à queue blanche
Le Brésil a célébré la première union civile entre trois personnes.
Claudia do Nascimento Domingues, notaire de Tupa, à 430 km de São Paulo, a uni un homme et deux femmes il y a trois mois, soit un an après le premier mariage civil entre deux homosexuels. Mais elle n'e s'en est vantée que fin août, indique la BBC (article en anglais). "Ma fonction n'est pas de juger si cette situation est correcte ou pas", a-t-elle déclaré, précisant que la loi brésilienne n'a pas pensé à tout. "C'est quelque chose de nouveau, mais je ne l'aurais pas fait si la loi l'interdisait explicitement."
Elle s'est néanmoins interrogée sur la valeur juridique de ce mariage : "Ils ont maintenant un document qui prouve qu'ils vivent comme une famille, pour lutter pour leurs droits, demander des assurances, etc. Mais je ne sais pas comment les juges brésiliens vont traiter la question", a-t-elle précisé
Sans surprise, l'initiative de la notaire brésilienne n'a suscité que l'indignation de groupes religieux.
Que dit le droit brésilien ?
Nelson Sussumu, de l'Ordre des avocats de São Paulo et spécialiste en droit de la famille, a expliqué qu'il s'agit d'une "union patrimoniale" et pas d'une union civile à caractère juridique. En cas de litige, de séparation ou de décès, le document délivré au "ménage à trois" pourrait être reconnu pour l'héritage par exemple, dit-il."Ils ont fait ce contrat, il n'y a rien d'illégal à cela", a souligné l'avocat.
Une autre avocate, Regina Beatriz Tavares da Silva, ne partage pas cet avis et explique à la BBC (article en anglais) que cette union est "absurde et totalement illégale". Pour cette archaïque "étroite", c'est "quelque chose de complètement inacceptable qui va à l'encontre des valeurs brésiliennes et de la morale". La question de la valeur réelle de cette union devrait donc diviser la justice brésilienne au cours des prochaines semaines.
Et après les "salles de shoot", c'est pour bientôt les "salles de tournantes" ?

