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dimanche 26 novembre 2017

Chômage: le nombre de demandeurs d'emploi a encore augmenté en octobre

La baisse record de septembre ne se confirme pas 

+ 8.000 : le nombre de demandeurs d'emploi s‘est "stabilisé" (Reuters et Les Echos) en France métropolitaine le mois dernier

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Le député macronien Damien Adam s'en est pris à "certaines personnes
qui partent en vacances aux Bahamas grâce à l'assurance chômage"
Le nombre de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi a progressé de 0,2% le mois dernier en catégorie A (sans aucune activité)  pour s’établir à 3.483.600, soit 8.000 de plus qu’à la fin septembre.
En septembre, il avait pourtant reculé de 1,8%, diminuant de 64.800 sur le mois: sa plus forte baisse depuis le début de cette série statistique en 1996 n'aura été que passagère.

Si on prend également en compte les catégories B et C (personnes exerçant une activité réduite), le nombre d‘inscrits à Pôle emploi resterait stable, avec 100 personnes supplémentaires en un mois, à 5.616.000 (5.923.200 chômeurs, en incluant les départements d‘Outre-mer, également stable sur un mois).

Sur un anle total des personnes inscrites dans les catégories A, B et C augmente de 2,8%, tandis que le nombre de demandeurs de catégorie A progresse toujours, de 0,2%.

Au total, depuis le début de l‘année, le nombre de demandeurs d‘emploi s‘inscrit en hausse de 16.500 pour la seule catégorie A mais progresse de 152.200, si on ne néglige pas  les catégories B et C.

Cette progression du nombre d‘inscrits dans les trois catégories ABC depuis le début de l‘année - qui dépasse la baisse enregistrée sur l‘ensemble de l‘année 2016 - s'établit malgré un recul marqué des inscrits à Pôle emploi non disponibles et donc non tenus de chercher un emploi.

Jusqu’à la mi-année 2017, le plan de formations supplémentaires des chômeurs mis en place sur la fin du quinquennat de François Hollande a artificiellement alimenté une baisse statistique: ces formations - des stages parkings pour nombre d'entre eux -  ne débouchent pas automatiquement sur des emplois. Les effectifs de la catégorie D (sans emploi pour cause de formation ou de maladie, par exemple), ont ainsi reflué de 0,7% sur un mois et chutent de 17,3% sur un an. Les sorties de stage pourraient donc produire un effet rebond du chômage.

Les tripotages des modes de calculs et les occultations de catégories  


Résultat de recherche d'images pour "chomage invisible"La catégorie E (en emploi, par exemple création d‘entreprise ou contrat aidé) pourrait avoir naturellement amplifié le phénomène de vases communicants vers les catégories ABC, du fait de la réduction du nombre d‘emplois aidés au second semestre. 
Le nombre d‘inscrits dans cette catégorie recule de 2,6% sur un mois et de 6,8% sur un an. Depuis le début de l‘année, plus de 87.000 personnes sont sorties de ces deux catégories.

Dans la seule catégorie A, toutes les catégories d’âge ont connu des progressions de leurs effectifs le mois dernier, qu‘il s‘agisse des jeunes (+0,4%), des 25-49 ans (+0,1%), ou des seniors (+0,5%).
Sur un an, le total des jeunes chômeurs s‘inscrit en baisse de 4,1%, celui des 25-49 ans stagne (-0,2%), tandis que celui des seniors progresse de + 3,3%.

Considérés comme des chômeurs de longue durée, les demandeurs d'emploi inscrits depuis plus d'un an à Pôle emploi sont en hausse de + 0,7%, à 2.506.000, et progresse de 3,5% par rapport à octobre 2016.
Leur proportion dans le nombre total de chômeurs est en hausse de 0,3 point, à 45,1%.

Permettant les comparaisons internationalesselon les critères du Bureau international du travail (BIT), le taux de chômage calculé par l‘INSEE est reparti en hausse au troisième trimestre, alors qu'il était orienté à la baisse depuis le printemps 2015.
Sur la période juillet-septembre, il s‘est établi à 9,4% de la population active en France métropolitaine et à 9% en incluant les départements d‘Outre-mer (hors Mayotte). Une exclusion justifiée par le fait que Mayotte enregistre le taux de chômage le plus élevé de France...
En 2016, Mayotte est devenu "le département français au taux de chômage le plus élevé", avec un taux de 27,1% de la population active, note l'Institut d'émission des départements d'Outre-mer (Iedom), dans son rapport annuel 2016 sur la conjoncture économique de l'île.

Désormais, le ministère du Travail et Pôle emploi ne diffuseront plus leurs données chiffrées que tous les trois mois à compter de 2018...

L’évolution en dents de scie du nombre de demandeurs d‘emploi a conduit Pôle emploi et la Dares (Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques) qui produit des statistiques et analyses utiles au ministère du Travail de Muriel Pénicaud, à opter pour une publication trimestrielle de ces chiffres à compter de 2018, pour noyer dans la masse "des évolutions mensuelles qui sont du bruit plus que de l‘information", commentent les intéressés au maquillage politique de la réalité des faits.

Ce changement, "qui a été engagé bien avant le changement de gouvernement", insistent Reuters et Les Echos, mais bel et bien validé par Muriel Pénicaud, se situe dans la continuité des changements mis en œuvre en 2016, suite aux recommandations de l’Autorité de la statistique publique (ASP), autre organisme public français chargé -entre soi- de superviser la statistique publique... Il fait d'ailleurs écho au choix de la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, de ne pas commenter cet indicateur, trop volatile et peu révélateur de l’évolution du marché du travail, selon elle, en accord donc avec son prédécesseur, Myriam El Khomri.
La ministre préfère s‘exprimer lors de points trimestriels sur la situation du marché du travail dans son ensemble - les "Rendez-vous de Grenelle" - dont le prochain est prévu en décembre.


Le gouvernement compte ramener le taux de chômage à 7% en 2022, notamment sous l‘effet de l‘assouplissement du droit du travail ou encore des réformes prévues de l‘apprentissage, de la formation professionnelle et de l‘assurance chômage.


Ce que ne dira pas Les Echos

Résultat de recherche d'images pour "chomage invisible"Ce sont 6.705.000 personnes qui sont privées d'emploi ou travailleurs occasionnels officieux, toutes catégories confondues, + 4.800.000 environ d'invisibles qui n'entrent pas ou plus dans les statistiques officieuses (chiffres détaillés ci-dessous).
Total : toujours + de 11 millions de chômeurs en France (fourchette basse), et autant de pauvres largement sous les seuils de pauvreté.

Un "chômage invisible" existe, mais il est tenu en dehors des statistiques.
Dans ces 6,705 000 demandeurs d'emploi et travailleurs pauvres occasionnels, ne sont pas comptés :

1 000 000 foyers bénéficiaires du RSA, en effet sur 1 820 000 environ de foyers (dernier chiffre connu), seuls 820 000 environs sont inscrits à Pôle Emploi, les autres bénéficient d'autres suivis (associations, collectivités locales, etc.) en sachant qu'un foyer bénéficiaire, comporte parfois + d'un demandeur d'emploi en son sein, donc si on parle en nombre d'individus c'est pire.

1.200.000 de foyers bénéficiaires de la prime d'activité (qui remplace le RSA activité et les fait sortir des statistiques RSA) environ, sur les 2,5 millions au total (dernier chiffre connu) de bénéficiaires (160€ en moyenne par foyer), sont en recherche d'emploi stable et non précaire.

+ encore 1.100.000 au bas mot, qui ne sont pas inscrits à Pôle emploi, sur les environs 2 millions de bénéficiaires de l'AAH ou d'une pension d'invalidité, malgré une aptitude et un désir d'accès à un emploi adapté,  

+ encore 1.500.000 de Sans-droits, qui sont principalement :
- des jeunes de moins de 25 ans, primo demandeurs d'emploi, qui comme vous le savez n'ont même pas droit au RSA. (quasi unique en Europe), favorisant délits, crimes, trafics, prostitution, esclavagisme moderne, radicalisations etc.
- des sans droits, pour motif, dépassement des plafonds de ressources dans le foyer. Exemple, votre conjoint(e) perçoit 700€ d'allocation chômage, ou 810,89€ d'allocation adulte handicapé: vous n'aurez même pas droit au RSA, car vous dépasserez le plafond couple qui est de 687€ par mois, si vous êtes non SDF.
- des bénéficiaires de pensions de reversions ( veufs, veuves ) de 55 ans et +, qui dépassent les plafonds du RSA (473,50€ pour une personne seule), et qui n'ont pas l'âge pour prendre leur propre retraite ou pour percevoir le minimum vieillesse (65 ans) qui s'appelle aujourd'hui "ASPA" (allocation solidarité aux personnes âgées), qui est récupérable sur le patrimoine, au décès.
- des bénéficiaires de pensions alimentaires qui dépassent les plafonds du RSA (plafonds 2 fois inférieurs aux seuils de pauvreté, une véritable honte).
- des étudiants, boursiers ou non, qui cherchent des petits jobs alimentaires, qui sont donc bien demandeurs d'emploi, en concurrence avec les autres (même si beaucoup sont aussi exploités en stages sous payés, voire gratuits).
- des auto-entrepreneurs, qui ne gagnent rien ou presque, et sont demandeurs d'emploi en parallèle.
- des retraités qui cherchent un emploi, car leur retraite ne couvre pas les charges fixes pour survivre (loyer, énergie, assurances, voiture, téléphone, eau, nourriture, santé (lunettes, dentiste ..) incalculable.

Au final, tout bien calculé, on arrive à + de 11 millions de demandeurs d'emploi en France, et travailleurs pauvres occasionnels.
Sources : Rapport complet de la DARES de 13 pages (et non pas le simple communiqué de presse envoyé aux médias) : http://dares.travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/di-mensuel-1disbal.pdf


dimanche 10 janvier 2016

Le plan de formation des chômeurs: Hollande devait plaire à tous; il ne satisfait personne

Flop du plan de formation de 500.000 chômeurs
Après l’ "état d’urgence sécuritaire", François Hollande décrète l’ "état d’urgence économique et sociale". 

Le président qui, en près de quatre ans a échoué à inverser la courbe du chômage, annonce le lancement d’un plan massif de formation, à l'occasion de ses vœux télévisés du 31 décembre. Un 'timing' qui porte peu à croire que 2016 pourrait être différent des années précédentes de son quinquennat. "500.000 personnes de plus seront accompagnées vers les métiers de demain". Pourquoi pas ! En France - métropolitaine, seule- , plus de 3,57 millions de personnes sans aucune activité sont en effet  inscrites à Pôle emploi.

Un objectif aussi ambitieux que le personnage est "audacieux"... Les détails ont été présentés le 18 janvier, mais ils suscitent déjà des critiques de toutes parts.

Hollande n'en est pas à son premier "grand plan" de formation  

En 2013, un plan "prioritaire" de formation avait été lancé pour 30.000 demandeurs d’emplois, étendu ensuite à 100.000 chômeurs par an en 2014 et 2015
Il faut bien mentionner les embrouilles, telle celle de février 2015 par François Rebsamen alors ministre du Travail qui annonça une formation gratuite pour les demandeurs d'emploi, alors qu'ils obtenaient simplement l'accès au tout nouveau Compte personnel de formation (CPF). Et encore, sous certaines conditions.
Lors de la conférence sociale d’octobre 2015 le président avait déjà annoncé un élargissement du plan à 150.000 personnes pour 2016, "encore davantage tourné vers les chômeurs de longue durée, les seniors et les jeunes ". Des montées par paliers en puissance qui dénotent une difficulté chronique à l'évaluation du mal et qui souligne les échec de toutes ses tentatives précédentes.

Le ministère du Travail a d'ailleurs dû désenfumer. Il a mis les chiffres du président au clair: ces 150.000 formations  représente tout de même un triplement de l’offre sur trois ans, mais sont compris dans les 500.000 annoncés... La presse à la botte ajoute son commentaire fallacieux, estimant que l'effort [de la nation] est important, alors que la totalité des formations dispensées en 2013 (plan et hors plan) ne concernait que 643.000 demandeurs d’emploi, c'est-à-dire une régression, pour ne pas dire un abandon de trois années.

L'objectif est de pourvoir des emplois non créés...

Alain Juppé (LR) a jugé cette ambition irréaliste  « 500 000, on n’y arrivera pas," a-t-il douté sur Europe 1 mardi 5 janvier. C’est hors de portée, naturellement". 
Les spécialistes du marché de l’emploi soulignent d'ailleurs qu’il faut notamment un certain temps pour organiser une telle série de formations en tous sens: analyser les besoins, lancer des appels d’offres, identifier les profils… Difficile à mettre en œuvre à court terme.
Par ailleurs, la formation ne garantit pas l’accès au marché du travail en l’absence de croissance, comme le note sur LCI le secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, qui ne voit pas bien comment l’objectif serait " tout simplement réalisable": "Ce n’est pas tout d’être formé, il faut trouver un emploi à la clef. […] Comment on fait pour créer des emplois ? " On en décrète l'urgence ? 

Hollande décrié pour quatre ans de retard et ses choix stratégiques
Contrairement aux formations prioritaires actuelles, qui s’adaptent aux métiers "en tension" (c’est-à-dire ceux qui recrutent: aides à domicile, agent d’entretien, employés de la restauration, secrétaires…), les 500.000 offres annoncées devraient être réservées aux "emplois du futur", liés par exemple à l’économie verte ou aux nouvelles technologies.
Un choix stratégique décrié par le secrétaire général de la CGPME, Jean-Eudes du Mesnil du Buisson. "Former les demandeurs d’emploi, c’est plutôt une bonne idée, mais pourquoi les seuls métiers d’avenir ? Je vous rappelle qu’il y a à peu près 250.000 offres d’emploi non pourvues chaque année, et ça, c’est les métiers du présent, a-t-il souligné sur RTL. Regardons déjà là où les chefs d’entreprises n’arrivent pas à embaucher."

Une charge estimée à plus d’un milliard d’euros

Le détail du plan gouvernemental devrait être dévoilé par François Hollande lors des vœux aux forces économiques, lundi 18 janvier. Les Echos ont estimé son coût à un milliard d’euros. "C’est de cet ordre-là, vraisemblablement", a confirmé  Jean-Marie Le Guen, qui n'en sait pas plus que Bercy

Le ministre des relations avec le Parlement exclut tout financement par une hausse d’impôts, mais précise qu’il pourrait y avoir une "réorientation" d’une partie des 36 milliards d’euros de fonds publics alloués à la formation professionnelle. L’Etat devrait mettre la main au portefeuille, notre portefeuille, tout en déléguant une partie du financement aux partenaires sociaux et aux régions - et c'est encore dans nos fonds de poches qu'elles plongent - , compétentes en la matière. Il a dit sans augmentations d'impôts?

Un basculement n'est pas un redressement

S’il est difficile de contester l’utilité de former les chômeurs pour les rapprocher de l’emploi, de nombreux critiques dénoncent un "traitement statistique du chômage". En effet, les demandeurs d’emploi sont comptabilisés en différentes catégories par Pôle emploi :

En catégorie A pour les personnes sans aucune activité, tenues de rechercher un emploi : 3,574 millions de personnes fin novembre 2015 ;

En catégorie B pour ceux qui ont une activité réduite courte (moins de 78 heures dans le mois) : 716.400 personnes ;

En catégorie C pour les personnes en recherche d’emploi ayant une activité de plus de 78 heures : 1.151.300 personnes ;

En catégorie D pour les personnes non tenues de faire une recherche d’emploi car elles sont en stage, formation ou maladie : 280.900 personnes ;

En catégorie E pour les bénéficiaires de contrats aidés : 420.000 personnes.

Pour évoquer le taux de chômage en France, on utilise communément la catégorie A, voire les catégories A, B, C. Selon les analystes, le plan  gouvernemental de formation pourrait faire basculer 500.000 personnes de la catégorie A vers la D, ce qui consiste à les "effacer " mécaniquement des statistiques.

"Il y avait un engagement d’inverser la courbe du chômage. On arrive près de la présidentielle, donc il faut trouver le moyen de le faire baisser", pointe ainsi Jean-Claude Mailly. "Le basculement en catégorie D est transparent. 

Il n’y a rien de caché", a nié la ministre du Travail en CDD, Myriam El Khomri. 
Toutefois, la catégorie D représente actuellement le plus petit des flux de chômeurs avec 280.000 personnes, toutes situations confondues (stage, formation, maladie), alors que 680.000 formations sont dispensées par an. Or, il apparaît impossible que les 500.000 nouvelles formations du plan de François Hollande se déroulent au même moment et le président le sait parfaitement. Si le magicien peut réaliser un basculement statistique, il ne saurait faire réapparaître les chômeurs dans les entreprises.

VOIR et ENTENDRE l'édito Eco de Nicolas Doze, du lundi 4 janvier 2016, sur BFMTV: