du collectif salariés par la DDASS dont la mission est d'aller à la rencontre des sans-abri, spécialement la nuit, est en effet déjà opérationnelle, depuis le 15 novembre. Les Enfants de Don Quichotte bénéficient donc de personnel détaché de la fonction publique. Comme si d'autres maraudes n'étaient pas en activité depuis des années, efficaces et discrètes, mais non médiatisées, ni parrainnées par les riches et les plus défavorisés, indistinctement, à égalité: de quoi faire rugir le PS? Il s'agit de les supplanter pour les effacer et politiser des actions jusqu'ici 'humanitaires'. La préfecture avait annoncé mardi la mise en service de "près de 312 places hivernales supplémentaires" dans le Bas Rhin, s'ajoutant aux 3.320 places annuelles. Dans leur quête d'audience, les Don Quichotte ont-ils craint d'être pris de vitesse par des rivaux ?La fédération départementale du PS n'a pas manqué de dénoncer promptement "le manque de logement sociaux criant" et "la politique injuste de la droite" qui a poussé des sans-abri à se réfugier dans la cathédrale, "un acte de désespoir". Sérieux? Les sans-abri seraient apparus subitement depuis que la droite est au pouvoir...
Alexandre Glardon Superstar (ci-dessus au centre, en tenue de La Poste, comme Besancenot?...) est un récidiviste sur le modèle Augustin Legrand, puisqu'il avait pris l'hiver dernier la tête du campement des Don Quichotte à Strasbourg implanté pendant trois mois sur un quai. Au plus fort du mouvement, le campement avait réuni 70 tentes et plus de 100 personnes, des militants bien logés pour la plupart! Le collectif avait décidé de plier les tentes à la mi-mars avec la promesse de négociations et notamment de l'installation d'une "cellule" d'accueil pour les SDF, un engagement que Glardon estime non tenu.
Alexandre Glardon est aussi un repris de justice, dont nous reparlerons. A suivre...