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jeudi 7 avril 2016

Présidentielle 2017: Macron se met "en marche" et Raffarin lui emboîte le pas...

Macron, rabatteur de Hollande ou de Juppé ?

Le ministre de l'Économie a annoncé à Amiens la création d'un mouvement politique et citoyen, tout en refusant d'aborder clairement 2017.

Macron n'a pas remis l'économie en état de marche, mais il se met en mouvement
Ce mot 'mouvement' était partout dans les propos de Hollande, ces derniers jours. Macron est-il son jocker? 

Hier, c'était l'heure d'ouverture d'un site internet, d'un compte Twitter, d'une page Facebook et d'un compte Instagram: les réseaux sociaux, ça fait jeune et moderne, même s'ils sont hantés par les trolls altermondialistes, anarchistes et révolutionnaires. Il fallait donc aussi un clip de lancement, pour les plus mûrs, et il l'a. Le tout dévoilé peu après 20 heures sur les écrans géants du centre expo MégaCité d'Amiens. Emmanuel Macron se met "en marche !" a-t-il dévoilé lors d'une "rencontre citoyenne" à huis clos - mais retransmise sur Dailymotion. 
Il lui manque juste une Jackie Kennedy, mais sa cougar est en séances de remodelage intensif... 

Cette mise en branle se veut interactive, participative et transpartisane. Le ministre de l'Économie, comme à son habitude debout sur scène, micro en main, reprenant les codes du stand-up à l'américaine, a d'abord prononcé le discours qu'on lui connaît sur la nécessité de savoir reprendre des risques dans un pays qui rêve de "changement". Service après-vente de la loi El Khomri pour réformer le code du travail, importance du lien franco-allemand, capacité à "regarder le monde tel qu'il est"... Tout y est passé, sauf le pouvoir d'achat ou l'emploi...

C'est en conclusion de cette séance de questions-réponses, à 20 heures pétantes, qu'Emmanuel Macron, 38 ans, a posé la première pierre du reste de sa vie politique. "Je voulais le faire à Amiens, ce n'est pas innocent: c'est là que je suis né..." a-t-il démarré, avant d'annoncer la création de ce "mouvement politique et citoyen" : "En marche !" – initiative dont il aurait informé François Hollande. Malgré un nom qui laisse ouverts tous les possibles pour 2017, mais qui ramène à sa frêle petite personne en reprenant ses propres initialesMacron évacue toute question sur une éventuelle candidature, sur l'air de "les idées d'abord". En réalité, si ambitieux soit-il, il veut rester loyal et assure qu'il ne s'autorisera pas à trahir le chef de l'État, à qui il doit tant. Il se prépare en revanche au cas où ce dernier serait empêché.

Macron sera-t-il en revanche tenté de laisser aller les courbes de la dette publique et du chômage pour s'ouvrir la voie de la présidentielle, fusse au détriment de l'intérêt général ?  Pour justifier son engagement, le ministre de l'Économie a d'ailleurs dressé un "constat" désolant sur "le mal-être terrible" d'un pays qui a "envie de changement".

"Refonder par le bas"
"Il faudrait que ça bouge; essayer d'aller plus loin, oser en finir avec l'immobilisme. Ça ne date pas d'hier, c'est le mal français." Il faut faire un effort pour se souvenir que celui qui parle est arrivé à l'Élysée dans les bagages de François Hollande en mai 2012, qu'il fut son secrétaire général adjoint à l'Élysée pendant deux ans, et qu'il est depuis août 2014 ministre de l'Économie.

Cela veut dire en réalité que le patron de Bercy souhaite aller plus loin que le couple exécutif dans le déverrouillage de la société : "Je veux refonder par le bas, de manière sincère, authentique, en vrai", dit-il. Emmanuel Macron est allé plusieurs fois à l'encontre de l'orthodoxie socialiste, que ce soit en critiquant les 35 heures, le statut d'élu, en incitant les jeunes à vouloir devenir milliardaires ou en voulant remettre en cause le statut privilégié de la fonction publique.

Il a annoncé logiquement que son mouvement ne sera "ni de droite ni de gauche", que les militants PS comme Les Républicains seraient les bienvenus. Alors racoleur, Macron ? Un timing parfait, alors que, ce mercredi 6 avril précisément, le Parlement a voté la pénalisation des clients de prostituées...
Raffarin ne voit pas d'incompatibilité avec Juppé en 2017
Pour qui Emmanuel Macron roule-t-il ? 

Le ministre de l'Économie est contesté au sein même du PS où il n'est pas encarté et dont il n'a jamais porté les couleurs dans aucun scrutin. Ce banquier est donc vu comme un électron libre, un iconoclaste et cette dernière initiative d'Amiens - tristement célèbre depuis 2007 pour son conflit social Goodyear -  n'est pas faite pour lever les soupçons. 
Or, il a lancé son mouvement politique 'En marche' et Jean-Pierre Raffarin (LR) a l'air séduit par l'opération, l'imaginant avec Juppé pour 2017.

Cela ressemble à un appel du pied. 
Avec quelques réserves, certes, mais Jean-Pierre Raffarin le dit haut et fort : il est séduit par Emmanuel Macron. D'autant plus que ce dernier vient de lancer son mouvement politique En marche. Chez Les Républicains, certains veulent déjà le récupérer, comme le maire Nouveau Centre (NC) de Deauville, Philippe Augier.
Mais celui qui est pêt à craquer sur Emmanuel Macron, c'est bien Jean-Pierre Raffarin. "Je ne vois aucune incompatibilité entre Alain Juppé et Emmanuel Macron", a déclaré ce Giscardien, ce matin sur France 2, estimant que ce nouveau mouvement aura de quoi renouveler "le vieux socialisme", réveiller le centrisme, et pourquoi pas suivre Alain Juppé dans l'aventure de la présidentielle. 
Macron, pour un ticket avec Juppé en 2017 ? "Je ne peux pas parler, mais il y a quelque chose à creuser dans cette direction », répond l'ancien premier ministre de Jacques Chirac. Bayrou, "has been"?

"D'accord avec lui à 99,9 %"
"Oui, Macron aurait pu être mon ministre," avait déjà lancé Jean-Pierre Raffarin en novembre 2015,  en recherche d'une tête de gondole.  Le sénateur LR de la Vienne avait encore tâté Macron à l'encolure en mars dernier, dans l'émission Face aux chrétiens en partenariat avec La Croix et KTO, se disant "d'accord avec [Macron] à 99,9 %". Aujourd'hui, le poulain caracole en liberté, certes encore un peu seul dans son vert patûrage.

Raffarin émet désormais quelques réserves. A-t-il simplement cherché à le compromettre auprès des électeurs réformistes du PS ? Toujours est-il qu'il s'interroge maintenant sur la place d'Emmanuel Macron dans le gouvernement. "Pour le moment, Macron est un peu virtuel : il est en marge de l'action et il lui manque des libertés pour agir. Il n'en est qu'à ses débuts, il faut qu'il fasse ses preuves, mais il va dans la bonne direction", a jugé Jean-Pierre Raffarin, ajoutant : "Emmanuel Macron est une promesse politique."

Si nous pouvons attendre 2022, Macron ne le peut pas. 
Moscovici se voit déjà en possible candidat de la gauche en 2022. Hidalgo aussi. Et un autre fidèle, Valls !...

mercredi 23 septembre 2009

UMP: les régions qui pourraient basculer en 2010

Entre quatre et sept ?

Voici les pronostics, tels que les présente Le Figaro
:


Xavier Bertrand a dénombré quatre régions, peut-être cinq, qui pourraient basculer à droite en 2010. Expert électoral de l'UMP, Alain Marleix (ci-contre à droite) pousse le pronostic jusqu'à six, voire sept.

Champagne-Ardenne

Avec 31 % aux européennes, l'UMP y a réalisé son meilleur score dans une région de gauche, devançant de 3 points le cumul des voix du PS (15,9 %) et d'Europe Écologie (11,8 %). En 2004, la région, qui avait toujours été à droite, n'a été emportée par le PS que de justesse et à la faveur d'une triangulaire avec le FN. Député UMP des Ardennes, Jean-Luc Warsmann dispose des meilleures chances de victoire face au sortant Jean-Paul Bachy.

Paca

Avec 30,4 % aux européennes, la majorité devance largement la somme des voix du PS et des Verts (19,8 %). Pour fédérer les suffrages de l'UMP, qui souffre de la rivalité des deux grosses fédérations des Bouches-du-Rhône et des Alpes-Maritimes, la candidature du maire de Toulon et ministre Hubert Falco (notre photo) était idéale face au socialiste Michel Vauzelle, en place depuis 1998. L'UMP devra compter avec Jean-Marie Le Pen, qui mène sa dernière campagne. En 2004, le FN avait réuni 20 %. Aux européennes, son score est tombé à 10,7 %, de quoi imposer une nouvelle triangulaire en 2010.

Basse-Normandie

Un président en place depuis 18 ans et une triangulaire avec le FN : en 2004, la Basse-Normandie passait pour la première fois à gauche. Depuis, le socialiste Philippe Duron a repris son siège de député du Calvados à Brigitte Le Brethon, en 2007, et lui a arraché la ville de Caen l'an passé. Pour affronter son successeur à la région, Laurent Beauvais, l'UMP avait désigné le sénateur de l'Orne Alain Lambert. Mais celui-ci a déclaré forfait en dénonçant la candidature, bien vue à l'Élysée, du maire centriste de Deauville Philippe Augier. De quoi relancer les divisions à droite, alors que l'UMP avait devancé les socialistes aux européennes (27,1 % contre 15,5).

Pays de la Loire

François Fillon avait perdu la région en 2004. Roselyne Bachelot (notre photo) devait relever le gant en 2010. Avec 27,7 % aux européennes et un PS devancé par les Verts, le pari semblait possible. Trop, au goût de la ministre de la Santé, peu encline à quitter le gouvernement en cas de victoire. Christophe Béchu, président UMP du conseil général de Maine-et-Loire, a été sollicité par Nicolas Sarkozy pour la remplacer. Sa candidature aurait l'aval du très influent Philippe de Villiers.

Centre

Aux européennes, l'UMP y a réuni 29,4 %, PS et Europe Écologie 29,9 % à eux deux. La partie sera donc difficile pour Hervé Novelli. D'autant qu'en 2008, la gauche a gagné Blois et le conseil général d'Indre-et-Loire. Le secrétaire d'État en charge du Commerce espère cependant que l'effondrement du FN (5,8 % aux européennes) lui épargnera la triangulaire qui avait facilité la reconduction de la gauche en 2004.

Ile-de-France

Quels que soient les résultats nationaux, une victoire en Ile-de-France aurait des vertus salutaires pour la majorité. Les européennes ont conforté la tête de liste UMP Valérie Pécresse (notre photo). Non seulement la majorité y réalise son quatrième meilleur score, avec 29,6 %, mais les Verts devancent très largement le PS (20,9 % contre 13,6). Un vrai handicap, pour le socialiste Jean-Paul Huchon, qui brigue un troisième mandat. La droite pourrait cependant connaître une difficulté équivalente : le centriste André Santini, évincé du gouvernement en juin, a annoncé vouloir conduire sa propre liste.

Franche-Comté

Il l'assure, Alain Joyandet ira au combat. Mais le secrétaire d'État à la Coopération ne cache pas que la règle de non-cumul ministère-présidence de région l'agace. Pas parce qu'il souhaite rester membre du gouvernement, assure-t-il, mais parce que, « pour une petite région comme la Franche-Comté, ça compte, d'avoir un ministre à sa tête ». En 2004, les Francs-Comtois avaient élu l'ancien président PS de l'Assemblée Raymond Forni, mettant fin à vingt-deux ans de règne de la droite. Marie-Guite Dufay, qui lui a succédé à sa mort en 2008, n'a pas sa notoriété. Aux européennes, l'UMP a recueilli 28,9 %, loin devant le PS (17,4) et les Verts (14,5).

Ajoutées aux deux actuelles (Alsace et Corse) et sans compter les 4 de l'Outre-Mer,
on pourrait approcher l'équilibre entre la droite et la gauche, avec 6 à 9 sur 22 Mais depuis que Xavier Bertrand (à droite) a officialisé la règle du non-cumul, rien n'est réellement figé.