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vendredi 9 mars 2018

Opération "usine morte" à Ford-Blanquefort vendredi : 910 ouvriers menacés en 2019

Usine de Blanquefort : 910 ouvriers menacés en 2019

Voyez les "quelques centaines" de manifestants,
selon le service public



Un millier de personnes proches des salariés de l'usine Ford de Blanquefort a manifesté à Bordeaux vendredi avant une réunion sur l'avenir du site à la préfecture. La photo ci-dessus jette un doute sur cette estimation du nombre de participants.
"Quelques centaines d'ouvriers avaient marcher_ensemble jusqu'à la préfecture" (sic), où l'avenir de leur usine se jouait. Jusqu'à ce que le communiqué de la direction tombe : "Les projections actuelles de volumes de production sont saines jusqu'en 2019. Ce qui devrait permettre la poursuite de l'activité et des emplois associés [...]. Nous ne voyons aucune opportunité de production Ford à plus long terme."

Les salariés de l'usine Ford à Blanquefort (Gironde) - ou plutôt le syndicat dominant - a lancé une mobilisation générale des salariés après l'annonce du géant américain de l'automobile de suspendre ses investissements sur le site, après 2019. Ils ont organisé cette journée "usine morte" après l'annonce il y a dix jours d'un gel des investissements sur ce site FAI (Ford Aquitaine Industries), l'un des employeurs emblématiques de l'agglomération bordelaise, où Ford est présent depuis 1972. Mais l'usine qui produit des boîtes de transmission et qui compte quelque 910 salariés, tourne déjà au ralenti, selon les syndicats, depuis l'annonce le 27 février. "Notre avenir passera par Ford".

La direction de Ford ne varie pas

Comme il y a une dizaine de jours, elle ne souhaite pas conserver le site de Blanquefort, au-delà de 2019. "Ford ne bouge pas de sa position. On va vers un désengagement et l'on sent bien qu'ils ont envie de partir, même le plus vite possible", a commenté Philippe Poutou. Mais, pour toucher 15 millions d'euros d'aide publique, l'entreprise ne pouvait pas licencier avant mai 2018. 

Le président de Bordeaux Métropole Alain Juppé a d'ailleurs rappelé que Ford a signé une convention en échange de ces aides publiques, convention qui arrive à échéance en ce début d'année... En février, il a demandé une réunion avec le ministre de l'Economie Bruno Le Maire pour trouver une solution de reprise de l'activité et de ses salariés.

"Nous nous sommes tous mobilisés : la région, la métropole, l’Etat"
Alain Juppé a rappelé que sont mobilisés "la région, la métropole, l’Etat, l’ensemble des collectivités, pour défendre ce site, y compris en investissant des fonds publics pour aider l’entreprise à se moderniser. Aujourd’hui, nous prenons acte de cette décision avec un grand regret et je comprends la réaction des salariés et de leurs organisations."

Le Conseil régional pour sa part indique qu’il "s’est notamment engagé ces tous derniers mois à proposer aux dirigeants de Ford des solutions de diversification dans le domaine du véhicule électrique auxquelles l’usine Ford aurait pu prendre toute sa part."

Recevant salariés et élus le 2 mars à Bercy, le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, avait exprimé "la détermination totale de l'Etat, des élus locaux, des salariés à maintenir l'activité sur ce beau site de Blanquefort". 
Auparavant, il avait demandé à Ford d'y "maintenir une charge de travail suffisante (...) jusqu'à fin 2019", pour permettre une recherche optimale de nouvelles activités pour l'usine, "au sein du groupe Ford ou en lien avec des partenaires externes". 

Se félicitant jusqu'ici de la solidarité affichée par les pouvoirs publics, les syndicats, qui attendent de la réunion de suivi "que la pression commence véritablement à s'exercer pour faire changer Ford d'avis" sur sa décision de désinvestissement, a indiqué Vincent Alauze, délégué CGT.

Une "task force" déjà mandatée pour la recherche d'un repreneur 

Dans une annonce interne à Blanquefort la semaine dernière, Ford-Europe indiquait avoir déjà mandaté une "task force" pour "soutenir le processus consistant à rechercher des tiers intéressés par le site" et affirmait que "des tiers nous ont déjà approchés". 
Ford avait déjà cédé le site de Blanquefort en 2009, à l'Allemand HZ holding, avant de le reprendre en 2011 puis, sous la pression des syndicats et des pouvoirs publics sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, de s'engager en 2013 au maintien de 1.000 emplois jusqu'en mi-2018, sur cinq ans, garantie conditionnée au versement d'aides publiques.

Présent vendredi avec les manifestants, comme Philippe Poutou, Gilles Lambersend, secrétaire CGT du comité entreprise de FAI, exige du constructeur américain qu'il revoit sa position. "Un repreneur, c'est inconcevable. Notre avenir passera par Ford. Ford fait des milliards de profits. Il n'y aucune raison qu'elle reste sur cette position de désengagement", explique-t-il au micro d'Europe 1. "Ce qui nous conforte, c'est qu'il y a cette réaction des pouvoirs publics qui, après avoir donné autant d'argent se sentent trahis". 

jeudi 7 septembre 2017

Les maires en “colère” veulent un moratoire sur l'extinction des emplois aidés

Les associations de maires de France font bloc 

Les associations de maires de France réclament unanimement un moratoire sur la réduction des emplois aidés subventionnés par l'Etat

Résultat de recherche d'images pour "maires en colere 2017"Elles dénoncent l'impact de la décision gouvernementale sur l’ensemble des communes. Réunies mercredi 6 septembre pour une conférence de presse de rentrée, les six associations du 'bloc communal' ont déploré la dégradation des relations entre les collectivités et l’exécutif, quatre mois seulement après l’élection d’Emmanuel Macron et à deux semaines des sénatoriales.

Dès la Conférence des territoires, le 17 juillet, le chef de l’Etat a annoncé que l’effort d’économies demandé aux collectivités territoriales serait porté de 10 à 13 milliards d’euros sur cinq ans. 
Deux jours plus tardle gouvernement décidait d’un gel des dotations de 300 millions d’euros. 
Mais la tension a grimpé d’un coup avec la décision du gouvernement de réduire le nombre d’emplois aidés, très prisés par les communes, à quelques semaines de la rentrée scolaire. "C’est un sujet qu’il faut reprendre totalement, il faut que le gouvernement fasse des propositions assez vite", a insisté le président de l’AMF. 

Les associations ont aussi exprimer la "colère" des élus face aux méthodes du gouvernement
 
Résultat de recherche d'images pour "maires en colere"
"Alerte rouge ! Il faut absolument se reprendre, corriger cette affaire des emplois aidés", a lancé François Baroin (LR), le président de l’Association des maires de France (AMF). 
"Déception", "été meurtrier": les élus, toutes tendances confondues, ont dénoncé le manque de concertation et les méthodes de l’exécutif. "Nous étions en confiance, prêts à travailler pour un pacte avec le gouvernement. Et patatras !", a déploré F. Baroin.  

Les élus ont réclamé l’arrêt de la baisse brutale des contrats aidés, quelle que soit la taille des communes. "Nous demandons un moratoire pour que nous ayons le temps d’analyser au cas par cas quels sont les postes que nous allons être obligés de titulariser et ceux que nous allons pouvoir malheureusement ne pas renouveler", a fait valoir la sénatrice-maire (LR) de Beauvais, Caroline Cayeux, présidente de l'ex-Fédération des villes moyennes (FVM), renommée 'Villes de France', qui regroupe les maires des villes de France, ainsi que les présidents des structures intercommunales à fiscalité propre (communautés de communes, communautés d’agglomération, communautés urbaines, syndicats d’agglomération nouvelle).

Alerte rouge  
Résultat de recherche d'images pour "maires en colere 2017"Le nombre d’emplois aidés doit passer de 460.000 en 2016 à environ 320.000 cette année. Ils sont notamment utilisés dans le secteur périscolaire par les collectivités, qui employaient 95.000 bénéficiaires de ce type de contrat en 2015. 
Les maires pointent les contradictions des pouvoirs publics, qui ont incité les communes à recourir aux emplois aidés, notamment au cours du dernier quinquennat. 
Pour Olivier Dussopt (maire PS d'Annonay, Ardèche, APVF), leur diminution aura des conséquences sur les tarifs et la qualité des services publics. 
L’Association des maires ruraux (AMRF), a en revanche mis en garde contre la mobilisation des maires sur le terrain
"Cette inquiétude est en train de se transformer en colère, c’est une alerte très forte que nous lançons aujourd’hui," a estimé Vanik Berbérian, maire (ex-MoDem) de l'Indre, dans le fief de Michel Sapin.

Selon la ministre du Travail Muriel Pénicaud, une mission sur les emplois aidés doit rendre ses conclusions "d’ici la fin de l’année". 

Les collectivités ont respecté leurs engagements dans le redressement des comptes publics, soulignent les élus. 
"L’Etat n’arrive pas à réduire ses dépenses et nous demande de réduire les nôtres", a affirmé le maire LR de Toulouse Jean-Luc Moudenc (France urbaine, organisation représentant, de manière pluraliste, l'ensemble des métropoles, communautés urbaines, communautés d'agglomération et grandes villes de France), qui fait valoir que les collectivités ont "atteint 97% des objectifs" d’économies qui leur ont été imposés. 

Une erreur de stratégie électorale du jeune président Macron
La mobilisation des maires survient à deux semaines des élections sénatoriales du 24 septembre, pour lesquelles les élus municipaux constituent les gros bataillons du corps électoral. 
L’AMF prépare en outre son congrès des 21 au 23 novembre "où tout sera mis sur la table", a prévenu François Baroin. L’AMF, qui regroupe la quasi-totalité des maires, France Urbaine (grandes villes), Villes de France (moyennes), l’APVF (petites), l’ADCF (communautés de communes) et l’AMRF (maires ruraux) étaient réunies pour cette conférence de presse.